Humeurs taurines et éclectiques

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lundi 27 février 2012

ARZACQ 2012

Il est quelque peu affligeant de constater que les gros bataillons des «aficionados de verdad» -ou du moins ceux qui se prétendent tels- n'aient pas cru bon de faire le déplacement dans les marches béarnaises pour soutenir les efforts de l'organisation locale et pour profiter de l'opportunité de découvrir des toreros qu'on n'a pas souvent l'occasion de voir.
Il faut préciser que nulles figuras n'étaient à l'affiche et qu'on s'y était dignement dispensé de racoler le badaud par quelque mobilisation anti-anti-taurine comme il est désormais de mode.
Si la salle de banquet était comble et plaisamment animée (excellente garbure et haricots de compétition), les gradins n'étaient remplis qu'aux 2/3 pour cause de match.
Pourtant, ce genre de festivité présente l'intérêt majeur de découvrir de nouvelles têtes, et les connaisseurs savent que l'on y vit souvent des moments de grâce.
Ce fut le cas.
Disons le d'emblée, le lot de Santafé Marton (origine Marquis de Domecq si je ne m'abuse) s'avéra extrêmement décevant au regard de ce qu'on pouvait en attendre. Faibles, décastés, marqués d'une mansedumbre chronique, les pensionnaires de la ganaderia navarraise se préoccupèrent surtout de se réfugier aux planches.
Dans ces conditions, il fut très difficile pour les sympathiques candidats de donner la mesure de leurs talents.
L'affiche était néanmoins alléchante pour qui veut enrichir sa culture taurine tout en sortant des sentiers battus.
Le navarrais Francisco MARCO
Le provencal Marc SERRANO
L'alagónais (et de ce fait aragonais) Antonio Gaspar PAULITA
Le régional de l'étape Julien LESCARRET
L'andine Milagro del Peru
Et le vénézuelien Fabio CASTAÑEDA
Que de braves et bonnes gens qui avaient à coeur d'en découdre et de collectionner les cartilages, voire plus si affinités.

Horreur! Malheur! Le combat cessa souvent vite, faute de combattants: il est difficile de causer longtemps avec des partenaires cornus qui ont d'évidence un rendez-vous urgent quelque part «tras las tablas»...
On vit toutefois d'élégants (MARCO) ou d'exotiques (zapopinas de CASTAÑEDA) toreos de capote, de belles paires de banderilles (El CHANO, CASTAÑEDA), et des passes profondes et valeureuses. A une exception près, tous me parurent toutefois peiner à trouver les distances et le sitio (début de saison? pratique insuffisante?).
Si les bestiaux faibles de Francisco MARCO et de Marc SERRANO n'engendrèrent que des faenas hospitalesques, ce dernier eût le souci d'une brega de qualité, soignant ses mises en suerte au premier tiers et les passes de châtiment de l'entame.
Guère mieux loti, Julien LESCARRET fit du … LESCARRET, à 30 tics à l'heure.
Milagro del Peru ne parvint pas, en dépit de son bon vouloir, à caser une passe à un opposant qui fuyait pitoyablement, comme les arbalétriers génois à la bataille de Crécy.
Inca désespérée! Son machu pichuait, son atahualpa yupanquait.
Le jeune Fabio CASTAÑEDA m'intéressa vivement par une fraîcheur, un enthousiasme et une présence qu'on ne voit malheureusement plus dans la novilleria actuelle. Après un tamponazo majuscule, suite à un quiebro initié à genou, il s'accrocha comme un forcené. Le garçon reste encore très vert techniquement, du moins possède t-il déjà ce qui ne s'apprend pas (courage, volonté, enthousiasme). Il lui reste encore à acquérir ce qui s'apprend.
Venons en à déguster goulûment la cerise sur le gâtal, avec le sieur PAULITA. Et après tant d'après-midi d'un ennui et d'une banalité insondables, cela seul justifiait «d'y être» pour avoir joui d'un pur moment de toreria.
Lui échut un toro selon mon goût: encasté, puissant, violent. Un barbare sauvage et échevelé, un cimmérien ravageur prêt à tout détruire et tout vandaliser par ses charges brusques et brutales. Pour autant, le garçon demeurait toréable: du genio, du sentido certes, mais civilisable pour peu qu'on eût l'âme conquérante, ainsi que la tactique et la technique ad hoc.
En résumé l'un de ces exemplaires dont les figuras se débarrassent en deux coups de cuillère à cacharro, si possible après avoir démontré par quelques passes savamment sabotées, que la chose ne mérite aucune considération.

L'esprit fantassin se perd, on le sait, mais Antonio Gaspard ne voit pas passer tant de toros qu'il puisse se payer le luxe d'en négliger un.
On vit alors ce qu'on ne voit plus.
Fi des faenas stéréotypées, des prologues par cambiadas ou statuarias, des amusettes aimables, on donna dans le sérieux, l'efficace, l'intelligent, le vrai toreo quoi...
Véroniques pieds rivés au sol, demies dévastatrices, puis passes de châtiment galbées, piton a piton, duel au coutelas pied à pied, que si-je-recule-tu-m'empapaoutes, replis et contre-attaque au clairon, baïonnette au canon. C'était beau comme la charge du 57ème sur le plateau de Pratzen, ou l'assaut de la cavalerie de la Garde Impériale contre les chevaliers-gardes du Tsar.
S'il y eût la manière, l'art ne fut nullement en reste, avec race et élégance, avec ces détails qui ne s'inventent pas, ne s'apprêtent pas, mais jaillissent à l'impromptu d'une âme poétique. Un choc épique, une faena selon mon coeur, où tout pèse, où tout geste se justifie par son efficience et non par vain esthétisme. Le tout conclu par une valeureuse estocade.
Dieu n'était peut-être pas à Arzacq mais avait du moins délégué un Roi mage: Gaspard d'Alagón Paulita!

Voilà ce que vous ratâtes ô lecteurs malchanceux!
Bon! Peut-être que j'exagère un tantinet. Une belle, blonde et subtile helléniste phocéenne disait apprécier ma «fougue scripturale»... Peut-être pourra elle ainsi en mesurer l'effet.
Va savoir, Charles!
Mais c'est y pas mieux ainsi...

Nous reviendrons encore à Arzacq, il s'y passe toujours quelque chose, avec la gentillesse, la simplicité et la bonhomie de surcroit.
Xavier KLEIN

jeudi 3 mars 2011

Festival d'Arzacq: sérieux et afición.

Les absents avaient tort, mais auraient-ils trouvé place au banquet? On refusa presque du monde.
Une après-midi vraiment intéressante ce dimanche 27 février à Arzacq à porter au crédit de l’afición et de l’investissement des peñas d’Arzacq et de Pau qui ont beaucoup de mérite à s’impliquer ainsi dans la réalisation de leur festival.
Avec la note de buen gusto d’avoir programmé les maîtres lidiadors Frascuelo et El Fundi.
Une après-midi dédiée à Luis Antonio Vallejo «El Pimpi», visiblement et justement plus apprécié en Béarn profond que sur les rives océanes.
Sa courageuse épouse Nathalie faisait fière figure et apporta, s’il en était besoin, un démenti cinglant aux critiques malveillantes et infondées que l’on sait, par la prestation remarquable et en forte progression de sa cavalerie. D’autant que les piqueros se firent un devoir d’honorer par leurs actes, la mémoire de leur compañero disparu.
Il n’y eût besoin ni de balance, ni de «puces», pour se réjouir de la mobilité des chevaux sous les charges d’un lot de novillos bien faits et fortement encastés, très «en cannes», qui surprirent par une incommodité inhabituelle pour ce genre de spectacle (Jose Manuel Escolar CARRASCO, origine Garcigrande, Navamorcuende -Toledo-).
On m’excusera d’avoir surtout apprécié la rugosité et les charges violentes des 2 premiers, mansos con casta de fort caractère, un peu tontos également, qui présentaient des difficultés notables sur la corne droite.

Le troisième était un loukoum à suçoter avec délectation, ce que ne manqua pas de faire le maestro EL FUNDI, nous gratifiant d’une véritable leçon de tauromachie technique, tout en démontrant à ceux qui persisteraient toujours à l’ignorer, que pour se taper toute la camada seria, il n’en conserve pas moins des finesses et des élégances pleinement honorables. Nous lui saurons gré d’avoir poussé la jouissance, et le pundonor jusqu’à la conclusion d’un magnifique encuentro (quasiment un recibir).
Regardez les photos, c'est presque une méditation, un état de prière du corps et de l'âme.
On aura également relevé une très fine et délicate entrée en matière de Mathieu GUILLON sur deux séries particulièrement allurées, après poses de banderilles fort honnêtes et correctes, ce qui devient rare de nos jours (les banderilles du jour furent globalement de grande qualité).
***
On rem’excusera de terminer par ce qui constitue pour moi, l’événement marquant de l’après-midi, la prestation à l’ancienne, classieuse, austère, dépouillée et sans concession du Maître FRASCUELO.




Amateurs de quantité s’abstenir, on pouvait les compter sur les orteils d’un unijambiste, mais quelles passes ma douée!
Ce qui est rare est précieux…

  
 Pesantes, efficaces, adaptées, superbes et suprêmement évidentes comme les colonnes du Parthénon.
Il ne fallut à l’«ancien» ni des lustres, ni des palanquées de remue-flanelle pour dominer et cadrer l’affaire. D’emblée, le bestiau fut soumis à quelque trinchera qui calme les ardeurs et laisse des souvenirs tant au cornu qu’à l’aficionado de verdad. De même qu’on le vit travailler et améliorer une corne dextre à tête chercheuse et une propension taquine à jouer frotti-frotta à tribord.
A Madrid on serait mis au garde à vous, avec respect et exaltation mystique!

Et l'homme tranquille et fier de conclure par estocade contraire.


Putaingue que ce retour au laconisme taurin faisait plaisir à voir! Même si peu comprirent, hormis les initiés, et qu’il ne dut se contenter que d’un pavillon, même pas de complaisance.
La suite montra parfois que la vulgarité paie mieux!
Qu’importe!
Grâces soient rendues aux bons anges qui eurent l’idée lumineuse de l’inviter: c’est cela l’afición, la seule, l’éternelle, la vraie!
Et tant pis pour ceux qui ne surent pas voir, pas distinguer entre toréer et faire des passes!
Merci encore aux festi-valeurs. On en RE-DE-MAN-DE.
Xavier KLEIN

vendredi 15 janvier 2010

FESTIVAL d'ARZACQ


Cartel officiel du Festival d’Arzacq (64) qui se déroulera le dimanche 28 février 2010 dans les arènes couvertes du Soubestre.

11 heures : tienta les aspirants toreros du sud-ouest.

13 heures : repas animé par le groupe "Alma Flamenca".

16 heures Festival toros Novillos de Luc et Marc Jalabert et des Frères Gallon

Pour :

Stéphane Fernandez Meca
Francisco Marco
Julien Lescarret
Alberto Aguilar,
Mathieu Guillon

et un novillo sans picador pour le meilleur jeune de la matinée.

Ce festival est organisé par le Club Taurin Palois Joseph Peyré et le Club Taurin d’Arzacq. La matinée est organisée par l’ACOSSO association des organisateurs de corridas du sud-ouest. Il s’agit d’un festival de bienfaisance au profit d’ oeuvres sociales.

lundi 9 mars 2009

FERNANDO SOLO… SOLO FERNANDO

Pour changer un peu, une reseña à ma manière, c’est à dire impressionniste.
Les sympathiques membres de la Peña Joseph Peyré avaient enfilés le smoking pour célébrer la journée qu’ils avaient organisés hier 8 mars, à Arzacq.
Les choses avaient été soigneusement préparées et il faut louer ces efforts et ces espoirs que l’aficion porte sur le sable. Surtout quand ils sont récompensés par un après-midi des plus agréables.
L’exercice était difficile: comment concilier les rêves et la réalité économique d’une placita de 1200 places, qui, même comble, ce qui était le cas, n’autorise pas les plateaux de luxe?
Pierre-Marie Meynadier (origine Domecq-Nuñez) avait expédié en colis recommandé sans accusé de réception 4 novillos (dixit le ganadero) de très honnête présentation, que certains commentateurs ont vu toros.
Un excellentissime premier toro «moderne» (entrée fracassante à tous points de vue, mort instantanée sur une «estocade de burladero») et un échantillon représentatif de toutes les possibilités offertes par la mala casta constituaient l’aspect moral d’un lot dont il faut souligner la bonne forme physique et les charges souvent violentes.
Suivaient 2 sucres d’orges de la ganaderia Pages-Mailhan (origine Santa Coloma-Palardé), de format beaucoup plus réduit, pour les deux jeunots locaux.
Si certains y trouvent motif à frustration, en ce qui me concerne, je me satisfait toujours de ces toros compliqués qui permettent d’évaluer l’aptitude des toreros à résoudre les problèmes posés.
Malheureusement, si tout le monde peut composer la figure, peu savent réellement l’art de la lidia.
A Arzacq, cette évidence s’imposa de manière éclatante.
Passons rapidement sur la fadeur de Francisco MARCO, mal servi il est vrai par un OVNI (objet vivant non identifié) des frères Bats.
Passons un peu moins vite sur l’inconsistance d’Antonio Joao Ferreira, préoccupé de vaincre avant que d’avoir combattu, et qui se sentit obligé de nous infliger un de ces tercios de banderilles parfaitement inapproprié avec un toro qui ne s’y prêtait nullement.
A ce propos, premier avis pour dénoncer cette tendance pénible des toreros-banderilleros modernes à se faire placer péniblement la bestiole par le petit personnel. Il me paraît qu’un caballero qui décide de banderiller doit être seul en piste, placer son toro ou le prendre où il est, en adaptant la suerte à la circonstance.
Au lieu de quoi, on assista à une pléthore de capotazos inutiles voire néfastes et toujours laborieux.
Passons plus lentement encore sur la prestation très inquiétante de Julien Lescarret, qui n’a trouvé ni le rythme, ni la distance, ni surtout l’aguante propres à s’imposer devant un toro de sentido (et même de genio). Les qualités humaines ne sauraient pallier l’insuffisance des qualités taurines. Ce garçon, tout de gentillesse et d’intelligence, sous la pression et la peur, abdique les ressources de l’analyse et se prend d’une fébrilité antinomique à sa fonction.
Rien n’est perdu sans doute, mais il lui faudrait adopter la voie d’un travail redoublé tant technique que moral pour espérer survivre dans les ruedos. Au lieu de quoi, les faux amis l’encensent, le rassurent et le trompent, et ce ne sont pas les trophées de complaisance qui le porteront à se questionner. L’illustration parfaite fût sans doute ce toro d’Hoyo de la Gitana, à coté duquel il passa complètement pendant la feria de Dax, tout en en étant récompensé.
Avec un toro qui aurait demandé calme, sang-froid et impavidité, il fût électrique, approximatif et vibrionnant.
Puis vint Fernando Cruz.
photo Laurent LARRIEU
Quand je vois Fernando, je…
Et il y a de quoi.
Avec sa modestie et sa retenue, Fernando a remis les pendules à l'heure et les points sur les "i". Son toro n’était pas meilleur que les autres, mais si les autres se sont attachés à faire des passes, Fernando, seul a lidié. Et de quelle manière somptueuse quant à son sens du rythme, de la distance, du placement.
Quand d’autres accueillent par véroniques (avec pasito atras systématique, une nouvelle mode), Fernando entame le travail de soutier adapté à la mansedumbre en reculant capote déployé et en apprenant au toro le plaisir qu’il peut trouver à s’y engager.
Quand d’autres veulent forcer le toro à se plier à une faena préconçue, Fernando se rend disponible, écoute, entend, s’adapte et joue juste.
Son toro n’avait que 12 passes dans le ventre, il lui en a tiré 15, créant ce qui n’existait pas, exprimant une substantifique moelle improbable.
15 passes, mais des vraies passes, allurées, pesantes, efficaces. De celles qui laissent un toro dominé, sans avoir besoin de muletazos superflus pour la mise en suerte de matar.
Fernando ne fait pas des passes pour faire des passes, il TOREE.

photo Laurent LARRIEU

Que dire de plus, que les novices (le tandem DULLON-GUIFAU) qui suivirent feraient mieux d’observer cette maîtrise et cette exigence plutôt que de subir la logorrhée de conseils superficiels qui accompagnait leurs faenas. Avec un bémol toutefois pour Matthieu GUILLON, qui me semble plus sérieux, réfléchi et prometteur dans son approche.
Ils sont très jolis et très sympathiques les apprentis, avec les accessoires indispensables de leurs rêves, la gomina, le coche de cuadrillas ou les beaux trajes de campo.
Peut-être un peu surprotégés certes, mais si enjôleurs, si tendance.

Ils cèdent aux modes, comme on cède à leurs caprices, tel celui de réduire d’autorité le tercio de banderille à la pose de 2 harpons.
Après l’élimination programmée du premier tercio, serait-ce le second qui se verrait menacé?
Même omniprésence du peonage qui intervient à tort et à travers, y compris pendant la faena pour fixer un torito que leur technique superficielle n’a pas réussi à contenir.
Car là est tout le problème. Ils viennent là traduire en gestes dérisoires la faena des songes de la nuit précédente, les 3 cambiadas qu’ils ont goûté chez Castella, les 4 redondos de Perera, le pecho de Tomas.
Ils viennent aux toros comme ces godelureaux qui se rendent pimpants au rendez-vous galant, prévoyant d’attaquer la belle par «la pince du homard taquin», la besognant avec la «brouette yougoslave» pour terminer glorieusement avec le «triple enfourchement à la Sardanapale», et s’ébrouer comblés avec un: «- Alors, heureuse?». Etonnez-vous après que les femmes feignent, et que les ventes de vibros explosent!
Lecteur qui jouit de quelque expérience, dis leur que les choses ne se passent jamais ainsi dans le royaume de la volupté. Que l’union parfaite se construit de l’écoute attentive de l’autre, de ses désirs, de ses besoins et du don gratuit qu’on lui consent.
Il faut laisser son esprit disponible, libre de choisir à tout instant au gré des nécessités successives. Le toreo est l’art de l’éphémère et de l’opportunité saisis au vol par les ressources de la technique et de l’entraînement. Toi, lecteur avisé dis leur de quitter l'illusion trompeuse que les hommes satisfont les femmes (ou les toros, pardon du parallèle mesdames), mais que les femmes (comme les toros, repardon) jouissent avec qui, quand et comment elles le désirent.
Qui leur dira sinon toi Fernando?
Ils ont magnifiquement tué, se sont enivrés d’oreilles complaisantes, mais les leurs sont restées scellées au murmure de ton toreo.

Xavier KLEIN

Photo Rubén García

Photos Rubén García