Humeurs taurines et éclectiques

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mardi 29 novembre 2011

L’émoi sans air

 L'émoi sans air, c'est l'émoi d'hiver, l'émoi des huitres, pas l'émoi des moules. Et nous prendre pour des moules, certains savent faire.

«700 millions de pesetas
L’émoi, l’émoi, l’émoi
Avec ma vie, mon petit chez moi
Mon mal de tête, mon psi
J'y pense et puis j'oublie
C'est la vie, c'est la vie»

Avis de grand frais sur Las Ventas qu’il faudrait rebaptiser d’urgence Los Vientos, quoique «venta» signifiant à la fois «vente» et «auberge» (espagnole bien sûr!), toutes les conjectures sont permises.
Pour les non-hispanistes et les «estrangers», les «ventas» sont ces boutiques (qui jouent aussi le rôle d’auberge) sises à la frontière, côté méridional, dans lesquelles on traite une foultitude d’affaires et de trafics (forte concentration de «maltouziers» par le passé!).
Du chorizo au ouisqui de bas étage vendu en cubitainer en passant par les clopes, voire le chocolat vendu au détail (si vous voyez ce que je veux dire…), les ventas sont vouées à l’épicerie touristique de masse et aux trafics frontaliers. On y trouve de tout, du colifichet made in Kazakhstan à la baignoire serbo-croate émaillée vintage 1908.
Il y a quelques plombes, avant l’édification de l’autoroute, j’ai connu des tenanciers qui vous fourguaient leur camelote (5 ou 6 cartouches, plus 10 quilles d’octanisé) puis téléphonaient aux gabelous français pour qu’ils vous serrent sur la N10, à l’époque encadrée de bucoliques platanes derrière lesquels se planquaient les pandores à passementerie rouge.

En sus –c’est le cas de l’écrire- des traficotages précités, on y trouve quelques bobinards où le routier en transit, le touriste belge en mâle d’émotion coquine et les disgraciés du département vont se faire éponger le trop plein d’humeurs corporelles.
Tout ça me rappelle une petite tôle de Biên Hoa pas très loin de Saigon ... les volets rouges ... et la taulière, une blonde commac...comment qu'elle s'appelait déjà?

Pour en revenir à la marmite madrilène, même si le drapeau noir n’y flotte pas encore, l’ébullition soulève le couvercle.
Very étonnant le typhon-fon-fon dans le crachat!
Messieurs les hommes se séminarisent pour causer entre darons au Velington, un nid à punaises 5 carats et on en fait tout un fromton.
Pt’êt que c’est l’éventualité que la Kika à Simon fasse le service façon D.S.K. qui vous émoustille, bande de père verts!

Mais foutredieu, QU’EST-CE QUE VOUS EN AVEZ A CIRER?

Troquer un mafieux contre un camoriste, c’est comme échanger une chaude-pisse contre une blennorragie: le nom change mais le fond demeure identique. La première fait plus chic dans les souvenirs d’anciens combattants de la bisouquette et la deuxième dans les partouzes de notables de province.
La gestion des dernières années aurait été flamboyante et les problèmes inexistants, on peut comprendre, mais franchement un maquignon reste un maquignon, qu’il s’appelle Capdeboscq ou Victoriano del Rio. De même qu'un épicier en gros demeure un épicier en gros, qu’il s’appelle Chopera ou Casas…
Vous me direz qu’il y a aussi Fauchon, mais serait-ce bien raisonnable quand la plèbe s’indigne?

Perso, j’ai jamais trop apprécié les films de truands, sauf quand Michel AUDIARD ou Albert SIMONIN étaient aux manettes … question de style!
Mais faut reconnaître que le genre a toujours passionné le péquin et notamment les bourges en mal d’exotisme. L’affaire Las Ventas, c’est le sujet du roman de gare à la mode, mâtiné de Paul-Loup SULITZER. C’est le marronnier de l’«Ici Paris» du mundillo: on se polarise sur le croustillant ce qui permet d’éviter d’entrer dans le vif du morcif d’un système plus vérolé qu’un curé breton. Un système mafieux qui organise la spéculation taurine et se préoccupe plus des pépettes que des Pepete.

C’est un peu comme la guerre d’Espagne: le sort des républicains ne s’est pas joué dans la bataille de Madrid mais sur le front de l’Ebre…
Il ne faudrait pas que l’arbre cache Marie Laforêt, que Simon Ca$a$ dissimule Bernard Domb, nique (ta mère) Docteur Jekyll masque Mister Hyde.
Salut les blaireaux!
Xavier KLEIN
repompé


jeudi 5 août 2010

APRES LAS VEGAS et PEKIN, ABOU DHABI?

Abd el-Kader

Je révère, j'adule, je panthéonise la grande civilisation arabo-musulmane, celle de:
**** Muhammad ibn Muhammad ibn Tarkhan ibn Uzalagh al-Farabi (محمد فارابی). appelé le «second maître», qui fit revivre la philosophie grecque.
**** Muhammad ibn Ahmad Abū al-Rayhān «Al-Bīrūnī» (ابوریحان بیرونی), mathématicien, philosophe, médecin, voyageur.
**** Abū ‘Alī al-Husayn ibn ‘Abd Allāh ibn Sīnā dit «Avicenne» (ابو علی الحسين بن عبد الله بن سينا), celui que ses disciples appelaient Cheikh el-Raïs, prince des savants, le plus grand des médecins, le Maître par excellence, le troisième Maître (après Aristote et Al-Farabi)
**** Abū l-Walīd Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Ahmad «ibn Rušd» (أبو الوليد محمد بن احمد بن محمد بن احمد بن احمد بن رشد) dit «Averroès», immense penseur médiéval et l'un des fondateurs de la pensée laïque moderne.
**** Ibrahim ibn Sinan ibn Thabit ibn Qurra (philosophe, astronome, mathématicien et géomètre)
**** Ghiyath ed-din Abdoul Fath Omar Ibn Ibrahim al-Khayyām Nishabouri (غياث الدين ابو الفتح عمر بن ابراهيم خيام نيشابوري), dit «Omar Khayyām»*, «celui qui distribue ou ignore les biens du monde constituant un fardeau dans le voyage qu'il entreprend sur le sentier soufi», anticipateur de l'agnoticisme qui a écrit: « -Réveille-toi! Car le matin, dans le bol de la nuit,/A jeté la pierre qui met en fuite les étoiles:/Et voyez! Le chasseur de l'est a saisi/La tourelle du sultan dans un nœud de lumière.», un des plus grands rubayat de la plus haute mystique
**** Abu Bakr Mohammad Ibn Zakariya al-Razi, connu en occident comme Razi ou Al-Razi (رازی)
**** Abou Hamid Mohammed ibn Mohammed al-Ghazālī (أَبُو حَامِد الغَزَالِيّ), Algazel en occident.
**** Mohyiddîn Abu Bakr Mohammad Ibn Alî 'Ibn Arabî al-Hâtimî, dit Moheïddine Ibn ’Arabî (محي الدين ابن عربي), pour moi, le plus grand de tous.
**** Abū-Muhammad Muslih al-Dīn bin Abdallāh Shīrāzī, dit Saadi* (سعدی), prince des poètes.
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Mais aussi l'apport juif sépharade de Moïse Maïmonide, médecin et philosophe qui influença, comme les précédents, toute la chrétienté occidentale. Ou bien Moïse de Leon, le compilateur du Sefer HaZohar, l'ouvrage fondamental de la Kabbale, Salomon ibn Gabirol de Malaga, «poète parmi les philosophes, philosophe parmi les poètes» ou Moïse ibn Ezra de Grenade.
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Mais encore Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsu, (أبو المظفر صلاح الدين "الملك الناصر" يوسف بن نجم الدين أيوب بن شاذي) appelé aussi Saladin , le sultan-chevalier, poète et philosophe.
Et surtout l'émir Abd el-Kader ben Muhieddine ( عبد القادر ابن محي الدين), l'Abdelkader qui lutta implacablement contre la colonisation française en Algérie et pourtant fut surnommé l'«Ami des Français». Grand guerrier certes, mais surtout écrivain, poète, philosophe et théologien soufi, Grand-croix de la Légion d'Honneur et titulaire de … l'Ordre de Pie IX (un comble pour un musulman). On dit aussi qu'il adhéra à la franc-maçonnerie (Grand Orient de France, loge Henri IV). IL FAUT LIRE sa «Lettre aux français» et surtout ses «Ecrits Spirituels» qui témoignent de la plus profonde des pensées.
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Pourquoi cette énumération très limitative (elle pourrait comporter des centaines de noms) qui pourrait paraître fastidieuse?
Parce que ces phares de l'Islam arabo-musulman (ou plus précisément de l'immense civilisation qui rêgnait d'Al-Andalus aux confins de la Perse) ont assuré du VIIème au XIVème siècle une suprématie absolue sur les lettres, les sciences et les arts, et la pensée de l'Humanité.
Parce qu'ils ont été le maillon indispensable dans la longue chaîne de l'évolution de la pensée et de l'art de l'Humanité.
Parce qu'ils faut les découvrir, les connaître, les lire, les savourer, sans modération ni retenue et surtout les CELEBRER.
Parce qu'aucune bibliothèque «d'honnête homme» ne saurait les ignorer.
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Al-Andalus, qui maintint dans le tohu-bohu des âges sombres, le frêle lumignon de l'intelligence et du savoir de l'Homme, ne conserve quasiment plus rien de ses fastes d'antan. Ruinés par le fanatisme des Reconquistadores fanatiques, la même stupide frénésie de destruction, au nom de préjugés aveugles, que celle qui prétend de nos jours abolir la corrida.
Mais de cet âge d'or, demeure le souvenir mythique (et souvent mythifié) des contacts permanents entre le Khazrem d'Asie Centrale et les rives du Guadalquivir, en passant par la Bagdad d'Haroun al Rachid, l'Abbasside ou la Damas omeyyade. Les savants et les lettrés ne connaissaient alors nulle frontières et sultans, califes et vizirs se disputaient leur compagnie.
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Il n'en va plus de même. Quand l'on recherchait avant le SAVOIR, on convoite désormais l'argent, seul étalon du POUVOIR .
Il paraît que les émirs modernes veulent collectionner les «attractions», telles que des îles et lagons du meilleur goût, les plus hauts gratte-ciels, la plus grande patinoire du monde ou une piste de ski artificielle sur les bords du Golfe Persique. Ou bien un Louvre miniature ou une Sorbonne au petit pied.
Ils ne leur manquait que d'importer à grands frais la TAUROMACHIE, en dépit d'un contexte économique qu'on dit difficile.
Il se trouve toujours des hurluberlus, des aventuriers ou des mercenaires pour profiter et cultiver le snobisme, le mauvais goût et la connerie humaine.
Les mêmes qui assuraient il y a peu sur les ondes nationales, à propos du vote catalan, « -Que la corrida n'était pas expansionniste».
Il est certain qu'elle ne devrait pas l'être, car elle ne peut se découpler de la civilisation et de la culture qui l'ont vu naître et qui portent les valeurs qui la sous-tendent. C'est cela même que les islamistes fondamentalistes honnissent: l'invasion de leur culture par des «produits occidentaux» imposés par les tyranneaux locaux.
Au fait, les femmes seront-elles admises? Ou bien au dernier rang, histoire de ne pas trop reluquer les sexes avantageusement moulés dans la soie?
Abou Dhabi...
«Exporter» la tauromachie à Abou Dhabi constitue non seulement un non-sens absolu, mais également une provocation inutile et surtout une désintégration du seul argumentaire qui tienne pour la justifier, celui du lien à l'identité et à la culture locale.
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Simon CASAS démontre que l'appât du gain, le profit à court terme constituent bien la principale des motivations de ce mundillo aveugle, sourd et cupide.(http://www.aplausos.es/noticia/1799/Noticias/abu-dhabi-podr%C3%ADa-tener-gran-feria-taurina-a%C3%B1o.html)
Se prostituer ainsi pour trente deniers, jeter le discrédit et la honte sur notre cause, prendre le risque du conflit et de la déroute (car déroute il y aura, comme en Chine ou à Las Vegas), alors même qu'il s'est instauré sur les ondes l'avocat de la tauromachie est...misérable.
C'est à vomir.
Et que faisons nous?
Nous laissons faire!
Quand donc nous lèverons-nous?
Xavier KLEIN
* Pour la petite histoire, Henry de MONTHERLANT, l'auteur des «Bestiaires» vouait un véritable culte à Omar Khayyām et à Saadi (comme Lazare CARNOT, le révolutionnaire qui voulut qu'on prénomma son petit fils Sadi CARNOT, président de la IIIème République assassiné en 1894).

NOTA: Pour s'initier, lire les ouvrages de Frithjof Schuon et notamment l'excellent: «Comprendre l'Islam». Éd du Seuil.1976

TOUT COMBAT COMMENCE PAR DES IDEES, TOUTE IDEE COMMENCE PAR DES MOTS

Francis BACON
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S'il est une chose qu'ont parfaitement intégrés les «zantis», c'est bien la prépondérance de l'arme sémantique. Il faut dire qu'ils ont également tout à fait compris qu'ils parlaient, et devaient parler non pas aux leurs, mais au grand public.
Cet effort de l'esprit pour s'ignorer et rentrer dans l'EMPATHIE, c'est à dire la compréhension des émotions et des sentiments de l'Autre est malheureusement oblitérée par l'impossibilité qu'ont nos grands esprits taurins de renoncer à leur ego surdimensionné.
Entendre l'autre, c'est accepter sa différence, le considérer et admettre qu'on ne détienne pas la vérité absolue. Y sont-ils prêts? En la matière, questionner c'est répondre.
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La guerre engagée auprès de l'OPINION PUBLIQUE depuis 150 ans à propos de la corrida, ne sera remportée -elle peut être emportée, mais chaque succès n'est que provisoire- qu'à la condition de cette compréhension renouvelée de ce qui la meut et l'émeut.
Renouvelée, car ce qui engendra les succès d'hier ne sera sans doute plus pertinent pour ceux d'aujourd'hui ou de demain. La France change et son opinion aussi, il s'agirait de changer la stratégie en conséquence.
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En ce sens, je ne cesse de souligner ici, combien certaines thématiques ressassées s'avèrent inopérantes voire négatives. Ne serait-ce que la ritournelle de l'esthétique, qui laisse absolument froids les français moyens.
Je ne voudrais pas encore une fois servir de mine d'idées à ceux qui en sont dépourvus, mais prenons date, histoire de sourire, et introduisons un élément fondamental qui ne manquera pas d'avoir quelque succès.
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Cet élément crucial de la bataille des idées porte un nom: la SEMANTIQUE.
La sémantique, se propose d'étudier les «signifiés», les rapports de sens des mots. Mais aussi les conditions de vérité d'un énoncé, l'analyse d'un discours, et enfin ce qu'on appelle la pragmatique (très complexe à résumer simplement).
Il suffit pour saisir toute l'importance de la sémantique, que d'en constater les effets sur nos esprits. Ainsi sommes-nous blessés, ou pour le moins insupportés par les mots employés par les «zantis».
Tout ceci ne doit rien au hasard, et je m'amuse parfois de la réaction furibarde de certains habitués de ce blog devant les provocations sémantiques, parfaitement calculées, de ce grand coquinou de Jean Paul RICHIER, notre «zanti» préféré qui a lui, oublié d'être stupide et doit souvent se marrer.
Dear Jean Paul sait parfaitement tester in vivo les avantages de la «provoc» et les effets qu'elle produit. Il sait aussi ce qui peut «agir» le français moyen néophyte, et le mobilise en conséquence.
Les mots ou expressions employés sont soigneusement choisis et expérimentés comme techniques de communication, tels par exemple «les pro-tortures», «cruauté», etc. Mais aussi les thèmes «protection de l'enfance» (Fear, uncertainty and doubt: http://fr.wikipedia.org/wiki/Fear,_uncertainty_and_doubt), «parallèle avec le franquisme» (reductio ad Hitlerum: http://fr.wikipedia.org/wiki/Reductio_ad_Hitlerum), voire «répression policière», tous susceptibles d'émouvoir sur large spectre (cf
http://www.anticorrida.com/actualites/sommet-international-a-barcelone), et également les stratégies, telles que la désinformation et le mensonge («Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose.»).
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Tout cela procède d'une technique parfaitement rodée, la DIABOLISATION, et j'invite vivement le lecteur à se rapporter attentivement au lien suivant pour en saisir les tenants et aboutissants (http://fr.wikipedia.org/wiki/Diabolisation).
Tout cela est fort connu et identifié, sauf par nos grands esprits observatoriens.
J'en veux pour preuve leurs réponses inadaptées qui peuvent éventuellement porter sur les convaincus, mais aucunement sur la masse.
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Il y a en outre un immense boulevard ouvert aux «zantis» dans la confusion entre l'Espagne et la France. L'histoire taurine des deux pays est fondamentalement différente. Si l'aficion française gagne à se VICTIMISER (défense des libertés et cultures locales sur fond politique de tradition «radsoc»), l'aficion espagnole gagnerait à S'IMPOSER, ce qu'elle ne peut faire pour des raisons historiques et surtout organisationnelles (l'organisation des corridas est entièrement le fait du mundillo, ce qui n'est pas le cas dans le sud-ouest, par exemple). En France les aficionados sont plus acteurs, en Espagne, ils sont plus spectateurs.
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En Espagne se tapit le piège mortel de l'instrumentalisation politique. P.P. (Partido Popular) comme P.S.O.E. devraient se montrer vigilants à cet égard. Il est d'ailleurs lamentable, irresponsable et atterrant que Monsieur André se positionne comme il le fait en faveur d'un P.P. prétendument défenseur de la tauromachie.
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Avec de tels boulets, les «zantis» n'ont pas besoin d'HELY: ils ont VIARD!
En ce qui me concerne je vois deux postures (ATTENTION ©!) éminemment efficaces:
1°) L'humour et la dérision, qui seuls peuvent s'opposer à la diabolisation. C'est l'arme historique de Voltaire et des philosophes. Là nous sommes mal barrés avec Casas ou DD...
2°) Le «retour de bâton» INTELLIGENT et MESURE: usons à bon escient et avec modération des mêmes procédés. Ainsi, troquons le mot «animaliste», contre celui plus connoté de «zoophile» (littéralement: qui aime les animaux) ou mieux de «bestialiste» (à opposer à humaniste), encore plus péjoratif et qui renvoie à des connotations plus glauques.
Immonde, n'est-ce pas? Mais ô combien efficace!
Après tout, pourquoi nous priver de ce dont use l'adversaire? Et puis l'immense Francis BACON, l'auteur, avant Beaumarchais du «- Calomniez, calomniez...» n'a t-il pas écrit aussi dans le De la dignité: «Avoir pitié de son ennemi, c'est être impitoyable pour soi même»
Quand je vous le dis: on ne lit jamais assez les anciens...
En attendant, ô lecteurs, public-chéri-mon-amour, si vous vous y mettiez aussi. Grand concours de sémantique anti-taurine.
Pas toujours les mêmes.
Xavier KLEIN

vendredi 22 mai 2009

SOUFFRIR or not SOUFFRIR

En recherchant des documents exploitables sur la toile pour illustrer NAZISME et ANIMALISME 3, j’ai découvert deux ou trois pépites dont seul le net garde le secret.
Secret est beaucoup dire, internet privilégiant le dévoilement permanent. Dans une époque plutôt sombre, il faut d’ailleurs se réjouir de cet extraordinaire instrument de savoir, et s’émerveiller de la vitesse à laquelle se constituent (et se sont déjà constituées en 10 ans) des masses gigantesques d’informations et de contributions accessibles à tous.
Puisque nous parlons d’informations, bon nombre de lecteurs ont sans doute eu l’opportunité de consulter sur le site de la Fédération des Sociétés Taurines de France, un article détaillé, traduit par l’excellentissime Marc ROUMENGOU sur le thème: «Le taureau ressent-il la douleur durant le combat?» (
http://www.torofstf.com/infos2009/090511douleurillera.html). Cet article du professeur Juan-Carlos ILLERA DEL PORTAL, fait le point sur la série d’études et d’analyses effectuées sur la production neuro-endocrinienne des toros pendant la lidia.
Tout cela est bel et bon, comme dirait l’Ecriture, l’affaire est entendue, exit l’argument du sadisme aficionado.
Il n’y a qu’un hic: l’honorable professeur précité n’est pas le seul vétérinaire qui se préoccupe de la question.
José Enrique ZALVIDAR LAGUIA, membre de l’Illustre Collège de Vétérinaires de Madrid semble remettre en doute les conclusions du professeur ILLERA DEL PORTAL, avec une argumentation qui me paraît d’autant plus devoir être prise en compte, qu’il connaît d’évidence son sujet et que la terminologie qu’il utilise est celle d’un aficionado.
Que Monsieur ZALVIDAR ou Monsieur ILLERA DEL PORTAL aient raison ou non importe moins, à mon sens, que l’essence même du débat.
Certains «taurins» croient avoir trouvé avec le rapport d’ILLERA DEL PORTAL, l’arma absoluta contre l’un des griefs les plus encombrants de leurs adversaires: on ne fait plus souffrir la bébête et évacuent le phénomène taurin vers les sphères éthérées de l’art.
Et c’est là qu’est l’erreur originelle et stratégique.
Le thème central et incontournable du phénomène taurin ne réside pas dans son caractère artistique, mais comme je ne cesse de le ressasser, dans la thématique du combat, de la souffrance et de la mort, comme dimensions essentielles de la condition humaine.
Et c’est parce qu’un pan majoritaire de l’aficion se dupe sur la signification profonde de ce qu’elle va voir dans les arènes, duperie savamment entretenue par les medias spécialisés et le discours du mundillo, que la corrida se trouve particulièrement sur la sellette.
Pour l’opinion publique, il n’est rien de pire que le déni, surtout le déni obstiné. Tenter de prouver par A+B, au quidam de Roubaix, que le toro ne souffre pas, c’est à dire de nier ce que ses yeux voient, c’est à dire de nier sa propre expérience, c’est à dire de nier sa propre projection dans l’animal, est aussi stupide que contre-productif.
Nous avons tous, peu ou prou, une expérience de la souffrance, dont on sait qu’elle n’est pas égale pour tous, ni qu’elle n’est pas vécue de la même manière par tous.
Le spectacle de la souffrance peut être parfaitement admis et même valorisé.
Spectacle d’une souffrance réelle: le boxeur qui prend une raclée, le rugbyman qui ramasse un tampon, le marathonien au bout de lui même, le conquérant de l’Annapurna aux doigts gelés, etc.
Spectacle d’une souffrance évoquée qui sert d’argument à nos plus grandes œuvres, littéraires, musicales, picturales, théâtrales. La souffrance et la mort constituent la thématique principale de nos opéras, de nos tragédies, de nos fims, bref de nos chefs d’œuvres.
En revanche, le déni de la souffrance, sa négation ne peuvent être perçu que comme de l’indifférence, voire pire, comme de la perversion.
Avaliser l’argumentation d’ILLERA DEL PORTAL reviendrait à affirmer qu’un accouchement (sans péridurale…) n’occasionne pas de souffrance excessive en raison de l’excitation émotionnelle de la maman qui se réjouirait de la venue au monde de son bébé. Billevesées que tout cela!
Oui, nous souffrons et nous souffrirons tous! Oui nous mourrons! Et nous mourrons seuls, l’expérience n’étant jamais partageable, et encore moins reproductible!
L’important est de savoir comment nous y faisons face, et quel sens cela revêt. C’est de cela que la corrida parle avant tout.
A cela les anti-corridas ne peuvent rien redire, parce que cela est indéniable et cela est vérité.
En revanche, la logorrhée et la langue de bois tenue par certains avocats autoproclamés de la tauromachie devient vraiment insupportable, car elle n’abuse nullement ceux qui connaissent les coulisses.A ce sujet, le débat entre Christian LABORDE et Simon CASAS est vraiment consternant, et l’on aimerait se passer des mensonges évidents de celui qui ignore tout des fraudes et paraît drapé dans une vertu et une indignation qui ne trompe personne. La vraie question est de savoir à qui et à quoi profite le mensonge.
Sans doute que ce débat faussement intellectualisé de deux bonimenteurs qui veulent nous fourguer leur camelote, l'un dans le registre de la provocation paperassière, l'autre dans celui de la tauromachie commerciale, ne sert avant tout que leurs intérêts, qu'ils soient pécuniaires ou médiatiques (ce qui revient dans leur cas au même). Quelles vérités peut-on attendre de mercenaires?

Faut-il haïr ou adorer la corrida ? - Le Figaro

On apprécie d’autant plus les justes, ceux qui n’hésitent pas à dire les choses, même quand elles font mal.
Merci Monsieur Marc ROUMENGOU de lutter depuis 30 ans contre ce qui menace la tauromachie… de l’intérieur.

Xavier KLEIN

RAPPORT TECHNIQUE VÉTÉRINAIRE SUR LES CORRIDAS: POURQUOI IL EST INDÉNIABLE QUE LE TAUREAU SOUFFRE.
Il y a un peu plus d'un an, en février 2007, de nombreux médias se sont fait l'écho d'une étude neuroendocrinienne sur les réactions hormonales du taureau pendant la corrida. Cette étude a été menée par un groupe de vétérinaires de l'Université Complutense de Madrid, et plus précisément, par le Département de Physiologie de la Faculté Vétérinaire.
Alors que personne, ni taurins, ni abolitionnistes de la tauromachie, ne remettait en cause le fait que, dans ce spectacle, le taureau était soumis à un dur châtiment en termes de douleur physique et de souffrance psychique, cette étude semble indiquer le contraire.
Avant d'expliquer les raisons qui m'ont poussé à me pencher sur cette question, j’analyserai tout d’abord en quoi consiste une corrida. Pendant toute la durée de la corrida, soit une vingtaine de minutes, le taureau est soumis à ce que l'on appelle des suertes1. Une fois dans l’arène, il est soumis à une série de passes de capote (cape), puis on procède à ce que l'on appelle la suerte de varas, ou « tiers de piques2 ». Pour ce faire, le picador utilise une puya, un instrument tranchant très acéré, long de 9 cm et divisé en deux parties: une pointe pyramidale de 3 cm et une autre pointe de 6 cm en acier encordé. Cet instrument devrait normalement servir à léser certains muscles et ligaments de la zone anatomique du taureau connue sous le nom de morrillo3. L’objectif recherché est qu’une fois ces structures anatomiques endommagées, le taureau ne puisse plus relever la tête afin de faciliter le travail du matador.
Malheureusement (entre guillemets), il n'en est rien. On sait que, dans 90% des cas, les puyas sont placées beaucoup trop en arrière, dans des zones où les vertèbres sont beaucoup plus exposées. De plus, certaines manoeuvres illégales des picadors entraînent des lésions beaucoup plus importantes, comme par exemple le barrenado (également appelé la « vrille ») qui consiste à utiliser la puya comme on débouche une bouteille de vin, et le mete y saca (ou « la pompe ») par laquelle le picador introduit et extrait la puya à plusieurs reprises, ce qui finit par produire les mêmes effets que si elle avait été enfoncée 7 fois, empêchant le taureau de s'enfuir lorsqu’il ressent la douleur. Les hémorragies dues à l’utilisation de telles méthodes entraînent une perte de sang pouvant atteindre 18 %, alors qu’on considère « souhaitable » (entre guillemets) qu’elle se situe autour de 10 %. Par ces manoeuvres, une puya peut provoquer des blessures de plus de 20 cm de profondeur jusque sur 5 trajets différents. Je dois dire que pendant la feria de San Isidro qui a eu lieu récemment à Madrid, j'ai pu voir plusieurs corridas à la télévision, et sur les 36 taureaux que j’ai vus combattre, dans un seul cas la puya a été placée dans le morrillo (1 sur 36).
Le second tiers de la corrida est celui des banderilles: il s'agit de bâtons terminés par une pointe en acier de 6 cm de long. Six banderilles sont plantées dans le dos du taureau. Pour éviter qu’elles ne se décrochent, ces banderilles sont munies d’un harpon de 16 mm de large.
S’ensuit la faena4 du matador qui exécute une série de passes avec la muleta5. C'est la seule partie de la corrida où aucune douleur physique n’est infligée au taureau, bien qu’on exige de lui une grande dépense physique et psychique.
La corrida prend fin avec l’estocade qui consiste à planter, dans ce qu'on appelle en espagnol el hoyo de las agujas (« la croix6 »), une épée de 80 cm de long qui provoquera la mort du taureau. Précisons qu’il est rare que cette épée soit enfoncée là où il faut et remplisse sa fonction, à savoir, léser les gros vaisseaux. Dans la majorité des cas, elle lèse des cordons nerveux latéraux de la moelle épinière, ce qui provoque la désolidarisation de la cage thoracique qui entraîne à son tour une grave lésion du poumon. Le sang peut passer du poumon aux bronches, des bronches à la trachée, et ressortir par la gueule et le mufle, parfois à grands flots. Dans d’autres cas, l’estocade est tellement en arrière qu'elle est capable de perforer le diaphragme et même de perforer la panse et le foie. Dans ce cas, le taureau meurt en avalant son propre sang.
La corrida s’achève avec le descabello et la puntilla. Le descabello est effectué à l’aide d’une épée semblable à l'estoc mais munie d’un butoir de 10 cm; il consiste à sectionner la moelle épinière au niveau de l'espace intervertébral situé entre la première et la deuxième vertèbre cervicale. La puntilla poursuit le même objectif que le descabello, mais est effectuée à l’aide d’un poignard de 10 cm.
L'étude à laquelle nous allons nous référer a analysé certaines caractéristiques hormonales chez différents groupes de taureaux, ainsi répartis:
1- Taureaux n’ayant subi que le transport en camion.
2- Taureaux entrés dans l’arène, puis renvoyés au corral7 en raison d’un problème physique quel qu’il soit, sans être passés par aucune des suertes précédemment décrites.
3- Taureaux ayant subi les piques avant d’être renvoyés au corral.
4- Taureaux ayant subi les piques et les banderilles avant d’être renvoyés au corral.
5- Taureaux étant passés par toutes les suertes de la corrida et, par conséquent, morts dans l’arène.
Nous pensons que les groupes 1 et 5 sont majoritaires car les circonstances envisagées pour les groupes 2, 3 et 4 ne se présentent que rarement. Je dis bien «nous pensons» puisque, presque un an et demi après avoir été rendue publique, l'étude n'a été publiée dans aucune revue scientifique.
L'étude est basée sur la détermination d'une série d'hormones:
1. ACTH: hormone sécrétée par l’hypophyse, précurseur de la production de cortisol.
2. Cortisol: hormone sécrétée par les glandes surrénales.
3. Bêta-endorphines: hormones sécrétées à différents endroits de l'organisme.
L’étude se réfère par ailleurs à deux autres hormones, l'adrénaline et la noradrénaline, dont je
ne parlerai pas ici pour ne pas trop prolonger mon intervention.
L'ACTH et le cortisol sont les hormones impliquées dans la réponse de tout organisme au stress. Plus la décharge d’ACTH et de cortisol est grande et plus le stress est important. En présence d’un stimulus stressant, la décharge de ces hormones se produit à partir d’une série d’ordres canalisés par le système nerveux.
Et qu’est-ce que le stress? A quoi sert-il? Quelles conséquences a-t-il sur la santé? On définit le stress comme « une agression contre un organisme vivant », ou comme « l'ensemble des réactions biologiques et psychologiques qui se déclenchent au sein d’un organisme brutalement confronté à un agent nocif de quelque nature que ce soit ». On peut encore le définir comme: « la situation d'un individu ou d’un de ses organes ou appareils qui, parce que l’on exige de lui un rendement supérieur à la normale, risque de tomber malade ».
Si l’on s’en tient à ces définitions, il serait logique de penser que les taureaux du groupe 5 (ceux qui sont passés par toutes les suertes de la corrida et sont morts dans l’arène) devraient avoir davantage d’ACTH et de cortisol dans le sang que les taureaux des autres groupes, et évidemment, beaucoup plus que ceux du groupe 1. Autrement dit, plus le châtiment est important, plus il devrait y avoir de stress.
Eh bien non, d’après cette étude, il n'en est rien. Cette étude nous révèle que les taureaux transportés (groupe 1) et les taureaux du groupe 2 sont trois fois plus stressés que les autres, c'est-à-dire qu’ils présentent davantage d’ACTH et de cortisol. De la même manière, ceux du groupe 3 sont également plus stressés que ceux du groupe 4, et ces derniers sont plus stressés que ceux du groupe 5.
Si l'étude et ses conclusions disent vrai, et nous ne devons pas douter de leur véracité, que peut-il bien se passer pour que tout fonctionne à l’inverse de ce que l’on pourrait logiquement penser? Est-il vrai, comme on nous le dit, que le taureau soumis à une corrida est un animal à part sur le plan neuroendocrinologique, et qu'il est parfaitement adapté à la corrida?
Si je vous dis que pour pouvoir prendre en considération certaines réponses endocriniennes, comme la libération de cortisol par l'ACTH, IL EST INDISPENSABLE QUE LA STIMULATION NEURONALE ET LA TRANSDUCTION DU SYSTÈME NERVEUX SOIENT INTACTES, c'est-à-dire que si une quelconque lésion a endommagé le système nerveux, ces réponses hormonales ne peuvent pas être prises en compte car elles ne sont pas produites normalement: quelle conclusion en tirez-vous?
Nous savons par de nombreuses études et publications de vétérinaires taurins que les puyas provoquent la rupture des apophyses épineuses des vertèbres thoraciques, endommagent des vaisseaux sanguins qui irriguent des muscles importants pour la locomotion, sectionnent ou lèsent les branches dorsales des nerfs spinaux, ce qui peut entraîner, et entraîne parfois, des claudications transitoires ou des chutes par inhibition réflexe du plexus brachial, le centre nerveux d’où partent les nerfs qui innervent les extrémités antérieures. Nous savons que les puyas sont capables de provoquer d'importantes hémorragies dans le canal médullaire et de léser le haut des côtes. Certains coups de puyas, les plus en arrière, peuvent perforer la plèvre, toucher le poumon et provoquer un pneumothorax et l'insuffisance respiratoire qui s’ensuit.
Nous savons que les banderilles, par l’action de la gravité et des mouvements du taureau, provoquent la rupture de certains nerfs, muscles et vaisseaux sanguins. Nous savons que l’estocade sectionne elle aussi des nerfs importants, et enfin, que le descabello et la puntilla sectionnent la moelle épinière. Nous savons par conséquent que, pendant la corrida, le système nerveux du taureau subit d'importantes lésions qui rendent impossible toute réponse normale en termes de décharge d'ACTH et de cortisol. Il est par conséquent logique, et nous reprenons ici les conclusions de l'étude que nous réfutons, que le taureau transporté et le taureau entré dans l’arène avant d’en être renvoyé sans avoir subi de dommages physiques, aient davantage de cortisol que ceux qui ont subi ces dommages. Cela ne signifie pas qu’ils sont plus stressés, c’est simplement que leur système nerveux est intact, condition indispensable, comme je l'ai dit auparavant, pour que ce type de réponses hormonales puissent être prises en considération dans une démarche scientifique rigoureuse. Savez-vous que chez des personnes accidentées présentant d'importantes lésions de la moelle épinière, la réponse hormonale qui devrait aboutir à une décharge de cortisol est extrêmement faible et même abolie? Peut-il y avoir une situation plus stressante pour une personne que de penser qu’elle va passer le reste de sa vie dans un fauteuil roulant? Existe-t-il un dommage neurologique plus grave que la section de la moelle épinière par le descabello et la puntilla? N'oublions pas que le sang de ces taureaux a été prélevé après leur mort, alors que ceux-ci avaient subi les lésions précédemment décrites.
La seconde partie de l'étude s’intéresse à la production d'autres hormones, les bêtaendorphines.
Nous savons que ces hormones sont sécrétées par l'organisme lorsque celui-ci est confronté à la douleur et/ou à l’effort. Puisqu’il semble que le taureau en sécrète une quantité énorme pendant la corrida, l’étude en conclut que les bêta-endorphines sont quasiment capables d'annuler la douleur qui lui est infligée. On nous dit que le taureau produit dix fois plus de bêta-endorphines que l’homme. Mais dans quelles circonstances? Aucun de nous n’a été ni ne sera jamais soumis à une corrida. Pour pouvoir faire ce type d'affirmations, les espèces comparées devraient être soumises aux mêmes situations, et ce n'est pas le cas, et ce ne sera jamais le cas. De plus, le sang qui a servi à déterminer le taux de présence de ces hormones appartient en grande majorité à des taureaux morts, c’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas savoir à quel moment de la corrida ces hormones ont été sécrétées. Est-ce après les coups de puyas comme l’affirment les auteurs de l'étude? Est-ce après la pose des banderilles? Et pourquoi pas après le descabello ou la puntilla? Les auteurs de l’étude n’ayant pas procédé à des prélèvements séquentiels, on ne peut donc pas le savoir actuellement. Il faudrait pouvoir arrêter la corrida de temps en temps pour savoir à quel moment précis se produit cette décharge hormonale démesurée, soi-disant capable de réduire la douleur de l'animal.
Je dois ajouter qu’on attribue aux bêta-endorphines des propriétés qu'elles n'ont pas. On dit d’elles qu’elles neutralisent la douleur, alors que la seule chose que nous puissions en dire, c’est qu’elles servent à la pallier. Ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’elles sont médiatrices de la douleur et du stress et, bien plus important encore, elles permettent de les MESURER.
Je n'ai trouvé aucune étude où il soit dit qu'elles neutralisent la douleur, que grâce à leur production et à leur action, un organisme peut cesser de ressentir sur le champ la douleur qu’on est en train de lui provoquer. Nous ne parlons pas de douleurs banales, ou tout du moins, moi, en tant que vétérinaire, je ne peux qualifier ainsi les douleurs que l’on inflige au taureau tout au long de la corrida. De nombreuses études effectuées auprès de femmes pendant l'accouchement (et il s’agit bien dans ce cas d’études séquentielles) démontrent que plus la quantité de bêta-endorphines dans le sang est élevée, plus la douleur est importante pendant l'accouchement. Les femmes qui ont déclaré que l'accouchement avait été insupportable étaient celles dont les analyses présentaient le plus fort taux de bêtaendorphines, et curieusement, les foetus qui avaient le plus souffert pendant l'accouchement étaient ceux qui avaient le plus de bêta-endorphines dans le sang. Et fait important: les femmes qui avaient suivi des cours de préparation à l’accouchement étaient celles qui avaient le moins de bêta-endorphines, c'est-à-dire celles dont le stress face à cette situation était le moins important.
Comment se peut-il que les hormones du stress -comme le cortisol- soient presque normales chez le taureau APRÈS la corrida, alors que d'autres, les bêta-endorphines –qui permettent de mesurer le stress- sont si élevées? Eh bien, pour moi, la réponse à cette question est dans l'intégrité des structures nerveuses, car on sait qu’en cas de dommage neurologique ces hormones, les bêta-endorphines, peuvent être sécrétées dans les lieux où se produit la douleur, grâce à certains mécanismes cellulaires sans médiation du système nerveux.
Les conclusions que je tire de cette étude sont par conséquent claires: Les réponses hormonales au stress sont celles attendues pour les dommages neurologiques causés au taureau pendant la corrida par les puyas, les banderilles, l'estoc, le descabello, la puntilla et l’épuisement (syndrome général d'adaptation) auquel est soumis l'animal. Ce syndrome qui a été étudié il y a de nombreuses années est toujours en vigueur actuellement.
Lorsque son équilibre est menacé, tout organisme émet une réponse afin de s'adapter. On peut donc définir ce syndrome comme la réponse physiologique spécifique de l'organisme face à toute demande ou agression d’ordre physique ou psychologique. Ce qui est certain c’est que quand l'agression se répète fréquemment ou est de longue durée, et quand les ressources de l'animal sont insuffisantes pour s’adapter, on passe de la phase d'adaptation à la phase d'épuisement dans laquelle les réponses hormonales devant l'effort ne sont pas viables.
Les réponses hormonales à la douleur, c'est-à-dire la décharge de grandes quantités de bêtaendorphines détectées dans le sang du taureau après la corrida, sont la réponse normale d'un organisme soumis à une forte douleur et à un grand stress; elles n’ont pour ainsi dire rien à voir avec la capacité des bêta-endorphines à neutraliser la douleur, c’est même tout le contraire; autrement dit, ces réponses hormonales nous sont utiles pour quantifier la douleur, mais rien ne nous permet d’affirmer qu’elles sont capables de l'annuler.

José Enrique Zaldivar Laguía.
Vétérinaire, Membre de l'Illustre Collège de Vétérinaires de Madrid.

1 N.D.T.: La suerte ou «chance» désigne, dans la terminologie taurine, chacune des manoeuvres réalisées pendant la corrida.
2 N.D.T.: La suerte de varas ou «tiers de piques» constitue le premier volet (tiers ou tercio) de la corrida. Les picadors interviennent munis d’une pique (vara), hampe de bois terminée par un instrument tranchant, la puya. Le but est de tester la «bravoure» du taureau, de réduire sa force et de l’amener à baisser la tête en vue de l’estocade finale.
3 N.D.T.: Le morrillo, parfois orthographié morillo, désigne la partie charnue qui se développe sur le cou du taureau de combat, entre la nuque et le haut du garrot.
4 N.D.T.: Littéralement, «le travail» du matador. Première partie du troisième tiers de la corrida, la faena désigne une série de passes avant l’estocade.
5 N.D.T.: La muleta est le leurre de tissu rouge utilisé par le matador lors du dernier tiers de la corrida.
6 N.D.T.: Chez le taureau de combat, la croix désigne le point de croisement de la ligne passant par les omoplates et de la colonne vertébrale.
7 N.D.T.: Le corral est la cour où sont enfermés les taureaux avant la corrida.