Humeurs taurines et éclectiques

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mardi 24 mars 2009

HISTOIRES DE PALCOS 3

«La vie m'a appris qu'il y a deux choses dont on peut très bien se passer: la présidence et la prostate.»

Georges CLEMENCEAU

Dans les deux premiers articles (voir les libellés à droite), nous avions évoqué le cadre dans lequel s’exerce la présidence, son domaine de compétences, et la problématique générale de la fonction.
Il nous faudrait également nous demander quelles sont les diverses attentes, par rapport à cette présidence, des divers acteurs (professionnels, empresas, toreros, public).
Ce qui ressort immédiatement, c’est que ces attentes sont contradictoires. Contradictions entre les protagonistes, mais aussi contradictions dans le public, et même contradictions du public sur les diverses phases de la lidia d’un toro.
Ces contradictions stigmatisent les lignes de fractures qui diversifient le monde taurin et qui recouvrent les divergences d’intérêt, de valeurs, de codes, de point de vue.
Peut-être pourrait-on d’ores et déjà avancer, comme esquissé plus avant, que le statut et l’autorité des présidences reflète le statut plus général qu’une société confère à l’autorité.
On sait comment nous sommes passés d’une autorité de type paternel avant 68, à une autorité de type maternel. La présidence ne s’exprime donc plus dans la normativité et la régulation, mais dans l’intercession et le consensus.
Il n’est que de constater depuis longtemps la capitulation devant les exigences des toreros en matière de piques, et de plus en plus en matière de banderilles où la mode est aux tercios écourtés.
Le problème, c’est que les rapports de force se sont déséquilibrés. Les intérêts convergents des professionnels et des empresas (le succès) rencontrent désormais ceux d’une majorité du public pour qui la réussite doit être au rendez-vous. Combien de fois n’entend t-on pas: «L’important, c’est que les gens sortent contents.»?
Pardi! Ce public (je ne parle pas des aficionados) imprégné des spectacles télévisés où l’on ne rend compte que des meilleurs spectacles dans les plazas les plus renommées, celles où les figuras «font l’effort», en veut pour son argent. Quelle meilleure preuve de la réussite qu’une brassée d’oreilles pour ces toreros qui «ont bien travaillé»? Qui aurait le cœur de les en priver?
Ainsi pourrait-on définir la mission des présidences «modernes» -puisqu’il faut être moderne-: s’assurer que les gens sortent contents.
Dans la plupart des plazas françaises, les présidents sont choisis par l’organisation dans le vivier des aficionados «reconnus» et souvent dans le monde des peñas et des clubs. Il y a là non seulement une reconnaissance de la fonction culturelle de ces associations, mais également une reconnaissance plus politique puisque de facto, la dite association est ainsi valorisée. Il s’agit donc d’éviter de privilégier outrageusement un groupe par rapport aux autres ou au contraire de le gratifier. Dans moult ruedos, les années post-électorales deviennent alors l’opportunité d’un jubilatoire jeu de chaises musicales, d’un ballet des vanités où l’on vérifie les soutiens consentis et les allégeances dévoilées.
Ces choix ne vont pas sans conséquences. D’une part, ils impliquent, à tort ou à raison, le dit groupe, dans la réussite et le destin de la journée (ce qui est volontairement ou non une manière de le circonvenir), d’autre part ils investissent des pairs, et non des personnes affectivement extérieures au devenir du spectacle.
Dans une énorme majorité des cas, les présidences se sentent donc investies, non pas de la seule charge d’assumer leur office le plus sérieusement et objectivement possible, mais également d’une part de la responsabilité de la réussite du spectacle, et du prestige qui en découle pour la cité par extension.
Lourde charge!
Dans tous les cas, l’attribution d’une place au palco est extrêmement valorisante pour le sympathique candidat, qui bénéficie d’une reconnaissance publique de ses compétences, de ses connaissances ou de son autorité morale.
On apprend même au détour d’une conversation, que l’ascension présidentielle obéit à des règles sibyllines dans le cadre d’un véritable et subtil «cursus honorum». Ainsi fus-je étonné du refus de postulants d’assurer des présidences de novillada au motif qu’ayant été promus à la haute charge de présider des corridas, ils auraient dérogé en acceptant désormais des offices «mineurs». Sic transit gloriam!
Il est assez amusant de discuter avec les récipiendaires. En règle générale, à les entendre, ils monteraient au palco contraints et forcés, animés d’un dévouement altruiste, «juste pour rendre service», et parce qu’il n’y a personne d’autre de disponible. Un pis aller, un service rendu, un sacrifice pour le bien commun en quelque sorte. Pour un peu on les plaindrait presque…
Faut-il être dupe de cette échappatoire? Comme Diogène, cherchons avec notre lanterne, sans illusions, celui qui nous confiera enfin qu’il trouve dans cette «élection», la jouissance puissante d’un narcissisme assumé, ou en d’autres termes plus explicites celui qui reconnaîtra: «- Je monte au palco parce que ça me fait bander!». Mais la crudité du propos risque encore de traumatiser les âmes prudes et sensibles.
Le même discours d’une franche sincérité préside d’ordinaire aux troisièmes mi-temps, quand le résultat des courses s’est soldé par quelque bronca mal venue, ou par quelque excès dans la distribution d’appendices. Il commence souvent par « - Oui mais tu comprends…».
Or le problème, c’est que justement il est difficile de «comprendre» (et plus encore de justifier) que tel qui se fût probablement étranglé d’indignation sur les gradins, s’est montré d’une bonhomme complaisance une fois parvenu «aux affaires».
Ou alors ne comprend-on que trop bien que l’objectif inavoué n’est pas tant de «monter au palco» que de se prédisposer à y «remonter»; comme pour les hommes politiques l’objectif n’est pas tant d’être élu que d’être réélu, ce qui sous-entend quelques compromis moraux que la plupart de nos contemporains digère fort benoîtement.
Partant sur ces bases saines et vertueuses, on concevra dés lors que toutes les justifications s’imposent, tous les artifices de rhétoriques se cautionnent.
Combien de fois n’avons-nous entendu «qu’une oreille de trop n’avait jamais fait la carrière d’un torero». Une oreille de moins non plus sans doute, mais on ne considère jamais l’affaire dans ce sens là. Les broncas les plus tonitruantes interviennent de nos jours, à la suite d’un trophée qui n’a pas été accordé, rarement du fait d’une distribution excessive. De même, on supporte mal les sifflets ou les critiques là où les applaudissements ou les louanges n’ont rien que de très naturel.
Surfant sur cette complaisance, beaucoup de présidences, encouragées en cela par les professionnels et les empresas, font le choix gagnant-gagnant. Les uns décrochent la timballe au tirage et les autres au grattage. Qui en pâtit d’ailleurs sinon ces dernières qui déconsidèrent progressivement, à coup d’orifices, de musica et maintenant d’indultos, non seulement leur fonction, mais aussi la fiesta brava, grimée en mascarade grotesque?
Devons-nous pour autant nous désespérer où céder aux solutions faciles?
On en entend ci ou là qui plaident pour la «professionnalisation» de la fonction. C’est à dire ce mal bien français de créer des élites qui deviennent à la longue des castes inamovibles et cooptées.
En cela, comme en d’autres matières, peut-être serait-il temps de renouer avec un minimum de bon sens et surtout de vertu, de ne plus capituler devant l’inéluctabilité programmée de l’ordre «naturel» des choses.
Que doit-on attendre d’une présidence?
En premier lieu incontournable, la compétence technique, c’est à dire un savoir théorique, une connaissance du règlement couplés à l’expérience approfondie de la res taurina dans sa diversité, fruit d’une fréquentation éclairée du campo et des ruedos.
En second lieu, cette qualité si rare qu’on nomme autorité, cette intelligence des hommes et des situations mariée au charisme.
En troisième lieu, la probité qui engendre la confiance et la reconnaissance. Probité morale, il va de soi, mais surtout probité intellectuelle.
En dernier lieu, le tempérament et le courage qui autorisent de faire ce que l’on doit, quelles qu’en soient les répercussions.
On voit à ces exigences qu’on trouvera difficilement les êtres exceptionnels qui les satisfassent, surtout si l’on n’entretient pas le souci de les rechercher…
Si l’on attend d’une présidence il faut parallèlement attendre aussi des autres protagonistes de la corrida.
Le public tout d’abord qui devra accepter et se plier aux décisions (accepter ne signifiant pas adhérer), comme le citoyen se doit de se plier à la loi et aux juges.
Les commentateurs enfin, qui doivent s’abstenir, à l'endroit des palcos qui leur déplaient, de ces critiques dévastatrices et démagogiques qui font l’économie de la pensée pour ne céder qu’à l’émotion vendeuse.
Mieux vaut une autorité humaine et donc faillible qu’une autorité ruinée et donc inopérante, qui laisse béante la boite de Pandore de l’anarchie et de la démesure.

Xavier KLEIN

dimanche 1 février 2009

"Lo que ocurre totalmente falso y mentira es lo que dice André VIARD..."

Dans une interwiew accordée le 27/01/09 à Joël Jacobi et Michel Dumas pour l'émission Signes du Toro, El Fundi répond aux allégations, selon lui fausses et mensongères, d'André VIARD.

«Mes honoraires ont augmenté, comme je crois qu'a augmenté ma catégorie dans les plazas. Ce qui est totalement faux et mensonger c'est ce qu'affirme André VIARD à propos de 200%. (Cf: http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-01-09/17-01-092.php). C'est totalement faux et totalement mensonger.
J'ai dit qu'ils avaient augmenté comme je crois qu'ils augmentent chaque année. Et cette année pour toréer des corridas plus dures, on a toujours dit «grands toros, petit cachet», je ne suis pas d'accord, je crois que si je torée des grands toros, le cachet doit être grand.
«Je suis sûr que je suis en dessous de la moitié de ce que touchent certains toreros pour toréer à Arles et à Istres. Ce qui se passe, c'est qu'on s'est habitué à ce que ceux qui toréent des corridas dures et fortes soient moins payés, je ne sais pas pourquoi. Ce devrait être le contraire. Et moi, je ne suis pas disposé à l'accepter. A accepter qu'ils usent de moi comme ils veulent. Et André VIARD, qui dans ce cas, défend l'empresa d'Arles, veut m'attribuer la responsabilité de mon absence de contrat. Mais c'est un mensonge. Je n'aurais pas demandé 200% d'augmentation. J'aurais aimé toréer la corrida de Miura et de Victorino, mais à des tarifs qui représentent ce que je crois mériter, pas à celui qu'ils pensent que je mérite.»
«Si je les gagne, ce n'est pas mon intérêt, je crois que je ne veux faire du tort à personne, tout au contraire, je veux aider tout le monde. Mais comme je veux aider tout le monde, si Aignan ne m'avait pas engagé, et que j'avais aidé Vic, cela aurait lésé Aignan. Je ne veux pas être engagé par une plaza en lésant les autres. Je veux aider tout le monde et me produire dans toutes les plazas où l'on respecte mes intérêts. Et comme on les respecte à Aignan, à Vic, et ailleurs où l'on m'engage, j'y vais. Causer du tort à quelqu'un n'est pas ce que je recherche, c'est une conséquence de ce que toutes les empresas cette années veulent m'engager et moi je me dévoue à mon métier et les empresas veulent m'engager. C'est tout.
»

Les commentateurs de l'article de Signes du Toro soulignent les liens, pour le moins, d'André VIARD avec la «casa Jalabert» (dont il assure la communication). El Fundi les rappelle.
Le problème que nous ne manquons donc jamais de rappeler ici est de savoir dans quelle mesure on peut concilier des intérêts et des fonctions divergentes telles que chargé de communication d'une empresa, président de l'OCT et journaliste prétendument indépendant.
André VIARD d'évidence ne parvient pas à cloisonner ses activités, et d'ailleurs est-ce possible?
Ses écrits sont orientés, voire intéressés, ce dont tout lecteur doit être conscient.
Il est significatif que nous en ayons, une fois de plus, une preuve tangible, même si pour certains cela ne relève que de la guéguerre...

Mais après tout, une collusion avérée entre la presse et le monde des affaires, serait-elle si dramatique pour certains? De nos jours on finit par s'accoutumer de tout.
Xavier KLEIN

jeudi 18 décembre 2008

EMPRESAS, LA COURSE A L'ECHALOTE

Faut-il s'étonner de l'intérêt tout particulier que certains affichent pour le résultat des adjudications en cours dans nombre de plazas françaises du sud-ouest?
De part et d'autres les grandes manoeuvres sont engagées, on engage l'artillerie, on fait donner la garde pour colmater les brèches, on forfante, on macchiavélise au petit pied, on spadassine à tout va. Les grands fauves sont lâchés, les chiens courants aussi.
On ne voit pas que la blogosphère réellement aficionada se passionne réellement pour ces démêlés qui procéderaient avant tout de l'anecdote, du chiste, ou du feuilleton de Dallas sur Nive ou sur Midouze, s'ils ne supposaient des conséquences fâcheuses.
Peut-être y a t-il là toute la différence entre l'aficion, la vraie, et les tenants du «complexe médiatico-taurin», entre ceux qui pensent toros, et ceux qui en profitent.
Que peut nous importer vraiment que Simon Jalabert triomphe d’Oscar Casas ou de Marie Sarah Chopera? Ces gens là ne donnent pas dans la philanthropie militante, la tauromachie est le paravent de leur industrie. L'objet véritable de leur convoitise ce sont avant tout les profits qu'on peut en retirer. Affirmant cela, je ne sous entend aucun jugement de valeur, aucune condamnation des intéressés, je rappelle seulement une vérité indéniable sur une profession par ailleurs respectable.
Ces imbroglios en tout genres ont toutefois le mérite de dévoiler clairement les intérêts souterrains, longtemps camouflés, de certains commentateurs polymorphes, qui confirment clairement qu'ils ne se sont jamais contentés d'observer.
Le week-end dernier, se tenaient les assises de l'U.V.T.F. en la bonne et belle cité d'Arles. Hors les débats convenus -mais cette auguste assemblée n'a jamais fait figure de dangereux nid de révolutionnaires- on y put faire des rencontres chaleureuses et enrichissantes.
Deux conversations furent particulièrement éclairantes.
Questionné sur les raisons qui peuvent conduire les élus d'une grande ville taurine provençale à concéder une plaza renommée et d'évidence rentable à une empresa privée, un magistrat municipal répondit en termes politiques et financiers.
Politiques du fait qu'il s'agissait pour les édiles de mettre fin à une confusion excessive entre une activité taurine, somme tout marginale dans le destin économique d'une ville, et la gestion globale de la cité. Le mariage de la furor taurina et l'incandescence du tempérament méridional marginalisaient des problèmes futiles comme la politique culturelle, les enjeux sociaux, le logement ou l'économie au profit des disputes taurines, entretenues par une nébuleuse de peñas et clubs en tous genres, où chacun prêche pour sa chapelle, sa tauromachie, son grand homme. En outre, les élus étaient soumis à des pressions constantes et intolérables pour prendre fait et cause dans des débats très éloignés de leurs mandats et de leurs attributions.
Financiers, car l'aficionado n'en étant pas moins homme, le budget municipal pâtissait fortement du déficit généré par une gestion disons approximative et trop impliquée dans l'humain. Désormais, les arènes rapportent, alors qu'elles coûtaient.
La deuxième conversation fût des plus éprouvante. Honteusement retenus en otage par deux terribles activistes ayatollesques de Campos y Ruedos, soumis à la question par l'ingestion répétée de breuvages locaux (dont un délicieux Crozes Hermitage si je me souviens bien), traînés en place publique devant un amphithéâtre antique et néanmoins illuminé, rien ne nous fût épargné.
L'évangélisation des terres lointaines comporte des risques et nous étions résolus au martyre pour tenter d'apporter quelques lumières aux peuplades indigènes plongées dans l'erreur.
Ainsi nous nous efforçâmes d'évoquer les efforts de la Commission Taurine d'Orthez, cité petite par la taille mais grande par les espérances, pour accéder à un mode de gestion directe qui fasse fi des grands monopoles.
Quelle ne fût pas la stupéfaction des sympathiques autochtones devant tant d'audace et de témérité: il y a t-il une vie possible sans Chopera, Casas et consorts? Il nous fallut bien des efforts pour persuader ces idolâtres que la voie de la rédemption bien qu'étroite et périlleuse reste praticable pour les tenants de la Vraie Foi.
Aujourd'hui, nous pouvons le confirmer, les décisions ont été prises, les arbitrages rendus, Orthez gérera ses activités taurines de manière autonome, seules certaines procédures trop techniques et complexes feront l’objet d’un mandat.
Il n'est pas question ici d'en faire la réclame. Seulement de confirmer qu'il existe d'autres destins possibles que de s'en remettre aux grandes empresas.
Deux cas de figures se présentent en général:
* Celui des grandes plazas qui mobilisent des budgets importants. Ces cités de traditions taurines ne manquent pas des ressources humaines compétentes qui pourraient oeuvrer à l'élaboration des cartels. Elles peuvent également affecter du personnel à la mise en oeuvre pratique des choix retenus et à l'aboutissement des procédures complexes ci-dessus évoquées. Cela crée des emplois locaux, cela permet de savoir ce que l'on paie et à qui on le paie. Enfin, et cela ne constitue pas le moindre des avantages, cela donne un pouvoir et une indépendance insoupçonnés au donneur d'ordre. Un ganadero devient tributaire de ce dernier et non d'une empresa qui a d'autres intérêts et d'autres préoccupations. Il en va de même, dans une moindre mesure, pour les toreros. Comme l'évoque le dicton: c'est celui qui paye qui commande!
* Celui des petites arènes qui organisent un nombre limité de spectacles. Tout le travail repose alors sur une équipe motivée et soudée, et sur des services municipaux qui doivent effectuer la dizaine de démarches indispensables au montage d'une corrida. Il ne faut ménager ni son temps, ni sa peine, mais le résultat en vaut la peine: une économie substantielle de 8 à 20% qui peut éviter le déficit, et surtout l'accès au libre choix.
Comme toujours, le principal obstacle à la généralisation des gestions directes, comme le principal obstacle à tout processus d'émancipation, c'est la peur, une peur fondée sur le fantasme et l'ignorance savamment entretenue par les réseaux appointés. Marcher seul représente une prise de risque, un pas vers l'inconnu qui effraie. C'est une éternelle et universelle répétition depuis le mythe de la caverne de Platon.
Maîtriser les informations, les données, suppose des savoirs, des savoirs faire qu'il est ardu d'acquérir, car la loi du silence s'impose et que ceux qui les détiennent n'ont aucun intérêt à les partager, bien au contraire.
La liberté, la dignité, l'indépendance ont un prix. Elles sont également un enjeu. Un enjeu qui ne concerne pas qu'Orthez. Rompre avec les diktats d'un système taurin dont on sait l'opacité, les pratiques malsaines, les compromissions douteuses représente un espoir pour une autre tauromachie plus sincère et authentique.
La gestion directe ne saurait incarner la panacée. Il y a sans doute le revers de la médaille. L'exemple en la matière nous vient de Dax, dont en dépit des critiques, on ne dira jamais assez que parmi les grandes plazas de France, d'Espagne et de Navarre, elle demeure la seule à se gouverner librement. Dax, qui ne cotise pas au racket empresorial connaît un succès dont rêvent bien des plazas voisines, et plus lointaines...
Dax nous montre aussi que l'exigence de rentabilité, la dictature du public moderne imposent des accommodements bien contestables.
Sans doute le noeud du problème réside t-il ailleurs, dans la formation, ou la déformation, c'est selon, des goûts des spectateurs par le travail de sape des revisteros complices. Le fameux article phare de Dubos sur les ayatollahs devrait nous éclairer à ce sujet.
Il serait nécessaire, vital même, d'en prendre conscience et d'explorer les voies d'une information et d'une pédagogie émancipées des tutelles commerciales et des intérêts du mundillo.
Y sommes-nous résolus?



Xavier KLEIN