Humeurs taurines et éclectiques

mercredi 17 août 2011

Dépit dacquois

Je me suis fait souvent engueuler ces jours ci: la Brega faisant jachère depuis quelques temps. L'auvent de ma grange à refaire, béton et charpente, un truc assez dégueu qui porte le doux nom d'érysipèle et puis il y avait Dax...
L'hôpital public dispense une qualité de soin inégalée, mais allez expliquer à un jeune et talentueux interne syrien que l'érysipèle c'est bien, mais que tout de même il y a plus important dans la vie: Morante qui torée l'après-midi! Morante ne fait pas partie du vocabulaire médical, mais il possède des vertus curatives que je puis attester.
Je l'ai donc gentiment et poliment envoyé balader avec son internement hospitalier de trois jours sous perfusion antibiotique et après avoir rempli moult papiers et décharges, m'en suis parti vers les rives de l'Adour voir les dacquoises à l'oeil noir et l'andalou au cigare.
Bien m'en prit puisque j'y pu jouir des meilleurs muletazos de la feria par le maître de la Puebla. J'aurais pu aussi bien réintégrer sans dommage la compagnie charmante des infirmières ortheziennes durant les jours qui suivirent...
***
Durant la feria, Dax est un volcan qui glougloute. Vous savez ces grosse bulles de lave qui éclosent au sein de la fournaise rutilante! Rumeurs, indignations, diatribes de zinc et de barriques, déclarations péremptoires et définitives.
On s'y imagine au centre du monde cornu, à l'omphalos tauromachique absolu.

Et puis, on choit de son Olympe de province, on prend subitement conscience de la réalité planétaire, comme si le petit village tarbelle, par quelque miracle bien de «chez nous à Dax» eût pu se trouver préservé des malheurs des temps.
Heurs! Malheurs! Les dieux tutélaires de la cité, saint Pansart et sainte Cluque, avaient d'autres gatos à fouetter et les effets pernicieux de la mondialisation taurino-mundillesque sévirent en ces lieux, ni plus, ni moins qu'ailleurs.
On conclut, à l'heure de la pyrotechnie ultime, à la nécessité de dénicher le bouc émissaire, la victime expiatoire indispensable à sacrifier à l'ire plébéienne.
Je ne goûte nullement ces hallalis où l'on chasse un homme pour faire l'économie des constats de fond et de la remise en cause d'un système, et de l'esprit qui y préside.
Celui d'une corrida-spectacle malade de ses propres fondements.

Nous y reviendrons.

Il serait en tous cas nauséabond et dommageable que s'y mêlent des arrières pensées plus bassement politicardes que je sens malheureusement poindre ça et là.
Les prédécesseurs de Christian Laborde, Pierre Molas ou Jean Pierre Junca-Lamarque, quand ils ont été critiqués (et à l'époque je ne m'en suis guère privé!), le furent généralement sur des bases exclusivement taurines, il serait lamentable qu'il en advienne autrement. Ils ont eu également droit à leur période de rodage et à leurs ratés dans le labyrinthe complexe et glauque des arcanes du  mundillo, il conviendrait de s'en souvenir.
Je me bats pour que la corrida ne soit pas un enjeu politique: c'est l'un de mes griefs majeurs à l'endroit du boucalais enfumé. Refusons cette dérive là à Dax en réglant les conflits internes à la cité du péloïde par des explications franches et viriles s'il le faut, mais loyales et surtout exclusivement taurines.
***
Une jolie faena de Morante, une autre de Sergio Aguilar, les muletazos allurés de Curro Diaz, la découverte du talent du jeune Rafaël Cerro en novillada, une mansada prenante de Dolores Aguirre, et l'iconoclastie sacrilège et rafraichissante d'El Roque, on a vu mieux certes, mais on a vu pire également.
Peut-être convient-il enfin de se poser les bonnes questions, les questions de fond que j'évoque régulièrement dans la Brega (je ne suis nullement le seul...). Encore faut-il que certains qui prétendent les lire se donnent la peine d'aller au bout des articles: analyses et problématiques sont souvent complexes et s'accomodent mal du simplicisme réducteur qui fait loi de nos jours.
Mais pour le coup, les fous -ou convaincus tels- d'hiers s'avèreraient-ils les sages d'aujourd'hui?

Il n'a rien toujoujours rien compris ce journaliste qui sous-titre son article de sud-ouest par la déploration semble t-il fondamentale: «Cinq oreilles: tel est le bilan comptable des cinq corridas de la Feria.» (SO du 17/08/2011, http://www.sudouest.fr/2011/08/17/il-faut-chercher-des-nouvelles-tetes-476340-716.php): la merde, même oreillée restera toujours de la merde.
Cela c'est une vérité fondamentale! Et il faut reconnaître à Dax 2011 le mérite d'avoir profité de présidences globalement très sérieuses qui ont souvent renvoyé au toril des toros indignes ou infirmes et n'ont pas, comme ailleurs, voulu transmuter de la merde en caviar.
Xavier KLEIN




lundi 1 août 2011

ENVOYEZ LES ORANGES!

Suite du feuilleton de l'été...

Embastillé qu'il sera le type!
Par lettre de cachet spéciale!
Déjà les archers sont sur sa piste, les plus fins limiers de la rousse Vieux Boucalienne sont sur les dents!
On se croirait revenu au bon vieux temps où une simple dénonciation, une présomption même vous envoyait illico croupir en cul de basse fosse ad aeternam.
Ou bien dans ces âges pas si reculés où des âmes charitables signaient des lettres laborieusement rédigées de découpages conclus d'un charmant  «Un bon français».
Sauf que maintenant ce serait  plutôt «Un bon aficionado».

Gardez-vous de critiquer, il pourrait vous en cuire!
L'opposition c'est plus ou moins la sédition, voire paraît-il la perversion. Qui n'est pas avec nous est contre nous!

Tout ça pour une étrange story de lune (ne dit-on pas «con comme la lune»?), de doigt (même pas «donneur» comme à l'Assemblée!) et de Pierrot (sans doute «le fou»).
Et le cancrelat de service d'en recoller une louche, histoire de bien enfoncer le clou et de sceller l'alliance tacite des opposés qui se rejoignent et s'accordent...
Que serait Viard sans Hély et hélice en Viard?

 
Et le «Marais taurin» de vaillamment se taire devant l'affligeance, les rats de se terrer, les observateurs d'observer, les philosophes de philosopher, les diplomates de diplômer, et les trous du cul de péter -de trouille- d'avoir à se positionner. Tous les goûts sont dans la nature y compris celui de s'adonner à l'avalage en série des couleuvres. 
C'est qu'il en va -paraît-il- des intérêts supérieurs de la tauromachie!
Enfin quelque part, on doit un peu gêner pour mériter tant d'honneurs. Non?

J'attends sur mon hamac qu'on veuille bien m'écrouer, qu'on me fasse subir la question extraordinaire. Mais alors je la veux totale: fers rouges, estrapade et même vierge de Nuremberg, histoire de varier le quotidien.
En attendant, je me gausse de la comedia humana, un peu comme Honorin des Meldeuses...
Quant à la fermer, jamais!
Pensez aux oranges, on ne sait jamais! Non traitées please.
Xavier KLEIN
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mercredi 27 juillet 2011

EXCUSES

Dimanche 24, à l'issue de la novillada, un charmante dame, joliment prénommée Sara, engoncée dans l'imperméable de circonstance vu la météo bretonne, m'accostait pour me remettre un pli.
Avec infiniment de gentillesse et de retenue, courtoisement mais fermement, elle m'expliqua longuement combien elle avait été choquée par un mien article (http://bregaorthez.blogspot.com/2011_06_01_archive.html) mettant en cause Monsieur Philippe Bélaval.
Sollicité par d'autres préoccupations, je ne la revis que le soir dans les pénates malheureusement désertées de la Peña SOL qui avait dû annuler sa traditionnelle tertulia pour cause d'humidité excessive.
Une dame qui fait 500 kms y picos pour venir porter une parole, mérite tout particulièrement d'être écoutée avec attention. D'autant plus d'attention que ce qu'elle venait me confier rejoignait d'autres interventions du même tonneau.
En effet, quelques semaines auparavant Marcel Garzelli, puis Roger Merlin et pour conclure, le matin même Vincent Bourg m'interpellaient sur la même question.

Ces derniers ne se sont jamais mêlés jusqu'à présent d'une démarche similaire, y compris dans mes démêlés avec le Torquemada de l'O.N.C.T.. Nous avons souvent «bataillés», mais ils m'alertaient là d'une injustice que j'aurais commise. Je ressentais dans leurs propos une intention bienveillante et gratuite, sans arrières pensées.
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Un tel faisceau d'interventions différentes me donna à réfléchir. Surtout sur le ton amical avec lequel elles avaient été exprimées.
Tous m'ont fait de Monsieur BELAVAR le portrait élogieux (à mes yeux) d'un homme extrêmement sensible, discret, cultivé, éloigné de toutes manigances et de tout esprit de polémique. Un homme qui aurait été très affecté de mes propos.
Il peut m'arriver d'être sévère, de tacler rudement, mais si quelque chose me révolte, c'est bien de blesser gratuitement et délibérément quelqu'un qui ne le mérite pas.
Il apparaît donc que j'ai été tout à fait injuste à son endroit et que je lui ai fait du tort, ce que JE REGRETTE TRES PROFONDEMENT et me pardonne difficilement.
Je présente donc à Monsieur Philippe BELAVAR mes plus sincères excuses et je rétracte les commentaires que j'ai tenu à son sujet.
J'espère qu'il daigne m'en pardonner et pouvoir un jour lui communiquer personnellement mes regrets.
Merci également à ceux qui ont eu la délicatesse de me permettre de réparer.
Xavier KLEIN

L'ESSENCE DES FLAMMES

Je ne suis ni juriste, ni policier, mais il me semble qu'en matière criminelle, il convient toujours d'afficher une prudente réserve, et d'attendre que les enquêteurs aient mené leurs investigations et que la justice passe pour se constituer une opinion éclairée.

Désigner à priori, sans preuves, qui que ce soit à la vindicte publique relève de l'instrumentalisation et de la dénonciation calomnieuse. Les exemples ne manquent pas, pas plus que les retournements de situation où l'on s'aperçoit au final que les choses n'étaient pas exactement ce que l'on croyait initialement.
Prenez le cas par exemple d'un certain attentat commis en 1959 avenue de l'Observatoire, ou l'enlèvement bidon en 1982 de Jean-Edern Hallier.
Ou bien ces nombreux actes de terrorisme où l'on regarde du coté des fanatiques qui ont souvent bon dos alors que l'on aboutit souvent à des logiques crapuleuses.
En matière taurine même, que n'avait-on avancé sur la responsabilité des «zantis» dans l'incendie de Saint Perdon qui résultait en fait d'une imprudence de potaches!

La circonspection et le recul s'imposent donc.

Il existe toutefois un vieil adage policier qui guide généralement les enquêteurs: «Cherche à qui le crime profite!» que l'on pourrait aussi décliner en «Vois qui en tire profit!».
Je n'ai aucune idée sur l'identité de celui ou de ceux qui se se sont promenés récemment avec des allumettes du coté de Vieux Boucau.

Dans tous les cas de figure, l'acte est ignoble.

Ce que je sais par contre, c'est que certains feux sont boutés bien avant que les flammes ne jaillissent, que les synagogues ont brûlé en 1938 en Allemagne, mais que l'incendie était programmé depuis longtemps par ces mots qui banalisent, préparent et justifient les crimes à venir.

La radicalisation du débat taurin d'un coté, comme de l'autre, par des gens qui y voient un intérêt à exister me paraît porteuse de sombres présages.
Je ne cesse de le dénoncer et de m'élever contre les provocations incessantes, d'où qu'elles viennent.

On m'en tient d'ailleurs grief et nul doute que je ne figure, par l'une de ces allusions anonymes et fielleuse, en tête de ces «"aficionados" qui n'ont de cesse d'enrichir les arguments des anti taurins par les attaques viles qu'ils portent depuis des mois à mon encontre - point besoin de les nommer chacun les connaît - en entretenant avec eux une correpondance si ignoble que les enquêteurs les ont classés dans le même panier qu'eux, s'interrogeront aussi sur leur part de responsabilité, pas au regard de ce qui m'est arrivé, mais au regard du monde de l'aficion dans son ensemble.».

Qu'importe! On sait que dans les situations de conflit ce sont ceux qui appellent à la raison qui tombent les premiers et sont la cibles des enragés de tous bords. Il en a toujours été ainsi depuis l'aube des temps. C'est une vieille histoire depuis que l'on forçât Socrate à boire la cigüe.
On sait également les profits que l'on peut tirer de la victimisation.
On sait enfin que le seul et ultime antidote à la violence, c'est la parole. Une parole libre à laquelle il n'est nullement question de renoncer. C'est pourquoi, j'ai toujours accepté et voulu, contre vents et marées, échanger avec les «zantis», que pourtant je ne ménage guère.
Que cela ne soit pas entendu par ceux qui préfèrent en découdre que comprendre n'est guère étonnant.

Pour reprendre une image récemment employée, l'Inquisition catholique qui pratiquait les autodafés s'est infiniment plus préoccupée de ses ouailles que des juifs, des protestants ou des mahométans, de même que les terroristes islamistes frappent plus leurs coreligionnaires que les Infidèles: la cohésion dogmatique du groupe doit être maintenue à tout prix.
Répèterait-on alors l'histoire de l'inquisiteur calciné?

Il n'empêche que l'on ne déchaîne pas non plus impunément les furies. La terminologie volontairement dégradante («tortionnaires», «sadiques», «barbares», «pervers», etc.) utilisée systématiquement par les «zantis» cultive le terreau des passages à l'acte futurs.
La destruction méthodiquement programmée de l'estime et du respect dû à l'autre par des «gens très comme il faut», fussent-ils psychiatres ou psychanalystes -mais la science s'accorde t-elle toujours à la conscience?- qui donnent libre cours à leur violence verbale latente armera un jour le bras agissant d'un «déséquilibré». Ce ne sera évidemment la faute de personne.
Il faudra bien qu'un jour la justice s'en mêle pour réguler et prévenir les excès à venir puisqu'elle n'a su le faire des avanies passées.
Il faudra bien qu'un jour un procès intervienne pour qu'un juge, au nom du droit, interdise qu'on se permette ainsi l'insulte impunie.
Il faudra bien aussi se prémunir des indignations sélectives. Nombreux ont été ceux qui se sont trouvés esseulés à l'heure de l'épreuve, sans recours et sans soutien de quelque observatoire que ce soit.
Demandez à Eric Colemont, ce qu'il en pense...
Enfin qu'on se rassure dans les chaumières boucaliennes, et qu'on s'épargne des efforts, comme homme public j'ai déjà un dossier chez les R.G., nul besoin de me dénoncer...
Tiens! Délation, inquisition, procès d'intention, cela rime!
Xavier KLEIN

mardi 26 juillet 2011

ORTHEZ 2011, PREMIER BILAN



Comme dab, quelques impressions PERSONNELLES, bien entendu SUBJECTIVES et forcément partiales sur la journée taurine du 24.
Je passerai rapidement sur la prestation des hommes du jour. D'abord parce que souvent mobilisé par ailleurs, je n'ai pu consacrer une attention régulière et soutenue aux lidias. Ensuite parce que, comme je l'ai souvent exprimé, le callejon n'est pas le meilleur lieu pour apprécier un festejo (déficit de vision globale en 3 dimensions), surtout lorsque votre «référentiel» n'est pas habitué à cet angle. Enfin parce qu'il serait de ma part inélégant de porter jugement sur des hommes que j'ai engagé et avec qui je ne peux m'empêcher d'entretenir des affects. On voudra bien le comprendre.
***
Tout d'abord on ne peut éluder la composante climatique très défavorable qui a influé toute la journée, et tout particulièrement pour la corrida.
Une influence sur le moral des troupes et du public. Trempé et transi, on ne voit pas les choses de la même manière qu'avec soleil et mouches.
Influence également sur la lidia dans la mesure où l'incertitude quant aux appuis sur sol glissant et détrempé augmente le niveau de risque. Or l'après-midi les Dolores ne se sont pas exactement comportés comme des soeurs de charité.
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En ce qui concerne la novillada, la présentation m'a semblé indiscutable. Trapio et têtes correspondaient totalement à nos exigences. Par contre, j'attendais ces novillos avec un peu plus de piquant et de force. Ceci dit, ils n'ont nullement démérité et leur prestation a rendu la matinée intéressante. Dommage pour le splendide cárdeno dont l'éleveur (et votre serviteur) attendait beaucoup.

Le cartel en hommes a été composé très tardivement. Devait primitivement y figurer Cayetano ORTIZ, qui s'est retiré d'un commun accord avec la Commission pour pouvoir pleinement se consacrer à sa programmation prévue le soir à Madrid. Nous avons voulu présenter des nouvelles têtes, ou du moins des novilleros peu vus en France, mais il fut difficile de mener avec eux le travail préalable d'échanges que nous menons habituellement.
Cristian ESCRIBANO (il toréait le soir à Madrid) m'a intéressé, je lui ai trouvé une certaine sincérité et des talents de lidiador.

L'immense déception vient du tercio de piques qui n'a aucunement répondu à nos attentes et surtout aux efforts déployés. Personnellement, j'aurais laissé le prix «desierto», mais le jury, qui a toute ma confiance est souverain et s'exprimera sans doute pour expliquer sa décision. Un tercio a RETRAVAILLER néanmoins sous toutes les coutures.
Pour employer un mode d'évaluation scolaire, je noterai la matinée, tout compris, d'un 12/20: «Encourageant mais peut mieux faire.»
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Etant donné la prestation de l'an dernier, le lot de Dolores AGUIRRE avait infiniment plus de chance de décevoir que d'étonner. En outre, nous avions été exceptionnellement bien servis.
Le choix de ce lot nous a gêné, ce n'était un secret pour personne. Nous nous sommes sentis obligés de répéter cette ganaderia alors que notre penchant allait à changer chaque année. Ceci dit, étant donné le sérieux de la maison AGUIRRE, cela ne fut nullement une contrainte.
La donne ayant changée, il était tout aussi évident pour tout aficionado lucide et informé que l'engouement aidant, passant après des plazas beaucoup plus «puissantes», nous ne pourrions bénéficier d'atouts aussi propices. NOUS N'AVONS PAS LES MOYENS FINANCIERS DE VIC, NI MÊME DE CERET (ni les mêmes tarifs d'ailleurs). C'est quasiment un miracle que nous ayons eu ce lot.

Pour autant, je le dis avec force, il m'a paru honorable et tout à fait digne d'intérêt. Pensons aux lots que nous avons vus sortir dans le sud-ouest, à ceux que nous allons voir et les choses ressortent sous un autre angle, tempérant les déceptions excessives.
D'un trapio très respectable en accord avec la taille du ruedo, musculeux et dans le type, la critique pouvait porter sur les têtes.
J'entends ça et là émettre des réserves.
Dans ce genre d'élevages de grande notoriété et de camada relativement courte, la différenciation entre les lots attribués se fait sur ce critère. De plus, les possibilités de choix sont réduites (on choisit entre 8, 9 toros).
C'était cela ou c'était rien! Nous avons choisi cela, car «cela» n'avait rien d'indigne. C'est une présentation objectivement en dessus de notre catégorie d'arène pour cette catégorie d'élevage.

Doña Dolores n'est pas une «maquignonne», elle n'est aucunement dans une logique de compromission commerciale, pas plus que Fernando son mayoral. On N'AFEITE PAS chez Aguirre. Si on se promène parmi les cercados, on voit souvent des toros cornigordos. Je ne suis nullement un érudit en la matière, mais il me semble que c'est une caractéristique de la maison avec la forte proportion de bizcos, surtout dans la ligne Atanasio.
En outre, qui dans le cartel aurait eu le poids d'imposer ce genre de saloperie? Enfin afeiter un ou deux toros dans un lot et pas les autres n'a absolument aucun sens.

Appréhendant un «syndrome sévillan», nous avons réduit draconiennement l'accès aux corrales, en élaborant notamment un laissez-passer. Toutes les précautions ont été prises. Cela n'a pas empêché que 3 toros «s'escagassent» dans les opérations d'embarquement-débarquement par des embestidas répétées dans les cajones ou les portes, malgré nos précautions. Le toro placé en sobrero le fut pour cette raison.
Ce que je remarque, c'est que les cornigordos du lot ont été «péter» plusieurs fois dans les burladeros sans dégâts notables, et surtout sans «l'effet balayette» caractéristique.

En ce qui concerne le comportement, le lot a mis en exergue la diversité de ce que présente la casa Dolores, depuis le manso rugueux et âpre, querencioso à l'occasion, jusqu'au manso con casta y nobleza. Une vraie «Aguirrada» dans la tradition, moins suave qu'à Vic, plus qu'à Pamplona, un lot qui a ménagé l'attention jusqu'à la fin, malgré la pluie. Quelle que fût la qualité des piques, la quantité ne fut jamais en cause, pas plus que la faiblesse.

Même analyse du tercio de piques que pour la novillada, même si les suertes m'ont semblé plus consciencieusement effectuées. Le prix à Ramito m'a paru entièrement justifié. C'est un jeune piquero de Logroño, EXCELLENT CAVALIER, avec qui nous envisageons d'entreprendre un travail de fond pour «recruter» un fond de picadores motivés.

La brega et notamment les mises en suerte furent absolument lamentables dans l'ensemble, les toros abandonnés à eux-même, les peones exerçant dans un désordre préjudiciable, chacun y allant de son capotazo approximatif dans l'anarchie la plus totale. Certains toros ont eu bien du mérite à n'être pas «décomposés» à ce régime. On peut expliquer la chose -sinon la justifier- par la catégorie des toreros qui ne toréant pas souvent usent de cuadrillas de raccroc peu expérimentées et peu accoutumées à oeuvrer de concert.

Frascuelo était un pari...
J'ai apprécié l'entame du premier toro de Raul VELASCO avec ces séries basses très bien dessinées puis la faena du second. Il ne m'a nullement déçu, bien au contraire. C'est à mon sens un torero à voir et à revoir. Considérons surtout la qualité de son toreo au regard du peu de corridas engrangées, une insuffisance qui l'handicape à la suerte de verdad.
Alberto LAMELAS a fait preuve d'engagement et de courage sur ses deux toros. Sa faena à son premier, insuffisamment piqué selon moi, a été très sincère et valeureuse. Il s'est montré plus brouillon à la seconde.
Aucun regret d'avoir fourni une opportunité à ces deux jeunes matadores qui paient comptant avec leurs tripes.
Il manquait surtout un chef de lidia opérant.

J'ai bien entendu soigneusement relevé et inscrit sur mes tablettes les diverses réactions concernant les alguaziles et la cuadra.

En conclusion, une après-midi fortement obérée par la pluie et par certains choix qu'il reste à améliorer. Nous nous y attacherons cet hiver.
Merci à tous ceux qui nous ont aidé, soutenu et encouragé.
Merci à tous ceux qui ont formulé les critiques bienveillantes et constructives qui nous aident à progresser.
Xavier KLEIN
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AMUSE-BOUCHES

Avant que de commettre d'ici peu, comme l'an passé, les quelques impressions marquantes que m'a laissée la journée taurine, faisons-nous un palais avec les agaceries de circonstance.
En l'occurrence, une historiette, certes futile, mais ô combien révélatrice de la créativité putassière infinie de la nature humaine.

Comme chacun le sait, il y a de tout dans la presse dite taurine, comme dans toute profession. Il s'y trouve des gens sérieux, rigoureux et intègres, des toristas et des toreristas et même des propinistas, il y aussi des incompétents et des connaisseurs.

Il m'est souvent arrivé ici d'en égratigner quelques uns.
Certains pour qui j'ai de la sympathie, même si je ne partage pas leurs vues et leurs analyses (c'est le cas de Vincent Bourg «Zocato»). D'autres qui galvaudent leur compétence dans des compromissions ou des discours inadmissibles.
Et puis il y a, comme ailleurs, quelques jeanfoutres qui «s'autoproclament».
Cette dernière catégorie se subdivise entre les inoffensifs, qui affichent gentiment et sans prétention leur passion et leur enthousiasme, et «les ceusses» qui ne doutent de rien, ce qui constitue le privilège imprescriptible des cons.

En général, je professe un respect absolu de la presse, surtout lorsqu'elle exerce sa fonction en toute impartialité et sans malveillance. C'est pourquoi, je ne me suis jamais autorisé à refuser une accréditation à Orthez (quand elle est sollicitée dans les règles et délais).
Une seule exception depuis cette année, un certain A.V. De Vieux Boucau, ce qui importe peu puisque souffrant d'alzheimer précoce, il ignore désormais jusqu'à l'existence de notre plaza. Ce dont nous le remercions vivement puisqu'il n'y vint que pour coincer des toritos dans les burladeros (lorsqu'il prétendit la diriger) ou pour la critiquer. Le bougre a cependant fait des émules dans le registre de la bassesse.
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Il était une fois une plumitif de troisième ordre, persuadé de constituer le vivant avatar des amours d'Albert Londres et de José María de Cossío, qui exerçait ses fonctions dans un honorable quotidien local.
Par la brigue, il parvint à persuader sa rédaction qu'il pouvait parfois sortir du placard à balais où ses brillantes compétences l'avaient confiné, pour bénéficier de l'air vivifiant des callejons et des quelques menus avantages que d'aucuns se plaisent à y grappiller accessoirement (une réception par ci, une flute de rôteux par là, deux trois invitations supplémentaires, etc.).
Ajoutons que cet aimable garçon fait depuis longtemps l'admiration de l'aficion régionale par sa prétention à écrire, sur des sujets auxquels il n'entend guère. L'écoute attentive des commentaires de patio des aficionados compétents lui permettant de -parfois- camoufler ses insuffisances avec un immense talent.
Se présentant d'aventure à Orthez, il fut au début très agréable, d'une obligeance à la mesure des retours sur investissement qu'il en attendait.
Le problème, c'est que ce n'est pas trop le genre de la maison. Poliment on lui signifia qu'on n'y disposait pas de distributeur automatique de billets de faveur, et qu'en se livrant à une courte randonnée de quelques mètres, il pourrait trouver, sis à l'entrée principale, des embrasures, certes discrètes, où il pourrait trouver son bonheur, contre espèces sonnantes et trébuchantes.
Il conçut donc une certain dépit de ne point avoir été choyé à l'aune des léchages de pompes consentis (mais nullement requis).
Le ton des commentaires s'en ressentit fortement dés l'année suivante. Il nous fit même la disgrâce de nous bouder l'an dernier, épreuve terrible, à laquelle nous parvînmes néanmoins à survivre.
Entretemps, inconscients de ses formidables capacités taurines et journalistiques, divers médias -à regret sans nul doute- consentirent à se priver de ses précieux services, quand l'heure fatidique de la retraite advint. On le remplaça donc promptement par un jeune journaliste modeste et tristement compétent.
Adieu veau, vache, cochon, couvée! Le pôvre hère se voyait réduit à la portion congrue et à la condition des simples mortels qui doivent payer leurs places.
En dépit de l'avis de ses coreligionnaires, le gourou de la secte orthézienne lui octroya dimanche un sésame qui lui permit d'accéder à la ruelle, où certains lui firent sentir -on se demande bien pourquoi!- leur étonnement de le voir en ces lieux, lui qui les honnissait tant.
Le cher brave homme se préoccupa même d'aller vérifier la qualité des vins qu'on servait à l'étage d'où il fut éconduit fermement. On se demande toujours pourquoi!
Certains eussent accepté ce triste sort avec fatalité, mais point notre homme.
Avec une grandeur et une élégance remarquables, notre héros s'en prit à son successeur, l'accablant de son juste courroux, critiquant ces salauds d'ortheziens qui font outrancièrement payer les spectateurs *.
Des cuistres autochtones s'étant mêlés de la querelle, tel le prophète Isaïe, il fulmina derechef un poulet anathèmique afin de confondre les fâcheux**. Que voulez-vous, nonobstant le callejon octroyé, l'ingratitude est l'apanage des grands!
On reconnaît dans cette encyclique guerrière la profondeur de pensée, l'objectivité, la mesure qui font les grands journalistes.
Certes, il demeure quelques approximations qu'un homme de plume ne peut que négliger. Ainsi, depuis 4 ans, l'arène ne fut jamais aussi remplie, malgré les intempéries. Mais qu'importent ces menus détails qui ne relèvent que de la licence poétique puisque «Orthesio delenda est» (Orthez doit être détruite).

Si bizarrement on ne le vit point à Arzacq (dont il fut d'après lui le pilier), si tout aussi inexplicablement on ne lit plus sa prose dans le blog d'une honorable peña paloise, qu'on ne s'étonne pas.
Nul n'est prophète en son pays, et notre Caton moderne se tourne depuis peu vers d'autres horizons où il sera sans doute mieux compris.
Nul doute qu'à Mimizan par exemple, où il ambitionne de monter une feria taurine à lui tout seul (c'est du moins ce qu'il confie en privé), il donnera sa pleine mesure, dans l'esprit de sincérité, d'honnêteté, et surtout d'éthique qui fait tant défaut aux hérétiques ortheziens, qu'il aime tant malgré tout et à qui il veut tant de bien...
Nul doute non plus qu'on y verra une corrida française, labellisée Patrimoine Français, de toros français de premier choix, remarquablement encastés, qui prendront un record français, de puyazos français, avec des piques françaises, servie par une pléïade de toreros 100% français et un déluge d'oreilles, de queues et peut-être même d'indultos français. Avec en prime, des commentaires dithyrambique FRAN-CAIS.
C'est bien parti, il ont déjà droit à une manif de "zantis", devinez? FRAN-CAIS!!!
Olé (merde, comment ça se dit en français?)!
Edifiant n'est-ce pas?
Le gourou de la secte orthézienne


NOTE POSTERIEURE: Comme par extraordinaire, les articles et commentaires incriminés ont été effacés, ce qui n'est guère étonnant vu leur teneur particulièrement contestable. Pour autant, je maintiens la présente.
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vendredi 22 juillet 2011

IMMONDE ET STUPIDE

En 1975, quand Simone VEIL (et non pas WEILL) monte courageusement à la tribune de l'Assemblée Nationale pour défendre avec une immense dignité la loi qui légalise l'avortement, ce fut un déchaînement d'immondices de la part de la droite la plus conservatrice et l'extrême droite antisémite.

Comme le rappelle Jean d'Ormesson (discours du jeudi 18 mars 2010 de réception de Simone Veil à l'Académie Française) «Beaucoup d'entre nous, aujourd'hui et ici, se souviennent encore de ce spectacle où la grandeur se mêlait à la sauvagerie.».
L'Assemblée tanguait comme un navire dans la tempête, la houle mauvaise soulevant les rumeurs et les imprécations les plus ignobles.
Simone VEIL fut alors attaquée dans son identité et dans son vécu. On s'en prit, comble de l'ignominie, à son passé de déportée (à 16 ans).
C'est précisément ce jour là que j'ai compris à quels extrêmes pouvait conduire l'aveuglement, le fanatisme et l'obscurantisme, surtout en politique.

Aujourd'hui, dans un éditorial infâme, frappé au coin de la bêtise la plus crasse, inauguré par un contre-sens pitoyable («obsolescence» au lieu de «sénescence») André VIARD, celui qui depuis bien longtemps ne me fait plus sourire par ses avanies, se permet avec fatuité d'attaquer MADAME Simone VEIL, plusieurs fois ministre, députée puis Présidente du Parlement Européen, membre du Conseil Constitutionnel, académicienne, humaniste et autorité morale.

Dans un courrier du 30 juin 2011, Madame Simone VEIL écrivait:
«Monsieur,
J'ai bien reçu votre lettre me demandant de bien vouloir signer le manifeste de la Fédération des Luttes pour l'Abolition des Corridas qui souhaite interdire l'accès des corridas aux enfants de moins de seize ans.
N'ayant jamais apprécié les corridas du fait de la violence et de la cruauté qui en émanent, c'est volontiers que je signe votre pétition.
Je vous prie d'agréer Monsieur, l'expression de ma considération distinguée
Simone Veil»

On notera que Madame VEIL n'appelle nullement à l'interdiction des corridas.

Il va sans dire que je ne partage nullement cette opinion.
Pour autant, Madame VEIL, à moins que nous ne soyons subitement entrés en totalitarisme a non seulement le droit imprescriptible de l'exprimer, mais également celui tout aussi imprescriptible d'être respectée dans sa pensée comme dans sa parole.
Mettre sur un même plan le statut des enfants avortés et le sort des toros relève de la même perversion et de la même insanité morales que l'argument de ces bestialistes qui font le parallèle, entre l'élevage des poulets en batterie et les camps de concentration.

C'est tout simplement abject!!!

C'est également une atteinte intolérable à l'honneur et à la conscience morale de l'immense majorité des aficionados qui ne sauraient en rien cautionner des discours aussi indignes et extrémistes tenus par un individu qui prétend les représenter. Des discours qui ne peuvent que nous coller une réputation de réactionnaires d'extrême-droite que la plupart d'entre nous ne saurait assumer.

Combien de temps encore les caciques de l'O.N.C.T. accepteront-ils par veulerie, passivité ou commodité de cautionner des écarts aussi préjudiciables?

Je ne connais pas Madame VEIL et je ne partage pas ses idées, mais si j'en avais la possibilité, je lui témoignerais mon indignation et ma solidarité devant l'inqualifiable outrage qu'elle subit injustement.

La défense de la tauromachie ne justifiera JAMAIS qu'on use d'arguments indignes et qu'on salisse la réputation d'une femme éminemment honorable.
Xavier KLEIN

mercredi 20 juillet 2011

Les blondinets d'Aurelio. ORTHEZ 2011

La novillada d'Aurelio HERNANDO constituera la vraie découverte de la journée. Une ganaderia qui essaye de faire revivre le sang veragua.
Si elle sort comme les vaches que nous avons vu tienter, avec un physique de springbok, un fighting spirit d'irlandais et le talent d'all-blacks, le résultat risque d'être intéressant.
Ce sont des novillos plutôt techniques qui demandent à être lidiés.
Ce qui est pourtant indéniable, c'est la présentation, me semble t-il inattaquable des sympathiques concurrents: jugez par vous même...
Toujours les photos du petit.

  
  
 

La «plaza qui n'existe pas» ORTHEZ 2011

Il y a aux confins méridionaux du pays taurin, une «plaza qui n'existe pas».
Dans les opus glacés, dans les chroniques complaisantes et convenues, dans les radios d'état de certains caciques, Orthez n'existe pas.
Que son nom ne soit plus!
En d'autres temps, sous d'autres cieux, on maquillait photos et films. Trotsky disparaît de la compagnie de Lénine pour ne pas offenser la grande sensibilité de Staline, comme Rudolf Hess disparaît de celle d'Adolf. Le moujik qui suspend le drapeau rouge sur le dôme du Reichtag en mai 45, n'a plus au poignet les 3 ou 4 montres qu'il vient de piller.
On pourrait multiplier les exemples de falsification qui sont devenus autant d'icônes.
Dans le domaine taurin, nous avons aussi nos tyranneaux de bas étage. On a lu récemment avec délectation certains opus (dei) où s'entretenant de Dolores AGUIRRE, dans la plus pure tradition de la censure totalitaire, on a soigneusement ca(viar)dé toute allusion passée ou future à la «plaza qui n'existe pas».
Une telle vindicte parée d'une telle mesquinerie prête surtout à sourire par sa puérilité. On sait combien l'absence motive le désir, combien la dissimulation engendre la curiosité. Pour l'imbécile, ignorer l'autre, c'est le nier, c'est l'empêcher d'exister. Une logique égocentrique et parano, combien éloignée des réalités, en cela comme pour le reste.
L'aficionado avisé et informé ne tirera donc sans doute qu'une conclusion: dimanche, tous à Tyrosse!
Quand à moi, pauvre homme, je serai dans la «plaza qui n'existe pas», à regarder des «toros qui n'existent pas», toréés par des «toreros qui n'existent pas», d'une «corrida qui n'existe pas» avec des «aficionados qui n'existent pas».
«The» pied et «the» must!
***
Un an d'attente, de travail, d'espérance, de passion, de désir quoi, qui va se conclure dimanche en un paroxysme de deux heures.
Voilà bien de cette déraison qui permet d'exister.
Ils ont débarqué ce mardi, au petit matin, dans les corrales de Dax, sous l'averse.
Déjà les paris sont ouverts, les conjectures se bousculent, les pronostics s'affrontent: le chorreado enthousiasme l'un mais d'autres lui préfèrent la «gueule» du 19, certains votent bajito, d'autres pitones.Ils sont jolis, musculeux à souhaits, de ce trapio adapté à la mobilité et au ruedo que nous recherchons à Orthez.
Tout le plaisir de la dispute théologique taurine.
Toutes les joies de l'échange et de l'aficion partagée!
La tauromachie est culture et rencontre avant tout, et les moments de campo, de corral, sont ceux que l'aficionado goûte le plus.
Mon fils Alexandre s'est plu à les photographier.
Les voili, les voilà les «douleurs» de Constantina:
Xavier KLEIN
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jeudi 14 juillet 2011

Madre Coraje


Il en est que l'adversité réduit à l'état de carpette, qui comme certains toreros à leur première blessure grave ne passent pas l'épreuve du sang.
Il en est aussi, bien plus rares, que l'adversité grandit et révèle.
Nathalie VALLEJO-HICAUBE fait partie de ces femmes fortes et débordantes de vie qui ne se laissent pas abattre par le destin, relèvent fièrement la tête, serrent les dents et se remettent en marche.
Cette Scarlett O'HARA des temps modernes lutte avec ténacité, détermination et bonne humeur, pour que le rêve qu'elle avait nourrit avec le regretté Luis continue à vivre. Femme de caractère, Nathalie sait ce qu'elle veut. Elle ne mâche pas plus ses mots qu'elle ne transige sur ses conceptions de ce que doit être pour elle le rôle et la tache d'un cheval de piquero.
Animée par une afición ardente, sa haute ambition s'appuie sur une expérience, un savoir et une pratique éprouvés de l'art et de la science équestre.
Il faut l'entendre raconter avec passion les milles anecdotes d'une vie cavalière, s'épancher avec verve sur le quotidien de chacun de ses pensionnaires, sur ses manies, ses qualités, ses défauts, son tempérament. Ce discours de feu qui fait écho à celui que l'on entend au fin fond du campo sur d'autres quadrupèdes, cornus ceux-là.
Afición, compétence, engagement. Qui en douterait après l'avoir vue monter au débotté (c'est le cas de le dire) pour remplacer le piquero en retard lors de la tienta d'avril?

Outre sa forte personnalité, Nathalie sait écouter et débattre. La scandaleuse polémique entretenue l'an passé pour des motifs moins avouables que les arguments avancés (la concurrence est rude et certaines prises de positions camouflent en fait des intérêts cachés) n'a fait que conforter sa résolution. Une résolution qui n'exclut nullement l'écoute, le désir de progresser et de se perfectionner.
Les difficultés ne manquent pourtant pas. Former une cuadra de caballos, entretenir et dresser une dizaine de chevaux, assurer les engagements exige un travail acharné et combien de sacrifices.
 Petit à petit, cheval après cheval, Nathalie constitue sa cuadra, avec l'aide et le soutien de ses amitiés espagnoles. Les chevaux sont acquis avec une manière de lising.
Malgré un intérêt et un engouement croissant des empresas (elle officiera dans 7 ou 8 plazas cette année), faute de suffisamment de contrats, plutôt que de tous les garder à demeure, avec les coûts que cela implique, elle préfère qu'à la morte saison, certains de ces chevaux «travaillent», s'entraînent, se bonifient encore en Espagne, avant leur domiciliation définitive en France.
C'est un recours indispensable à qui n'est pas né avec une cuillère d'argent dans la bouche, et n'a pas trouvé tout cuit, tout servi, comme c'est le cas pour d'autres.

Qu'importe, Rome ne s'est pas construite en cinq jours!
Nathalie a parfaitement compris la demande qui émerge, notamment à Orthez. Preuve en est l'entrainement et le régime diététique draconiens qu'elle impose à ses champions pour parvenir au poids, à la mobilité et au dressage optimaux.

Quand nous sommes allé la voir avec l'ami Laurent, nous n'étions nullement inquiets sur la cuadra qui officierait à Orthez, nous en sommes revenus carrément enthousiastes...
Si un jour vous passez par Poyartin, dites lui votre soutien, mais ne vous attardez pas trop: Nathalie bosse dur, pour elle, et le petit Antonio!
Intelligente, décidée et qui plus est ravissante, je l'adore notre «Pimpinette», et je la soutiens, elle en vaut la peine.
Suerte Nathalie!
Xavier KLEIN