Humeurs taurines et éclectiques

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lundi 16 janvier 2012

Qui va à la chasse perd sa place.

Photo Burladero.com
Lors de l’Assemblée Générale de l’U.V.T.F., une demande a été formulée pour proposer un vote de soutien à l’initiative du «G7», c’est à dire, pour ceux qui en ignoreraient encore, l’entente des 7 arènes françaises de 1ère catégorie pour imposer aux figuras du G10 une baisse de 20% et une augmentation de 20% également des cachets des autres toreros.
En tant que mandant de la Ville d’Orthez (arène de 3ème catégorie), sans me prononcer sur le contenu et le bien fondé de cette mesure, j’ai considéré sans objet d’avoir à approuver et soutenir une disposition qui, pour le fond, ne concernait que les intéressés, et pour la forme, avait fait l’objet de débats et de tractations auxquelles les autres arènes n’avaient été nullement associées.
J’ai donc refusé de voter (et il n’y a d’ailleurs pas eu de vote).
Ceci dit, en tant qu’aficionado et «taulier» de la Brega, je ne me désintéresse nullement de ce débat, ne serait-ce qu’au niveau anecdotique.

Je dois reconnaître mon scepticisme originel en la matière. Un scepticisme lié à l’inaptitude, présumée de ma part, quant à la solidarité et à la fiabilité de cette collection de grands fauves.
Toutefois, la détermination et la clarté du discours, l’engagement -qui plus est public- solemnisé par la présence des protagonistes, la publicité dispensée autour de l’événement qui lie les acteurs et leur interdit l’échec, tout cela donne à penser que les 7 cavaliers de l’Apocalypse ont brûlé leurs vaisseaux.
On voit mal comment, sans se ridiculiser, ils pourraient faire machine arrière et se déjuger.
D'autant plus qu'en l'occurence, l'afición ne peut que les soutenir dans une épreuve de force dont elle sera globalement bénéficiaire.
Elle a d'ailleurs tout à y gagner et rien à y perdre. De deux choses l'une:
          · Soit les figuras cèdent et la situation ubuesque et délétère que nous connaissons (des vedettes honteusement surpayées qui imposent leur diktat pour se confronter à des animalcules) connaît un début de régulation. Je précise début parce que même réduits de 20%, leurs honoraires sont encore scandaleusement exorbitants.
          · Soit les dites figuras tentent l’épreuve de force et prennent le risque d’être absentes des ferias françaises. Auquel cas, elles verront de toute manière leurs revenus amputés des 20% qu’elles n’auront pas voulu consentir.

Cette dernière hypothèse serait à mon sens une excellente nouvelle pour la tauromachie. La nature ayant horreur du vide, la politique de la chaise vide n’a jamais conduit à des succès.
Les défections seraient avantageusement compensées par toute une génération de toreros talentueux qui frappent à la porte. Des toreros moins exigeants, à qui l’on pourrait proposer –pour ne pas dire imposer- un bétail qui corresponde un peu plus à ce que l’on peut attendre d’un toro de combat.

En fait, c’est l’opportunité d’un grand bouleversement et du redressement salvateur attendu vers plus d’authenticité et de vérité qu’attend, toutes tendances confondues, une afición à juste titre indignée. Même si les ambiguïtés persistent quant aux motifs d’indignation.

Il n’est d’ailleurs pas dit que la manœuvre française ne fasse pas tache d’huile outre Pyrénées et dans ce cas, les figuras s’exposeraient à un véritable changement générationnel qui les remiserait au rancard, ce qui personnellement ne m’affligerait pas réellement.
Bis repetitas placent, de tels bouleversements radicaux se sont déjà produits dans l’histoire taurine. Ils ont même constitué l’un des moteurs de son évolution en mettant en scène une alternance entre les deux pôles que représentent la tendance torista et la tendance torerista. Un mouvement historique de balancier indispensable à la vitalité et au dynamisme d’un fait culturel.

Cette ère de transition potentielle dont l’opportunité se présente promet d’être passionnante. Il est heureux que le mouvement parte de France, illustrant ainsi la vigueur d’une afición gauloise globalement moins passive, plus exigeante et plus «cultivée» taurinement parlant.
En tous cas, tant les déclarations publiques que l’état d’esprit des Gseptistes (j’ai longuement discuté avec deux d’entre eux) n’est pas à la capitulation. Surtout qu'on a toutes les raisons de penser qu'ils bénéficient sans doute du soutien des aficionados qui comprendront le bien fondé de cette position.
En témoigne la déclaration ci-dessous.
On ne peut que leur souhaiter «buena suerte», c’est l’intérêt de tous.
Xavier KLEIN
Mercredi 11 janvier 2012
«La coyuntura y la situación económica actuales obligan, entre otras decisiones, a mantener la reducción de los honorarios de algunos toreros, como el precio de las corridas de ciertas ganaderías, respetando el acuerdo alcanzado en Bayona el 22 de Octubre de 2011, a iniciativa de los Alcaldes de la Unión de Ciudades Taurinas, con el apoyo y la conformidad de los empresarios de las plazas francesas de 1ª categoría.»
«La conjoncture et la situation économique actuelle obligent entre autres décisions à maintenir la réduction des honoraires de quelques toreros, comme le prix de certains élevages, conformément à l'accord passé à Bayonne le 22 octobre 2011 à l'initiative des Maires de l'Union des Villes taurines (sic!), avec l'appui et l'accord des empresas des arènes françaises de 1ère catégorie.»
***

mardi 3 janvier 2012

Bon A+A+A+ n’est.



Formuler des vœux cette année, c’est comme souhaiter le bon jour au condamné qui monte à l’échafaud.
Un peu comme Thomas MORE qui interpella son bourreau: «Je vous en prie, je vous en prie, Monsieur le lieutenant, aidez-moi à monter; pour la descente, je me débrouillerai...», une déclaration d’optimisme doublée de l’humour anglais le plus inoxydable!

Il est vrai qu’il y a de quoi espérer et se réjouir en cet an de grâce 2012.
Une crise morale, politique, financière, économique et bientôt sociale, telle que l’on n’en avait connue depuis des lustres. Des perspectives réjouissantes de plans salvateurs, façon Grèce papandréienne ou Espagne zapatérienne, les chinetoques qui s’empirisent du milieu, les pères sans qui veulent en avoir en faisant des ronds dans l’eau du golf, les israéliens qui râ(é)lent, les coréens septentrionnaux qui cultivent leurs prochaine récolte de champignons atoniques sous les hospices de bombe de leur dégénéré héréditaire, Sarko karachisé, Karachi sarkosysé, l’afghan y s’tend à Kaboul, la finance globalisée qui règne à l’Elysée, le triple A qui va virer triple sec, etc., etc.

Enfin ne nous plaignons pas, ce pourrait être pire, Simon Desmaisons pourrait cogérer Las Ventas et Madame Arroyoseco pourrait présider l’U.V.T.F.!
Du premier, Jean-Paul FOURNIER, «Le grand mol», vu son rôle lors de l’affaire de Rodhillan, premier magistrat nîchmois panégyrique à tout va. Au grand dam de ces petits cons d’aficionados (sisi, il en reste!) minoritaires, il te nous le propulse d’un strapontin de complaisance au titre de conducteur de programmation tauromachique et culturelle des arènes de Madrid, le reconnu international. Il correctionne plus, il dynamite, il disperse, il ventile, le Raoul gardois… (http://vingt-passes-pas-plus.over-blog.org/article-l-enfant-roi-et-le-dieu-95933903.html).).
Dans le même filon, la Madeleine du Moun –on s’essaie à copier celle de Dax- a buriné sévère lors du Congrès de l’U.V.T.F. Dans le genre, une vraie spartakiste mémère, qui n’a pu se retenir de vilipender ces «aficionados qui ne font que détruire».
Finalement, il n’y a que l’Inénarrable qui est resté bloqué sur la case J-4 depuis 3 semaines, pour laisser espérer.

On voit donc que 2012 nous promet d’heureuses surprises, surtout si l’on ne s’attend à rien. C’est à mon sens le meilleur moyen de ne pas être déçu.
C’est pourquoi, afin de conserver une marge de progression et de supprimer toute possibilité, même infime, de déconvenue, j’ai le plaisir de vous souhaiter mes
PIRES VŒUX POUR l’ANNEE 2012.
Au 31/12/2012 à 23h59'59'', vous me remercierez…
Xavier KLEIN
PS: Mes félicitations au meilleur article de ce début d'année:


mercredi 2 novembre 2011

Histoire de G


Le jeune et talentueux Florent MOREAU nous gratifie d’une étude particulièrement tonique sur les dernières grandes manœuvres en cours.
Il y est évoqué le ballet et la confrontation des G autour d’une sombre histoire de pourcentages. Comme tout le monde le sait ou devrait le savoir, G est soit un facteur de mesure de l’intelligence, soit une zone érogène, soit la constante universelle de gravitation, toute références incompatibles avec les G en question qui ne procèdent ni de l'intelligence, ni de l'érotisme, et encore moins de l'attraction. Il existe aussi un g, unité d'accélération, mais on n'ose espérer que le G7 prenne 7 g, ce qui collerait les Gseptistes (à ne pas confondre avec les Cgétistes) à leurs fauteuils.

En dépit de sa perspicacité, Florent omet pourtant deux points de détails –comme dirait Jean-Marie de Sainte Gégène- qui paraissent pourtant fondamentaux.

En premier lieu -cela semble aller de soi mais sait-on jamais!- les mesures concernent-elles les dites arènes Gseptièmes ou bien, par un «estraño» de dernière minute, d’aucuns, dans le feu de l’action, envisageraient-ils de généraliser la panacée à l’ensemble des arènes de France? Auquel cas, ce serait la mise à mort des autres plazas. Les pratiques de l’U.VT.F., telles que j’ai pu les observer de l’intérieur depuis 3 ans s’apparentant plus à de l’eau de boudin qu’à celle, curative, de Vichy Célestin, on peut et l’on doit légitimement s’inquiéter.

En deuxième lieu, et la chose me semble fondamentale: où se situent les aficionados dans cette affaire? Il fut certes extrêmement habile de rompre par anticipation le front torero prévisible en liant la baisse des privilégiés par la hausse du prolétariat taurin. Habile et juteux! Mais à qui profite le dispositif?
ILLUSTRATION:
Soit le cartel 2011 de Bayonîmes ou de de Mont-de-Mardax, composé de El Augusti (130.000€), Enrique Pilato (110.000€), et Trufiño de Guadajara (convenio grupo B: 13.500€). Lot de toros de Victoriano del Cuvillo (80.000€). Coût du plateau: 335.500€...

Le même cartel dans l’avenir radieux de la temporada 2012, après application de l'oukaze n°2012-77777 du G7: El Augusti (104.000€), Enrique Pilato (88.000€), et Trufiño de Guadajara (convenio grupo B: 16.200€). Lot de toros de Victoriano del Cuvillo (64.000€). Coût du plateau: 272.200€.

Soit 63.300€ d’éconocroques.
Soit pour une plaza de 10.000 «clients» (au hasard Dax, qui «remplit»), 6,33€/place.
Soit le tendido O/S à 66€ au lieu de 73€ et le tendido sol supérieur 20€ au lieu de 26€.

Je sais! Je sais! Je suis mesquin et bassement matérialiste, mais soyons logique: si la mesure présente un intérêt, et surtout une justification, c’est bien pour compenser les effets de la crise, c'est du moins l'argument massue avancé.
En bonne logique économique, selon la vulgate libérale du credo des marchés si chère à Georges Walker Viard,  la baisse des prix à la production doivent être répercutée sur le consommateur. A défaut, le producteur et le consommateur tous deux lésés ne sauraient soutenir la mesure, puisque l’économie ainsi réalisée tomberait dans la bourse de l’intermédiaire, c’est à dire de l’organisateur. Car dans la jungle des déclarations et discours en tous genres, je n'en vois aucun où il serait question d'employer cette manne à d'autres fins qu'au bénéfice des empresas.
Il serait ainsi INDISPENSABLE que l’afición se mobilise pour exiger que son soutien –indispensable à la réussite de cette entreprise- suppose la répercussion quasiment intégrale de l’économie réalisée.

63.300 €/corrida c’est une somme! Si l’on considère les corridas données chaque année dans les plazas de 1ère, cela représente un trésor de guerre de … 2 à 3 millions d’euros (de 420.000 € pour Dax qui est une plaza déjà excédentaire).

Dans cette perspective, une autre option des plus intéressantes serait, avec une partie conséquente du pactole, d’alimenter un fond de promotion (campagnes de valorisation de l’image de la tauromachie, lobbying), de défense (procès systématiques) et de solidarité (soutien aux petites plazas déficitaires) qui ne sauraient que recueillir l’adhésion de l’ensemble de l’afición.
Quant à l’économie sur les prix des élevages, elle serait judicieusement employée à soutenir les encastes et élevages en difficulté ou en voie de raréfaction.
L’idée de mettre sur pied un conservatoire (conservatoire, et non observatoire !!!) de la diversité ganadera, sur le modèle de ce qui existe en France pour les espèces ou variétés (tant animales que végétales) en danger, tout cela en relation avec les éleveurs et leurs organisations serait des plus indispensables.

L'ami Chulo (parce qu’il est bienveillant) me taxera encore d’angélisme, les plus ouverts parleront de romantisme ou d’idéalisme et les nuisibles causeront délire, mais de telles propositions sont-elles tellement utopiques?
En tous cas, on sortirait de la simple logique de marché et des questions de gros sous qui préoccupent ceux qui les guignent et en vivent pour aller vers du concret et du positif. L’avantage décisif serait l'extrême difficulté pour le G10 d’aller à l’encontre d’un projet aussi évidemment constructif, utile et fédérateur.

Malheureusement, j’ai bien peur que nos élites (ou nos élytres: des ailes inutiles) taurines françaises n’aient ni l’imagination, ni le désir, ni l’ambition, ni les capacités de concevoir de telles perspectives. Demandez à un avocat montois de rêver!
L’afición les motive infiniment moins que leur porte-monnaie ou leurs petits intérêts à court terme.
Il reste néanmoins toujours utile de semer des idées, qu'au mieux d’autres reprendront à leur compte, mais qui au pis finiront bien par germer ou du moins par inspirer quelques avancées.

Pour autant, et il faut conclure par là, tout ce binz, demeure pour l’instant de l’ordre de la posture, du genre «Retenez moi où je fais un malheur!». Il y a loin de la coupe aux lèvres, et de l’intention à la réalisation. Surtout dans un mundillo où la parole est d’argent mais rarement d’honneur: les hyènes chassent en meute, mais se disputent et s’entretuent pour la consommation des proies.
Les plus grands ennemis du G7 ne sont pas les apoderados du G10, mais ses propres membres, aussi fiables en affaires que des négociants chinois sur internet.
On n'est jamais mieux trahi que par les siens (ou par les chiens comme on dit en Auvergne)...
Tout ça me rappelle le «syndrome de Ben-Hur Marcel»: tout le monde est d’accord pour gueuler, mais à la fin, il n’y a plus personne…
Jean Yanne, un génie méconnu!


Xavier KLEIN

vendredi 14 octobre 2011

Des têtes coupées à la pointe des piques


Christian LABORDE a été débarqué. «Remercié», comme «ils» disent si abominablement.
La populace -j’ai trop de respect pour le peuple- a obtenu la tête qu’elle réclamait. Une populace qui ne sera pas vraisemblablement reconnaissante à ceux qui leur a concédé ce menu plaisir. D'avoir sacrifié les chrétiens après l'incendie de Rome n'avait pas sauvé Néron de la déchéance!

Je n’apprécie guère cette pratique des politiques –de quelque bord qu’ils fussent- qui consiste en cas de panne à se défausser sur les fusibles ou sur le lampiste, lorsque la cause est la surtension du réseau ou le mauvais état de l'installation.
C’est trop facile et c’est abdiquer leur propre responsabilité.
De deux choses l’une, soit Maître LABORDE n’était pas à la hauteur de la situation ou commettait des erreurs et il eût fallu s’en apercevoir avant et intervenir pour «recadrer», soit on cautionnait sa politique taurine en toute connaissance de cause et ce lâchage est peu glorieux.
On a donc le choix entre l’aveuglement et la faiblesse.

Loyauté et fidélité représentent à mes yeux des valeurs fondamentales qui doivent s’accorder avec la plus importante de toutes: l’humanité. On est loin de tout cela.
Cette question de la loyauté me paraît primordiale et revêt des contenus différents selon qu’on soit suzerain ou vassal. Quand le premier demande par là une adhésion voire une soumission absolue, l’honneur du second sera dans la franchise, le franc-parler et le soutien conditionné à une certaine éthique.
Me suis-je fait bien comprendre?

De même qu’en des temps disons «desgarbadiens», pour la «corrida du siècle» de Toros y Salsa 2010,  j’ai été de ceux qui refusaient à Christian LABORDE tant d’honneurs, je prétends aujourd’hui qu’il ne mérite aucunement tant d’indignités. Je le dis d’autant plus que je n’ai jamais été de ceux qui ont bénéficié de faveurs, et qui faisaient la cour.
Rien de particulier ne me lie à Christian LABORDE, mais s’il ne doit n’y en avoir qu’un à refuser la curée et le lâche soulagement de ce dénouement misérable, je serai celui-là!

Certes tout le monde s’en fout, certes tout le monde se voit soulagé, voire satisfait, de l'octroi cette ration de chair fraiche, certes Dax lavé de l’affront par le sacrifice du bouc émissaire, renvoyé au désert chargé de tous les péchés, se prépare à un avenir paraît-il radieux puisque LABORDE n’en ferait plus partie.

Mais la question était-elle là?
Mais n’est-ce pas reculer pour mieux sauter tant qu’on a pas identifié le, les vrai(s) problème(s)? Et n’est-ce pas faire peu de cas de la dignité d’un homme ainsi accablé, et comme il fut dit, «livré aux chiens»?
***
Ce qui me frappe avant tout dans cette affaire qui m’intéresse en ce qu’elle illustre bien la «commedia umana» dans toute sa dérision, c’est ce qui se profile en arrière plan.
Avant tout, prenons de la hauteur et dénonçons cette pratique à la mode qui consiste à ne pas juger les actes dans la durée, mais à viser au seul bénéfice à court terme.
On la voit à l’œuvre très significativement dans le monde du rugby où jadis une équipe constituée, hormis les éclopés, faisait l’intégralité d’une compétition.
Lorsqu’un Serge Blanco ou un Pierre Villepreux «contreperformaient» sur un match, on constatait seulement que ce n’était pas leur jour et que celui d’après serait meilleur.
On ne les renvoyait pas pour autant dans leurs pénates. Blanco était l’arrière en titre, sans contestation, jusqu’à ce que l’on décidât d’en changer.
C’était admettre la faillibilité de la nature humaine et l’accepter comme condition sine qua non de notre humanité. L’Homme, dans ses grandeurs comme dans ses faiblesses était considéré et respecté.

Il n’en va plus de même dans notre société post-moderne de l’homme-kleenex. Désormais ce n’est plus l’humain qui est au centre, mais l’efficacité, et par delà, le profit. C’est cela que je dénonce, et c’est cela qui me révolte. Surtout quand la règle s’applique aux sous-fifres et jamais aux décideurs.
***
En ce moment, les charognards volètent déjà en tous sens, se préparant à se régaler du mets de choix de la manne dacquoise. On envisage déjà dans la presse des «interventions extérieures» (http://www.sudouest.fr/2011/10/14/quel-avenir-pour-la-gestion-des-arenes-525792-716.php), c’est à dire, pour parler clair, de renoncer à la gestion autonome pour transférer, tout ou partie vers le privé.
La peste libérale serait-elle appelée à sévir en ces lieux aussi?
Dans quel monde vivons-nous pour qu’une plaza de premier plan, dont les comptes sont assurés, qui remplit ses gradins, se voit ainsi déstabilisée et promise aux intérêts privés à cause d’une mauvaise temporada?

Gaby, Cacou, relevez-vous et «aguantez», nom de Dieu!
Ne laissez pas place au doute, aux spéculations et aux convoitises au seul motif que le mundillo a perdu son pundonor et n’a pas assuré et justifié à Dax des prestations pour lesquelles ces beaux messieurs ont été grassement rémunérés!
***
Il y a surtout, à Dax comme ailleurs, un problème de forme qu’il convient de régler, celui de la séparation entre la fonction d’organisation et la fonction de contrôle.
Le règlement de l’U.V.T.F. définit clairement le rôle que doit jouer dans toutes les villes adhérentes, la Commission Taurine Extra-municipale (C.T.E.M.).
C’est un rôle de proposition, de contrôle et de supervision, dans lequel il est fondamental que les peñas aient leur part (il est d’ailleurs souhaitable, par delà les dispositions du règlement, qu’elles désignassent librement leur délégué). Ce faisant, les peñas conservent intactes leur indépendance et leurs fonctions de critique (constructive si possible!) en évitant de devenir otage des compromissions liées à l’organisation.
Dans une ville à gestion directe, il en va tout autrement de la fonction d’organisation, qui doit faire l’objet d’une autre commission dont la fonction spécifique est la mise en place des spectacles taurins. Les membres de cette dernière instance sont quant à eux DESIGNES par le maire pour leurs COMPETENCES TECHNIQUES et doivent à l’endroit de leur tutelle un devoir de réserve et pour le coup de loyauté.
C’est sans doute cette confusion des genres, et la «mesclagne» entre ces deux fonctions qui explique dans la forme, la «crise dacquoise», qui à mon sens était inscrite en germes depuis que Dax vit en gestion directe. Un dilemme, source de conflits, qui traîne depuis longtemps et n’a jamais été réglé.

Eclaircir cela, c’est déjà régler la moitié du problème en renvoyant chacun à ses responsabilités propres. Chacun à sa place et une place pour chacun...
Tout le monde ne peut qu’y gagner, notamment les peñas qui retrouveront un totale liberté de parole et de critique, ce qui est sain et nécessaire pour un équilibre des forces entre organisateurs et afición. Elles ne seront plus déchirées par des conflits internes entre «ceux qui en sont», et «ceux qui n’en sont pas».
On voit donc que si les décisions structurelles (ci-dessus exposées), comme les décisions purement «taurines» (évoquées dans des articles précédents) ne sont pas prises, ce n’est pas la tête de Christian LABORDE, victime expiatoire, qui résoudra la question.
Ce que je dis ici, ne va pas peut-être pas faire plaisir à certains, mais cela peut leur faire du bien, s’ils y voient un regard lucide et bienveillant, même s’il est critique.
La véritable loyauté, c’est cela!
Xavier KLEIN

mercredi 7 septembre 2011

«Car nous ne quitterons nos places que par la puissance de la baïonnette.»


Mister Jean Grenet, héritier de la Grenet, Grenet and Co, le clan qui préside aux destinées de Bayonne depuis 1959 (sic) se préoccupe, semble t-il, des destinées de la tauromachie (http://www.sudouest.fr/2011/09/05/des-assises-de-la-corrida-490823-716.php). Ou plus exactement, se pare de tauromachie pour défendre la politique taurine de Bayonne.
Une politique qui, du strict point de vue «artistique», a produit incontestablement la temporada la plus honorable des grandes ferias du sud-ouest 2011.
Ce faisant, le Président du groupe parlementaire taurin de l'Assemblée Nationale, convoque les  «Grands» en conclave dans des «assises» («assises», lapsus révélateur plutôt bien trouvé. N'est-ce pas l'endroit où l'on juge du crime?) qui devraient se tenir mi-octobre.
Les «Grands», vous connaissez: les empresas des 7 plazas de 1ère catégorie du territoire national.

Car les «Grands», sans doute parce qu’ils demeuraient couverts en présence du monarque de toutes les Espagnes, se font, paraît-il, des cheveux.
Découragés, dépités, déboussolés qu’ils sont nos «Grands» français. Car nonobstant leurs efforts désespérés pour racoler l’aficionaveau dans leurs enceintes, à grands coups de figuras, les déficits persistent voire se creusent.

Pour un peu on les plaindrait…
Les autres, les «Petits», doivent être affligés de quelque maladie honteuse, contagieuse peut-être, de quelque tare irrémédiable pour ainsi être bannis des agapes. Ou bien, plus probablement, ne peuvent-ils atteindre à la hauteur de pensée et de jugement des puissants.  

Je n’entends pas grand chose aux affaires budgétaires, ma vocation littéraire, conjuguée à mon implantation villageoise, m’interdisant sans doute de bien calculer, comme de bien considérer.
Mais tout de même, j’ai quelques petits idées -simplistes sans nul doute- sur la question des déficits.

En l’occurrence, celles-ci se résument immanquablement à 3 types de solutions:
          * augmenter les recettes.
          * diminuer les dépenses.
          * conjuguer les deux premières.
Ce type d’alternatives fera passablement sourire la plupart de ceux qui président aux destinées des autres plazas taurines, le «Tiers-Etat», dont l’équation ne se résume qu’à la première des solutions, dans la mesure où leurs dépenses sont au minimum et que leur problème se concentre exclusivement sur l’augmentation des recettes.

Il faut croire qu’en matière de tauromachie, à l’instar de la vie des «vrais gens», comme on dit dans les sphères supérieures, les problèmes de la «haute» n’effleurent que très virtuellement l’intelligence sommaire et rustique de la plèbe que nous incarnons.
A priori, l’abruti moyen, dont je revendique le statut, pourrait stupidement penser que de troquer une ou deux figuras, voire un Jose Tomas, contre d’excellents seconds couteaux plus motivés et bien moins onéreux permettrait aisément d’économiser les quelques centaines de milliers d’euros concernés, tout en instillant une competencia de bon aloi.
Pour exemple, avec les émoluments du seul JT, on pourrait organiser 4 corridas ortheziennes.

Le même crétin de base pourrait également postuler que la désaffection incriminée procède, peut-être, d’un mouvement de fond tout autre, et qu’il conviendrait de se poser d’autres questions, notamment sur le sens (ou plutôt l’absence de sens), véhiculé par la corrida-spectacle commerciale, où l’esthétisme sans risques tue l’émotion.
C’est sans compter avec les hautes ambitions des «Grands» et leurs desseins élevés dont la principale préoccupation est de savoir qui d’entre eux pisse le plus loin ou possède «la plus longue», obsession bien compréhensible dans un milieu, on le sait, machiste.

En tout cas on ne manquera pas de s’esbaudir devant la suffisance du corridarque bayonnais qui en convoquant un G7 de pacotille  au bal des faux-culs prétend à évoquer et à résoudre les problèmes de la tauromachie française.
Les petites plazas, très majoritaires, ne manqueront pas d’apprécier en quel peu de cas le maire bâillonneur et bayonnais les tient, dans la première plaza de France (en venant de San Sébastien…), pour prétendre conférer sans elles.
On peut aussi légitimement se questionner sur l’utilité et l’action de l’U.V.T.F. ainsi squeezée et niée par ce sommet des prétendus décideurs.

Don Juan GRENET serait autrement plus inspiré de prêcher par l’exemple plutôt que d’aspirer à régenter l’oligarchie taurine.
Avec l’actuelle présidente montoise de l’U.V.T.F., Dame Darrieussecq, tout aussi imbue de sa supériorité supposée, les deux bourgmestres n’ont conçu aucun scrupule à modifier les dates de leurs ferias respectives en empiétant sur les copains et voisins.
Pousse toi de là que je m’y mette susurrent nos édifiants édiles en imposant l’arrogance des pots de fer aux petits pots de terre tyrossais, garlinois et ortheziens.

Du premier mercredi d’août (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAtes_de_Bayonne), Bayonne décide de s’avancer délibérément sur juillet, occupant désormais le dernier dimanche, et d’y organiser en outre des corridas, qui de notoriété publique et d'aussi loin que l'on en juge n’ont jamais fait bon ménage avec las hèstas de Baiona.

Quant à Mont de Marsan, on reculera désormais les fêtes (qui débutaient traditionnellement la veille du samedi le plus proche du 14 juillet à condition que le 14 juillet ne soit pas un samedi (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAtes_de_la_Madeleine) pour qu’elles englobent le 22 juillet, jour de la sainte Madeleine (qui fut une grande pécheresse).

Prises en tenailles, les fêtes de Saint Vincent de Tyrosse, de Garlin et d’Orthez, qui se déroulaient les 3ème ou 4ème dimanche de juillet, selon les années, ne peuvent que souffrir, voire mourir, de la concurrence que le fait des princes leur impose.
C’est sans doute ce que la grande prêtresse montoise et le mandarin bayonnais appellent la défense des cultures locales, ce dernier en rajoutant dans l’humour involontaire en revendiquant «ne pas être soumis au diktat des uns et des autres»: il a la verve ravageuse pépère…

Aux bastions avancés qui se débattent furieusement pour défendre la survie d’une CULTURE taurine, on oppose une logique méprisante, exclusivement commerciale, financière et de prestige, qui trouverait une solution facile dans un retour à la raison et à la modération de leur ligne taurine.

Décidément, comme on ne cesse de le répéter, la planète taurine est infiniment plus menacée par l’implosion interne que par la menace de l’astéroïde «zanti».
Mais de tout cela, on reparlera.

L’hiver sera chaud, il ne sera pas question de se laisser plumer sans rien faire et sans rien dire…
En 1789, la détermination du Tiers-Etat et la justesse de sa cause ont triomphé des baïonnettes, qu'on nommait à l'époque bayonnettes.
Xavier KLEIN

dimanche 5 décembre 2010

F.S.T.F.

Comme aficionado ET comme président de la Commission Taurine d'Orthez, je m'informe régulièrement, avec un intérêt extrême, des écrits et des activités des organisations regroupant des aficionados (Fédération de Sociétés Taurines de France, F.S.T.F., Union des Clubs Taurins Paul Ricard, U.C.T.P.R.).
Si beaucoup de têtes pensantes du mundillo, et d'organisateurs français affectent (en privé, cela va de soi) une indifférence voire du mépris pour ces «collectifs», ce n'est nullement mon cas.
*
D'une part parce que, quoique puissent en penser les fâcheux, elles produisent (on le verra ci-dessous) des analyses, des points de vue, des propositions parfaitement pertinentes et que tout organisateur sérieux, aficionado, et soucieux de l'avenir de la tauromachie serait avisé de prendre en compte.
D'autre part, parce qu'elles représentent, contre vents et marées, les intérêts et les préoccupations des acteurs les moins écoutés et pourtant les plus déterminants, ceux qui permettent que la fiesta brava existe et vive, j'ai cité les aficionados, ces cochons de payants qui meublent comme certains délicats se plaisent à le rabâcher, les «étagères».
Enfin, parce qu'elles incarnent l'unique et indispensable contrepouvoir à un SYSTEME, organisé et qui sait parfaitement, lui, défendre ses intérêts.
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On voudra bien me pardonner, dans le gentil contexte de bisounours où nous vivons, où l'on donne sans cesse à accroire que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, de penser que les choses sont encore et toujours gouvernées par ce que des fossiles vivants de mon espèce nomment toujours le RAPPORT DE FORCE.
L'aficion en tant qu'entité globale, est par nature diverse, individualiste et divisée. Il en va de même des salariés ou des consommateurs.
Dans un état démocratique, l'harmonie, sans cesse à rechercher, procède d'un juste équilibre entre le producteur et le consommateur, entre le patronat et le salariat, entre l'intérêt individuel et le bien collectif.
Le règne de la vertu individuelle, surtout celle du mundillo, constituant une utopie, rien ne vaut pour ce faire, des organisations puissantes qui constituent des contrepouvoirs efficaces et puissent garantir un rapport de force équilibré.
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En matière de tauromachie, il me paraît évident que l'équilibre souhaitable n'existe plus (s'il a jamais existé). Ce sont les producteurs, les empresas, les syndicats de toreros, de subalternes, et la presse inféodée et rémunérée qui dictent trop souvent le droit, le fond et la lettre, allant -c'est un comble- jusqu'à définir arbitrairement ce qu'aime l'aficionado.
Je suis convaincu qu'il faut «replacer l'aficion et l'aficionado au centre». On remarquera au passage que je parle d'AFICIONADO (c'est à dire un public intéressé et «connaissant») et non de SPECTATEUR (celui qui intéresse le mundillo).
Les SPECTATEURS passent, les AFICIONADOS demeurent.
Les SPECTATEURS consomment, les AFICIONADOS dégustent, commentent, apprécient, valorisent.
Il me paraît que nous pataugeons dans le marasme actuel, justement parce que nos «têtes pensantes» ont fait le pari des spectateurs plutôt que celui des aficionados.
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A partir du travail conséquent réalisé par la F.S.T.F., il me semble indispensable de susciter une dynamique de revalorisation de la corrida, qui s'appuie sur une collaboration intime avec les représentants de l'aficion.
Tout n'est sans doute pas possible, les «contingences» financières, techniques existent, parfois insoupçonnées par les aficionados.
Tout s'avère toutefois question d'INTENTION, de projet, de direction vers lesquelles on veut se diriger, et surtout d'ETHIQUE et de DEONTOLOGIE.
Ce qui est possible en revanche c'est que les organisateurs sérieux et motivés par d'authentiques préoccupations aficionadas, se mobilisent pour s'appuyer sur l'aficion de verdad et non pour la combattre ou pour la critiquer.
Certains peuvent railler la vieille dame qu'est la «fédé», comme d'autres ont raillé la revue Toros, elle demeure toujours fidèle au poste, toujours ardente et digne, en dépit des outrages. Une Miss Marple de l'aficion, qui pose toujours les questions qui dérangent.
Consultez avec attention les liens ci-dessous et vous comprendrez que les solutions existent et qu'il suffit seulement de les mettre en oeuvre, avec sincérité et conviction.
Xavier KLEIN
F.S.T.F.: Compte-rendu de l'Assemblée Générale de l'U.V.T.F. http://www.torofstf.com/actions/101104cpte_rendu_uvtf.html
F.S.T.F.: Bilan de la temporada française http://www.torofstf.com/bilan2010.html
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lundi 29 novembre 2010

De la "grotesquitude"

Récemment, sur le site très connu d’un intermittent taurin du spectacle, on évoquait déjà dans la semaine une candidature Coluche à la présidence de l’U.V.T.F., ce qui laissait supposer une certaine collu(che)sion entre le dit intermittent et certains membres du bureau de l’U.V.T.F. qui se feraient un joie et un devoir de l’informer.
Bonjour le devoir de réserve! Et surtout bonjour le respect dû à une ville taurine, fût-elle de petite taille et fût-elle "contestataire"!
Nous vivons dans une époque moderne où certains, nonobstant la multiplicité de leurs talents leur rajoutent sans vergogne le don mirifique d’ubiquité, puisqu’ils peuvent dans le même temps parader à Rion des Landes et assister à l’Assemblée Générale de l’Union des Villes Taurines de France qui se tenait à Beaucaire.
Question ubiquité, pourquoi pas ? Question sérieux, on trouverait à redire: que le grand Mamamouchi du Machin préfère se gaudrioler que d’exercer ses fonction auprès de l’U.V.T.F. donne à se questionner sur le sens des responsabilités de l'énergumène…
Cela aurait pu au moins lui éviter d’écrire des sottises ou des vacheries gratuites, quoique!
Car si errare humanum est, n’oublions pas que perseverare diabolicum. Et l’Oracle boucalais, sans doute épuisé par sa virée rionnaise, grisé peut-être, nous a pondu l’un de ces chefs d’œuvres de désinformation, de vile «tignouserie» et de bêtise qui n’ont pas peu contribué à sa sulfureuse réputation.

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Reprenons toutefois l’affaire depuis le début.
Une partie du bureau et la présidence de l’U.V.T.F. étaient à renouveler.
Deux candidatures s’étaient faites jour pour la présidence qui, à tour de rôle, s’exerce par le sud-ouest et le sud-est: Mont de Marsan et Vic Fezensac.
Inutile de dire que Vic portait sans aucun doute les voeux de moult grandes et surtout petites cités, tant par sa ligne taurine que par son statut de village, où beaucoup pouvaient se reconnaitre.
Parlons clair et vrai. D’aucuns en outre, ne se sentaient nullement enclins ni à soutenir MdM après l’affaire des changements de date des fêtes, ni à consacrer le jumelage de facto nîmo-montois: Nîmes s’étant exclue de l’U.V.T.F., y reprenait pied par Mont de Marsan (ou son/sa prestataire) interposé, intention qu'on nous confirme à Vieux Boucau («agir de manière concrète […] en oeuvrant au retour de Nîmes dans le giron de l'UVTF»).
4 jours avant l’élection, on apprend, par la bande, que Vic Fezensac s’est désisté. Bizarre! Bizarre!
Le combat cessait donc faute de combattant et Mont de Marsan ramassait la couronne, abandonnée par forfait.
Sans aucune illusion, les statuts ne le permettant pas, avec l’approbation pleine et entière du Maire d’Orthez, j’ai toutefois présenté la candidature d’Orthez, pour l’honneur, en expliquant le pourquoi de celle-ci. Non sans relever que toute cette affaire ne me semblait aucunement démocratique, d'autant plus qu'il n'y eût aucun vote.
Il est des situations où il convient d'avancer la jambe et d'accorder ses actes à ses idées.
Evidemment, il s'avère difficile d'expliquer au Grand Inquisiteur la portée des mots "honneur", "cohérence", "honnêteté intellectuelle", toutes valeurs qu'il ignore totalement.
Certes la sémantique tend à tomber en désuétude, mais quelques esprits taquins -dont votre serviteur- veulent continuer, contre vents et marées, à croire que les mots ont un sens qu’il convient de maîtriser avant de les utiliser.
A Vieux Boucau, il semble qu’on connaisse Coluche, et qu’on "cause" de candidature «grotesque». Je ne fréquente guère Coluche, mais je lis souvent le dictionnaire Littré, surtout son appendice étymologique.
Que voulez-vous, à Orthez on n’a pas la science infuse comme à Vieux Boucau. En conséquence de quoi on s’essaie à remédier à l’ignorance.
Le mot «grotesque» provient au XVIème siècle de l’italien «grottesco» (de la même famille que «grotta»: grottes) qui s’appliquait durant la Renaissance au mouvement artistique de redécouverte des antiquités et aux fresques, aux dessins pleins de fantaisie qu’on découvrait alors dans les ruines et les fouilles. Si vous allez à Florence ou même à l’Alcazar de Séville vous découvrirez dans les palais de cette époque de ces grottes reconstituées «à l’antique».
Le plus bel exemple, littéralement, de «grotesque» en France s'observe dans les charmants griffonnages que l’on trouve sous terre à Lascaux.
La peinture pariétale d’aurochs, reprise par on ne sait quel observatoire, dont on ne sait qui le préside, est le plus magnifique exemple de «grotesque».
Amusant, n’est-ce pas, surtout peint en rose?
Je n’entends pas grand-chose au «grotesque», mais il me semble qu’une élection où ne figure qu’un seul candidat pourrait par contre assez bien répondre au qualificatif de «charlotade». Et qu’il y a plus d’honneur et de dignité à s’en émouvoir qu’à la plébisciter. Affaire de valeurs…
Mais le plus beau n’est pas là.
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La lecture attentive de l’Inénarrable sous l'intitulé très éloquent de «L’UVTF en ordre de marche» (tout un programme!) nous apprend (je cite): «Comme prévu, Geneviève Darrieussecq, maire de Mont de Marsan, a été élue présidente, malgré la candidature grotesque et mal venue du représentant orthézien auquel la nouvelle présidente a recommandé de «s'aimer un peu plus pour pouvoir aimer les autres afin d'avancer dans la même direction».
«Comme prévu»: le magnifique aveu! Ainsi tout était déjà «prévu»! Vous m’en direz tant! «Elue»? Sans vote?
On sait, à travers ses prises de positions, la tendresse et l’accointance très marquées que le Caudillo de l’Aficion française entretient pour le Partido Popular (où s’est recyclé toute la vieille garde franquiste). On ne s’étonnera donc pas qu’il cautionne et applaudisse des deux mains ce qui ressemble plus à un Pronunciamiento taurin, qu’à l’exercice serein de la démocratie qui suppose la confrontation des idées et des choix et surtout la présence d'une opposition.
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On ne s’étonnera pas plus de l’attaque ad personam de Madame le Maire, qui se permet de substituer l’allusion personnelle venimeuse, pour le coup "mal venue", à une argumentation rationnelle.
Que Madame le Maire s’occupe de ses amours, je m’occupe des miens! Mais si elle aime comme elle parle...
Enfin si toute remarque, tout désaccord, toute objection sont vécus comme des crimes de lèse-darrieussecq, on n’a pas fini de rigoler, et Madame le Maire de s'ulcérer…
Qu’on se le dise, l’ordre désormais régnera.
Il y a tout de même quelques soucis à se faire devant un tel programme de mise au pas, surtout quand la plaza qui nous parle de tauromachie-champagne et veut réintroduire le Casastan dans le concert taurin se préoccupe de «dépoussiérer le règlement». Après l'ordre serré, le ménage.
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Je ne voudrais pas clore cet article, sans donner au lecteur une petite idée du fonctionnement éminemment démocratique de l’U.V.T.F.
Cette vénérable institution est constituée, sauf erreur de ma part, et selon son site internet, de 46 membres.
6 plazas de 1ère catégorie qui toutes siègent en son bureau.
1 plaza de 2ème catégorie (Céret) qui siège également.
39 plazas de 3ème catégorie qui élisent 3 représentants pour le Sud-Est et 3 pour le Sud-Ouest soi 6 en tout.
Cela me fait furieusement penser aux Etats Généraux de 1789, où l’on VOTAIT PAR ORDRE et à l’acte fondateur de notre démocratie fondé sur le VOTE PAR TÊTE.
6 plazas de 1ère sont représentées par… 6 représentants.
39 plazas de 3ème sont représentées par… 6 représentants.
Cherchez l'erreur. Surtout quand l'on vous affirme ensuite sans sourire qu'il n'y a pas de préséance, pas de petites ni de grandes arènes, seulement ... des arènes.
Cela ne dérange personne?
Moi si! Mais ce doit être une manifestation démocratique de «grotesquitude», bien entendu mal venue…
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Il ne faudrait tout de même pas que certains se voient parvenus à l'Olympe, alors qu'ils viennent juste de franchir les portes de l'Hadès.
Si l'U.V.T.F. pouvait influencer les choses cela se saurait.
Certains s'en passent d'ailleurs très bien (cf. Nîmes), et l'on ne compte plus les oukhases ou les voeux pieux qui sont restés lettres mortes. Le "dépoussiérage" du réglement par exemple devra être admis et accepté par TOUS pour avoir quelque légitimité et être appliqué. Surtout lorsque l'on voit le respect que l'on prête au texte actuel.
Il devra surtout être voté par chaque commune.
Etant donné que ceux qui prétendent "dépoussiérer" semblent surtout vouloir nous faire passer la pilule du "toreo moderne", avec des délicatesses de cuirassé sur le pied de guerre, il faut craindre que nous n'allions vers le conflit plutôt que vers l'union et la concorde.
Entamer son mandat avec autant de morgue et des paroles aussi offensantes ne le place guère d'emblée sous les meilleurs auspices.
Surtout si l'on a le malheur d'être "épaulé" par le gourou, ce qui représente plus une malédiction qu'un avantage!
Xavier KLEIN
Prochain épisode : l’affaire de la pique française.
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lundi 9 août 2010

COSA NOSTRA

Ce dimanche 8 août 2010, le système mafieux qui essaie de s'implanter en France comme il sévit déjà en Espagne dans les milieux taurins a donné pleine mesure.
On dira que j'exagère encore.
On fustigera mes propos ou on écartera mes arguments d'un revers de manche.
On fulminera contre l'un de ces imprécateurs-qui-divisent-l'aficion-quand-le-péril-«zanti»-est-à-nos-portes-qui-vient-jusque-dans-nos-bras-égorger...
On invoquera les règlements de comptes, les inimitiés personnelles.
On stigmatisera l'aigreur chronique, l'insatisfaction permanente.
Et pourtant!

Voilà un conjuration de «taurinos»* qui se mobilise, comme par enchantement, pour assurer la promotion d'un jeune torero français, ni plus ni moins doué que ces congénères gaulois et à fortiori espagnols, mais qui bénéficie de l'avantage d'être apodéré par l'un des «leurs».
Qui sont ces «leurs»? Des gens qui se fréquentent depuis 35 ans, qui ont lutté pour se faire une place au soleil, qui ont rêvé, toréé, galèré, maquignonné, comploté, et finalement émergé chacun dans son ou ses répertoire(s). Mais également des jeunes cadres dynamiques en mal de célébrité et d'opportunités de tienter à l'oeil.

Car chez ces beaux messieurs on donne dans la polyvalence et le multicarte, comme chez les V.R.P. d'élite.
Le point commun de cette aimable compagnie et communauté d'intérêt est de noyauter tous les lieux de pouvoir et de décision. Sans parler du Capo di tutti capi, qui règne depuis Vieux Boucau, comme d'autres le faisaient depuis Corleone.

Prenons le cas tout à fait représentatif de l'honorable sociétaire** bayonnais Don Olivier BARATCHART. Non content de sévir comme «directeur» des arènes de Bayonne, titre et fonction par ailleurs fort imprécis, il préside l'Association des Organisateurs de Corridas et Novilladas du Sud-Ouest, trône dans les instances dirigeantes de l'Union des Villes Taurines de France, et non tantum sed etiam, oeuvre dans le Comité Central de l'O.N.C.T.
Ces multiples à côtés lui conservant quelque loisirs, il les met utilement à profit pour apodérer le jeune Julien LESCARRET. Évidemment, tout cela n'a rien à voir avec la présence de ce dernier dans les cartels de Bayonne. Comme quoi il semble que si l'on ne peut, paraît-il, être à la fois aficionado et empresa, il semble qu'on puisse (voire que l'on doive) être à la fois apoderado et empresa.

Le charmant Julien -garçon tout à fait intelligent et séduisant au demeurant, ce n'est pas lui qui est en cause ici- ayant connu l'an dernier quelques déconvenues, "on" a donc fait le forcing auprès des «amis» pour qu'il puisse figurer sur quelques affiches. "On" a aussi fait le forcing auprès des autres en exerçant force pressions et en les assortissant de coups bas, ce qui, entre nous soit dit, ne peut que nuire à son pupille.

Il fallait donc s'attendre à ce que le moindre début d'embryon (merci Marc...) de commencement de succès se voie monté au pinacle par la claque et le concert des copains réunis afin de relancer la carrière du sympathique concurrent.
Il semblerait que le prodige potentiel soit finalement parvenu à aligner quelques séries à peu près comestibles devant un ou deux bestiaux, et qu'il ait récolté en un week-end quelques pavillons de complaisances dont on sait ce qu'ils valent, et comment ils sont distribués par des présidences «compréhensives».

Cela suffit pour que la mobilisation des copinages s'opère, que Don Dédé pérore et mette en demeure les réticents, avec force insistance, pour qu'ils réparent l'injustice faite à «Juju» (http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-08-10/08-08-102.php).

Dieu et sa Commission Taurine nous en préservent pour Dax tout au moins!

Ou bien il leur faudrait ignorer la campagne de dénigrement systématique que le sieur Olivier ne s'est pas gêné de mener durant plusieurs mois contre les «maudits et perfides dacquois» qui en 2009 avaient sournoisement placés un grand sobrero du Conde de Mayalde qui fit malencontreusement trébucher le pauvre LESCARRET.

Les agissements de la Mafia ne me perturbent nullement lorsqu'ils restent dans leur aire d'appellation contrôlée. Ca fournit l'occasion de films à grand spectacle, de musiques géniales d'Ennio MORRICONE et file le frisson au touriste en villégiature à Palerme.
Par contre la chose m'importune passablement dans un sud-ouest où l'esprit gascon épris de liberté, d'indépendance et de pondération s'est toujours refusé à la mainmise des affairistes.

On parle depuis des années de limiter le cumul des mandats chez les politiques, on serait bien inspiré de le réclamer également en matière taurine.
Cela éviterait sans doute que la gangrène mundillopathe qui sévit au sud des Pyrénées n'en gagne aussi le nord, avec les conséquences néfastes qui y tuent la tauromachie à petits feux.

Xavier KLEIN


* http://www.sudouest.fr/2010/08/08/julien-en-son-royaume-156297-716.php
** On appelle aussi la Mafia: Società onorata (l'«honorable société»)
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dimanche 20 décembre 2009

LE DEBAT CONTINUERAIT-IL A S'INSTAURER?

Monsieur COLEMONT engage un dialogue sur l'inscription de la tauromachie au Patrimoine Immatériel de l’Humanité.
Comment ne pas répondre à cette démarche puisqu'elle est formulée de manière courtoise et mesurée (
http://www.echoducallejon.com/article.php?id=5486).
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Tout d'abord une mise au point préliminaire fondamentale.
Lors du vote à l'U.V.T.F. de la motion pour cette inscription, à partir des éléments dont nous disposions, c'est à dire l'unique déclaration orale de Monsieur ZUMBIELH, J'AI VOTE POUR. Ce qui suffit je pense, à démontrer que dans le principe je n'y suis nullement opposé. Il n'y a donc nullement lieu d'évoquer de votre part une «critique négative de la démarche». Si j'avais été négatif, j'aurais voté contre.
Ceci dit, je trouve pour le moins cavalier qu'on nous ait demandé de nous prononcer à la va-vite, sans réflexion et examen préalable, sans documents écrits, sur une orientation d'une telle importance, qui eût justifié d'un débat préparé et approfondi. Faut-il être contraint à signer, comme ce fût le cas, des chèques en blanc?
Par contre, j'ai émis de fortes réserves, d'une part sur l'opportunité, d'autre part sur les contingences de cette démarche.
Il faut bien comprendre qu'en ce qui me concerne, il convient de séparer nettement les attributions et les fonctions, ce dont d'autres ne se soucient guère en entretenant une confusion préjudiciable.
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En l'occurrence, lorsque je siège à l'U.V.T.F., élu par mes collègues conseillers municipaux en séance, j'y représente le Conseil Municipal et Monsieur le Maire d'Orthez. J'y figure en tant qu'élu du peuple, et suis tenu à une réserve et à une distance parce que j'y représente la globalité des citoyens de ma cité.
Lorsque je siège à l'«Association des organisateurs de corridas et novilladas du Sud-Ouest», j'y figure en tant que Président de la Commission Taurine, élu par mes collègues conseillers municipaux en séance, pour l'organisation des activités taurines.
Lorsque je m'exprime sur mon blog, je le fais à titre privé et personnel, et je n'engage que moi.
Il me paraît important de souligner cette nécessaire distinction.
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Venons en aux faits.
Vous concluez: «Ce que nous n'approuvons pas non plus c'est le fait d'affirmer que ne pas répondre aux abolitionnistes serait la meilleure des manières de lutter».
Tout vient me semble t-il, d'une certaine méconnaissance, et de ce que suis, et de ce que je fais.
Vous semblez actuellement vous détacher du discours entretenu par Monsieur VIARD, ce qui me semble tout à fait heureux. Vous avez pu mesurer la distance entre les belles paroles et l'absence du soutien au moment de l'épreuve. Il ne vous aura nullement échappé qu'il n'y a eu aucun commentaire de ma part sur ce sujet. Et pour cause!
Je ne suis nullement en accord avec vous sur le ton que votre ardeur aficionada vous porte à employer à l'endroit des «zantis». Pour autant, je vous ferai remarquer que je ne vous ai jamais «enfoncé la tête sous l'eau» à cette occasion. Si nous en avions parlé, je vous aurais dit, très tranquillement mon sentiment à ce sujet.
En l'occurrence:
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1°) Il convient d'évaluer justement l'importance et l'acuité de la menace et de ses vecteurs.
Sur ce point, de quoi parlons-nous? D'une cinquantaine d'activistes qui se déplacent de plaza en plaza, en profitant de l'écho donné à des manifestations spectaculaires et provocatrices. Pour le reste nous faisons face, comme depuis un siècle, à l'hostilité traditionnelle de la S.P.A.
Qui gagne à l'exacerbation et à la médiatisation de cette confrontation? Assurément les «zantis», parce que nos discours n'ont qu'un usage interne, et les leurs s'adressent à l'ensemble de l'opinion publique.
Mais aussi certains de nos grands penseurs taurins, pour réaliser l'union sacrée, et se dédouaner des critiques internes sur leurs thèses et sur leurs personnes.
La guerre contre l'ennemi extérieur constitue toujours l'ultime recours des régimes menacés. Celui qui conteste à l'intérieur devient alors un traitre. C'est vieux comme le monde, c'est bien commode, et le gogo naïf se laisse toujours avoir.
Il serait par contre indispensable de nous questionner sur les raisons de ce regain d'activité anti-taurine.
Et, de ce point de vue, il me semble que l'évolution de la corrida (et son expansionisme) vers des pratiques de plus en plus commerciales, et vers le toreo moderne avec des toros de plus en plus collaborateurs, et de moins en moins adversaires, met à mal la principale justification de la corrida: le combat et le risque. On peut défendre une tradition, on aura beaucoup de mal à défendre une opération commerciale qui la dénature, «on peut tuer le loup, mais on ne peut maltraiter son chien».
Il me semble que nous forgeons ainsi les armes de nos adversaires.
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2°) La situation de la France n'est pas celle de l'Espagne, où elle est fiesta nacional. En France, qu'on le veuille ou non, la corrida est IMPORTEE et TOLEREE. Ce n'est pas une opinion, c'est un fait! C'est à dire qu'elle ne concerne qu'une minorité de territoires, tous sis dans le sud, et que sa survivance résulte d'un rapport de force établi il y a un siècle, qui a évolué depuis.
Ce rapport de force a entériné une situation de compromis où la république, devant la levée d'étendard au nom des libertés et traditions locales, n'a pas voulu se mettre à dos une population a priori favorable et «radsoc», alors qu'elle luttait sur divers fronts (laïcité, affaire Dreyfuss) pour s'imposer.
Depuis l'eau a coulé sous les ponts, et les populations ne présentent plus le même caractère d'homogénéité culturelle. A Dax, il y a un siècle, 90% de la population était de souche, parlait le gascon, et occupait les gradins. Ce n'est plus le cas. La feria fonctionne désormais avec une très forte proportion du public, étrangère au canton. En outre, à cause du prix des places, un élitisme de fait a découplé la tauromachie de son assise populaire.
Il va sans dire que la situation espagnole n'est nullement la même, bien qu'aussi complexe. A l'inverse de la France, la corrida y incarne d'une part un symbole de l'état espagnol centralisateur, d'autre part, elle a été instrumentalisée par le franquisme et porte une forte charge symbolique de ce fait. Soutenir la tauromachie sous-entend là-bas porter des valeurs que l'Espagne, et particulièrement ses provinces veulent oublier. D'autant plus que «l'appareil économique» qui préside à la gestion des affaires taurines regroupe toujours le gotha des grands propriétaires, des capitaines d'industrie, voire des affairistes de la péninsule.
Ce n'est pas la poignée d'élus locaux, de députés et de sénateurs qui nous protégeront d'un changement de politique française à l'égard des toros. Les politiques actuels sont avant tout des pragmatiques pour qui, malheureusement, les sondages pèsent infiniment plus que les convictions. Nos gouvernants pourraient être tentés de capitaliser le gain électoral indiscutable de positions anti-taurines susceptibles de drainer les votes des «mémères à leur toutou» et de nos concitoyens hyper-sensibles à la dictature de l'émotion dans une «société de la victime». D'autant que les voix gagnées compenseraient très largement, nationalement, les voix perdues localement, qui plus est dans des zones «roses», qui ne votent pas pour eux. Vous verrez alors, Monsieur COLEMONT s'égayer nos courageux politiques comme une volée de moineaux, devant la réalité des urnes. La situation espagnole et la démission de nombre d'élus devrait là aussi nous alerter.
Y compris localement, les élus sont les représentants du peuple, dont ils doivent porter les attentes et les aspirations. Il est normal qu'ils les prennent en compte, à moins de se comporter en dictateurs. Une initiative intelligente serait d'ores et déjà de procéder à des sondages confidentiels pour évaluer tout cela. Les résultats risquent d'en surprendre plus d'un, et de nous ramener à plus de modestie et plus de réserve.
Je suis intimement convaincu que la tauromachie relève totalement d'un Patrimoine Immatériel de l'Humanité. Mais ce que j'en pense importe peu, pas plus que l'avis de la centaine d'aficionados «encartés», et les 200 ou 300 sympathisants d'Orthez. Ce qui compte, c'est le positionnement des 10.000 qui restent. Et là, nous nous aventurons sur des terrains hasardeux.
Sommes-nous en situation de mener des offensives? Là est la problématique.
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3°) Il convient d'adapter et de proportionner la réponse à la question.
C'est à dire d'adopter des discours et de prendre les mesures pondérées, qui s'imposent.
Répondre à l'insulte par l'insulte ne mène à rien, sinon à l'escalade et aux procès. Vous êtes bien placé pour le savoir. On peut parler paisiblement avec des anti-taurins, je le fais sur mon blog. Certes il y a des abrutis et des excités, mais pas plus (et pas mloins) que "chez nous".
Lorsque qu'on est sûr de son droit, et serein dans ses convictions, on méprise les coups d'épingle auxquels on répond par l'indifférence, ou mieux par l'humour.
En réponse aux happenings dénudés du PETA, le mieux serait de les enclôre et d'aller, rigolards, leur jeter des cacahouettes. Peut être même de leur fournir l'opportunité de mettre en pratique leur compassion animalière en leur débarquant une coursière, qu'ils pourraient s'essayer à convaincre.
Monsieur le Maire d'Orthez, sur mes recommandations, a été l'un des seuls de France à prendre en 2009, arrêté d'interdiction de toute manifestation à proximité des arènes (et ce affiché sur les portes de la plaza).
De même, nous avons mis un point d'honneur à appliquer à la lettre, et au delà, les préconisations de l'U.V.T.F. et de la F.S.T.F. en matière de piques, de présidences, de trophées, de prix des places, etc.
De même, nous ne nous contentons pas de nous lamenter sur le triste sort des ganaderias ou encastes en danger. Nous les programmons.
De tout cela, a t-on parlé? Pas que je sache. Ou bien péjorativement. Les beaux discours priment d'évidence sur les actes.
En tout état de cause, il ne m'est jamais apparu que ma position soit frileuse, poltronne ou défaitiste. Pour moi, elle est sereine et paisible. Elle est également active, mais dans l'optique d'oeuvrer pour une tauromachie indemne de toute critique affairiste, et qui ait un sens et un contenu. Il faudra vous faire à l'idée que je me battrai pour défendre ce en quoi je crois, mais comme beaucoup d'autres, je ne lèverai pas le petit doigt pour défendre les intérêts privés de Monsieur VIARD ou de Monsieur CASAS.
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4°) La valorisation de la corrida relève avant tout de notre volonté et de notre action POSITIVE et non d'une REACTION au discours de l'«Autre».
Devenir crédible par des spectacles de qualité, revenir à des tarifs plus raisonnables et populaires, c'est à dire renoncer à la dérive inflationniste actuelle et mettre un terme à l'affrontement des "seigneurs de la guerre" des grandes plazas.
Accéder à l'indépendance par rapport aux intérêts du mundillo qui pèsent trop sur la forme et l'évolution de la corrida.
Admettre, expliquer, mettre en valeur, promouvoir, TOUTES LES FORMES ET SENSIBILITES TAURINES, sans chercher à les opposer, ou à en privilégier une particulière.
Prendre conscience que le terreau de fond de l'aficion, c'est avant tout le réseau des petites plazas, qu'il convient de soutenir et de promouvoir, même si leurs spectacles ne peuvent systématiquement rivaliser avec les moyens mobilisés ailleurs.
Sur ces divers points, les commentateurs (et donc vous-même) avez une responsabilité écrasante. L'assumez-vous comme il conviendrait? Pouvez-vous vous départir de vos goûts et propensions personnelles pour entrer dans d'autres logiques, et d'autres systèmes de valeurs qui, pour vous être étrangers n'en sont pas moins respectables?
Pouvez-vous accepter, et valoriser, qu'un «bon toro» ne soit pas pour beaucoup, votre toro, un toro qui «sert» et donne des passes? Mais que des aficionados en attendent d'autres vertus qui vous importent moins.
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Il faut, Monsieur COLEMONT, vous savoir gré de vouloir sortir du discours dépréciateur de Monsieur André VIARD, dont je conteste les idées et les orientations en argumentant.
M'opposent à lui plusieurs griefs:
- Il divise l'aficion au lieu de la fédérer.
- La multiplicité de ses casquettes, ses parti-pris, discréditent son discours, et discréditent notre cause.
- Je désapprouve sa stratégie d'affrontement.
- Il défend avant tout un certain type de tauromachie (le «toreo moderne»), dont les arrières pensées ne sont rien moins qu'intéressées, et ce au détriment d'autres types de sensibilités taurines, et de l'intérêt des petites plazas qui ne veulent ou ne peuvent s'aligner sur ses critères.
Tout cela procède d'un discours cohérent, argumenté et respectable qu'il conviendrait d'écouter et d'analyser plutôt que d'essayer de le diaboliser pour le marginaliser.
Il me semble que beaucoup d'aficionados, dont vous, commencent à le comprendre, ce qui explique la violence des attaques dont je fais l'objet, intra muros.
Je ne cherche à convaincre ni les «zantis», ni les contradicteurs taurins, je ne convoite aucune fonction, je cherche seulement à expliquer et à exposer un autre point de vue, une autre conception.
Cela deviendrait-il possible?
Xavier KLEIN
PS: Impossible de vous contacter, pour vous communiquer une réponse (pas de mail, pas de tel).
NOTA: Plutôt que de «parler en pec», se rapporter à la source: http://www.unesco.org/culture/ich/index.php?pg=00002