Humeurs taurines et éclectiques

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mardi 3 août 2010

HAGETMAU 2010

Deux lots de toros intéressants à Hagetmau.

Par leur comportement des Fuente Ymbro certes légers mais plutôt encastés. On retiendra surtout la faena de Juan del ALAMO au sixième. Un novillero qui détonne par son tempérament affirmé et un toreo qui pèse et nous tire de l'ennui et de la banalité ambiante. Mûr pour l'alternative sous peine de stagner.

Un lot de Miura de trapio respectable et dans le style de la maison où l'on a parfois retrouvé quelques traces de la fougue guerrière d'antan. Traces malheureusement trop raréfiées. Et cela me paraît poser problème: l'étiquette, festejo après festejo, correspond de moins en moins au contenu de la bouteille. Les terribles Miuras n'ont plus grand chose de terrible. C'est désormais un élevage certes encasté et agréable, malheureusement marqué par la faiblesse, mais qui n'a plus rien à voir avec sa légende.
Devant ces novillos, je le redis intéressants, on se souviendra seulement d'Esaü FERNANDEZ, qui seul pesa réellement sur ses adversaires, donna dans son style basique mais efficace les seuls vrais muletazos de l'après-midi.
Tout le reste, et notamment la débauche ridicule et inutile de trophées ne parvint pas à gâcher l'impression positive de deux après-midi plaisantes.
Xavier KLEIN

vendredi 9 juillet 2010

HAGETMAU 2010

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'affectionne particulièrement certaines plazas.
Cela tient à une ambiance, une esthétique, ou bien plus simplement aux souvenirs qu'on a pu y accumuler au fil des ans.
En dehors de Dax, l'arène qui a vu naitre et se développer mon aficion, la «plaza de mi tierra», ma sympathie va surtout aux petites plazas des Landes, plus qu'aux grandes, parce que la passion du toro s'y vit avec simplicité, sans fanfreluches.
Et surtout parce que les choses ne s'y organisent pas dans la facilité: elles doivent se battre contre vents et marées pour qu'y persiste le vieux rituel.
A HAGETMAU, de tous temps à jamais, on s'est acharné, avec aficion et buen gusto, à produire des novilladas de qualité avec des élevages de référence qu'on a toujours plaisir à voir ou à revoir.
Il serait interminable d'énumérer le gotha de l'élevage brave qui s'est égrené ici depuis des lustres, dans la capitale de la chaise (très meurtrie par la crise et les délocalisations spéculatives).
Une novillada de toros de respect, et une autre un peu plus «maniable», mais toujours avec ce souci de la caste et du combat qui seul peut susciter l'émotion.
L'an dernier, il y eût ce novillo de Partido de Resina, peut-être prémice d'un renouveau de la ganaderia.
Cette année, sont programmés des novillos «prestigieux»* de Fuente Ymbro et des «légendaires»* de Miura, dont on peut attendre, au vu de la régularité de leurs prestations, des après-midi intéressantes.
Je renouvellerai donc, en voisin, mon pèlerinage annuel à la cité chalossaise.
Peut-être nous y rencontrerons-nous?

Xavier KLEIN
*Désolé! Impossible de sortir l'affiche!!!
Rajout ultérieur: affiche trouvée sur le blog de la Commission, http://commissiontaurinehagetmau.blogspot.com/

mardi 6 avril 2010

ORTHEZ, l'empire du mâle.

Dédié à mon cousin et ami de la Peña Campo Charro de Dax avec mes regrets (il comprendra).

Il paraîtrait aux dernières nouvelles (http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-04-10/06-04-102.php) que la bonne ville d’Orthez est le berceau nauséabond de toutes les vilenies, le nid de vipères lubriques qui pollue le monde taurin, Sodome, Gomorrhe et Capoue réunies.
On y fomenterait des cabales aussi pernicieuses qu’anti-miuresques.
Foutredieu! Je savais que Gaston Fébus y avait connu quelques avanies lors de ses villégiatures, qu’on y avait défenestré quelques calottes catholiques depuis le Pont Vieux pendant les guerres de religion, et même, horreur! que l’on y a programmé des Montesinos l’année dernière, mais une «cabale nauséabonde» à Orthez???
On cabalait et je n’en savais rien!
Que font les renseignements généraux?
Et la S.P.A.?
Et les services secrets de l’O.N.C.T. ?
Heureusement qu’il reste en ce bas monde taurin quelques âmes charitables et surtout bien intentionnées pour informer «qui de droit» (ou plutôt «de droite», voire «d’extrême droite»).
Depuis deux ans, l’accumulation des désinformations ou des griefs aidant, j’aurais pu dépêcher quelque avocat pour demander un droit de réponse, c’est très mode semble t-il ces derniers temps.
Mais ce n’est guère dans mon éthique, et puis, en dépit de l’érosion du temps, je conserve quelques bribes d’un sens en perdition: celui du ridicule.

Toutefois, je dois avouer avoir été fort surpris.
D’une part, je m’étais convaincu que la plaza d’Orthez n’existait pas.
En effet, dans certains sites d’information taurine on annonçait systématiquement tous les cartels, surtout ceux des grandes ferias qui payent comptant en bonnes espèces sonnantes et trébuchantes. Il n’est de bonne tauromachie qu’onéreuse. Mais d’Orthez, on ne parlait pas. Bizarre! Bizarre!
D’autre part, lorsqu’on mit en cause la maison Miura à l’automne (ce qui est le droit inaliénable de tout un chacun en aficion et à fortiori en république), la seule voix orthezienne qui se manifesta à ma connaissance fût la mienne (cf. commentaires dans
http://camposyruedos2.blogspot.com/2009/08/miura-sinverguenza.html http://camposyruedos2.blogspot.com/2009/08/toujours-au-detour-dune-conversation.html) pour prendre la défense des intéressés et de l’organisation bayonnaise.

Y aurait-il à Orthez pire Satan que votre serviteur?
Je ne puis raisonnablement le croire.
Mais la raison a t-elle encore quelque place dans cette misérable affaire, quand la bêtise et la malfaisance en parviennent au point de se risquer à faire tort et à salir une ville pour solder des basses vengeances?
Rions donc pour ne pas avoir à en pleurer.
Xavier KLEIN

dimanche 18 octobre 2009

PILAR 2009

Quelques clichés pris sur le vif lors de l'expédition à Saragosse les 16 et 17 octobre (Dolores AGUIRRE, MIURAS).
Sans prétentions.
Ils n'ont pas la qualité des productions des maîtres CyRiotes.
D'autant, qu'horreur, j'use parfois du mitraillage, ce qu'un puriste ne saurait supporter. Ils ne visent en rien à rendre la beauté plastique d'une passe, plutôt à saisir un instant, une posture, un détail qui tire l'oeil, une incongruité.
En outre, la lumière artificielle de l'arène couverte dénature les couleurs, d'où le recours au bon vieux noir et blanc.
Joselillo dans ses oeuvres. D'aucuns lui trouvent des airs de parachutiste, je pencherai plutôt vers le légionnaire romain. Dans tous les cas, ses manières de belluaire, sa mâle résolution lui permirent de tirer parti honorablement de l'après-midi.
Une après-midi d'Aguirre intéressante, mais marquée par la mansedumbre et surtout par le sempiternel constat de l'incapacité de la toreria actuelle à lidier ces toros difficiles, si éloignés du prêt à toréer actuel. On aura compris que par lidier, il ne faut nullement entendre l'alignement réglementaire des 50 passes liées indispensables à la satisfaction du public (et même de l'aficion) moderne.
Serranito dans les choux, Robleño "fatal". Panique à bord quoi...
Et pendant que le Titanic coulait, l'orchestre jouait.
Evidemment, ce n'est pas en déchargeant la suerte de cette manière, en se découvrant et en ne se croisant jamais qu'on peut espérer dominer des toros con genio (une vingtaine de photos encore moins charitables le confirme).
La finesse de Serranito ne s'acommodera guère plus de ces cactus.

Il y eût un jour, il y eût un soir, il y eût un matin (difficile), premier jour.




N'allez pas croire les fadaises, qu'on lit sur maints journaux et blogs du système, il n'y avait, à grand peine, qu'une grosse moitié d'arènes. Une pitié pour un samedi de miuras.

Pas de miracles pour le petit Jesus (Milian)
Encore moins pour un autre torero de la tierra, Alberto ALVAREZ, qui n'avait que son courage à opposer aux deux adversaires les plus incommodes.





Seul sous le dais, Rafaelillo disposait de la technique, de la pratique, et de l'expérience pour fort bien et valeureusement toréer son premier, et de la rouerie et du mauvais goût pour chaparder une oreille de pueblo à son second.



Conclusion déprimante pour ma part. Cette détestable hypocrisie, sous couvert d'introduire dans des cartels des toreros locaux, en fait de faire des économies pour financer les vedettes du reste de la feria, devient insupportable.
Jouer avec la peau et l'aficion de momes qui n'ont que 2 ou 3 corridas dans les pattes est proprement ignominieux.
Pendant ce temps les figuras se coltinent les carretons les plus commodes...
Il fût un temps où, dans une grande feria, les têtes d'escalafon se seraient disputées les miuras, pour l'honneur.
Mais il paraît qu'on a jamais si bien toréé...
Décidemment la tauromachie me paraît parfois comme le monton de fleur de la Vierge du Pilar après 5 jours de fêtes: bien défraichie!