Humeurs taurines et éclectiques

mardi 24 août 2010

Les INCONTOURNABLES: quand le bon goût français séduit la Catalogne

Trouvé sur Toroprensa, le blog de Pablo G. MANCHA http://www.toroprensa.com/2010/08/jerome-lavoix-el-cantante-que-no-habla.html, un article sur la gloire de Valcebollère, bourgade de 37 habitants, canton de Saillagousse, Pyrénées Orientales (l'endogamie a dû frapper dans le secteur), j'ai cité Jérôme LAVOIX, surnommé«Le petit oiseau chanteur des Pyrénées».
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Un artiste dont la renommée tutoie outre Pyrénées celles de Mireille Mathieu et de Zinedine Zidane, des cerveaux eux aussi, dignes ambassadeurs de la grande culture française.
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Jérôme, «el cantante que no habla y que solo sisea» sévit dans la jet set européenne, de Munich à Athènes, ne dédaignant pas «d'actuer »dans des restaurants où il chante les menus.
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Admirez, la classe, le chic, le choc, la séduction naturelle et surtout l'accent si délicieusement «frenchie»: un régal! A siroter intégralement (le final est extraordinaire!), en dégustant voracement la substantifique moelle.


Il prépare actuellement son premier disque et un gala réservé uniquement aux dames: le Jesulin de Ubrique (au fait qu'est-ce qu'il devient celui-là) de la ritournelle en quelque sorte.
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A Barcelone, ils n'auront plus de corridas mais ils ont Jérôme LAVOIX, un pas de géant dans la longue marche de l'humanité vers la civilisation!
Xavier KLEIN
Cf. également le site de la diva: http://jeromelavoix.com/es/
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lundi 23 août 2010

RION des LANDES 2010

Que mon excellent compañero et ami Don Olivier LATASTE, en charge de la Monumental de Saint-Sever veuille bien m'en excuser, ce n'est pas lui manquer, mais je parlerai de Rion des Landes, où je me rends chaque année (repas de famille annuel).
C'est bien dommage, car il semble d'après les échos, que la novillada du Cap de Gascogne fut de qualité et fort courue. Et puis, l'ami LATASTE, c'est l'aficion débordante, la compétence, le sérieux et le respect du public, sans compter la gentillesse et l'humour, toutes choses qui devraient être mises à l'honneur et non dissimulées sous le boisseau.
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Des échos malheureusement, puisque le complexe mundillo-industriel tant dans les journaux locaux que dans les sites «comme il faut» n'en a encore soufflé mot à l'heure où j'écris.
On préfère parler de Bilbao plutôt que de ce qui se passe dans nos terroirs.
Sans doute une nouvelle vocation de la presse régionale!
Comme la presse TV, «Signes du Toro» en l'occurrence, ne couvre quasiment jamais les spectacles des «petites plazas», pour se réserver pour les «grandes ferias».
Question de rentabilité: voilà sans doute ce qu'on appelle le service public «moderne».
A Aire sur Adour (6000 habitants), Saint-Sever (4700), Orthez (11000), Eauze (3900 ), Parentis (4950), etc., on doit sans doute payer moins de redevance audiovisuelle qu'à Vic Fezensac (3600) -soit dit sans offenser nos amis de la Mecque du Gers-.
Entre tout et rien, sans doute doit-il exister un juste milieu, et non pas le «milieu» tout court, qui fait son beurre et son auto-promotion.
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Dans une étuve équatoriale, le dimanche 23 août, fut des plus agréables à Rion.
Sans procéder à une reseña, quelques touches impressionistes:
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Un lot de Fraile de Valdefresno tout à fait intéressant quant à son comportement.
Vous savez, ce qu'«on» appelle «compliqué» dés lors qu'il exige quelque lidia.
Des novillos de fort trapio, comme on les aime à Rion, dont certains eussent pu recevoir, pour leur moral, une petite pique.
Le physique imposant des Fraile fut l'opportunité de la récolte d'une de ses perles à l'orient insondable dont l'«inénarrable» a le secret: «pour mettre les jeunes toreros en situation de se dépasser, il n'y a rien de tel que des novillos surdimensionnés». Ca ne s'invente pas! Mais rassurez-vous, ça n'est valable que pour les «jeunes toreros», et sans doute uniquement à Rion...
Les cornus salmantinos firent honneur à leur ascendance Lisardo, et se montrèrent difficiles à gérer pour des produits des écoles taurines plus préoccupés de faire des passes que de réellement toréer.
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Des passes, on en vit à foison -toréer, c'est une autre histoire-, et il n'est pas indifférent de relever le nombre croissant des avis que fit à juste titre résonner l'excellente présidence de Pascal LAVIGNE, qui s'est refusée à la démagogie et donna ainsi du sérieux à la plaza.
Il fallait se croiser, avancer la main pour citer et s'abstenir de ce toreo rectiligne et au pico, tellement de mode.
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Un seul s'y employa vraiment à mon avis, un jeune novillero que j'ai trouvé intéressant et qu'il y aura lieu de suivre: Roberto BLANCO, de l'Ecole Taurine de Salamanque (ceci expliquant sans doute cela).
Pour le reste on vit ses compagnons tomber dans la platitude, l'artifice ou se faire bouffer tout cru lorsque leurs partenaires vibraient de cette caste conquérante qui attire les aficionados de qualité aux arènes.
Las! Il semble que la ligne droite, les reculades entre deux passes, les désarmés à répétition, le fuera de cacho plaise à certains! Grand bien leur fasse de se satisfaire de cette série d'avatars ou de croisements génétiques des Ruben PINAR avec des Daniel LUQUE...
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L'autre grand moment de la journée fut la remarquable brega opérée à bon escient par Rafaël CAÑADA (les banderilles d'EL SANTO ne furent pas mal non plus). On a plaisir à voir cette génération de peones de la tierra, qui ne se contente pas seulement de savoir puntiller et fait preuve du pundonor et du savoir faire qui a tant manqué à la précédente.
Xavier KLEIN

dimanche 22 août 2010

IL L'A FAIT!

Qui sur ce blog ignore EL CHULO, le magnifique, l'imprécateur des rudos, l'Attila des «zantis», le Rimbaud des commentaires?

Qui méconnait sa sensibilité à fleur de peau, que dissimule à grand peine la rudesse du verbe? Ou bien l'indignation de l'honnête homme qui persiste à chercher, à comprendre, en bousculant sans vergogne les certitudes confortables, les fanatismes qui s'ignorent, les hypocrisies qui s'affichent, les affirmations fallacieuses.

El Chulo passe à l'acte et commet un délicieux irréparable dont chacun ne pourra que se délecter.

Suerte ami Chulo! Je te lirai sans modération.

Mais persiste tout de même à venir te promener et mettre ton grain de sel chez les copains.

Xavier KLEIN

samedi 21 août 2010

CE QUE VALENT LES PETITIONS

¡Atención!
Va falloir urger...
Votre serviteur se promenant sur la «toile» tombe sur une série de pétitions organisées par nos zamis «zantis».
C'est vachement bien les pétitions, tout le monde peut y signer, et même deux fois avec une adresse e-mail (ou à l'infini en sachant faire).
En plus, vous pouvez mettre les noms et les coordonnées que vous voulez, et de qui vous voulez, la concierge, la femme de ménage, le canari...
Vous me connaissez, je peux être un tantinet taquin, et j'ai inscrit, au hasard, celui d'un certain Julián López Escobar. Le nom vous dit quelque chose peut-être?
Mais rien ne vous empêche de vous saisir du bottin et de laisser libre cours à votre imagination ou d'y porter des noms de «zantis» célèbres: André VIARD, Simon CASAS, etc...
Très marrant vous dis-je.
Mais faut faire vite, avant que le canular ne s'évente.
Enfin, tout ça montre le sérieux et la validité de ce genre d'opération.
Si c'est comme ça qu'on a déclenché le processus catalan, bonjour la démocratie!
Le père KLEIN, il préside pas de «machin», il cause pas au Sénat espagnol, mais question guerrilla anti-anti-taurine, il sait faire.
Evidemment, c'est un peu plus efficace pour discréditer nos zamis «zantis», mais il ne tient pas LUI à la préservation de l'espèce.
Xavier KLEIN
PS: Si vous avez le temps, y'en a plein d'autres, super rigolo:

mercredi 18 août 2010

VIOLENCE DES MOTS, VIOLENCE DES ACTES


«Une certaine qualité de gentillesse est toujours signe de trahison»
François MAURIAC, «Le noeud de vipères»

«Si on se laissait aller à aimer les gens gentils, la vie serait atroce»

Louis-Ferdinand CELINE «Lettres de prison»

Si vous lisiez les compte-rendus des débats de l'Assemblée Nationale, ou les articles de la presse tant généraliste que taurine jusque dans les années 70, vous prendriez conscience de ce qu'est la véritable violence du verbe. Qu'est-ce qu'ils se mettaient, ma doué!
La mode «Peace and love» est passée par là, avec l'époque des «gentils» organisateurs et des «gentils» membres.
Je n'ai ni le désir, ni le tempérament à donner dans le «gentil».
La gentillesse n'est pas une vertu, c'est une manière. Une posture pour prévenir l'agression de l'autre, plus qu'une véritable qualité de l'âme. On peut être bon, sans être «gentil».
Même Jésus CHRIST n'est pas «gentil» (IL N'EST SURTOUT PAS «gentil»). Il porte le glaive.
Je suis fils de Rabelais, de Voltaire, de Danton et de Clémenceau. Ce dernier oeuvrait pour la démocratie sans hésiter à préciser que la tolérance, «il y a des maisons pour cela».
La tolérance, la vraie, c'est d'admettre les idées contraires, leur droit à l'existence et leur libre expression, ce n'est nullement de les accepter passivement, et sûrement pas de n'y pas répondre.
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Il y a la violence du verbe et la violence des faits et des actes.
Quand d'aventure on délocalise une entreprise, les «gentils» spécialistes de la «com» vont «gentiment» expliquer aux «gentils» infortunés qu'ils n'ont le «gentil» choix qu'entre déménager à 800 kms (en laissant là maison, amis, parents) et celui de pourrir sur place. Où est la violence? Qui l'inflige? Celui qui voit sa vie détruite parce qu'un fonds de pension trouvera plus rentable de gagner 0,5% supplémentaires sur ses actions boursières, ou celui qui retiendra le patron en otage pendant 48 heures?
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Dans les arènes, le violent c'est celui qui siffle et s'indigne, jamais celui qui applaudit et qui impose sa béate et passive satisfaction aux ceusses qui ne la partagent pas.
A la Peña Enrique Chut de Dax, je me suis récemment fait agresser par trois braves rombières blond-blanc-rouge, ménopausées de frais et accent pointu, parce que nous parlions toros avec des compadres de rencontre et que nous troublions de ce fait leurs vélléités d'émois intimes.
Comment expliquer aux chères petites médèmes, qu'une peña c'est d'abord fait pour parler toros, et que le flamenco, que les snobinettes voulait ouïr dans un silence religieux, était né dans des bouges andalous où elles n'auraient jamais envisagé de s'aventurer, parmi les putes et les mauvais garçons, dans des ambiances enfumées au mauvais havane, aux relents lourds de suin, de vieux cuir, de foutre et de patchouli bon marché, parmi les rires gras et les exclamations sonores dont nos amis espagnols ont le secret? Tout comme le jazz d'ailleurs est né dans les lupanars de Louisiane.
Comment signifier aux sanitairement bien pensants qu'une arène doit sentir le havane, et qu'il y a quelque contradiction à y invoquer l'interdiction politiquement correcte du puro, quand on y vient assister au spectacle le plus magnifiquement obscène et subversif qui se puisse exister?
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Quand on fait payer plusieurs dizaine d'euros pour exhiber de la merde, ON FAIT VIOLENCE à l'afionado.
Quand l'on écrit pour valoriser cette scatologie là, on redouble de violence.
Et lorsqu'en outre, grassement rémunéré pour défendre cette insanité, on prend à partie ceux qui l'ont payé avec leur billet parce qu'ils la dénoncent, on est plus seulement dans une violence décuplée mais dans l'indécence la plus complète.
Encore faudrait-il disposer encore de quelque lucidité, d'un semblant de dignité et d'une once de sens du ridicule pour s'en apercevoir!
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Colère, indignation, honneur, sont devenus des gros mots malséants dans le «wonderful word» de la tauromachie moderne.
Derrière la violence consciente des MOTS que j'emploie, il y a une éthique, des convictions, un idéal et surtout une gratuité, n'en attendant aucun bénéfice pécuniaire.
Derrière la violence cachée des ACTES qu'on nous impose, il y a des intérêts et du pognon.
Toute la différence est là, et elle est de taille.
Les violents, comme les ayatollahs, ne sont pas ceux que l'on croie.
Xavier KLEIN

Olivier DECK, le retour

Le compañero Olivier DECK est un artiste.
Un artiste vit de liberté, selon son désir, son inspiration, selon la muse qu'il courtise.
Olivier revient à l'un des fils rouges qui guident sa vie: les toros.
A cette occasion, un nouveau blog ouvre grand ses portes à ses mots de feu et de vent.
http://carnet-taurin.over-blog.com
Qu'on s'en régale sans modération.

LES DELIRES DE MADAME IRMA

Le public commence à se rebeller contre des spectacles lamentables qu'il paie très cher pour n'y pas voir grand chose, ou pire pour y voir une caricature de tauromachie. .
C'EST UN SIGNE D'ESPERANCE pour ceux qui ne se résignent pas à la passivité et à la triste consommation d'un brouet commercial sans saveur et sans sens.
Mais pour certains, il y a là le signe d'une subversion maligne et sournoise: l'anti-France taurine est à l'oeuvre. Peut-être même un complot judéo-maçonnique qui minerait «les plus optimistes des aficionados».
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J'assume parfaitement d'être un «mauvais aficionado», comme en des temps plus funestes on était un «mauvais français». Vous savez ceux qui se rebellent, se lèvent, se battent, révolutionnent, comme en 1789, 1830, 1848, 1936 ou 1968.
J'ai malheureusement raté l'examen au brevet de «bon aficionado», l'examinateur ayant été absent à la session de l'après-midi d'Orthez, le 25 juillet.
Un examinateur particulièrement perspicace, puisqu'il sait le contenu «venimeux» et néanmoins «malsain» de mes élucubrations sans les avoir lues.
A la longue liste des multiples compétences du décerneur de brevet, il conviendra donc d'ajouter de réels dons de voyante extra-lucide.
Donc Madame Irma de Vieux Boucau, qui vit dans une roulotte depuis que la tempête Xynthia a ravagé ses archives (mais pas sa boule de cristal) se montre insupportée par quelque chose d'insignifiant.
Madame Irma a décidément la double vue qui baisse. Sa grandiose vision planétaire d'une tauromachie «moderne» conquérante se dissout dans les limbes des grandes ferias qui partent en décapilotade.
Votre serviteur, qui certes «rejette ce qui ne colle pas avec sa propre sensibilité», mais pourtant «débat sans fin avec les plus pitoyables anti taurins*» (ce qui me paraît quelque peu antinomique, mais Madame Irma commence à souffrir des premiers assauts d'un alzheimer précoce, à moins qu'un turban trop serré...), devrait paraît-il «élargir le champ de ses passions».
A cette déclaration secrète, je ne vois qu'une réponse: «Moi aussi Irma, je t'aime».

Le venimeux recalé

* Mes respects cher Jean Paul!

lire aussi celui du 18/08 ou Madame Irma pète un plomb.

vendredi 13 août 2010

REMEMORATION


A mon cousin Xavier,


Quand vient la mi août, que les jours raccourcissent et que les nuits se font plus fraîches, vient le temps du pèlerinage.
Un pèlerinage tout personnel, difficilement compréhensible par ceux qui, mettant leur exigence de toros au dessus de tout, aiment à sourire lorsqu'on leur parle du ruedo dacquois.
Certes je n'y vais pas voir de grandes corridas toristas. Cela fait malheureusement bien longtemps, qu'on y a renoncé aux berges de l'Adour, en se prévalant d'un sévillanisme de pacotille.
Nulle ironie dans ma remarque, seulement le souvenir d'amertme d'une après-midi de septembre où l'on y préféra l'épate d'un petit toro à indulter que la grâce profonde d'une faena inspirée de Morante. J'en veux encore à mes frères dacquois de cette blessure toujours vive.
«Aller aux toros» à Dax m'est une noce, même quand les cartels y peuvent s'annoncer insignifiants. C'est le retour aux premiers émois de mon aficion autant que retrouvailles de ma ville natale dont les aléas de la vie m'ont exilé.
C'est une saveur du temps qui passe et se perd entre conversations avec de vieux amis retrouvés, escapades dans des lieux chargés de souvenirs, errances nocturnes, rêveries d'après-midi torrides dans une oasis soudain silencieuse.
J'aime à trainer mes guêtres dans la frénésie matinale de la Peña Campo Charro où l'on rencontre les compains; somnoler au café dans les salons du Splendid, quand le chaland n'y vient pas encore s'y faire voir; errer dans le patio de caballos lorsqu'il n'est pas encore envahi de fébrilité; retrouver les camarades de tendidos brûlants; siroter la manzanilla alegriesque aux Remparts et même m'esbaudir des chuts courroucés de la Peña Ponce, temple du kitsch où les bourgeoises méconnaissent que le flamenco est né dans les bordels bruyants et enfumés d'Andalousie.
Mal gusto et bon aloi s'étreignent inlassablement pour engendrer le charme dacquois.
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Quand je pars pour la traversée de Chalosse me reviennent souvent comme une lancinance les mots mordorés du prince des poètes.
Je n'ai pas de baguette d'osier, mes «boucles brunes» sont devenues cardeñas, il n'y a ni citronniers, ni monts de plomb, juste parfois quelques uniformes qui attendent un PV de fortune.
Mais si ces mots me touchent et s'éveillent en mon coeur fatigué, c'est qu'ils y trouvent quelque écho d'une réalité enfouie.
Ils ne cessent jamais de me ravir...

Aujourd'hui je vais voir Morante, allez savoir pourquoi je pense à Lorca!
Xavier KLEIN
*
Antonio Torres Heredia,
hijo y nieto de Camborios,
con una vara de mimbre
va a Sevilla a ver los toros.
*
Moreno de verde luna
anda despacio y garboso.
Sus empavonados bucles
le brillan entre los ojos.
*
A la mitad del camino
cortó limones redondos,
y los fue tirando al agua
hasta que la puso de oro.
*
Y a la mitad del camino,
bajo las ramas de un olmo,
guardia civil caminera
lo llevó codo con codo.
*
El día se va despacio,
la tarde colgada a un hombro,
dando una larga torera
sobre el mar y los arroyos.
*
Las aceitunas aguardan
la noche de Capricornio,
y una corta brisa, ecuestre,
salta los montes de plomo.

Curiosité: "El Prendimiento" interprété en grec par Maria Farantouri sur musique du divin Mikis

jeudi 12 août 2010

DREAMCATCHER

Toile de Tony SOULIE "Dreamcatcher"

Lorsque j'étais étudiant, j'avais un ami canadien originaire de Winnipeg (Manitoba). Il avait la particularité d'être un authentique «native american» de la tribu des Anishinaabes, la seule nation indienne à avoir, paraît-il, collé une raclée mémorable aux célèbres sioux.
Doté d'un humour à toute épreuve, ce grand taiseux supportait difficilement de rester immobile et enfermé dans un lieu clôt plus de ¾ d'heures, surtout lorsque le dit endroit était surchauffé, ce qui était le cas des amphithéâtres. Il lui fallait alors déployer son immense carcasse de hockeyeur et aller prendre un bol d'air frais.
Partageant cette phobie, nous nous retrouvâmes souvent, puis systématiquement voisins dans les cimes universitaires, au dernier rang, près de la sortie et des fenêtres.
Comme de plus, il était légèrement anglophone et donc passablement preneur de mes notes de cours, une solide camaraderie naquit de cette proximité.
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On a tort de croire que l'université est conçue pour les gens intelligents. En fait, on y trouve autant de cons qu'ailleurs. Mais des cons instruits, ce qui les rend sinon plus supportables, du moins plus prétentieux.
A l'époque venait de sortir «Vol au dessus d'un nid de coucou», et la grande plaisanterie des cons de service était d'interpeller mon voisin et ami d'un «- Ca vole Chief Bromden» (du nom du héros indien du film). L'autre, sans piper mot, levait les yeux au ciel, atterré d'une telle originalité.
Si l'asiatique est fourbe, le bougnoul sournois et le nègre indolent, on sait moins que le peau rouge est souvent teigneux et rancunier. C'est d'ailleurs pour ça que les bons américains, blancs, blonds, yeux bleus, comme Custer, ont préféré les exterminer afin d'éviter les emmerdements ultérieurs.
La chose m'apparut dans toute son évidence, lorsque je m'aperçus que la liste des petits comiques coïncidait tout à fait avec celle des blessés à l'issue des matchs de rugby.
Il faut dire qu'un plaquage façon panzer, du «Chief» produisait le même effet qu'une vraie série de vraies passes à une bestiole de Victoriano del Rio, on s'en remettait difficilement. S'essuyer consciencieusement les crampons sur un authentique con en parfait état de fonctionnement fait partie des voluptés que tout honnête homme devrait connaître avant le dernier voyage. Je recommande.
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Cette allergie à la connerie humaine ne fit que renforcer les liens déjà évoqués et lorsque j'eus à pérégriner du côté du Québec, je me vis invité chez mon peau rouge. Deux semaines de rêve à l'hiver 79, avec cabane de rondins, force promenades en raquettes, ski-doo et beuveries gargantuesques. Le rêve de tout ex-gamin qui a joué à Oeil de Lynx!
Lorsque je repartis pour Montréal, très éprouvé (l'indien est endurant...), la famille me couvrit de cadeaux: un beau couteau traditionnel et une couverture faits mains et maison (ou plutôt tribu).Mais le plus beau cadeau me fut offert par son grand-père que nous allâmes visiter.
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Il vivait avec un pote dans un mobil home délabré fourni par l'administration, au bord d'un lac dans la forêt, un vrai dépotoir, loin de l'image écolo qu'on peut se faire des indiens. Les deux vieux bonshommes trappaient et se torchaient la gueule d'abondance sans se préoccuper des lendemains.
L'isolement de leur situation ne faisait pourtant en rien obstacle à une vie mondaine intense. Et pour cause, on venait de partout pour consulter l'ami du grand-père qui était medecine-man (le chaman ou le rebouteux) du secteur.
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Les deux vieux étaient adorables, bavards comme des pies, mais le plus souvent dans leur baragoin, ce qui limitait l'échange. Ils passaient leur temps à rigoler comme des bossus en se tapant les cuisses ou en vous refilant de grandes claques dans le dos.
Incroyables les fossiles, ils étaient ridés comme Mathusalem, ronflaient, toussaient, crachaient comme des locomotives tubardes, mais vous crevaient quand on cavalait en raquettes et d'un coup de pétoire pouvaient faire un second trou du cul à un drosophile à cent pas.
La veille de notre départ, ils prirent pourtant un air de gravité pour me faire présent d'un dreamcatcher, un «attrapeur de rêves», en indien asubakatchin.
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On trouve maintenant partout de pâles imitations de cet objet magique. Mais peu connaissent son emploi. C'est un anneau en saule avec une résille qui imite un filet avec diverses décorations en pierres, perles, os fourrure ou plumes.
L'attrapeur de rêve doit être donné (et non vendu) de la main à la main par le chaman. Il n'a d'effet que sur la première personne qui le touche. On le suspend près d'une ouverture qui reçoit les premiers rayons du soleil du matin. Il détruit les mauvais rêves et magnifie les beaux. En fait, dans la culture indienne, c'est une petite embrasure entre le monde visible et celui des esprits, un catalyseur d'énergie cosmique pour parler simple et cartésien.
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De retour en France, j'ai suivi longtemps le «mode d'emploi» et l'asubakatchin a apparemment rempli son office avec efficacité: je ne me souvenais jamais de mes rêves. Jusqu'à l'un de ces déménagements où l'on oublie toujours d'ouvrir un carton qui se retrouve invariablement au grenier. Vous savez ces cartons où l'on empile tous les objets et colifichets que l'on a pas le coeur de jeter.
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Il y a quelques mois, par hasard j'ai ouvert le carton, et j'y ai retrouvé ces petits riens qui ouvrent les portes du souvenir. L'asubakatchin se nichait parmi des billes d'agate gagnées de haute lutte dans les cours de récré, un galet de l'île de Wight, un petit bouddha birman et autres trésors qui ne le sont que pour moi. Les plumes était empoussiérées et défraichies, les lambeaux de fourrure un peu mités.
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Quand me vint l'idée de le replacer devant une fenêtre, je connus quelques démêles avec ma chère et tendre. Allez expliquer à une infirmière, pétrie d'hygiène et de principes raisonnables l'attachement à une telle vieille «rique», le poids affectif des souvenirs qui y sont liés.
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Les deux anciens doivent sucer les pissenlits par la racine, et ce grand couillon de «chief» s'est emplâtré à l'aube, fin 84, un Kenworth, l'un de ces monstres des routes qui relient le Pacifique et l'Atlantique.
La longe piste n'est plus fréquentée par les bisons, et on gagne pas à ce jeu là, même taillé comme un colosse, surtout au voisinage des 4 grammes.
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Va falloir trouver une solution!
Le dreamcatcher doit impérativement retrouver une place et surtout sa fonction.
Depuis qu'il est enterré mes rêves deviennent cauchemars.
Les fous triomphent et passent pour sages, un petit homme brise une à une dans son palais élyséen toutes les idées généreuses de ma jeunesse, la taïga brule, la forêt landaise git désarticulée, des petits toros sans âme et sans substance sortent vivants des arènes...
Xavier KLEIN

lundi 9 août 2010

COSA NOSTRA

Ce dimanche 8 août 2010, le système mafieux qui essaie de s'implanter en France comme il sévit déjà en Espagne dans les milieux taurins a donné pleine mesure.
On dira que j'exagère encore.
On fustigera mes propos ou on écartera mes arguments d'un revers de manche.
On fulminera contre l'un de ces imprécateurs-qui-divisent-l'aficion-quand-le-péril-«zanti»-est-à-nos-portes-qui-vient-jusque-dans-nos-bras-égorger...
On invoquera les règlements de comptes, les inimitiés personnelles.
On stigmatisera l'aigreur chronique, l'insatisfaction permanente.
Et pourtant!

Voilà un conjuration de «taurinos»* qui se mobilise, comme par enchantement, pour assurer la promotion d'un jeune torero français, ni plus ni moins doué que ces congénères gaulois et à fortiori espagnols, mais qui bénéficie de l'avantage d'être apodéré par l'un des «leurs».
Qui sont ces «leurs»? Des gens qui se fréquentent depuis 35 ans, qui ont lutté pour se faire une place au soleil, qui ont rêvé, toréé, galèré, maquignonné, comploté, et finalement émergé chacun dans son ou ses répertoire(s). Mais également des jeunes cadres dynamiques en mal de célébrité et d'opportunités de tienter à l'oeil.

Car chez ces beaux messieurs on donne dans la polyvalence et le multicarte, comme chez les V.R.P. d'élite.
Le point commun de cette aimable compagnie et communauté d'intérêt est de noyauter tous les lieux de pouvoir et de décision. Sans parler du Capo di tutti capi, qui règne depuis Vieux Boucau, comme d'autres le faisaient depuis Corleone.

Prenons le cas tout à fait représentatif de l'honorable sociétaire** bayonnais Don Olivier BARATCHART. Non content de sévir comme «directeur» des arènes de Bayonne, titre et fonction par ailleurs fort imprécis, il préside l'Association des Organisateurs de Corridas et Novilladas du Sud-Ouest, trône dans les instances dirigeantes de l'Union des Villes Taurines de France, et non tantum sed etiam, oeuvre dans le Comité Central de l'O.N.C.T.
Ces multiples à côtés lui conservant quelque loisirs, il les met utilement à profit pour apodérer le jeune Julien LESCARRET. Évidemment, tout cela n'a rien à voir avec la présence de ce dernier dans les cartels de Bayonne. Comme quoi il semble que si l'on ne peut, paraît-il, être à la fois aficionado et empresa, il semble qu'on puisse (voire que l'on doive) être à la fois apoderado et empresa.

Le charmant Julien -garçon tout à fait intelligent et séduisant au demeurant, ce n'est pas lui qui est en cause ici- ayant connu l'an dernier quelques déconvenues, "on" a donc fait le forcing auprès des «amis» pour qu'il puisse figurer sur quelques affiches. "On" a aussi fait le forcing auprès des autres en exerçant force pressions et en les assortissant de coups bas, ce qui, entre nous soit dit, ne peut que nuire à son pupille.

Il fallait donc s'attendre à ce que le moindre début d'embryon (merci Marc...) de commencement de succès se voie monté au pinacle par la claque et le concert des copains réunis afin de relancer la carrière du sympathique concurrent.
Il semblerait que le prodige potentiel soit finalement parvenu à aligner quelques séries à peu près comestibles devant un ou deux bestiaux, et qu'il ait récolté en un week-end quelques pavillons de complaisances dont on sait ce qu'ils valent, et comment ils sont distribués par des présidences «compréhensives».

Cela suffit pour que la mobilisation des copinages s'opère, que Don Dédé pérore et mette en demeure les réticents, avec force insistance, pour qu'ils réparent l'injustice faite à «Juju» (http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-08-10/08-08-102.php).

Dieu et sa Commission Taurine nous en préservent pour Dax tout au moins!

Ou bien il leur faudrait ignorer la campagne de dénigrement systématique que le sieur Olivier ne s'est pas gêné de mener durant plusieurs mois contre les «maudits et perfides dacquois» qui en 2009 avaient sournoisement placés un grand sobrero du Conde de Mayalde qui fit malencontreusement trébucher le pauvre LESCARRET.

Les agissements de la Mafia ne me perturbent nullement lorsqu'ils restent dans leur aire d'appellation contrôlée. Ca fournit l'occasion de films à grand spectacle, de musiques géniales d'Ennio MORRICONE et file le frisson au touriste en villégiature à Palerme.
Par contre la chose m'importune passablement dans un sud-ouest où l'esprit gascon épris de liberté, d'indépendance et de pondération s'est toujours refusé à la mainmise des affairistes.

On parle depuis des années de limiter le cumul des mandats chez les politiques, on serait bien inspiré de le réclamer également en matière taurine.
Cela éviterait sans doute que la gangrène mundillopathe qui sévit au sud des Pyrénées n'en gagne aussi le nord, avec les conséquences néfastes qui y tuent la tauromachie à petits feux.

Xavier KLEIN


* http://www.sudouest.fr/2010/08/08/julien-en-son-royaume-156297-716.php
** On appelle aussi la Mafia: Società onorata (l'«honorable société»)
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vendredi 6 août 2010

TRIOMPHER et TROMPER

Dans la continuité du dernier article qui évoquait la SEMANTIQUE, il est toujours utile de se référer à l'étymologie des mots (c'est à dire à leur origine et à leur histoire) pour appréhender le sens profond des choses.
Je suis régulièrement agacé par l'emphase et l'exagération systématique de moult commentaires et reseñas qui usent et abusent de superlatifs qui frisent le ridicule.
En dehors du fait que tout ce qui est excessif est insignifiant, on en arrive à une déconsidération des commentaires comme de ce (et de ceux) qu'ils sont sensés commenter.
Personne n'est plus dupe, surtout chez les aficionados. Et même le public néophyte prend ces propos avec distanciation, se doutant bien que tant d'éloges, par leur excès même, sont contestables.
Ma grand-mère avait coutume de dire (je traduit du patois): «Louange de soi, couronne de crotte». J'ai eu bien de la chance d'être éduqué par cette grand-mère là...

Pour en revenir à l'étymologie, travaillant il y a quelques années sur les emblèmes du pouvoir dans la Rome impériale, j'avais constaté que le mot TRIOMPHE (du latin triumphus: entrée solennelle d'un général en chef victorieux) avait des racines communes avec le mot TROMPER (du latin vulgaire trumpare, altération de triumphare: triompher).
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le triomphe des généraux romains vainqueurs (qui à l'occasion accédaient à un statut quasiment divin) s'est peu à peu dévoyé.

Tout d'abord on a commencé à accorder le triomphe pour n'importe quoi, y compris pour des escarmouches. Puis on a fini par l'accorder à n'importe qui.
Ainsi, les empereurs ne pouvant autoriser que quiconque pût rivaliser avec leur majesté, s'attribuaient les triomphes de leurs généraux. Et l'on voyait des débiles incapables défiler sur la voie sacrée pour célébrer des victoires remportées par leurs généraux aux marges de l'empire, alors qu'ils n'avaient pas quitté leurs orgies du Palatin.
Ce sont d'ailleurs là les signes de la décadence qui ruina l'Empire romain.
On en est quasiment rendu à ce point, si l'on en croit la tendance qui donne progressivement plus d'importance à certaines empresas médiatiques, qu'aux spectacles et aux acteurs qu'elles sont réputées gérer. Dans les amphithéâtres antiques, rien de nouveau sous le soleil.
Le petit peuple de Rome ne s'est pas fait embobiner. Les TROMPES et buccins qui TROMPAIENT le peuple se sont vite confondues avec les TRIOMPHES à bon compte.
Ceux donc qui, à tous propos, invoquent le TRIOMPHE, devraient, avec quelque entendement, vite prendre conscience qu'ils trompent les gens, se trompent eux même, et surtout trompent de jeunes toreros ou novilleros sur ce qu'ils font.
Je ne suis nullement une référence ou un docteur en tauromachie, mais je reste surpris par le nombre croissant de gens qui à l'issue d'une corrida ou d'une novillada viennent me demander un avis parce qu'ils pressentent confusément que les commentaires «officiels» ne rendent pas souvent compte de la réalité. Sans prétentions de vérité, je leur dis ce que j'ai vu et ressenti, et force est de constater qu'il en résulte souvent de la défiance à l'endroit des laudateurs. Le public n'est pas idiot, quand il en a l'opportunité, il préfèrera toujours un avis critique, lorsqu'il est argumenté et expliqué, à la retape du fournisseur.
«Tout trompeur vit au dépens de celui qui l'écoute». C'est malheureusement le public et surtout les jeunes prodiges abusivement portés aux nues qui paieront la note.
Parmi ceux qui croulent sous des déluges de trophées factices, combien survivront aux réalités? Combien quémanderont des contrats quand, ayant passé l'alternative, ceux là même qui les auront encensés se détourneront péteusement de leur route?
Cessons d'invoquer sans cesse des triomphes, ils ne trompent que ceux qui veulent y croire.
Xavier KLEIN

NOTA: «Encyclopédie de la corrida» d'A. LAFRONT (Paco Tolosa) de 1950, on peut lire à l'article «oreille»: «La cession de l'oreille par la Présidence est, en principe, la plus haute récompense que reçoit un matador pour un travail de qualité supérieure. L'oreille du taureau ne devrait être accordée que dans des cas exceptionnels, à la suite d'un succès ininterrompu obtenu par l'artiste dans toutes les phases du combat.»

jeudi 5 août 2010

APRES LAS VEGAS et PEKIN, ABOU DHABI?

Abd el-Kader

Je révère, j'adule, je panthéonise la grande civilisation arabo-musulmane, celle de:
**** Muhammad ibn Muhammad ibn Tarkhan ibn Uzalagh al-Farabi (محمد فارابی). appelé le «second maître», qui fit revivre la philosophie grecque.
**** Muhammad ibn Ahmad Abū al-Rayhān «Al-Bīrūnī» (ابوریحان بیرونی), mathématicien, philosophe, médecin, voyageur.
**** Abū ‘Alī al-Husayn ibn ‘Abd Allāh ibn Sīnā dit «Avicenne» (ابو علی الحسين بن عبد الله بن سينا), celui que ses disciples appelaient Cheikh el-Raïs, prince des savants, le plus grand des médecins, le Maître par excellence, le troisième Maître (après Aristote et Al-Farabi)
**** Abū l-Walīd Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Ahmad «ibn Rušd» (أبو الوليد محمد بن احمد بن محمد بن احمد بن احمد بن رشد) dit «Averroès», immense penseur médiéval et l'un des fondateurs de la pensée laïque moderne.
**** Ibrahim ibn Sinan ibn Thabit ibn Qurra (philosophe, astronome, mathématicien et géomètre)
**** Ghiyath ed-din Abdoul Fath Omar Ibn Ibrahim al-Khayyām Nishabouri (غياث الدين ابو الفتح عمر بن ابراهيم خيام نيشابوري), dit «Omar Khayyām»*, «celui qui distribue ou ignore les biens du monde constituant un fardeau dans le voyage qu'il entreprend sur le sentier soufi», anticipateur de l'agnoticisme qui a écrit: « -Réveille-toi! Car le matin, dans le bol de la nuit,/A jeté la pierre qui met en fuite les étoiles:/Et voyez! Le chasseur de l'est a saisi/La tourelle du sultan dans un nœud de lumière.», un des plus grands rubayat de la plus haute mystique
**** Abu Bakr Mohammad Ibn Zakariya al-Razi, connu en occident comme Razi ou Al-Razi (رازی)
**** Abou Hamid Mohammed ibn Mohammed al-Ghazālī (أَبُو حَامِد الغَزَالِيّ), Algazel en occident.
**** Mohyiddîn Abu Bakr Mohammad Ibn Alî 'Ibn Arabî al-Hâtimî, dit Moheïddine Ibn ’Arabî (محي الدين ابن عربي), pour moi, le plus grand de tous.
**** Abū-Muhammad Muslih al-Dīn bin Abdallāh Shīrāzī, dit Saadi* (سعدی), prince des poètes.
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Mais aussi l'apport juif sépharade de Moïse Maïmonide, médecin et philosophe qui influença, comme les précédents, toute la chrétienté occidentale. Ou bien Moïse de Leon, le compilateur du Sefer HaZohar, l'ouvrage fondamental de la Kabbale, Salomon ibn Gabirol de Malaga, «poète parmi les philosophes, philosophe parmi les poètes» ou Moïse ibn Ezra de Grenade.
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Mais encore Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsu, (أبو المظفر صلاح الدين "الملك الناصر" يوسف بن نجم الدين أيوب بن شاذي) appelé aussi Saladin , le sultan-chevalier, poète et philosophe.
Et surtout l'émir Abd el-Kader ben Muhieddine ( عبد القادر ابن محي الدين), l'Abdelkader qui lutta implacablement contre la colonisation française en Algérie et pourtant fut surnommé l'«Ami des Français». Grand guerrier certes, mais surtout écrivain, poète, philosophe et théologien soufi, Grand-croix de la Légion d'Honneur et titulaire de … l'Ordre de Pie IX (un comble pour un musulman). On dit aussi qu'il adhéra à la franc-maçonnerie (Grand Orient de France, loge Henri IV). IL FAUT LIRE sa «Lettre aux français» et surtout ses «Ecrits Spirituels» qui témoignent de la plus profonde des pensées.
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Pourquoi cette énumération très limitative (elle pourrait comporter des centaines de noms) qui pourrait paraître fastidieuse?
Parce que ces phares de l'Islam arabo-musulman (ou plus précisément de l'immense civilisation qui rêgnait d'Al-Andalus aux confins de la Perse) ont assuré du VIIème au XIVème siècle une suprématie absolue sur les lettres, les sciences et les arts, et la pensée de l'Humanité.
Parce qu'ils ont été le maillon indispensable dans la longue chaîne de l'évolution de la pensée et de l'art de l'Humanité.
Parce qu'ils faut les découvrir, les connaître, les lire, les savourer, sans modération ni retenue et surtout les CELEBRER.
Parce qu'aucune bibliothèque «d'honnête homme» ne saurait les ignorer.
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Al-Andalus, qui maintint dans le tohu-bohu des âges sombres, le frêle lumignon de l'intelligence et du savoir de l'Homme, ne conserve quasiment plus rien de ses fastes d'antan. Ruinés par le fanatisme des Reconquistadores fanatiques, la même stupide frénésie de destruction, au nom de préjugés aveugles, que celle qui prétend de nos jours abolir la corrida.
Mais de cet âge d'or, demeure le souvenir mythique (et souvent mythifié) des contacts permanents entre le Khazrem d'Asie Centrale et les rives du Guadalquivir, en passant par la Bagdad d'Haroun al Rachid, l'Abbasside ou la Damas omeyyade. Les savants et les lettrés ne connaissaient alors nulle frontières et sultans, califes et vizirs se disputaient leur compagnie.
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Il n'en va plus de même. Quand l'on recherchait avant le SAVOIR, on convoite désormais l'argent, seul étalon du POUVOIR .
Il paraît que les émirs modernes veulent collectionner les «attractions», telles que des îles et lagons du meilleur goût, les plus hauts gratte-ciels, la plus grande patinoire du monde ou une piste de ski artificielle sur les bords du Golfe Persique. Ou bien un Louvre miniature ou une Sorbonne au petit pied.
Ils ne leur manquait que d'importer à grands frais la TAUROMACHIE, en dépit d'un contexte économique qu'on dit difficile.
Il se trouve toujours des hurluberlus, des aventuriers ou des mercenaires pour profiter et cultiver le snobisme, le mauvais goût et la connerie humaine.
Les mêmes qui assuraient il y a peu sur les ondes nationales, à propos du vote catalan, « -Que la corrida n'était pas expansionniste».
Il est certain qu'elle ne devrait pas l'être, car elle ne peut se découpler de la civilisation et de la culture qui l'ont vu naître et qui portent les valeurs qui la sous-tendent. C'est cela même que les islamistes fondamentalistes honnissent: l'invasion de leur culture par des «produits occidentaux» imposés par les tyranneaux locaux.
Au fait, les femmes seront-elles admises? Ou bien au dernier rang, histoire de ne pas trop reluquer les sexes avantageusement moulés dans la soie?
Abou Dhabi...
«Exporter» la tauromachie à Abou Dhabi constitue non seulement un non-sens absolu, mais également une provocation inutile et surtout une désintégration du seul argumentaire qui tienne pour la justifier, celui du lien à l'identité et à la culture locale.
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Simon CASAS démontre que l'appât du gain, le profit à court terme constituent bien la principale des motivations de ce mundillo aveugle, sourd et cupide.(http://www.aplausos.es/noticia/1799/Noticias/abu-dhabi-podr%C3%ADa-tener-gran-feria-taurina-a%C3%B1o.html)
Se prostituer ainsi pour trente deniers, jeter le discrédit et la honte sur notre cause, prendre le risque du conflit et de la déroute (car déroute il y aura, comme en Chine ou à Las Vegas), alors même qu'il s'est instauré sur les ondes l'avocat de la tauromachie est...misérable.
C'est à vomir.
Et que faisons nous?
Nous laissons faire!
Quand donc nous lèverons-nous?
Xavier KLEIN
* Pour la petite histoire, Henry de MONTHERLANT, l'auteur des «Bestiaires» vouait un véritable culte à Omar Khayyām et à Saadi (comme Lazare CARNOT, le révolutionnaire qui voulut qu'on prénomma son petit fils Sadi CARNOT, président de la IIIème République assassiné en 1894).

NOTA: Pour s'initier, lire les ouvrages de Frithjof Schuon et notamment l'excellent: «Comprendre l'Islam». Éd du Seuil.1976

TOUT COMBAT COMMENCE PAR DES IDEES, TOUTE IDEE COMMENCE PAR DES MOTS

Francis BACON
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S'il est une chose qu'ont parfaitement intégrés les «zantis», c'est bien la prépondérance de l'arme sémantique. Il faut dire qu'ils ont également tout à fait compris qu'ils parlaient, et devaient parler non pas aux leurs, mais au grand public.
Cet effort de l'esprit pour s'ignorer et rentrer dans l'EMPATHIE, c'est à dire la compréhension des émotions et des sentiments de l'Autre est malheureusement oblitérée par l'impossibilité qu'ont nos grands esprits taurins de renoncer à leur ego surdimensionné.
Entendre l'autre, c'est accepter sa différence, le considérer et admettre qu'on ne détienne pas la vérité absolue. Y sont-ils prêts? En la matière, questionner c'est répondre.
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La guerre engagée auprès de l'OPINION PUBLIQUE depuis 150 ans à propos de la corrida, ne sera remportée -elle peut être emportée, mais chaque succès n'est que provisoire- qu'à la condition de cette compréhension renouvelée de ce qui la meut et l'émeut.
Renouvelée, car ce qui engendra les succès d'hier ne sera sans doute plus pertinent pour ceux d'aujourd'hui ou de demain. La France change et son opinion aussi, il s'agirait de changer la stratégie en conséquence.
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En ce sens, je ne cesse de souligner ici, combien certaines thématiques ressassées s'avèrent inopérantes voire négatives. Ne serait-ce que la ritournelle de l'esthétique, qui laisse absolument froids les français moyens.
Je ne voudrais pas encore une fois servir de mine d'idées à ceux qui en sont dépourvus, mais prenons date, histoire de sourire, et introduisons un élément fondamental qui ne manquera pas d'avoir quelque succès.
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Cet élément crucial de la bataille des idées porte un nom: la SEMANTIQUE.
La sémantique, se propose d'étudier les «signifiés», les rapports de sens des mots. Mais aussi les conditions de vérité d'un énoncé, l'analyse d'un discours, et enfin ce qu'on appelle la pragmatique (très complexe à résumer simplement).
Il suffit pour saisir toute l'importance de la sémantique, que d'en constater les effets sur nos esprits. Ainsi sommes-nous blessés, ou pour le moins insupportés par les mots employés par les «zantis».
Tout ceci ne doit rien au hasard, et je m'amuse parfois de la réaction furibarde de certains habitués de ce blog devant les provocations sémantiques, parfaitement calculées, de ce grand coquinou de Jean Paul RICHIER, notre «zanti» préféré qui a lui, oublié d'être stupide et doit souvent se marrer.
Dear Jean Paul sait parfaitement tester in vivo les avantages de la «provoc» et les effets qu'elle produit. Il sait aussi ce qui peut «agir» le français moyen néophyte, et le mobilise en conséquence.
Les mots ou expressions employés sont soigneusement choisis et expérimentés comme techniques de communication, tels par exemple «les pro-tortures», «cruauté», etc. Mais aussi les thèmes «protection de l'enfance» (Fear, uncertainty and doubt: http://fr.wikipedia.org/wiki/Fear,_uncertainty_and_doubt), «parallèle avec le franquisme» (reductio ad Hitlerum: http://fr.wikipedia.org/wiki/Reductio_ad_Hitlerum), voire «répression policière», tous susceptibles d'émouvoir sur large spectre (cf
http://www.anticorrida.com/actualites/sommet-international-a-barcelone), et également les stratégies, telles que la désinformation et le mensonge («Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose.»).
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Tout cela procède d'une technique parfaitement rodée, la DIABOLISATION, et j'invite vivement le lecteur à se rapporter attentivement au lien suivant pour en saisir les tenants et aboutissants (http://fr.wikipedia.org/wiki/Diabolisation).
Tout cela est fort connu et identifié, sauf par nos grands esprits observatoriens.
J'en veux pour preuve leurs réponses inadaptées qui peuvent éventuellement porter sur les convaincus, mais aucunement sur la masse.
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Il y a en outre un immense boulevard ouvert aux «zantis» dans la confusion entre l'Espagne et la France. L'histoire taurine des deux pays est fondamentalement différente. Si l'aficion française gagne à se VICTIMISER (défense des libertés et cultures locales sur fond politique de tradition «radsoc»), l'aficion espagnole gagnerait à S'IMPOSER, ce qu'elle ne peut faire pour des raisons historiques et surtout organisationnelles (l'organisation des corridas est entièrement le fait du mundillo, ce qui n'est pas le cas dans le sud-ouest, par exemple). En France les aficionados sont plus acteurs, en Espagne, ils sont plus spectateurs.
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En Espagne se tapit le piège mortel de l'instrumentalisation politique. P.P. (Partido Popular) comme P.S.O.E. devraient se montrer vigilants à cet égard. Il est d'ailleurs lamentable, irresponsable et atterrant que Monsieur André se positionne comme il le fait en faveur d'un P.P. prétendument défenseur de la tauromachie.
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Avec de tels boulets, les «zantis» n'ont pas besoin d'HELY: ils ont VIARD!
En ce qui me concerne je vois deux postures (ATTENTION ©!) éminemment efficaces:
1°) L'humour et la dérision, qui seuls peuvent s'opposer à la diabolisation. C'est l'arme historique de Voltaire et des philosophes. Là nous sommes mal barrés avec Casas ou DD...
2°) Le «retour de bâton» INTELLIGENT et MESURE: usons à bon escient et avec modération des mêmes procédés. Ainsi, troquons le mot «animaliste», contre celui plus connoté de «zoophile» (littéralement: qui aime les animaux) ou mieux de «bestialiste» (à opposer à humaniste), encore plus péjoratif et qui renvoie à des connotations plus glauques.
Immonde, n'est-ce pas? Mais ô combien efficace!
Après tout, pourquoi nous priver de ce dont use l'adversaire? Et puis l'immense Francis BACON, l'auteur, avant Beaumarchais du «- Calomniez, calomniez...» n'a t-il pas écrit aussi dans le De la dignité: «Avoir pitié de son ennemi, c'est être impitoyable pour soi même»
Quand je vous le dis: on ne lit jamais assez les anciens...
En attendant, ô lecteurs, public-chéri-mon-amour, si vous vous y mettiez aussi. Grand concours de sémantique anti-taurine.
Pas toujours les mêmes.
Xavier KLEIN

mercredi 4 août 2010

COMMUNIQUE DE LA COORDINATION DES CLUBS TAURINS DE NÎMES ET DU GARD

Les susdits me prient de transmettre le présent communiqué, ce que je fais avec plaisir s'agissant d'une ACTION POSITIVE et, comme ils le disent CONCRETE.
Il faudrait espérer que les empresas, surtout des grandes plazas bénéficiaires, relaient ces initiatives en facilitant REELLEMENT l'accès des spectacles au public jeune.

3 août 2010
Réagissant au vote du parlement catalan visant à l’abolition de la corrida en Catalogne, la Coordination des Clubs Taurins de Nîmes et du Gard, fidèle à sa tradition de formation, de transmission et de promotion de la tauromachie, a décidé de répondre par des actions concrètes sur le terrain.
Soucieuse de faciliter l'accès du plus grand nombre à notre culture taurine et nos traditions, elle offrira 200 places aux jeunes de 15 à 25 ans à l’occasion du Festival Taurin de St Laurent d'Aigouze qui se déroulera samedi 21 Août à 18 heures.
Le matin même, les jeunes de 15 à 25 ans seront initiés à découvrir capes, muletas, carretón, et cheval de picador dans les arènes de 10 heures à 12 heures avant l’encierro, et ce en présence des maestros participant au festival. Les 200 premiers se verront offrir une place pour le festival de l’après-midi.
Contact : coordination.printemps@gmail.com

mardi 3 août 2010

FAUT-IL CONTINUER D'ECRIRE?

Depuis deux ou trois mois, il n'aura échappé à personne une certaine inflexion de la «ligne politique», tant dans le contenant que dans le contenu, de notre cher président de l'O.N.C.T., Monsieur André.
Je dis Monsieur André, en allusion aux pratiques du milieu, où les truands de haut vol aimaient bien ce genre de manifestation de respect.
Diminuées les grandes envolées lyriques sur le «toro moderne», terminés les débats sur la pique andalouse, désormais Monsieur André donne plutôt dans le conventionnel et l'on pourrait presque souscrire à nombre de ses récents articles, sauf quand piètre mycologue, il se trompe parfois de champignons pour ses omelettes et délire sévère.
De même, nombre de thèmes abordés, d'argumentations utilisées, fruit de la réflexion de tous ces «petits blogs» qu'il méprise tant se retrouvent tels quels repris dans son discours.
Monsieur André, le fier Sicambre, pille sans vergogne (on dit verguenza en castillan) ce qu'il a brûlé et continue de brûler. Tout cela sans honorer de droits d'auteur et sans rendre à César ce qui lui appartient.
On ne pourrait que se réjouir de le voir ainsi revenir à de meilleurs sentiments, si ce n'est que professionnel de la volte-face et agent actif de ce mundillo qui porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle, il demeure capable de toutes les défections, ce qu'il a abondamment démontré ces dernières années.
Redisons le encore, le danger vient surtout de l'INTERIEUR et de l'aveuglement des taurinos qui ne travaillent qu'à la satisfaction de leurs profits.
Si la corrida doit mourir, c'est par cancer, nullement par exécution capitale.
Les «zantis» n'ont qu'à laisser faire et appuyer de temps en temps là où ça fait mal, histoire de raviver la blessure et éviter qu'elle ne cicatrise.
La Catalogne, en dépit du fait que le fond n'était nullement taurin, vient nous montrer que l'existence de la tauromachie demeure chose extrêmement précaire. Je ne partage nullement l'optimisme des adeptes de la méthode Coué qui pensent que la corrida en France n'est aucunement menacée. Ne serait-ce que parce que son existence dans le sud reste une tolérance, étayée sur un alinéas.
N'importe quel politicien démagogue -et Dieu sait s'il y en a- peut choisir de se «refaire la cerise» sur ce terrain là et d'ouvrir la boite de Pandore. Ce qui serait à mon avis politiquement très dangereux, car les réactions seraient sans doute très violentes: trop, c'est trop!
Comme la Rome décadente, la corrida en France est rongée DE L'INTERIEUR par l'affairisme, la démagogie et la communauté implicite d'intérêts entre des «zantis» qui n'existent que par la corrida, et les caciques de l'O.N.C.T. qui n'existent que par les «zantis».
Une superbe partie de «- Je te tiens, tu me tiens par la barbichette».
En voulez-vous une preuve simple, évidente et limpide?
Comment se fait-il qu'une organisation comme l'O.N.C.T., sensée représenter les intérêts d'une activité plus que rémunératrice, qui mobilise des sommes considérables, ne dispose pas des quelques milliers d'euros qui lui permette de fonctionner efficacement. Pas de site, pas de permanents, pas de secrétariat, pas de lobbying au niveau national ou européen. On en est réduit au badge et à l'hymne avant les corridas. On est loin de la conjuration des mémères à leurs toutous qui sacrifie un peu de la retraite des vieux pour alimenter copieusement la poignée d'activistes «zantis».
Si la corrida était REELLEMENT mise en péril par les «zantis», si vraiment le feu était à la baraque, on les verrait se démener et cracher au bassinet les maquignons du mundillo!
Les «zantis» également devraient y réfléchir à deux fois, afin de ne pas supprimer le fond de commerce qui justifie de leur existence. Disparu l'objet emblématique de leur aversion, les os qui leur resteront à ronger (gavage des palmipèdes, chasse, consommation de produits animaux) seront des morceaux autrement coriaces, parce que liés à l'économie et à l'essence même des cultures locales.
Pour revenir à la question de fond, est-il opportun d'alimenter par nos propos la réflexion et l'argumentaire du sieur Dédé? Une fois n'est pas coutume, je me réfèrerai à la tautologie Le Peniste: «préférer l'original à la copie» pour penser qu'il est grand temps que les aficionados, quelque soit leur sensibilité, s'organisent et se mobilisent pour que ceux qui prétendent à les représenter soit vraiment porteurs de leur parole et non de celle du mundillo.
En ce sens, l'O.N.C.T., ce «machin» qui veut réunir les loups et les añojos dans le même cercado, sera toujours inopérant parce que peu crédible, et aisément attaquable par les «zantis» qui ne se gêneront jamais, et ils auront raison, pour lui faire procès de défendre des intérêts lucratifs.
Qui peut attendre de Dédé le Boucalais qu'il s'en prenne à ce qui le fait vivre, à ceux qui le font vivre? Il a épuisé toute fiabilité et toute confiance et, loin de fédérer, ce qui serait l'objectif, il divise et stigmatise le rejet d'une faction importante et surtout la plus dynamique de l'aficion, celle qui écrit, pense, analyse, se positionne, se déplace.
Le problème de l'O.N.C.T., c'est celui de la confiance et de la crédibilité, mises à mal par la personne de son président qui parle parfois bien et agît souvent mal.
Le problème de son président c'est d'avoir asséné le 25 janvier 2010 devant le Sénat espagnol, entre autres billevesées: «ce n'est pas au spectacle taurin de s'adapter aux exigences d'un règlement inadapté, mais au règlement d'être conçu en fonction des besoins du spectacle que nous souhaitons produire.» (
http://bregaorthez.blogspot.com/2010/01/vers-un-munich-taurin.html)

Le premier et plus fondamental signal de la prise de conscience de la gravité de la situation, si tel est le cas, serait de nettoyer les écuries d'Augias et de virer tous les chevaux de retour plus ou moins vérolés qui se sont incrustés dans le «machin» (comme au sein de l'U.V.T.F.) pour en tirer les ficelles.
Faute de ce ménage salvateur, tous les discours larmoyants ne sont que propos hypocrites et fallacieux.
En attendant cet hypothétique et improbable sursaut, faut-il continuer d'écrire et de forger les armes des mercenaires?
Xavier KLEIN
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HAGETMAU 2010

Deux lots de toros intéressants à Hagetmau.

Par leur comportement des Fuente Ymbro certes légers mais plutôt encastés. On retiendra surtout la faena de Juan del ALAMO au sixième. Un novillero qui détonne par son tempérament affirmé et un toreo qui pèse et nous tire de l'ennui et de la banalité ambiante. Mûr pour l'alternative sous peine de stagner.

Un lot de Miura de trapio respectable et dans le style de la maison où l'on a parfois retrouvé quelques traces de la fougue guerrière d'antan. Traces malheureusement trop raréfiées. Et cela me paraît poser problème: l'étiquette, festejo après festejo, correspond de moins en moins au contenu de la bouteille. Les terribles Miuras n'ont plus grand chose de terrible. C'est désormais un élevage certes encasté et agréable, malheureusement marqué par la faiblesse, mais qui n'a plus rien à voir avec sa légende.
Devant ces novillos, je le redis intéressants, on se souviendra seulement d'Esaü FERNANDEZ, qui seul pesa réellement sur ses adversaires, donna dans son style basique mais efficace les seuls vrais muletazos de l'après-midi.
Tout le reste, et notamment la débauche ridicule et inutile de trophées ne parvint pas à gâcher l'impression positive de deux après-midi plaisantes.
Xavier KLEIN

L'IMBROGLIO CATALAN

En réponse à Lionel (commentaire de l'article http://bregaorthez.blogspot.com/2010/07/lordre-culturel-doit-regner-barcelone.html) notre compañero El Chulo intervient.

Cher Lionel,
J’ai aimé votre courroux juvénile, et j’en profite pour éclaircir mon point de vue sur cette toujours épineuse question de la Catalogne, et de Barcelone plus singulièrement.
Vous ne l’ignorez pas, je pense, le problème catalan n’est pas nouveau, il a entre autres contribué à complexifier tous les problèmes politiques de l’Espagne du premier tiers du XXéme siècle et n’est pas sans relation avec les difficultés de la seconde république espagnole.
La crise, bien sûr a toujours tendance à favoriser les repliements sur soi, ainsi que des comportements d’exclusion et de radicalisation. La Catalogne n’y échappe pas.
Quand Madame Esperanza Aguirre, l’égérie de Dédé VIARD et grande supportrice de «Tierras Taurinas» s’est déclarée pro-taurine, au nom du P.P. (Partido Popular), elle pensait emmerder le P.S.O.E. (Partido Socialista Obrero Espagnol) qui avait une attitude bien plus prudente sur le sujet, et faire un «coup électoral». Depuis le translucide et mièvre Rajoy a déclaré que le P.P. était le "parti de la liberté" ou quelque chose comme ça. C’est aussi à pisser de rire!
Dédé insulta en cette occasion le P.S.O.E., et dans la foulée du «fascistoide» site Mundotoro encensa l’inconséquente.
Ils ont ainsi réussi à faire d’un problème catalano-barcelonais, un problème politique d’anti jacobinisme, donnant l’impression qu’ils pourraient depuis Madrid ou d’ailleurs, résoudre l’imbroglio, ce qui, évidemment a déchaîné les indépendantistes et transposé la chose sur un terrain identitaire.
Les «zantis» qui «réfléchissent» ne s’y sont pas trompé et s’empressent de ramener le problème sur leur fondamental: on doit interdire une activité où l'on «torture» un animal.
Au passage il est évident que la prise de position du P.P. ne pouvait qu’attiser l’argument idiot selon lequel la corrida serait «franquiste»*. Mais cette réaction identitaire pourrait finalement, toutefois, se retourner contre nos «zantis», certains l’ont fort bien compris.
Il me semble d’autre part, que faire de Barcelone une «terre d’aficion» ne tient pas trop la route. C’est Balaña ** père qui lui, vrai aficionado, avait tenu la boutique. L’héritier ne semble pas avoir la même fibre, son silence est assourdissant.
De plus la fameuse «aficion» catalane ne s’est à aucun moment mobilisée, ce qui tendrait à prouver, qu’en fait, là bas, tout le monde s’en fout. De plus, il ne me semble pas improbable, qu’à la fois les «zantis» et les «indépendantistes» aient pu être manipulés par quelque lobby qui se soucie plus de l’avenir immobilier de la Monumental, en plein cœur de Barcelone. Ce qui pourrait bien être au cœur du problème, c’est le niveau de «compensation financière» de Monsieur Balaña junior et l'avenir immobilier d'un site très convoité.
Ceci pourrait donner envie de rire ou de vomir.

Ceci dit, mon cher Lionel avez-vous vu l’ombre d’un commencement de début de semblant d’autocritique chez ceux qui prétendent défendre ce que nous aimions, ce dont EUX vivent grassement? Que non pas! La faute est totalement renvoyée vers les «zantis» qui au passage se nourrissent de cette nullité mortifère.
Non, non! Interdit de dire que Ponce est un voyou mondain! D’ailleurs le Roi l’a invité au mariage de son fils... Ou que les 4 ou 5 figuritas qui se présentent dans les arènes en gravures de mode nous emmerdent avec leurs exigences de divas ménopausées. D’ailleurs, si on les emmerde, ils ne reviendront plus et «tintin» le lleno d’ahuris peinturlurés.
Ce monde est implacable et aussi éloigné que possible de notre corrida, celle des espoirs déçus et de la divine surprise.
Lionel, je veux dire que certainement, rien n’est simple, mais pas non plus si compliqué.
Imaginons que nos penseurs de la corridas disent que ce torero est un voyou, un menteur, un «embustero», ou un «rempailleur de chaise», et non, que les toros «n’ont pas servi».
Imaginons aussi que ces influents disent que ces toros mollasses, merdiques, d’une connerie à pleurer, soient indignes de notre «fête». Hé bien, ils n’iront plus chasser, ou se feraient engueuler, ou perdraient quelque menus privilèges, ne serait-ce que ceux d’un accueil attentionné par les empresas.
Mais oui, Lionel, la gloriole, ça compte. Au passage ils diraient que ces toros étaient des merdes, au lieu d’expliquer qu’il y eut trop de pluie et que ça fait fondre les sabots.
Merde, Lionel on rêve!
Voilà, tout ceci ressemble à un grand paquebot, avec une petite brèche possible à colmater.
Le capitaine et ses officiers ont mis tout le monde dans les canots, y compris l’équipage. Ils ont pillé les coffres forts et les cabines et se sont fait «transborder» vers l’île en vente de Mme Bettencourt.
Et puis comment ne pas s’étonner de ces plazas vides en Espagne! Comme si la corrida n’avait plus rien à dire aux Espagnols, enfin, cette corrida là. Comment ne pas dire, avec Xavier, que bien sûr, comme tout art, la corrida se consomme dans l’immédiat et l’émotion, et que ces infâmes retransmissions télévisées sont totalement contraires à ce plaisir de l’instant et servent uniquement à payer ces clowns en Armani.
J’ai déjà évoqué le «dire» d’antan de la corrida.
La France avec ses Placitas est un lieu étrange de résistance. Les éleveurs s’y intéressent de plus en plus. Ils choisissent le risque du hasard, de la divine surprise, hors des sentiers battus, des juanpedreries, des moues dégoutées des stars, au risque de faire éreinter par les tenants de la chapelle.
Bon courage amis!
El Chulo

NDLR
* Le P.P. a «recyclé» nombre d'anciens franquistes.
** Balaña: empresa de la Monumental de Barcelone

lundi 2 août 2010

C'EST PAS MOI QUI L'AI ECRIT

Perlissimo dans l'édito du blaireau cendré de Vieux Boucau (dimanche 2 août 2010: http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-08-10/02-08-102.php).
Des comme cela, c'est de la vraie de vraie de vraie, toute fraîche pêchée dans le lagon boucalien. Jouez hautbois (mélancoliques) résonnez musettes!
«Sauf erreur de fabrication, les toros modernes sont donc tous porteurs des qualités essentielles nécessaires au toreo abouti -bravoure franche et noblesse vive- et il suffit de savoir jouer des bonnes touches au bon moment pour faire entendre la petite musique que chacun attend. Toutes proportions gardées, c'est un peu comme le patinage artistique : le public connaît d'avance le répertoire des figures imposées et il attend que ses champions les enfile. L'apparente facilité avec laquelle ceux-ci répondent à son attente est le fruit d'une virtuosité dont on ne prend conscience, a contrario, que quand l'un ou l'autre chute.»
Ca pour se faire enfiler avec virtuosité par des «champions», on ne saurait mieux dire, mais c'est le plaisir et non la facilité qui est dans l'attente, quoique...
Après Las Vegas, l'enfer du jeu, Vieux Boucau l'enfer du sexe.
Si Dédé donne dans le kamasutra maintenant!
Enfin, on est content d'apprendre la confirmation officielle du président de l'O.N.C.T. que les «toros modernes» qui lui sont si chers sont «fabriqués». Une sémantique qui plaira sûrement beaucoup aux «zantis»
Xavier KLEIN
PS: Le récital ne s'arrête pas là, lire plus loin: «dans l'arène une voltereta est une valeur ajoutée, en ce sens qu'elle témoigne de l'engagement de celui qui la reçoit». Moi qui croyait bêtement qu'une voltereta résultait surtout d'une connerie. Il faudra expliquer la «valeur ajoutée» à Julio Robles, Nimeño ou récemment Jose Tomas, je ne doute qu'ils aient perçu toute la succulence de la chose.