Jules RENARD, «Journal»
A Séville tout prend toujours des allures d’affaires d’état, et tout fait commentaire.
C’est ainsi, et ce n’est pas le moindre des charmes de la cité.
L’affiche taurine de la feria 2010 ne fait pas exception. Elle est pourtant, ma foi, des plus conventionnelles. Un collage certes, mais d’un patchwork de représentations très figuratives, qui eût dû plaire à une ville finalement très conservatrice artistiquement parlant, si on la compare à Barcelone, capitale d’une Catalogne qui vit naître quelques uns des plus grand artistes du XXème siècle. Que n'eût-on dit des destructurations cubistes du cher Pablo, ou des audaces oniriques du génial Salvador ou du divin Joan?
Luis GORDILLO (un nom qui rime avec MURILLO), son auteur, n’est rien moins que l’un des plus grands artistes contemporains espagnols, ambassadeur de la peinture abstraite ibérique dans les plus grands musée de la planète.
Certains fats n’ont pas hésité à se ridiculiser, une fois encore, par des commentaires aussi désespérants que déplacés. A l’immense palette de leurs talents d'histrion, il leur a fallu ajouter l’incompétence pitoyable d’une critique artistique à deux sous qui ne traduit que leur vanité, et, somme toute leur mauvais goût.
Mauvais goût dans l’appréciation de la valeur esthétique de l’œuvre, mais surtout mauvais goût de se permettre de la vilipender avec des arguments de café du commerce.
En matière d’art, on aime ou l’on n’aime pas. On est sensible à une œuvre ou elle ne vous parle pas. Et cela on a le droit de l’exprimer, en essayant bien sûr de l’argumenter.
Mais le fin du fin de la vulgarité, car c’est de cela que l’on parle, c’est de démolir une œuvre au motif qu’elle n’est pas «vendeuse», ou qu’elle donne une «mauvaise image» de la tauromachie. Tout le monde n'est pas obligé de confondre art et commerce ou journalisme et public relation.
Car ce discours suppose qu’il y a une «bonne image», et qu’il conviendrait que tout un chacun s’y rallie. Là encore, on essaie de nous dicter nos goûts, et de nous pénétrer de la bienséance et de la «bienpensance» obligées en matière taurine, comme on essaie de nous imposer le toro, le torero, le toreo moderne, la pique andalouse, ou l'afeitado à géométrie variable.
Ces commentaires nauséabonds –en d’autres temps on parlait d’«art dégénéré»- confirment une fois de plus, s’il en était besoin, l’hybris de son auteur, et sa dérive «beaufiste».
Et puisque l’on parle d’image, on peut et on doit se questionner sur la multiplication de prises de positions de plus en plus «réactionnaires» et poujadistes ainsi que de leur impact sur l’image du monde taurin de l'oracle boucalien.
Pour en revenir à cette affiche de Luis GORDILLO, elle me plait. Elle est gaie, vivante et colorée, et suggère le camaïeu d’émotions et d’images qui demeurent en mémoire après une tarde taurine. Pour tout dire, rien de plus sévillan dans l’esprit. Tout au plus la graphie post moderne très «tendance» m’agace t-elle un peu. Tout cela est bien plus pimpant et joyeux que le plâtras noir de l’an passé, qui ne m’avait guère convaincu.
Mais tout cela n’est qu’avis personnel, et je me garderai de jouer les arbitres des élégances. Cela me plait, c’est tout. Et à vous?
C’est ainsi, et ce n’est pas le moindre des charmes de la cité.
L’affiche taurine de la feria 2010 ne fait pas exception. Elle est pourtant, ma foi, des plus conventionnelles. Un collage certes, mais d’un patchwork de représentations très figuratives, qui eût dû plaire à une ville finalement très conservatrice artistiquement parlant, si on la compare à Barcelone, capitale d’une Catalogne qui vit naître quelques uns des plus grand artistes du XXème siècle. Que n'eût-on dit des destructurations cubistes du cher Pablo, ou des audaces oniriques du génial Salvador ou du divin Joan?
Luis GORDILLO (un nom qui rime avec MURILLO), son auteur, n’est rien moins que l’un des plus grands artistes contemporains espagnols, ambassadeur de la peinture abstraite ibérique dans les plus grands musée de la planète.
Certains fats n’ont pas hésité à se ridiculiser, une fois encore, par des commentaires aussi désespérants que déplacés. A l’immense palette de leurs talents d'histrion, il leur a fallu ajouter l’incompétence pitoyable d’une critique artistique à deux sous qui ne traduit que leur vanité, et, somme toute leur mauvais goût.
Mauvais goût dans l’appréciation de la valeur esthétique de l’œuvre, mais surtout mauvais goût de se permettre de la vilipender avec des arguments de café du commerce.
En matière d’art, on aime ou l’on n’aime pas. On est sensible à une œuvre ou elle ne vous parle pas. Et cela on a le droit de l’exprimer, en essayant bien sûr de l’argumenter.
Mais le fin du fin de la vulgarité, car c’est de cela que l’on parle, c’est de démolir une œuvre au motif qu’elle n’est pas «vendeuse», ou qu’elle donne une «mauvaise image» de la tauromachie. Tout le monde n'est pas obligé de confondre art et commerce ou journalisme et public relation.
Car ce discours suppose qu’il y a une «bonne image», et qu’il conviendrait que tout un chacun s’y rallie. Là encore, on essaie de nous dicter nos goûts, et de nous pénétrer de la bienséance et de la «bienpensance» obligées en matière taurine, comme on essaie de nous imposer le toro, le torero, le toreo moderne, la pique andalouse, ou l'afeitado à géométrie variable.
Ces commentaires nauséabonds –en d’autres temps on parlait d’«art dégénéré»- confirment une fois de plus, s’il en était besoin, l’hybris de son auteur, et sa dérive «beaufiste».
Et puisque l’on parle d’image, on peut et on doit se questionner sur la multiplication de prises de positions de plus en plus «réactionnaires» et poujadistes ainsi que de leur impact sur l’image du monde taurin de l'oracle boucalien.
Pour en revenir à cette affiche de Luis GORDILLO, elle me plait. Elle est gaie, vivante et colorée, et suggère le camaïeu d’émotions et d’images qui demeurent en mémoire après une tarde taurine. Pour tout dire, rien de plus sévillan dans l’esprit. Tout au plus la graphie post moderne très «tendance» m’agace t-elle un peu. Tout cela est bien plus pimpant et joyeux que le plâtras noir de l’an passé, qui ne m’avait guère convaincu.
Mais tout cela n’est qu’avis personnel, et je me garderai de jouer les arbitres des élégances. Cela me plait, c’est tout. Et à vous?
Xavier KLEIN



Flamenco en el Corte Ingles (1)
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