Humeurs taurines et éclectiques

jeudi 13 janvier 2011

Ca fait du bien là où ça fait mal... ou la défaite d'Albert LONDRES


«Celui qui ouvre une porte d’école ferme une prison»
Victor HUGO
«Celui qui supprime un instit, crée un maton»
Xavier KLEIN

J’aime bien bouger, j’aime la nouveauté, le renouvellement. Plutôt, j’aimais. Alors, je remue moins, je reste plus quiet, moins réactif.
Avec les années on se calme, on apprécie moins le changement, la remise en question, la perturbation vivifiante, le mouvement…

Pas bon! Pas bon! La véritable vieillesse est là, dans l'acceptation et le fatalisme, pas dans les rides ou les cheveux blancs.
Pourtant, il demeure des causes, des discours, qui malgré cette ankylose me font toujours bondir et m'indigner.
***
En 1996, le concours de Chef d’Etablissement de l’Education Nationale en poche, j’entamais une année de formation.
A l’époque, il y avait concours -très sélectif de surcroît (700 reçus pour 7800 candidats)- et formation de qualité. Une année de «stage lourd» (formation théorique, technique, pratique, suivie de deux années de stage en situation).
Le concours n’existe plus. D’une part parce qu’il laissait accéder des candidats indésirables par la hiérarchie (quand on recrute les gens sur des capacités intellectuelles, on n’a pas les mêmes résultats que lorsqu’on les coopte sur des critères de «maniabilité» et de soumission à l’autorité), d’autre part parce que la barre étant trop haute, le niveau de recrutement ne cessait de baisser (de 13/20 au dernier admis on passait à 9/20) et l’on ne trouvait plus de candidats compétents.
La formation lourde aussi n’existe hélas plus (il paraît que c’était inutile. En langage administratif normalisé sarkoziste, "inutile" signifie "coûteux"…). C’est fort dommage, car durant cette formation, on bénéficiait d’un mois de stage par trimestre dans des administrations ou entreprises autres que l’Education Nationale.

Quelle opportunité, au mi-temps de sa vie professionnelle, de pouvoir lever le nez du guidon, et d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte!
J’avais choisi trois secteurs dont les activités m’intéressaient à divers titres: le milieu carcéral et plus particulièrement celui des mineurs et jeunes majeurs, la Police Nationale, et enfin une entreprise de logistique internationale.
Ce dernier stage m’a considérablement éclairé sur les mérites comparés du public et du privé. Ayant eu de nombreux contacts avec beaucoup d’entreprises, j’ai constaté qu’on n’y travaillait ni plus, ni mieux, ni plus vite, ni plus moderne qu’ailleurs, et que mon honorable administration tant décriée, n’avait nullement à rougir de la comparaison.
Lors de ce stage, j'ai travaillé sur la rationalisation des outils de travail, l'élaboration de formulaires et de procédures, sur l'application de l'informatique, alors balbutiante, aux besoins quotidiens. L'expérience n'a pas dû être complètement négative puisqu'on m'a vivement sollicité pour une embauche, à l'issue de mon séjour, pour un salaire nettement supérieur, à ce que l'Etat me consentait.
***
Les deux autres stages représentèrent des expériences inoubliables.
La Sûreté Urbaine de Bordeaux est un monde complexe où l’on peut rencontrer des personnalités trempées tout à fait extraordinaires. Je suis passé dans tous les services, des «stups» aux mœurs (l’ancienne «mondaine») en passant par la cellule anti-terroriste, la financière, etc. J’en parlerai un jour, si vous souhaitez.
Je resterai marqué à jamais par mon séjour d’un mois à la Maison d’Arrêt de Gradignan (février 1997) et notamment au centre de rétention des jeunes. A telle enseigne que pendant 2 ans, j’ai ensuite servi comme visiteur de prison, activité que je reprendrai sans doute, quand je serai retraité.
Il paraît que le français moyen, même et y compris lorsqu’il est de souche étrangère, voit la prison comme un lieu idyllique avec télé, salle de sport et repas gastronomiques.

Peut-être, mais alors le détail m’a complètement échappé.

Personnellement j’ai plutôt été épouvanté par les cellules minuscules et surpeuplées, les personnels en sous nombre complètement débordés et dépassés, l'absence criante de formation, d’aide psychologique et morale. J’ai rencontré des hommes à bout, déconstruits, dans la détresse la plus profonde, à leur énième tentative de suicide, des jeunes aux yeux vides, que l’espoir avait déserté.
Dans la lignée des idées généreuses du Conseil National de la Résistance, la base de notre édifice pénal reposait antérieurement sur l’idée de réhabilitation et d’insertion. Disons le tout de go, ce n’est malheureusement plus le cas.
Rassurons les beaufs: leurs voeux sont comblés. La sanction, la punition ont pris le pas et la situation des prisons, remplies à ras bord, est catastrophique. Les diverses remontrances à la France des instances européennes sont d’ailleurs là pour en témoigner. Le pays des Droits de l’Homme est celui des pays développés, où les détenus sont le plus indignement traités: «Dis-moi comment tu pénalises et je te dirai qui tu es»
La prison est plus que jamais un lieu de souffrance, où l’on vous infantilise, où l’on vous brise, où l’on vous soumet. Une école de l’hypocrisie, de la violence, de la drogue, de la loi du plus fort, où l’on fabrique plus des bêtes féroces que des futurs citoyens réhabilités, reconstruits et aptes à un nouveau départ.
Bien sûr, je ne sombrerai pas dans l'angélisme. Beaucoup de détenus, quelles que soit les modalités de leur peine, rechuteront. Parce que l'«imprégation» de la transgession est particulièrement marquée en eux, parce qu'ils sont irrémédiablement étiquetés, parce qu'à l'issue de leur détention, ils retombent dans le «bouillon» de culture qui a favorisé leur chute. Sait-on que nombre de détenus se suicident ou subissent des dépressions graves à leur libération? Une espèce de nostalgie des barreaux, une incapacité à vivre libre et autonome.
Ma pratique professionnelle avec des enfants m'a convaincu de la nécessité du tryptique: EDUCATION, PREVENTION, REPRESSION. Expliquer et justifier la règle, être présent pour la faire appliquer, sanctionner raisonnablement et intelligemment les transgressions.
Actuellement en France, on renonce à l'EDUCATION, que ce soit à l'Ecole, mais aussi  sur le terrain social: pardi, il faut bien les trouver ces 1 fonctionnaires sur 2 à ne pas remplacer!
Pour les mêmes raisons on a sacrifié la PREVENTION. Les ilotiers, la police de proximité n'existent plus. On a préféré y substituer les incursions spectaculaires et régulièrement médiatisées (cf il n'y a pas une soirée TV sans reportage "live" sur le sujet).
Il ne demeure plus que la REPRESSION, qui s'apesantit jour après jour, loi après loi, dans un climat de peur soigneusement entretenu.
***
Pour parler franc, je suis sans nul doute un idéaliste béat, mais je doute que les tabassages en règle, que la loi du milieu qui s'exerce aussi en taule, que les brimades, que la sodomisation brutale d’un jeune adulte dans les douches ou par un «compagnon» de cellule puissent être de nature à l’épanouir et à le réhabiliter. Est-ce d'ailleurs le dessein non dit de ceux pour qui l'«ennemi social» et la peur qu'il engendre sont électoralement payants.
Mais c’est un point de vue! Question de sensibilité hémorroïdaire sans doute! La rectitude par le rectum. Tout le monde ne peut s’appeler Jean Genet!
Je suis certes un vieux con catholique et gauchisant, mais je tiens à la connerie qui m’avait ému en voyant un jour «Chiens perdus sans collier».

Je n’ai jamais renoncé à «ça» et quitte à mourir de et avec cette connerie, je n’y renoncerai jamais.
Sartre avançait: «L’existentialisme est un humanisme».
Cette connerie là l’est également, même si la chose n’est plus de mode!
Xavier KLEIN

A lire ou relire: «Surveiller et punir » de Michel FOUCAULT


dimanche 9 janvier 2011

Tauromachie et fascisme?

"Le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est obliger à dire" 
Roland BARTHES



J’ai reçu, début janvier, ce courriel (email en bon français) de Monsieur Marc FABRE.
Marc FABRE, éminent débateur anti-corrida, a publié en 2009, un ouvrage que j’ai trouvé pour ma part éminemment  intéressant quant à son approche, intitulé : «Les Mythes tauromachiques» (Nouvelles Presses du Languedoc).
Il me semble tout aussi intéressant, même si cela fait rouscailler certains lecteurs qui trouveront vain de débattre ainsi avec les «zantis», de vous communiquer ce courrier, ainsi que les réflexions qu’il m’inspire.
Je tiens à saluer la courtoisie de Monsieur FABRE, qui se distingue de nombre d’opposants en évitant l’injure ou l’anathème gratuit. Pour autant, je me questionne quant à la parenté de ces thèses avec un tract dont j’avais déjà eu l’occasion de dénoncer l’inanité.
***
Monsieur Xavier Klein
C’est avec curiosité que je découvre aujourd’hui votre blog sur la corrida. Pour m’être penché assez longtemps sur ce sujet en tant qu’observateur critique, je remarque avec intérêt la passion, la tension voire les hostilités que cette pratique suscite en vous.
Vous me paraissez lucide et même intéressant sur bon nombre de choses.
Homme de gauche, vous devriez cependant savoir que les systèmes de domination sont des édifices précaires, sans cesse minés par des failles souterraines. Il y a dans la tauromachie un versant névrotique, destructeur et autodestructeur que je crois percevoir chez beaucoup d'aficionados (j'habite Nîmes) et aussi dans vos propos. (Je reconnais que l'exercice du blog est une courageuse, risquée et édifiante mise à nu)
Vous voudriez situer la corrida dans un sanctuaire apolitique alors que la corrida contient toute la politique. Et je souhaite vous dire pourquoi.

Voici ci-dessous ma réponse à F. Marmande qui faisait une énième apologie de la corrida et que «Le Monde magazine» a bien voulu publier à la fin octobre:
«Pour habiter une région de corridas et pour avoir observé en détail l’univers mental et la pratique taurine pendant plusieurs années, j’affirme que la tauromachie est un condensé des mécanismes et des mythes fascistes. A savoir le culte de l’héroïsme et du dépassement de soi, l’éthique de la domination, la morale de la force, le modèle (réduit) de la guerre et de la victoire, la purification par le sang, l’esthétique de la mort et du sacrifice, la glorification des martyrs, la nécessité du parcours initiatique, le détournement du sens commun des mots (respect, amour, loyauté), le bric-à-brac métaphysique de l’inexplicable, l’exaltation de l’Antiquité et de la tradition, la vénération de la hiérarchie, la mise en scène de l’émotion de masse, la magnificence du rituel et du décorum, le phallocentrisme et le retour du refoulé homosexuel, le recours aux sentiments identitaires.»
Si vous voulez en savoir plus sur cette réflexion je vous invite à lire mon livre «Les Mythes tauromachiques» paru aux Nouvelles Presses du Languedoc.
Salutations.
Marc Fabre
***
Il me paraît, dans ce texte comme dans son ouvrage, que Monsieur FABRE donne dans le travers très commun de confondre opinion et réalité. Mieux, il peut «affirmer».
Quel heureux homme de SAVOIR ainsi!
Il n’aura pas échappé au lecteur attentif de ce blog, combien, mis à part les articles résolument polémiques (pour le plaisir), j’use et abuse de manière tout à fait délibérée, des termes «me sembler», «me paraître».
Je pourrais presque en garnir toutes les phrases. Derrière ces précautions se niche le doute, et surtout le désir de ne pas confondre une idée, une conviction, une OPINION parfaitement personnelles et subjectives, avec une REALITE objective.
Nos approches sont donc diamétralement opposées puisque M. FABRE s’intéresse à la réponse alors que je me place plutôt du côté de la question.
Selon la tradition rabbinique, c’est précisément les définitions du croyant, celui qui a la foi, et de l’incroyant ou de l’agnostique. Ce qui me donne toujours à penser que les fanatiques de l'animalisme ET de la tauromachie se situent dans le répertoire de la croyance, et non dans celui de la raison.
Je pourrais souscrire à la globalité de son courrier, hormis sa réponse à M. MARMANDE, nous le verrons.
OUI, Monsieur FABRE, «Il y a dans la tauromachie un versant névrotique, destructeur et autodestructeur».
On pourrait se contenter de répondre laconiquement: «Et alors?»
Pour être toutefois plus explicite, étant donné que nous n’avons généralement le choix qu’entre la névrose et la perversion, il est plutôt heureux que vous nous ayez catégorisé dans ce pôle là. Néanmoins, je vous trouve très optimiste car je ne jurerai pas que quelques pervers ne viennent se fourvoyer a los toros.
Par contre, si l’on devait se passer de tout ce qui se révèle «névrotique, destructeur et autodestructeur», les activités humaines se réduiraient considérablement à un «meilleur des mondes» d’Eloïs («La Machine à explorer le temps» d’Herbert George Wells).
A tout le mieux verrait-on la disparition de la plupart des expressions littéraires, artistiques et sportives.
Quoi de plus conforme à votre description que la pratique de la boxe, du rugby ou du … marathon, les opéras de Puchini, les tableaux de Goya ou de Dali, les films de Pasolini, de Nagisa Oshima ou de Woody Allen?
OUI, Monsieur FABRE, je veux «situer la corrida dans un sanctuaire apolitique alors que la corrida contient toute la politique.». Vous le dites fort bien: «je veux» (désir) et non «elle est» (réalité). Vous et moi savons que peu d'activités échappent au champ du politique. L'usage du bilboquet ou de la quenouille, peut-être?
***
En ce qui concerne votre réponse à Monsieur MARMANDE, je dois me reconnaître perplexe.
D’une part, parce que votre énumération procède de l’amalgame grossier, qui tutoie la reductio ad hitlerum.
D’autre part parce qu’un phénomène humain est nécessairement variable, voire évolutif dans son contenu comme dans son signifiant selon le temps et le lieu (surtout pour la corrida dont l’histoire se déroule dans plusieurs cultures et continents depuis 3 siècles). De quelle corrida parlez-vous? De celle de Mazzantini, de celle de Belmonte ou de celle d'El Juli? De celle de l'Amérique du Sud, de l'Andalousie ou de Vic-Fezensac?
Enfin parce que là aussi, votre définition répondrait à de nombreuses activités humaines, à commencer par la religion, version Eglise Catholique. L'Eglise Catholique est ou a été beaucoup de choses, mais sûrement pas fasciste.

Donnez-vous la peine de consulter la biographie et les écrits de Pierre de Coubertin et vous constaterez que vous vouez aux gémonies dans votre épître, l’esprit olympique moderne, qui n’a rien de «gentillet». Comment le grand homme résumait-il la chose déjà? «Citius, Altius, Fortius». Et ce n’est pas un fait du hasard si tous les totalitarismes, bruns comme rouges, ont beaucoup apprécié et exploité ces activités là.
Peut-on sérieusement généraliser un tel inventaire? Vous vous dîtes fin observateur et connaisseur de la chose taurine et vous semblez ignorer l’abîme et les fossés qui séparent les diverses perceptions de la tauromachie?
Vous plaisantez, j’espère?
Il ne vous aura pas échappé que les conceptions de Monsieur Simon CASAS, diffèrent de celles d'André VIARD, et que je ne suis nullement en accord avec les deux. Le monde taurin n'est nullement monolithique.
***
Vous me reconnaissez le mérite de la lucidité.
Je vous en remercie et je puis vous assurer en retour que si chaque aficionado peut trouver dans votre liste des éléments qui le concernent, il en laissera tout autant.
Culte de l’héroïsme et du dépassement de soi: Oui, et alors? C'est ce que l'on célèbre devant tous les monuments aux morts de France, mais aussi dans nombre d'oeuvres, de "l'Odyssée" d'Homère aux "Seigneur des anneaux", en passant par les romans épiques médiévaux. Le style épique fasciste?
Ethique de la domination: Non, mais dévoilement de cette pulsion, hypocritement cachée dans la société moderne. Encore ne s'agit-il que de la domination de l'Homme sur l'Animal, c'est à dire de quelqu'un sur ... quelque chose.
Morale de la force: Sûrement pas, puisque la force, c'est l'animal, et que l'homme se situe quant à lui dans le répertoire de la ruse et de l'intelligence dans le combat.
Modèle (réduit) de la guerre et de la victoire: Là, je ne vois vraiment pas... Je vous renvoie toutefois aux travaux de Jean-Marie BROHM, sociologue du sport.
Purification par le sang: Attention! Vous confondez avec les tauroboles du mithraïsme.
Esthétique de la mort et du sacrifice: Ritualisation d'un sacrifice certes. De la mort? Il me paraît que la corrida célèbre et surtout commémore le triomphe de la vie, la victoire de l'Homme chasseur. Mais sans doute cette idée relève t-elle du "bric-à-brac métaphysique"!
Glorification des martyrs: ??? Se souvenir et honorer les morts est-il désormais une tare dans votre société post-moderne?
Nécessité du parcours initiatique: Malheureusement non. Je crois que le malheureux Hermann HESSE, apologue de l'initiation et féroce antinazi aurait apprécié.
Détournement du sens commun des mots (respect, amour, loyauté): C'est votre opinion. Il ne me semble pas qu'ils soient détournés. A noter que la perception de ces valeurs et sentiments est aussi complètement subjective que possible. Ces trois mots n'ont pas le même sens pour vous, pour moi, pour un samouraï ou un chevalier médiéval (qui ont initiés le fascisme sans doute...).
Bric-à-brac métaphysique de l’inexplicable: Certains s'y livrent effectivement. C'était également le cas des fascistes Saint Augustin ou Saint Jean Chysostome. On a également formulé cette critique à la franc-maçonnerie, à la psychanalyse, et en règle générale à la philosophie.
Exaltation de l’Antiquité et de la tradition: Tradition? Je veux bien. Encore que fascisme et nazisme se voulaient "du passé faire table rase" et créer "l'Homme nouveau". Mais si vous voulez que l'attachement aux traditions soit absolument un symptôme de fascisme...
Antiquité? Mettez-vous au goût du jour! Cela fait plus de quarante ans que ce genre d'argument est dépassé, du moins pour les "tauromachologues" sérieux.
Vénération de la hiérarchie: Laquelle? Le torero à pied est l'émanation de la plèbe triomphante qui vient bouleverser l'ordre seigneurial des nobles-cavaliers.
Mise en scène de l’émotion de masse: Non, pas de masse. Justement, la corrida est une activité populaire, pas de masse. Mais bon, si vous voulez que l'ensemble des concerts pop, des manifestations sportives soit fasciste également.
Magnificence du rituel et du décorum: Oui! Oui! Oui! Comme la messe de Noël, l'ouverture des Jeux Olympiques, l'opéra, le concours de l'Eurovision, la séance d'ouverture de l'Assemblée Nationale, le défilé du 14 juillet 1989 de Jean Paul Goude, etc... Très fasciste tout cela!
Phallocentrisme et le retour du refoulé homosexuel: Vous avez vu un torero de près? Sûrement pas taillé comme un culturiste, un rugbyman, ou le cher Arnold S (on laisse ces goûts là à Thierry HELY)!
Qui vous parle du "refoulé" homosexuel? Comme dans tous les milieux, il y a de l'homosexualité, à mon sens plutôt plus qu'ailleurs (comme dans les sports collectifs, la légion, les camionneurs, la danse, les antiquaires, les coiffeurs, les..., les...). L'homosexualité vous pose problème? A moi, non.
Recours aux sentiments identitaires: Très à la mode non? Sarkozy, fasciste?
***
Vous m'excuserez d'être lapidaire, mais ces quelques réponses nécessairement sommaires et fragmentaires vous donneront une petite idée de l'inanité de votre thèse et de la facilité à l'infirmer.
Comparaison n'est pas raison. Prendre ses désirs -en l'occurence celui de diaboliser la tauromachie à tout prix- pour des réalités, me semble incompatible avec le souci de démarche rigoureuse que vous affichez.
On a mis le fascisme à toutes les sauces, ce qui est une manière de le banaliser et de le dédramatiser.
Excusez l'historien que je n'ai jamais cessé d'être, de le conserver dans sa véritable acception historique.
Le sport, la religion, l'idée de nation, la tradition ont été instrumentalisés par le franquisme, QUI N'EST PAS UN FASCISME à proprement parler. Pour autant, il est navrant de constater que de grands esprits pratiquent de telles funestes confusions.
Dommage!
Xavier KLEIN

Addendum ultérieur: A tout seigneur tout honneur l'article rétrospectif et génial de Maître Ludo: http://leciegonaimepaslesgens.blogspot.com/2009/11/on-feut-nous-paffer-au-fil-du-fabre.html 

jeudi 6 janvier 2011

Diego URDIALES à la Peña ALEGRIA de DAX

 Mes «compadres» de la Peña Alegria de Dax me prient de bien vouloir communiquer l’information suivante, ce que je fais avec d’autant plus de plaisir qu’il est toujours réjouissant de voir les peñas «sérieuses» s’investir dans leur rôle de formation (sans prétention) de l’aficion.
Traditionnellement les conférences de l’Alegria sont toujours d’excellente tenue. Et en plus … ils savent recevoir les bougres !
J’vais peut-être y faire un tour, d’autant qu’Urdiales me paraît représenter la relève des toreros de «lidia», espèce en voie de disparition.

Peña Alegria - Dax, le 3 Janvier 2011.

Cher(es) ami(es)
Dans le cadre de ses activités hivernales et afin de fêter ensemble 30 années consacrées à la passion ''a los toros y a los toreros'' les Membres de la Peña Alegria vous invitent le
VENDREDI 14 JANVIER 2011 à partir de 20 HEURES
SALLE N° 1 des HALLES DE DAX
à une CONFERENCE DEBAT sur le thème:
PROFESSION : MATADOR DE TOROS, ''de l'Ombre à la Lumière''
avec la présence du Maestro DIEGO URDIALES, triomphateur de la corrida de Victorino Martin de la Feria de Dax 2010.
Le débat sera animé par Hervé Touya.

Projection de diverses faenas triomphales de Diego Urdiales.
A l'issue de la conférence, le pot de l'amitié sera servi.
L'entrée est libre et gratuite

Comptant sur votre présence, très amicalement, les membres de la Peña Alegria.




lundi 3 janvier 2011

Fôtes d'aurtografe


«L'orthographe est plus qu'une mauvaise habitude, c'est une vanité.»
Raymond Queneau

Je recevais récemment un mail, témoignant d’un échange édifiant entre un journal taurin qui présentait gentiment ses vœux et le destinataire. Un courrier largement diffusé, c’est pourquoi j’en fais état.
«- Toute la rédaction de la revue Toromag se joint à moi pour vous souhaitez ses meilleurs voeux pour cette nouvelle année.» écrivait le premier.
«Vous "souhaitez" prend un "r". Souhaitons donc un peu plus de rigueur pour le respect des lecteurs.» répondait élégamment le second.
Par charité et pour ménager le suspense, je m’abstiendrai de nommer le goujat qui, non content de répondre à une courtoisie par une vacherie, s’est débrouillé pour la faire savoir.
Vous savez le principe du pilori! C’est à ce genre de délicatesse qu’on identifie les âmes pures.
Le trait s’avère d’autant plus cocasse et ubuesque que les écrits du censeur sont très régulièrement émaillés de fautes d’orthographe, de syntaxe, de barbarismes, de contresens, et autres palinodies langagières et philosophiques. Sans compter qu'en matière de respect du lecteur, l'homme parle d'or.
L’hôpital qui se fout de la Charité!
Tiens pour rire! Pour ne citer qu’un article intitulé ce jour «Quel avenir pour burladero?», je relève: «dù» (en lieu et place de «dû»), «shéma» (pour «schéma»), «medias» (pour «media», qui est en latin le pluriel de «medium», mais il existe, il est vrai, une tolérance), «ce départ inopiné est» (au lieu de «ce départ inopiné soit»). Un florilège pour quelqu’un de tellement intransigeant sur l’écriture!
***
Je ne me permettrai nullement de rejouer ici la parabole de la poutre et de la paille (Matthieu VII, 1-5) parce qu’ils se comptent chichement ceux qui écrivent beaucoup et régulièrement, tout en demeurant indemnes de tout reproche orthographique, moi le bon dernier. La liste des grands auteurs abonnés à une orthographe chancelante serait à cet égard très édifiante.
En ce qui me concerne, j’essaie toujours, avec plus ou moins de réussite, de présenter des textes correctement écrits et, si possible, dépourvus de fautes d’orthographe. Il y a là une politesse du verbe, qui me paraît représenter la moindre des corrections.
***
Pourtant, nonobstant le soin que j’y apporte, en dépit des deux ou trois relectures, ces «ch’tites salop’ries» de feautes d’ortografe persistent à s’embusquer entre les mots.
Non que j’ignore les règles et conventions, mais allez savoir pourquoi, telles des tireurs d’élite parfaitement camouflés, on peut passer dix fois à côté sans les remarquer et ne les découvrir qu’à la onzième. En bon tenant de la psychanalyse, je considère alors le contexte de ce lapsus écrit, souvent révélateur.
En outre, je constate une certaine dégradation de la situation, l’âge venant.
J’ai toujours profité, SANS MERITES, de ce que l’on appelle une orthographe naturelle. C’est à dire que je ne me suis jamais trop posé la question de telle ou telle règle. Je lis, et je ressens comme un malaise, une imperfection, quand je tombe sur la faute, un peu comme on souffre d’une fausse note dans un solo.
En cas de doute, je réécris le mot, et la plupart du temps, il tombe alors juste.
Toutefois, cette faculté s’émousse actuellement, ou plutôt j’ai la perception de son délitement. Cela me trouble, comme me troublent la confusion ou les difficultés de mémorisation qui se multiplient depuis que j’ai subi un A.V.C., il y a un an. Je ne retiens plus ce que je lis et ce que j’apprends. S’il fut un temps lointain où, je ne faisais que 3 ou quatre fautes dans les dictées de Pivot, je n’en suis plus capable.
La plupart du temps, quand je ponds un texte dans la précipitation, ou bien lorsque je réponds rapidement à un commentaire ou à un mail, je m’aperçois –horreur!- que les fautes s’y multiplient. Cela me navre. Festina lente pour compenser les effets dévastateurs de la décrépitude!
***
Il me revient que l’on dit souvent que l’orthographe est la «science des ânes». Les «zantis» protesteraient sûrement à cet opprobre jeté arbitrairement sur ces sympathiques quadrupèdes que leurs têtes pensantes se contentent de castrer.
Phobie ou jalousie? Ne dit-on pas «monté comme un âne», ce qui pourrait en effrayer plus d’une et en complexer plus d’un?
A tout prendre, je préfèrerais qu’on me prenne pour un con plutôt que l’on m’ôtât les roubignolles, mais bon, ce sont les valeurs des «zamis des zanimaux» que l’on doit d’autant plus respecter qu’il ne respectent nullement les nôtres. Plutôt con que châtré, question d'éthique…
Après cette subtile et élégante digression, je voudrais souligner combien, qu’on le veuille ou pas, l’orthographe constitue un facteur normatif dans la vie sociale.
Je ne me prononcerai nullement sur le bien fondé d’une hypothétique réforme, quoique mes sympathies allassent au maintien d’un rapport de notre langue à la culture et à l’histoire, ainsi que d’une exigence intellectuelle, que l’on voit partout s’émousser dans un grand mouvement de nivellement par le bas. Il est bien plus facile et plus populaire d'abaisser la barre que d'entraîner les gens à la sauter. Cela leur laisse l'illusion qu'ils sont performants, même si l'enseignement et les diplomes se dévaluent. Cela s'appelle aussi de la démagogie, enfin je crois.
Je constaterai seulement qu’en cette matière, comme en d’autres, nos élites ont des conceptions à géométrie variable, selon qu’elles se réfèrent à la condition de la masse ou à celle de leur caste.
***
Car à la vérité, l’orthographe constitue un facteur évaluatif et discriminant évident, sauf pour ceux qui refusant cette élémentaire réalité, se bercent d’illusions, ou se préoccupent de maintenir une barrière non-dite, mais bien présente, dans l’ascenseur social. Tant l’accès aux grandes écoles qu’aux postes convoités du public ou du privé se trouve de facto, largement conditionné par une expression écrite de qualité. Et quand bien même déciderait-on de ne plus prendre en compte ce facteur pour des recrutements, le contrevenant se verrait affligé d’un handicap excessivement pénalisant. J’ai ainsi su qu’un Inspecteur d’Académie se gaussait des fautes d’un de ses homologues en diffusant ses courriers corrigés à l’encre rouge! La bassesse ne sévit pas qu’à Vieux Boucau…
Dans un pays d’histoire et de tradition millénaires, la cooptation des castes dirigeantes passe par ce genre de «détail», si l’on considère -à tort- que la maîtrise de la langue, donc de l’information, donc de la connaissance, donc du pouvoir, relève du «détail». Il convient donc de ne pas se méprendre sur la portée du geste correctif qui vise avant tout à l’humiliation.
C’est pour ces diverses raisons, que dans l’exercice de mon métier, j’accorde une importance extrême à ce point, ressassant aux enfants et aux familles, qu’il convient qu’ils ne le négligeassent pas, car dans le 7° arrondissement ou à Neuilly, on ne saurait le négliger. C’est cela l’élitisme républicain: entretenir les plus hautes exigences et ambitions pour les «modestes». C’est de fait les respecter et vouloir pour eux ce qu’on attend pour ses propres enfants.
***
Autant j’attache de l’importance à l’orthographe de mes textes, question d’amour propre et d’élégance, autant pour les raisons qui précèdent il me paraît ridicule et méprisable de s’attaquer à l’orthographe déficiente de son prochain, hormis quand le quidam aurait des prétentions injustifiées à une culture qu’il ne maîtrise pas.
Il en va de l’instruction comme de la fortune, on ne saurait reprocher à quelqu’un d’en être dépourvu, sauf si, j’insiste, comme l’infâme Jose Millán Astray, on se fait gloire de ne pas en avoir et l’on s’en prend à ceux qui en disposent («Viva la muerte y muerte a la inteligencia»).
Si, comme je l’avance plus haut, la maîtrise de l’orthographe me semble importante à tous points de vue, elle ne saurait compenser à elle seule l’indigence de la pensée et de la créativité.
A tout prendre, je préfèrerai toujours avec sympathie, un illettré intelligent, surtout s’il a du cœur, de la noblesse, et de l'«alma», à un crétin instruit (et cette dernière catégorie foisonne en ce que ma grand-mère avait coutume de qualifier de «frottés de lycée»).
La plupart de mes amis sont des gens sans prétentions, artisans, paysans, ouvriers, qui cultivent la simplicité et la richesse de cœur. Leur commerce me réjouit et me profite infiniment plus que celui des outrecuidants. Ne serait-ce que parce qu’ils savent éventuellement juguler avec bonne humeur les velléités de vanité que, comme les copains, je pourrais entretenir.
Le cœur, voilà la vraie richesse! Car si la connaissance ou l’orthographe s’apprennent, le cœur lui ne s’acquiert pas.
Certains doivent être très seuls et sans amis sur leur faux Parnasse!
Tout cela me rappelle l'affreux Jojo…
Xavier KLEIN



dimanche 2 janvier 2011

Des modes...

«L'Odalisque brune» (1743-1745) par François Boucher ou comment la chemise rehausse le plus beau cul de la peinture occidentale.
L'une des attractions familiales saisonnières, c'est l'arrivée des catalogues de la Redoute à Roubaix et des 3 Suisses. Mon épouse et mon fils y trouvent, qui ses draps ou ses serviettes, qui son petit linge de corps.
Il FAUT commander quelques babioles à ces estimables institutions. Ne serait-ce que par solidarité envers nos compatriotes du grand septentrion, sinistré par une désindustrialisation brutale, et donc indirectement, pour contribuer à la parution des savoureux numéros d'«Olés y Palmas», le bulletin du Club Taurin du Nord (dont le dernier numéro vient de sortir).

La mode au long du XIXème siècle
Chaque année, je feuillette ces bottins des élégances populaires (les catalogues, pas le bulletin!) avec jubilation, histoire de savoir comment on se fagotera.
Je regrette parfois de ne pas en avoir collecté les diverses éditions, année après année, tant ce sont réellement des documents qui en diront beaucoup plus aux historiens sur une époque que les goncourts de l'année.

La mode est con, on ne le dira jamais assez.
Je ne parle pas de la haute couture, qui est acte artistique de création, mais des idées souvent aussi sottes que grenues, que nos décideurs consuméristes pondent annuellement pour inciter les consommateurs à acheter.
La mode est con, parce qu'elle impose une norme unique, ou du moins réduite, à un ensemble diversifié, marginalisant de ce fait ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas s'y plier.
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Plusieurs illustrations de ce fait:
Pendant quelques années, la fureur était chez les dames à ces caleçons moulants qui ne laissaient rien ignorer des moindres détails anatomiques.
 Autant pour une jolie fille bien foutue la chose pouvait être des plus avenantes, autant elle s'avérait catastrophique chez des rombières surdimensionnées, qu'elle transformait en Vénus préhistoriques.
La Vénus de Lespugue
Il y eût aussi, la vogue des pantalons taille basse, parfaitement adaptés aux ventres plats et aux tailles élancées des grands «tamaños» («taille»pour les hispanophones).
Mais redoutablement grotesques pour les surchargées pondérales, surtout avec string débordant sur le gaillard arrière, ce qui révélait des débordements de «titje» affligeants («graisse» pour les occitanophones, désolé pour l'orthographe).
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Malheureusement, la plupart des bergères n'a pas tout à fait intégré que le «buen gusto» consiste à adapter sa vesture à son physique et à son âge. Il faut dire que l'entreprise est difficile: l'ensemble des commerces succombant à la mode, il devient quasiment impossible de dégotter des vêtements qui n'y sacrifient pas, à moins de se ruiner.
Le phénomène me semble moins prégnant chez les matous où le vestiaire est moins varié et plus conventionnel: un 3 pièces est et sera toujours un 3 pièces.
De nos jours, on ne saurait être trop attirante sans paraître sortir d'un stalag. La minceur, aujourd'hui la maigreur, est de rigueur depuis quasiment 3/4 de siècle .
"L'origine du monde" de Gustave Courbet, revue et corrigée par William Daniels (2006)
Pour celui qui court les musées, où prend quelque plaisir à lire le divin Maison Neuve, le lascif Restif ou les écrits infernaux du très cher Guillaume Apollinaire, il en va autrement. 
Samson et Dalila (non pas la chanteuse!) de Rubens
Les délices d'une forme voluptueuse, la délicatesse d'une albe carnation, l'exubérance des chairs luxuriantes, et la foison du poil OUI, horreur! du POIL, insanité contemporaine, tous ces attraits honnis de nos jours tristes, avaient la faveur des hédonistes de verdad. Et l'accoutrement de rehausser ces trésors de corps triomphants: décolletés vertigineux propres à dévoiler des mamelles cossues, faux-culs prometteurs d'extases lubriques, hanches girondes, multiplication des jupes et jupons à trousser avec ferveur. Sans causer fanfreluches, au bon temps où Dim et ses collants n'avaient pas encore sévi. 
"L'origine du monde" de Gustave Courbet, revue et corrigée (anonyme)
Là, comme ailleurs, la diversité n'est plus de règle, la beauté est devenue uniforme et codifiée, les normes prévalent. Il faut être jeune, mince, musclée, glabre, bronzée, sportive quoi!
La beauté selon le sublime nabot: Toulouse-Lautrec
La maturité triomphante, les petites rides charmantes, les fils argentés dans la coiffure, la prospérité de hanches accueillantes, d'un bassin ... aquitain, d'une gorge alanguie, non content de ne plus ravir, sont devenus rédhibitoires. L'on cachera l'infortune dont les temps vous auront convaincus sous des oripeaux conçus pour magnifier d'autres physiques et ridiculiser le vôtre.
Lucian Freud (petit fils de Sigmund)
La dictature de la mode n'est qu'une des faces de celle de l'obligation de consommer, et de se confondre dans la masse marécageuse du «monstre doux» que j'évoque souvent.
Qu'il est difficile de ne pas céder à ces objurgations silencieuses!
On court le risque d'apparaître comme un original ou pis, comme un marginal. Regardez les photos des publics des arènes des années 1910. Y foisonnent les canotiers à la Maurice Chevalier.
Pointez-vous l'année prochaine avec un canotier, un vrai, triple épaisseur, made in Caussade, vous entendrez les lazzis!
Je connais...
Fin des années 70, alors que le goût était au bob artistiquement griffé d'une boisson anisée, je recueillais toutes les moqueries avec des panamas qu'un copain me rapportait des Amériques (autrement on n'en trouvait que dans une antique chapelerie de Saint Sébastien ou à Madrid dans des boutiques au charme désuet).
Je crois que je devais être à peu près le seul dans les tendidos dacquois à arborer le bibi de paille.
De même le seul, à l'ère du disco ou des derniers feux de la pop et de la folk, à m'enthousiasmer pour les rumbas, congas et autres salsas, dont je faisais venir les galettes de Cuba ou de Colombie. Quand je sortais ça dans les boums, on me prenait pour un australopithèque.
N'est-ce pas mon cousin qui doit me lire? Maintenant, on ne saurait faire sans.
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Fripes et chaussures italiennes l'été, tweeds anglais l'hiver, collection de couvre-chefs en tout genre toute l'année (j'ai toujours été chapeaugénique!), il ne me reste plus que les westons et les paraboot périodiquement ressemelées de mes jeunes années de coquetterie, pour me rappeler mes excentricités.
Je goutais en lieu et place du morne bluejean, l'originalité des coutils d'Orthez, des jeans mais gascons!
Maintenant, je m'en fous.
Tombé il y a trois ans sur une facture de 1938 de mon grand-père, je me suis avisé d'en retrouver le fournisseur, spécialiste des vêtements de métiers compagnoniques. Il existe toujours!!!
Le charme suranné du largeot de charpentier.
Sans doute une des plus vieilles maisons de France, avec des produits inoxydables, des largeots de charpentier made in Gaule, d'un velours côtelé impérissable, amples, confortables, qui ne vous compriment pas les burnes et vous aèrent idéalement le soubassement (références sur demande).
Je prie pour que la mode n'en surgisse pas.
Il existe ainsi des choses indémodables, parce qu'elles se foutent de la mode et ne visent qu'au confort, à la fonctionnalité et à une fruste mais élégante simplicité, patinée par les ans.
Il en va de même de la tauromachie: les modes passent, les vrais taureaux d'éternité demeurent, du moins tant qu'il restera des connaisseurs pour les apprécier et des ganaderos pour les élever.
Le vrai buen gusto procède de l'intemporalité.
Xavier KLEIN
Pour El Chulo, Anita EKBERG faisant trempette dans la fontaine de Trevi (La Dolce Vita de Fellini)