Humeurs taurines et éclectiques

mardi 6 mars 2012

Quand l’anormalité devient la règle.


Il en va de l’incivilité comme du bras de fer ou de la sokatira (tir à la corde des jeux de force basque), lorsque l’ascendant est pris par l’une des parties, il est quasiment impossible d’arrêter le mouvement qui devient irrésistible.
Cette logique de l’affrontement de deux forces opposées et inconciliables, dont l’issue ne peut être que la victoire totale d’un camp sur l’autre, sans possibilité de solution médiane (ce qui est l’exact opposé du match nul France-Irlande du tournoi des 6 Nations 2012) détermine une conception spécifique de la vie et du rapport entre les humains.
Il n’est nullement anodin que la culture qui valorise ce type d’exercice (comme d’ailleurs les autres discipline des jeux de force basque), qui considère la force brute comme une valeur positive, soit également celle qui a favorisé l’instauration au Pays Basque espagnol d’un état de guerre civile et du terrorisme pendant 40 ans.
Il aura fallu 40 ans (dont 30 sous régime démocratique) pour que les activistes de l’E.T.A. se rendent enfin compte que la voie de la violence activiste était infiniment moins productive que la voie politique. On progresse: avec le Bildu (coalition indépendantiste de gauche radicale) le terrorisme armé a été remplacé par le terrorisme intellectuel et politique.
SOKATIRA aux Jeux olympiques basques. On admirera l'élégance des fixes-chaussettes...
La tendance qui préside de plus en plus à nos fonctionnements socio-politiques tient à la fois à une logique d'affrontement, à une logique de la domination  complète sans modération ni consensus d'un parti, d'une idée ou d'une idéologie et enfin à une logique où pour des raisons parfaitement préméditées, l'exception, le cas particulier, l'anormalité deviennent la règle.

Un exemple flagrant et récent: des journalistes sont pris pour cible en Syrie, l'une d'entre eux est grièvement blessée. Après moult tribulations on évacue la bête: l'info fait la une des J.T.
Ce qui procède d'une information objectivement mineure devient tête d'affiche, l'anecdote, l"épiphénomène deviennent l'essentiel . Il faut dire que la mayonnaise ainsi montée a permis à notre cher président de se mettre une fois de plus en lumière avec accueil compassionnel et soigneusement médiatisé à l'aérodrome. N'est-ce pas ce qu'on nomme une instrumentalisation de l'information?
L'essentiel, l'information majeure, la vraie, la seule, c'est que dans le même temps, des dizaines de civils syriens meurent chaque jour alors que l'on écrase des vélléités de liberté dans l'indifférence quasi générale, quand dans des circonstances identiques, il y a peu, on pérorait pour bombarder Khadafi, qui n'avait pas la chance de bénéficier de la protection des parrains russes et chinois.
Je serais syrien, je me dirais que le destin d'une journaliste française, victime de ce qui n'est dans son cas qu'un «accident du travail», suite aux «risques du métier» importe plus que celle de dizaine de mes compatriotes martyrisés.

Le compadre Marc Delon fulmine régulièrement sur son blog (http://photosmotstoros.blogspot.com/2012/02/le-fouzytou-edito.html) contre l’insécurité qui croît et prospère dans son cadre de vie. Cela fournit matière à des joutes épistolaires parfois fleuries.
Il me semble que Marc se méprenne souvent sur la nature de la «dispute». En témoigne l’un de ses récents commentaires où il joint une vidéo (http://www.youtube.com/watch?v=WpyyHfoQ8dY) à l’appui de son point de vue.
Qu’il soit bien établi que je ne remets aucunement en cause les faits et la réalité d’un quotidien sûrement extrêmement pénible. Je ne conteste pas non plus la légitime colère, le sentiment d’impuissance et d’abandon, l’indignation de Marc et des habitants de ces quartiers. Sans aucun doute, serais-je aussi remonté (voire plus) si je vivais la manière d’enfer que ce type de reportage dépeint.
Toutefois, il me semble qu’on ne saurait en rester là, au niveau d’une simple émotion. On ne peut en rester là, surtout si, voulant élaborer des solutions, on doit procéder à une analyse fine des causes et des conséquences.
Je note néanmoins un certain nombre de points qui me semblent pertinent de relever:

          1°) Marc, comme les autres victimes, sont pris par une émotion très compréhensible, une subjectivité qui gêne -pour ne pas dire interdit- toute considération objective des problèmes et des faits.
          2°) Le martèlement inlassable de certaines émissions, la production en série de (pseudos) documentaires, le créneau télévisuel de l’insécurité répondent à une fonction qu’il conviendrait d’interroger.
          3°) Pourquoi cette débauche d’images factuelles qui occupent une part non négligeable de nos petits écrans? Et pourquoi se limitent t-elles, dans la majorité des cas, à la mise en scène d’une peur soigneusement entretenue, sans qu’explications, analyses des causes, mises en perspectives ne soient jamais (ou si peu!) abordées?
          4°) Quelle utilité ? Quel effet produit ce genre d’émission dans la résolution du problème?
          5°) En quoi cette répétition contribue t-elle à banaliser? En quoi l’exceptionnel s’impose t-il peu à peu comme une norme?
C’est ce dernier point que je voudrais développer.
D’une part en rappelant que la réalité indéniables des zones de non-droit n’est pas la réalité du territoire national: les banlieues ne sont pas la France (ce qui ne sous-entend en rien qu’il faut se dédouaner du problème ou le minimiser), d’autre part en soulignant l’effet généralisateur et le mimétisme que les comportements décrits engendrent.
J’en veux pour preuve l’émergence incongrue de phénomènes apparentés dans des zones qui ne posaient pas de problèmes de comportements déviants.
Ainsi la nouvelle mode qui consistait à Strasbourg à brûler des voitures pour fêter la nouvelle année s’est-elle répandue dès qu’on en a fait la publicité.
Ainsi l’irruption dans nos territoires des mœurs banlieusardes nordiques, de la mode encapuchonnée, du sabir 9-3, du discours convenu, du «- J’ai la haine» ou du «- Vas-y!».
Ainsi la contagion communicative de la moindre émeute à l’ensemble des banlieues, même et y compris lorsque le contexte est différent et que les «raisons de la colère» n’existent pas.
L’ensemble de ces phénomènes est directement lié à la médiatisation. Une médiatisation qui fait office, selon le théorème wharolien, de valorisation pour une jeunesse à la dérive qui trouve là non seulement une opportunité d’identification et –dirai-je de communion- mais une façon d’exprimer par la transgression télévisée un mal vivre inhérent à cet âge.
Qu’y a t-il là de fondamentalement différent de ce qui est exprimé dans la «Fureur de vivre», «Graine de violence» (1955) ou «West Side Story» (1961)?
Rien, sinon la forme ou le rap prend la place d’un rock considéré comme aussi sulfureux il y a 50 ans.
Tout, si l’on considère que la mythologie «bad boys» était regardée à l’époque comme un épiphénomène quasiment exotique et marginal, les avanies des gangs du Bronx ou du West Side ne concernant en rien les blondinets du Texas ou du Middle West dépeints dans des films comme «Géants», ou les paumés des œuvres de Tennessee Williams («L’homme à la peau de serpent», «Un tramway nommé désir»).

Ce qui me questionne quand je vois le tapage médiatique et l’attention très «organisée» portée au «malaise des banlieues», et quand je lis ce que ressent Marc, c’est la transmutation par laquelle l’anormal, la transgression, la délinquance, deviennent la norme, la règle. La perception de Marc, son vécu, son ressenti manifestent le sentiment d’une incompréhension ou d’une césure entre ce qu’il vit et la manière dont d’autres (moi entre autres) appréhendent son témoignage.
A son discours, qu’encore une fois je ne dénie nullement, je me contente de répondre deux ou trois petites choses:
          1°) Ce qu’il dépeint relève MALGRE TOUT de l’exception et non de la généralité. C’est le tableau incontestable de la réalité spatiale et temporelle de certains quartiers, ce n’est nullement la réalité de l’ensemble du territoire français. Par contre, le message sous-tendu par les medias est d’entretenir une peur soigneusement préméditée chez TOUS les français.
          2°) Il existe d’autres possibles. Je lui ai souvent évoqué le cas en Béarn d’«Ouzdeb» (Ousse des Bois) ou de Mourenx, cette enclave surréaliste de grands ensembles perdus dans la campagne béarnaise. Une ville modèle quand le grand Charles la faisait visiter à Kroutchev dans les sixties. Une ville dynamique qui lutte pour sortir de son statut de cité-dortoir. Une ville où réside et vit une majorité de «beurs». On n’y connaît pas l’acuité des problèmes évoqués par Marc. Pourquoi? Histoire de culture, de regard, de perception de l’«Autre» sans doute.
          3°) On ne peut ignorer la lourde responsabilité des politiques sécuritaires qui balançaient entre l’angélisme socialiste des années 80 et la culture du résultat sarkoziste: ne pas vouloir identifier les problèmes est aussi ravageur que de les stigmatiser et les grossir.

Moi, tout ce que je constate avec nos braves pandores locaux, lorsqu’ils traversent la rue pour venir prendre le café au collège, c’est leur découragement et leur écoeurement devant ce qu’on leur demande de faire. C’est à dire vider les carnets à souche pour satisfaire aux objectifs chiffrés, «contraventionner» à tout va, abandonner le suivi local, minimiser les plaintes pour améliorer les statistiques.
Jusqu’à Sarkozy, la Gendarmerie était ouverte 7 jours sur 7, elle est désormais fermée la plupart du temps, on ne peut pas en même temps régler «gentiment» les conflits de voisinage ou patrouiller aux abords du collège, et faire le poireau sur l’autoroute pour renflouer les finances.
Ceci explique cela.

Et la tauromachie dans tout cela?
Même combat!!!
L’anormal constitue dorénavant la règle, les 30 «zantis» font plus l’actualité hors de l’arène que les 5000 spectateurs qui sont dedans. On peut agonir d’injures les aficionados, occuper les ruedos sans conséquences, sans que la force publique se manifeste.
Par contre le jour où il y aura un pépin, ce ne sera la responsabilité de personne. Où plutôt si, celle d'un lampiste…
Ainsi va le monde!
Xavier KLEIN

vendredi 2 mars 2012

Halalalala!

Aïd el-Kebir (commémoration du sacrifice d'Abraham) au Sénégal
Ce qu'il y a de bien avec les campagnes électorales, c'est qu'avec le renchérissement des énergies on y fait feu de tout bois. Y compris du bois de langue...
La télévision publique française d'Etat (dont les directeurs de chaînes sont nommés par le régime) passe t-elle un reportage sur l'abattage halal dans les abattoirs de Parigothie et c'est l'embrasement du microcosme, le Verdun des médiocrates, la mêlée des cloportes.

Il est vrai que notre doulce France, dont tous les indicateurs économiques: chômage, inflation, déficits, dette, commerce extérieur, investissements, créations d'entreprise, délocalisations, agressions aux personnes, démantèlement des services publics, logement, sont au rouge vif et fluorescent, n'a pas de plus grande urgence à traiter que de débattre à l'envie sur des épiphénomènes.

Il est vrai aussi qu'il est infiniment plus facile de mobiliser les passions ou les émotions (je n'ai pas dit la RAISON) sur ce type de sujet que sur la complexité des choix que la Nation sera portée à faire sur des thèmes autrement plus ardus et autrement moins folichons.

Il est enfin vrai qu'on redonne ainsi quelque vigueur au débat avorté sur l'identité, en mêlant au passage dans la tambouille, un zeste de piment laïque, une grosse poignée de sensiblerie post-moderne, une louche de politiquement correct, une forte dose d'hygiénisme catastrophiste (no pasara l'escherichia coli), une hénaurme lichette d'esprit de clocher bien xénophobe, et une grosse mesure de débat de café du Commerce. Un petit peu d'islamophobie pendant la campagne électorale ne peut guère faire de mal, surtout pour qui traque les voix des beaufs (de droite comme de gauche d'ailleurs...).

Rappelons avant tout que le terme «halāl» signifie en islam «autorisé», «permis», «licite», par opposition à «harām» (ce qui est prohibé, interdit). La consommation du porc ou de boissons fermentées est «harām» pour des musulmans pieux.

En fait ce dont il s'agît concerne le dhakât ( le rituel d'abattage proprement dit) qui correspond quasiment aux mêmes injonctions rituelles que l'abattage kasher (la shehita) dans la religion juive.

Le dhakât (littéralement «séparation») consiste à sectionner les veines et artères de l'encolure (sans atteinte à la moëlle épinière). C'est tout bêtement -si l'on peut dire- l'égorgement, le degüello espagnol, le mode d'abattage traditionnel tel qu'il a toujours été effectué en France jusqu'à ce que le progrès -ou prétendu tel- impose sous la pression animaliste d'autres normes.
L'action doit être effectuée avec un instrument affuté, quand la tête de l'animal, qui doit être conscient est tournée vers La Mecque. Il suppose une intentionnalité et doit être accompagné de l'énonciation de la «bismillah» («Au nom de Dieu...»).
La Bismillah
Ce rituel témoigne d'une conception de la sacralité du quotidien et du caractère nullement anodin de tuer un animal pour s'en nourrir. Ajoutons que les qualités gustatives de la viande ne sont aucunement affectées: il est impossible de distinguer une viande halāl d'une autre.
L'abattage rituel juif et musulman représentait en 2010 … 4% du tonnage du bétail abattu en France!

Devant l'émoi provoqué par le reportage, dont seule la dernière partie fait la part belle aux abattages tituels, «je me suis pensé» que la démagogie et la manipulation avaient de belles perspectives d'avenir, si le bon peuple happe avec tant d'entrain le première perche venue.

Deux choses semblent troubler le péquin.

En premier lieu, la bestiole non étourdie souffrirait quelques minutes: horror!
Ce type de considération me fait hausser les épaules: quand bien même, ET ALORS!
Ayant plusieurs fois assisté à des abattages (agneaux, porc), voire ayant une ou deux fois saigné moi-même, si la chose n'est jamais plaisante, si l'acte a toujours revêtu un caractère de gravité, il n'en demeure pas moins NATUREL et constitue la plus vieille expérience de l'humanité.
Pèle-porc contemporain en Béarn
Comment quelque chose d'aussi fondamental, d'aussi évident, d'aussi -comme je l'ai déjà dit- naturel, peut-il faire débat? Où en sommes nous rendus dans la déliquescence et la confusion des esprits, dans la rupture avec l'ordre naturel des choses pour que de telles questions posent désormais problème? Tuer le cochon lors du pèle-porc, saigner la poule dominicale ou l'agneau pascal, étouffer des pigeons, briser la nuque d'un lapin ont de tout temps à jamais fait l'ordinaire des populations rurales. Et dans ces cas là, de quelque manière que l'on s'y prenne, quelque respect que l'on manifeste légitimement à l'animal, il y a nécessairement un peu de souffrance.
ET ALORS!
On va aussi venir nous emmerder chaque fois qu'on tue une poule ou qu'on procède à cette fête gasconne qu'est la tuaille du porc?
Va t-on aussi proscrire toutes les activités où l'animal peu ou prou serait sensé «souffrir»: la chasse, le gavage des palmipèdes, les zoos, les cirques, les courses de chevaux, et même l'équitation (le cheval n'a rien demandé...),  l'âne castré de BB et pourquoi pas le chihuaha que Madame Trucmuche sadise consciencieusement en lui imposant ses petits rubans, ses bottines et son ciré pour le pipi bi-quotidien?
L'anormalité me semble que notre civilisation urbaine s'en émeuve et s'offusque de la triviale banalité de devoir tuer pour manger, et de ce que cela suppose.
En l'espèce, le fait que des traditions religieuses aient conservé à cet acte fondamental un caractère rituel qui en souligne la gravité me semble plutôt rassurant.

En second lieu, d'aucuns s'irritent de consommer du «halāl» sans le savoir. On endosse alors le fallacieux prétexte d'une laïcité mal comprise (la laïcité à la française n'est pas la négation du fait religieux...) ou de Dieu sait quoi.
Il faut souhaiter que ces âmes sensibles s'abstiennent logiquement de voyager dans près d'un tiers de la planète, le nord de l'Afrique, le Moyen-Orient, une bonne part de l'Asie. Finies les vacances tour opératorisées au Club Med de Djerba, aux Maldives, à Bali ou la croisière sur le Nil: halāl vous dis-je, halāl, vous allez bouffer halāl!
Ce qui me fait mourir de rire, c'est que l'on s'offusque ainsi de quelque chose qui n'a aucun sens pour celui qui n'y adhère pas. Que le boucher prononce la «bismillah» avant de tuer ne revêt aucune valeur, aucune signification pour celui qui ne croit pas: qu'est-ce qu'il en a à foutre? Ce sont des mots, des mots sans portée et sans impact pour le mécréant.
Cela me fait penser à l'un de mes amis qui se torture depuis des années parce que foncièrement incroyant, il fut baptisé par ses parents à sa naissance. Je n'arrête pas de lui seriner que puisque pour lui cela ne veut rien dire, que c'est un acte sans réalité, pour un Dieu dont il nie l'existence, tout cela ne devrait pas le préoccuper. Qu'importe, cela le mine au delà du raisonnable!
Et cet acharnement même dans le déni devrait le questionner.

En fait la racine du problème posé est tout autre. C'est une crise d'identité et la difficulté à admettre que dans notre société plurielle, l'«Autre»puisse affirmer sa différence, son identité propre, son altérité. Ce phénomène a été parfaitement étudié et constaté dans l'Amérique post-ségrégation, après le mouvement des Droits Civiques. On supportait le bougnoul ou le nègre qui «restaient à leur place», qui se contentaient sagement de construire nos baraques, de bâtir nos autoroutes, de vider nos poubelles en demeurant sagement cantonnés et entassés dans leurs foyers SONACOTRA. On les supportait d'autant plus qu'on nourrissait l'espoir qu'ils réintégrassent leur gourbis à l'issue de la grâce qu'on leur faisait de nous servir.

Les choses ne se sont pas déroulées ainsi: ces cons sont restés. De bougnouls ils sont devenus beurs, et de nègres, blacks. Désormais, ils prennent leur place, comme les autres parties prenantes de notre Nation. Ils sont cadres, ministres, fonctionnaires ou présentateurs de télé. Ils draguent nos filles, deviennent voisins de notre «Sam suffit», se présentent aux élections, construisent des mosquées à côté de nos églises (que nous ne fréquentons plus...) et même nous envoient chier quand on les emmerde: tout fout le camp mon pôv' monsieur!
Tant qu'ils s'efforçaient de nous ressembler, no problem, mais voilà t'y pas qu'ils se mettent à réaliser que leurs ancêtres n'étaient pas gaulois et que le brave Charles Martel ou le bon Saint Louis ont consciencieusement occis leurs aïeux!
Dur! Dur! Pas facile à négocier ces virages là pour notre communauté nationale. Et pourtant, faudra se la cogner la route en lacet, parce que le coeur, la raison et l'histoire ne laissent pas d'autre choix...
Et pour ma part, cette aventure de l'acceptation des différences, cette conjugaison de l'altérité qui n'exclut nullement la culture et la passion de ses propres racines, cette redéfinition du  «vivre ensemble» est passionnante.

On attendrait de la part des aficionados quelque compréhension, voire quelque solidarité dans ce débat.
Est-ce toujours le cas?
Car ne nous faisons pas d'illusions, avec nos coutumes barbares de ce sud interlope, auxquelles nous nous accrochons becs et ongles, nous sommes bien les nègres et les bougnouls, fainéants, pervers et jouisseurs de ce nord bien pensant, urbain, urbanisé et hygiéniste qui depuis la croisade contre les Albigeois tente de nous imposer ses valeurs.
Halāl, corral, eral, même combat!
Xavier KLEIN
Dans le patio après l'arrastre.
http://www.mosquee-de-paris.net/Conf/Halal.pdf

On visitera avantageusement le site d'extrême-droite françaisdefrance (http://francaisdefrance.wordpress.com/2010/11/29/www-abattagerituel-com-le-site-a-visiter/) où l'on pourra constater les affinités électives entretenues avec le mouvement bestialiste notamment par la promotion forcenée du site www.abattagerituel.com qui regroupe plusieurs associations notoirement «zanti» dont la Fondation Brigitte Bardot.






lundi 27 février 2012

ARZACQ 2012

Il est quelque peu affligeant de constater que les gros bataillons des «aficionados de verdad» -ou du moins ceux qui se prétendent tels- n'aient pas cru bon de faire le déplacement dans les marches béarnaises pour soutenir les efforts de l'organisation locale et pour profiter de l'opportunité de découvrir des toreros qu'on n'a pas souvent l'occasion de voir.
Il faut préciser que nulles figuras n'étaient à l'affiche et qu'on s'y était dignement dispensé de racoler le badaud par quelque mobilisation anti-anti-taurine comme il est désormais de mode.
Si la salle de banquet était comble et plaisamment animée (excellente garbure et haricots de compétition), les gradins n'étaient remplis qu'aux 2/3 pour cause de match.
Pourtant, ce genre de festivité présente l'intérêt majeur de découvrir de nouvelles têtes, et les connaisseurs savent que l'on y vit souvent des moments de grâce.
Ce fut le cas.
Disons le d'emblée, le lot de Santafé Marton (origine Marquis de Domecq si je ne m'abuse) s'avéra extrêmement décevant au regard de ce qu'on pouvait en attendre. Faibles, décastés, marqués d'une mansedumbre chronique, les pensionnaires de la ganaderia navarraise se préoccupèrent surtout de se réfugier aux planches.
Dans ces conditions, il fut très difficile pour les sympathiques candidats de donner la mesure de leurs talents.
L'affiche était néanmoins alléchante pour qui veut enrichir sa culture taurine tout en sortant des sentiers battus.
Le navarrais Francisco MARCO
Le provencal Marc SERRANO
L'alagónais (et de ce fait aragonais) Antonio Gaspar PAULITA
Le régional de l'étape Julien LESCARRET
L'andine Milagro del Peru
Et le vénézuelien Fabio CASTAÑEDA
Que de braves et bonnes gens qui avaient à coeur d'en découdre et de collectionner les cartilages, voire plus si affinités.

Horreur! Malheur! Le combat cessa souvent vite, faute de combattants: il est difficile de causer longtemps avec des partenaires cornus qui ont d'évidence un rendez-vous urgent quelque part «tras las tablas»...
On vit toutefois d'élégants (MARCO) ou d'exotiques (zapopinas de CASTAÑEDA) toreos de capote, de belles paires de banderilles (El CHANO, CASTAÑEDA), et des passes profondes et valeureuses. A une exception près, tous me parurent toutefois peiner à trouver les distances et le sitio (début de saison? pratique insuffisante?).
Si les bestiaux faibles de Francisco MARCO et de Marc SERRANO n'engendrèrent que des faenas hospitalesques, ce dernier eût le souci d'une brega de qualité, soignant ses mises en suerte au premier tiers et les passes de châtiment de l'entame.
Guère mieux loti, Julien LESCARRET fit du … LESCARRET, à 30 tics à l'heure.
Milagro del Peru ne parvint pas, en dépit de son bon vouloir, à caser une passe à un opposant qui fuyait pitoyablement, comme les arbalétriers génois à la bataille de Crécy.
Inca désespérée! Son machu pichuait, son atahualpa yupanquait.
Le jeune Fabio CASTAÑEDA m'intéressa vivement par une fraîcheur, un enthousiasme et une présence qu'on ne voit malheureusement plus dans la novilleria actuelle. Après un tamponazo majuscule, suite à un quiebro initié à genou, il s'accrocha comme un forcené. Le garçon reste encore très vert techniquement, du moins possède t-il déjà ce qui ne s'apprend pas (courage, volonté, enthousiasme). Il lui reste encore à acquérir ce qui s'apprend.
Venons en à déguster goulûment la cerise sur le gâtal, avec le sieur PAULITA. Et après tant d'après-midi d'un ennui et d'une banalité insondables, cela seul justifiait «d'y être» pour avoir joui d'un pur moment de toreria.
Lui échut un toro selon mon goût: encasté, puissant, violent. Un barbare sauvage et échevelé, un cimmérien ravageur prêt à tout détruire et tout vandaliser par ses charges brusques et brutales. Pour autant, le garçon demeurait toréable: du genio, du sentido certes, mais civilisable pour peu qu'on eût l'âme conquérante, ainsi que la tactique et la technique ad hoc.
En résumé l'un de ces exemplaires dont les figuras se débarrassent en deux coups de cuillère à cacharro, si possible après avoir démontré par quelques passes savamment sabotées, que la chose ne mérite aucune considération.

L'esprit fantassin se perd, on le sait, mais Antonio Gaspard ne voit pas passer tant de toros qu'il puisse se payer le luxe d'en négliger un.
On vit alors ce qu'on ne voit plus.
Fi des faenas stéréotypées, des prologues par cambiadas ou statuarias, des amusettes aimables, on donna dans le sérieux, l'efficace, l'intelligent, le vrai toreo quoi...
Véroniques pieds rivés au sol, demies dévastatrices, puis passes de châtiment galbées, piton a piton, duel au coutelas pied à pied, que si-je-recule-tu-m'empapaoutes, replis et contre-attaque au clairon, baïonnette au canon. C'était beau comme la charge du 57ème sur le plateau de Pratzen, ou l'assaut de la cavalerie de la Garde Impériale contre les chevaliers-gardes du Tsar.
S'il y eût la manière, l'art ne fut nullement en reste, avec race et élégance, avec ces détails qui ne s'inventent pas, ne s'apprêtent pas, mais jaillissent à l'impromptu d'une âme poétique. Un choc épique, une faena selon mon coeur, où tout pèse, où tout geste se justifie par son efficience et non par vain esthétisme. Le tout conclu par une valeureuse estocade.
Dieu n'était peut-être pas à Arzacq mais avait du moins délégué un Roi mage: Gaspard d'Alagón Paulita!

Voilà ce que vous ratâtes ô lecteurs malchanceux!
Bon! Peut-être que j'exagère un tantinet. Une belle, blonde et subtile helléniste phocéenne disait apprécier ma «fougue scripturale»... Peut-être pourra elle ainsi en mesurer l'effet.
Va savoir, Charles!
Mais c'est y pas mieux ainsi...

Nous reviendrons encore à Arzacq, il s'y passe toujours quelque chose, avec la gentillesse, la simplicité et la bonhomie de surcroit.
Xavier KLEIN

vendredi 17 février 2012

El Chulo me fait passer cette "broma".
J'ai pas pu! Vraiment, impossible de résister à la tentation.
Je sais, c'est bas (le sujet sans doute!) mais c'est si bon...

jeudi 16 février 2012

Klein d’œil

On aura remarqué que mes fulminations contre le petit gris de Vieux Boucau se sont considérablement raréfiées depuis que le roublard compère a pris le parti de revenir à la raison (ou plutôt à considérer ses intérêts bien compris).

Sous la pression de l’afición et surtout de la phalange de ceux (dont votre serviteur) qui n’ont jamais accepté de transiger avec l’éthique, l’ex-propagandiste forcené du «toreo moderne», du «taux de toréabilité», ou de la soumission inévitable aux «marchés taurins» s’est mué en redoutable ayatollah torista, en taliban céretan, en défenseur de la diversité, des encastes menacés et d’une orthodoxie de bon aloi.

Marrant, n’est-ce pas?

En tout cas, cela prouve que la lutte, la résistance, la ténacité, la défense intransigeant d’un idéal et d’une éthique ont payé et ont conduit à la conversion du pêcheur.
Il ne lui reste plus qu’à aller jusqu’au bout de cette logique en dissertant avec autant de conviction sur ceux qui, depuis longtemps, prônent son credo de nouveau converti et en évoquant explicitement tous ces petits, ces sans grades, ces gueux taurins qui luttent farouchement pour faire subsister une «certaine idée de la tauromachie».
Je pense à toutes ces plazas fières et farouches (Parentis, Roquefort, Tyrosse, Orthez, Saint-Sever, Garlin, etc.) qui dans notre sud-ouest, contre vents et marée, en dépit du manque d’intérêt et de soutien de medias obnubilés par des grandes ferias, font vivre ces ganaderias, célèbrent ces toros dont Terres Taurines fait son fond de commerce.
Mais là, c’est une autre histoire.

Car comment ne pas être effleuré par l’idée déplaisante que ceci expliquant cela, il y ait eu absolue nécessité d’accorder les éditoriaux du site TT, au contenu sulfureusement torista de la revue «opustique» sur papier glacé?

Depuis plusieurs mois, Viard fait du Klein, ce qui devient lassant. Mais on le voit en politique, avec Sarko qui fait du Le Pen, ou qui s'empare de Jaurès, le plagiat est à la mode.
Pas tout à fait quand même: demeurant invariablement fidèle à une «certaine idée» de la langue française, même s’il peut m’arriver, comme à tout un chacun de la rudoyer –nobody’s perfect- je n’aurais jamais conçu l’audace de «néologiser» en inventant le mot «CASTRAGE» pour remplacer celui, pourtant explicite, de «CASTRATION» (http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-02-12/13-02-122.php). Heureusement qu'il ne s'agît que de chats, bien que...


CASTRAGE, CASTRE ÂGE, CASTRAT JE(U), CASTRA JE(U): un psychanalyste, lacanien de préférence –et Dieu sait si en ce moment notre Dédé fréquente l’engeance (http://www.culturestaurines.com/communique_110212)- y verrait un signifiant particulièrement révélateur, un lapsus, ou un acte manqué … parfaitement réussi.
Mais je suis comme on le sait très taquin!
Xavier KLEIN
***

mardi 7 février 2012

L’héroïsme n’est plus ce qu’il était

"La liberté ou la Mort" Jean Baptiste Regnault
«Ô comtes palatins tombés dans ces vallées,
Ô géants qu’on voyait debout dans les mêlées,
Devant qui Satan même aurait crié merci,
Olivier et Roland, que n’êtes-vous ici!
Si vous étiez vivants, vous prendriez Narbonne,
Paladins! vous, du moins, votre épée était bonne,
Votre cœur était haut, vous ne marchandiez pas!
Vous alliez en avant sans compter tous vos pas!
Ô compagnons couchés dans la tombe profonde,
Si vous étiez vivants, nous prendrions le monde!
Grand Dieu ! que voulez-vous que je fasse à présent?
Mes yeux cherchent en vain un brave au cœur puissant,
Et vont, tout effrayés de nos immenses tâches,
De ceux-là qui sont morts à ceux-ci qui sont lâches!»
«La légende des siècles. Aymerillot» Victor HUGO

Les chroniques racontent qu’Alexandre de Macédoine dit «le Grand» fut soumis à un choix prédictif par l’oracle de Delphes. Soit il vivrait vieux et dans la paisible torpeur de son royaume de Macédoine, soit il franchissait l’Hellespont (la frontière entre Macédoine et empire perse) et il connaîtrait une gloire éternelle et universelle en mourant jeune.
En ces temps là, les hommes croyaient aux dieux et à leurs messages. Quels cons ces vieux!

Alexandre, abreuvé à la source des héros homériques, qui croyait être descendant de la lignée d’Héraklès et de celle d’Achille le Myrmidon fit le choix honorable d’un hellène de bonne race: celui de l’honneur et de la gloire. Ce qu’il fit par la suite stupéfia les hommes de son temps par l’audace, par l’intelligence, par la grandeur du rêve d’empire universel et d’union de l’occident et de l’orient.
Parce qu’il avait suivi la voie la plus périlleuse, parce qu’il dépassa en tout, ce que ses contemporains pensaient possible, parce qu’il assuma un destin tragique, Alexandre est à jamais considéré comme un héros.
Pas tout à fait à jamais. De nos jours les héros n’ont plus trop la cote. Du moins l’héroïsme tel qu’on l’a conçu depuis les trois derniers millénaires.

S’il fallait dater et illustrer cette mutation, on pourrait opposer deux apophtegmes célèbres: «La liberté ou la mort» particulièrement en vogue chez les jacobins, les anarchistes ou les romantiques et «Plutôt rouges que morts», mot d’ordre des pacifistes allemands de la fin de la guerre froide. On est passé de la résistance à tous prix à la capitulation sans condition. L'esprit munichois prévaut désormais en toute chose. A celui qui s'écrie «Résistons!», «Indignons-nous!» on répond «Pourquoi faire?», «A quoi bon?»

Jusqu’à la dernière guerre mondiale, et aussi loin que les sources historiques remontent, dans l’ensemble culturel occidental judeo-chrétien, dans le Bassin Méditerranéen, l’héroïsme est défini par l’idée de dépassement de la condition humaine, de ce mouvement d’essence quasi thaumaturgique d’«aller au delà», quel que soit le prix à payer. Même et surtout si le prix à payer est lourd. Même et surtout si le prix à payer est la vie.
Cette logique qui place l’idéal au dessus de tout, cette vision qui fait fi de l’échange, du marchandage, de l’intérêt, du rapport, qui subordonne tout à l’objectif paraissent complètement incongrues de nos jours.
Pourtant nous baignons dans un environnement où cette idée demeure présente, ne serait-ce qu’en passant régulièrement devant un monument aux morts où l’on célèbre ceux qui sont «tombés au champ d’honneur», ceux qui ont «consenti le sacrifice suprême», ceux qui ont «donné leur vie pour notre liberté» (inscriptions recueillies). Nos musées, nos livres sont emplis d’hymnes à la gloire, à la grandeur, à l’héroïsme. S’il n’était besoin que d’un tableau, on retiendrait «La liberté guidant le peuple», s’il ne fallait qu’un écrit ce serait l’immense épopée hugolienne de la «Légende des Siècles», un texte bien désuet de nos jours.
L’héroïsme est donc conditionné par le dépassement, l’exceptionnalité, l’exploit, la gratuité, le risque, l’enjeu, le sacrifice.
Chaque année des dizaines, voire des centaines de quidam se tapent l’ascension d’un 7 ou 8000 m dans l’Himalaya ou dans les Andes. Pourtant, on ne parle plus d’héroïsme.
Quand en 1950, Herzog et Lachenal plantent le drapeau français sur l’Annapurna (le premier 8000 m), quand en 1953, Edmund Hillary et Tensing Norgay conquièrent l’Everest, quand Robert Peary atteint le pôle nord en 1909, tous ces hommes ont joué leurs vies. Nul hélico, nulle expédition de secours n’eût pu les sauver en cas de désastre. La litanie des prétendants de l’impossible qui ont échoué et ont péri s’égrène interminable, sans qu’on en reconnaisse les noms oubliés.
Par contre les doigts gelés et amputés d'Herzog l'ont fait héros, même si l'histoire est plus prosaïque et que le sommet fut atteint dans un délire euphorique quasi mystique de l'intéressé. Mais qu'importe! La geste s'accommode mal des détails triviaux: que nous importe t-il de savoir comment Herzog posait culotte à 6598 m.
Le héros est donc celui qui réussit dans le plus grand péril, ou qui échoue avec panache.
Qu’on y songe, les toreros d’avant Fleming, d’avant la pénicilline et la chirurgie moderne, ceux pour qui la moindre blessure pouvait valoir gangrène, Manuel Laureano Rodríguez Sánchez «Manolete» qui tombe par pundonor sous la pression du public, Jose Gomez Ortega «Joselito» fauché à la fleur de l’âge que Gerado Diego apostrophe:
«Et tout cessa, à la fin, parce que tu le voulus.
Tu t'offris, j'en suis sûr.
On le voyait à ton sourire triste,
ton dédain fait fleur, ton pur dédain»
Ignacio Sánchez Mejías chanté par Lorca, tout ces hommes intrépides et fous d’absolu, impavides devant le danger ont-ils aujourd’hui quelque descendance?
Dieu est mort avec le progrès, l’Idéal est mort avec les idéologies totalitaires, l’Humanité magnifiée est morte à Auschwitz, l’Amour est mort de la libération sexuelle, que reste t-il qui vaille la peine qu’on y sacrifie tout?
Qu’est ce qui peut pousser un homme a se mettre devant des toros et à s’y jouer la peau?
Un temps ce fut la misère, El Cordobes en fut le symbole flamboyant.
Un temps ce fut l’ennui et sa conséquence, ce romantisme qui poussa Mejias, ce bourgeois lettré et argenté a reprendre l’épée.
Mais de nos jours où l’étalon de la valeur se mesure en euros, qu’est-ce qui peut pousser à l’héroïsme? Peut-on mourir pour un compte en banque?
Non, pour un compte en banque on préfère limiter les risques et domestiquer –domecquiser allai-je écrire- les toros. C'est pour cela que les figuras contemporaines ne déplacent plus les foules, ne remplissent plus les arènes.
On est passé des martyrs glorieux de l'afición à la gloriole des mercenaires surpayés. Des héros populaires du prolétariat sévillan ou madrilène aux peoples de pacotilles pour magazines de papier glacé.

C’est cela qui fait que la corrida se meurt, et c’est de cela que nous sommes tous comptables, car on ne saurait promouvoir un héroïsme par procuration, exiger des sacrifices auxquels la plupart d’entre nous ne saurions envisager même de consentir.
L’héroïsme se meurt, l’héroïsme est mort. Et ceux qui ressassent encore ce vieux mot, qui brandissent timidement cet oripeau désormais ridicule aux yeux du monde, ceux là sont déjà morts … ou presque.
Je le sais, j’en suis.
Xavier KLEIN

A LIRE D'URGENCE: «Héroïsme et victimisation - Une histoire de la sensibilité» de Jean-Marie Apostolidès, éditions du Cerf.
Comment mai 68 a démoli la culture héroïque et comment ne demeure plus que la valorisation des victimes. Comment notre civilisation s'est construite sur la contradiction entre deux pôles, l'un barbare, l'autre chrétien. La violence et la pitié.
A RELIRE D'URGENCE: «La liberté ou la mort» du génial Nikos Kazantzaki. L'humanisme héroïque tel que je le conçois.
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lundi 6 février 2012

« Accepter l'idée d'une défaite, c'est être vaincu.» Maréchal FOCH

Depuis le 6 février 1934 et la «rave party» organisée par les Ligues Factieuses devant l’Assemblée Nationale, le mois de Pluviôse est une temps béni pour les fanatiques de tout poil.



Les partis vraiment démocratiques se sont toujours astreints à éviter toute manif devant l’Assemblée Nationale. Certains naviguent vers «République», d’autres vers «Nation», d’autres encore vers les Champs Elysées, mais pour un démocrate, on ne doit et on ne peut soumettre les élus du peuple à la pression de la rue. Le pouvoir législatif, comme le pouvoir judiciaire doivent s’exercer dans la sérénité.

Saisis et submergés par leur fanatisme et leur fureur abolitionniste, les «zantis» n’ont cure de ce genre de «détails». On le comprend au vu des icônes qui les mènent, au premier plan desquelles figure Sainte BB du Front National, une grande républicaine devant l’Eternel, qui au nom de sa haine des humains, vomit pêle-mêle la France, les français et la démocratie (http://bregaorthez.blogspot.com/2011/09/la-france-une-fosse-purin-ou-toute-la.html).

Con se le dise, on s'égosillera le 11 février et sous la pression de «milliers» de protestataires, venus de toute l'Europe pour la «plus grande manifestation organisée dans une ville», en 2012 les taureaux voteront.
Après Merkel qui viendra soutenir la campagne de Sarko, c'est le gratin des trous du cul européens qui entreprendront bientôt de nous apprendre la façon dont nous devons vivre et penser. Cela devient un peu lassant!
Enfin on verra bien...

Mais le plus beau n'est pas dans le spectacle d'hystériques et de peine-à-jouir battant le pavé en se caillant les arpions, en gueulant des slogans débiles (c’est un pléonasme) et en brandissant des colifichets dérisoires (un de leurs sites explique comment réaliser des banderilles avec des journaux roulés…).
Le plus beau vient des torophiles.


L’association parisienne Culturaficion avait prévu d’organiser, en collaboration avec l’association «Los Principitos del Toréo» (basée à Sanlùcar de Barrameda) et le CTPR «La Belgicana» (Bruxelles), une sauterie taurine septentrionale, sous la poétique dénomination de «colloque» (http://www.francetv.fr/cameleon7/index.php?page=article&numsite=1148&id_rubrique=8093&id_article=29216).
On sait ma modeste opinion sur ce type de manifestations offshore: la culture taurine ne peut et ne doit s’exporter hors des «terres taurines» (sans majuscules)  où elles portent un sens.
Assumer et vivre son afición OUI, provoquer, NON.
D’autant qu’avant de se préoccuper d’extras à Paris, il convient de veiller à la survie de l’essentiel dans le creuset traditionnel des terroirs de culture taurine.
D’évidence, les incidents des arènes de Lutèce de l'an dernier n’avaient pas servi de leçon, il fallait remettre le couvert.
Alors même que l’on déployait la garde pour se lancer dans le merdier, on sonna piteusement la retraite. On se serait cru à Valmy, côté autrichien lorsqu’on se mit en déroute devant une poignée de sans-culottes qui hurlaient «Vive la Nation». Pour une fois, André Georges Joseph du Boucau ne fit pas qu’observer et conféra avec les instances pour décider d’un repli stratégique.
Sage décision pour une fois!
Là où l’affaire se corse et prend tout son sel (de Guérande), c’est dans les motifs invoqués à travers les diverses communications. Des motifs bien peu conformes à l’éthique taurine et notamment à l’art de l’aguante et du «cargar la suerte».
Devant l’annonce d’un «ENORME (comme la Sardine qui boucha le port de Marseille) RASSEMBLEMENT ANTICORRIDA», les vaillants organisateurs prenant en compte les «pbs de sécurité liés aux antis et des manifestations probables contre notre événement» constatèrent benoîtement qu’«il est évident que parmi les aficionados parisiens, peu auraient pris le risque de venir se frotter aux antis.».(http://www.torobravo.fr/torobravo/ACTUALITE/Entrees/2012/1/30_Modele_2.html)
Voilà qui n'est guère glorieux...
Suivent de basses considérations pécuniaires avant de conclure sur la mâle résolution de reculer pour mieux sauter.


C’est bien de reculer, c’est mieux de ne pas avoir à le faire pour s’être imprudemment aventuré au risque de se déconsidérer.
Ce qui semble le cas. Les «zantis» s'en font d'ores et déjà les gorges chaudes, s’esbaudissant légitimement devant la reculade (http://www.avns.biz/t2711-les-pro-corrida-ont-peur-des-anti-torturomachie).
Manquerait plus que leur manif ne regroupe qu’une poignée de gueulards pour nous conférer un air encore plus con! (http://clam34.org/spip.php?article736)


Le plus marrant, c’est le spectacle des éternels lèche-bottes contraints dans l’urgence de planquer la poussière sous le tapis en supprimant carrément l’info (http://www.corridasi.com/news/news....). une habitude chez l’intéressé qui se prétend journaliste (formé sans doute à l’institut de journalisme soviétique de Léningrad).
Il n’y a pas à dire, on progresse!!!
Xavier KLEIN


NOTA: Pour ceux que cela intéresse, nombre de fiestas camperas, de novilladas sans picadors, de tientas et de capeas, se célèbrent dans notre sud devant des arènes où il demeure des places. En outre, les «pbs de sécurité liés aux antis et des manifestations probables contre notre événement» y sont très généralement inexistants.
RENOTA: samedi 11/02, de 16h à 17h, le «Chat botté», spectacle animalier au GUIGNOL du Parc Montsouris
A voir aussi: http://www.eurotoro2010.com/revistas/n66.pdf