Humeurs taurines et éclectiques

vendredi 22 juin 2012

L’apothéose de l’insignifiance

Mignoter le Partido Popular et multiplier les signes d’allégeance a fini par payer, Sire Dédé a conquis le Graal mundillesque, accédant au Capitole des vanités.
On va plus le tenir désormais.

La crise frappe des centaines de milliers d’espagnols, sans travail, sans ressources, sans logis parfois, mais on trouve encore quelques menues ressources pour organiser des sauteries mondaines et gratifier les parasites.

Pas de problème, c’est l’Europe qui paiera les errements budgétaires d’une Espagne au désespoir.
Qu’en penseraient les milliers d’indignados, de déclassés, de chômeurs qui se multiplient outre Pyrénées?
Ceux là, il ne les fréquente pas Dédé du Boucau, le grand -comment il dit déjà le Señor WERT, ministre de la Culture-«humanista»?
En voilà une bonne pub pour la tauromachie…

Mais il y a encore plus taquin, le communiqué triomphal envoyé aux grognards fidèles, à la vieille garde des «bons aficionados»  (Pierre VIDAL dans le site Corridasi):
http://www.corridasi.com/news/news.php?id=3804
Une question fondamentale demeure: mais où va t-il fourguer ce énième trophée, la cheminée du salon est déjà comble?
Quand même, il y a 21.000 euros à la clef, et en metálico, s'il vous plait. L'exil fiscal pour bientôt?
(http://deltoroalinfinito.blogspot.fr/2012/06/andre-viard-recibe-el-viii-premio-de.html).
Todos golfos! comme dit mon copain Juan.
Xavier KLEIN
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lundi 18 juin 2012

En Bretagne, il y a merlin et Merlin...



En Bretagne, pays superbe s’il en est, les «zantis» sont en terre de mission, une prédication grandement facilitée par l’absence de contradicteurs. A ce compte, on peut affirmer ce que l’on veut, débiter n’importe quelles inepties, on ne court guère le risque d’être démenti.
Là-bas, un illuminé prêche, accompagné de Fadjen, un bovin apprivoisé qu’il présente comme un toro de combat sauvé de l’hécatombe, qu'il promène au licol dans un périple-lune de miel de deux mois où, c'est promis, ils partageront tout et surtout la même paillasse (on réclame de voir les petits). Nous en avons déjà parlé.
On attend toujours –et sûrement vainement- que le monsieur veuille bien jouer le jeu jusqu’au bout et qu’il consente à décliner l’origine exacte du bestiau et à quel ganadero il l’a acheté, histoire de vérifier l'AOC de ses salades.
Un ganadero qui lui aurait affirmé: «Si vous vous en occupez bien, vous verrez, il sera encore plus fidèle que votre chien». Tout cela sent son canular à plein tarin, mais bon, si nos amis armoricains sont dupes, c’est leur problème.

Le garçon ne doute de rien et demeure persuadé d’avoir inventé l’eau tiède. Il démontre par là sa méconnaissance profonde de la tauromachie, car des toros «apprivoisés», il y en eut pléthore dans l’histoire taurine, y compris qui furent par la suite, terribles dans l’arène.
Chez Felipe BARTOLOME
Julio ROBLES
La chose ne prouve d’ailleurs autre chose que la capacité à dresser toutes sortes d’animaux sauvages, ce que n’importe quel cirque suffit à démontrer. Gamin, j’ai moi-même apprivoisé un corbeau et mon meilleur copain un renardeau, pratiques d’ailleurs formellement interdites.
Maintenant, si la chose lui en dit, je tiens à sa disposition les coordonnées d'une collection complète de tios de 4 ans, plus si affinités, avec lesquels il pourra s’essayer à faire mumuse et jouer à la poupée. Non pas des toutous dénaturés et dégradés par un conditionnement débilitant, mais des animaux fiers, sauvages et libres, élevés naturellement dans leur biotope.

C’est ainsi, certains esprits pervertis trouvent plaisant d’exercer leur toute puissance en bouleversant l'ordre naturel des choses et de faire cohabiter le loup et l'agneau, au nom d'on ne sait quelle idéologie débile.
Cet ordre naturel des chose est quant à lui infiniment plus radical, et les toros ne sont pas de gentils zanimaux zaimables. Il faut avoir connu l'un de ces règlements de comptes où après un duel, tous se liguent contre le vaincu et le déchiquètent  sauvagement pour s'en persuader.
Mais cela, les «zantis» ne veulent ni le voir, ni le savoir.
Montrons aux quelques audacieux qui traînent parfois sur la Brega, cette réalité qu'ils s'acharnent à refuser.

Pour une bonne rigolade, le lien avec le site de Simplet. N’oubliez pas de répondre au petit sondage en bas à droite: http://www.sauvons-un-taureau-de-corrida.com/
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jeudi 14 juin 2012

Magouilles et carambouilles électorales dans la planète anti-taurine

Certes, le mundillo et certains de ses observateurs patentés ne brillent guère par une éthique et une déontologie exemplaires (cf la vraie-fausse liste de vrais-faux psychiatres publiée par l’O.N.C.T. après la vraie-fausse liste de vrais-faux politiques qui pétitionnaient contre la prohibition catalane).
Mais toutes ces amusettes ne sont que roupettes de sansonnet au regard des magouilles et carambouilles de nos «zamis» les «zantis» qui, non seulement bernent les «zâmes» sensibles animalistes en utilisant leurs voix pour récolter de l’oseille, mais en outre les dévoient en cachant soigneusement leur fond de commerce politique, souvent peu ragoûtant.
Il y a là un scandale absolu que peu dénoncent.

Lors de toute campagne électorale, le gourmet es-connerie humaine ne peut manquer à aucun prix les clips de campagne des divers prétendants au(x) titre(s). Il y a là des morceaux de bravoure qu’on devrait se repasser en boucle lorsque le moral faiblit: mieux qu’un film des Marx Brothers ou la lecture de la dernière bulle pontificale en latin sur la condamnation de la pédophilie.
Evidemment, lorsque d’aucuns placent l’abolition de la corrida dans les priorités impérieuses de l’heure, le père Klein tend à interloquer sévère: la rigolade n’exclut pas la père plexité. Tel Médor, le gonze part alors truffe au sol et queue frétillante sur la piste des prêcheurs à toutous.

Deux officines se sont distinguées en la matière.
En premier lieu l’Alliance Ecologiste Indépendante (A.E.I.) -dénomination qui laisse à penser que les autres écologistes ne le seraient pas- est cornaquée par le sieur Jean-Marc Governatori.
Le clip est intéressant, débutant avec un célèbre mannequin de chez Alzheimer. On a cruellement imposé à la pauvre bête d’apprendre son texte par cœur, et pour des fois qu’il l’oublierait en route on le lui a fait dérouler en sous-titre. Que fait la S.P.A.?
On enchaîne ensuite avec le boss, qui propose comme remèdes souverains à la crise une alimentation bio accessible (sic!) et surtout -il fallait y penser- la réduction du broullard électromagnétique.
Vient ensuite une mignonne rouquine qui aurait gagné à se produire en uniforme «zanti», c’est à dire à loilpé avec du faux sang et des fausses banderilles. Suit un gendre idéal qui débite un inventaire à la Prévert pour terminer avec une rombière qui cause «écologie éducative» (à quand l'écologie sexuelle, l'écologie religieuse, l'écologie artistique, etc.?). Bref du grand art pour séduire les gogos écolos.
Marrant ce Jean-Marc GOVERNATORI, le gourou de la secte, affublé d’un curriculum édifiant:
          * divers droite en 1997
          * U.D.F. pendant 3 mois en 2001
          * candidat aux législatives de 2002 (il obtient … 1 voix et une condamnation d’un an à l’inéligibilité par le Conseil Constitutionnel)
          * 1,55% des voix aux européennes de 2004 avec le mouvement très poujadiste «La France d'en bas» (association fondée par des … buralistes alsaciens) avec la participation du … P.P.N. (Parti Pied-Noir).
          * fondateur en 2005 de «La France en action», un mouvement fortement soupçonné en 2007 d’accointances avec des sectes (O.T.S., Raëliens, Scientologie, Moon, etc.)) par M. Georges FENECH, président de Commission d'enquête parlementaire sur les sectes et par la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) http://laurent-samuel.over-blog.com/article-10832987.html.
          * 2009, appel à Brigitte Bardot, icône démocratique reconnue, pour être candidate à la présidentielle de 2012, courrier soit-disant cosigné par Antoine Waechter dont il contrefait la signature. (http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/un-candidat-a-l-elysee-en-greve-de-la-faim-a-mi-temps-dans-un-camping-car-28-02-2012-1882062.php).
          * Obsédé du dépôt de marque rémunérateur voire frauduleux (condamné en 2011 contre Europe Ecologie), le garçon qui se prétend «au-delà du clivage droite-gauche» avait pourtant déposé ceux de «La Droite républicaine» et d’«Union Droite Républicaine»), parmi une quarantaine d'autres.
          * Imitant un célèbre député-histrion-chanteur à géométrie variable de nos vallées pyrénéennes, il se lance dans une «grève de la faim camping-car à mi-temps» (http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/un-candidat-a-l-elysee-en-greve-de-la-faim-a-mi-temps-dans-un-camping-car-28-02-2012-1882062.php) en février 2012. Aux dernières nouvelles, il est toujours vivant et a vendu le camping-car.
          * Fin mai 2011, Génération Écologie et le Mouvement Ecologiste Indépendant, ayant prudemment quitté le consortium, l’Alliance Ecologiste Indépendante recouvre de fait le seul parti du Conducător Governatori, dont le site fait un panégyrique approfondi avec bibliographie ad hoc. Ne demeurent à bord que quelques paumés un peu demeurés (Zara WHITE, alias Esther Spincer, ex-actrice X).
 
Le second clip n'est pas non plus piqué des hannetons: entre le Ministère de la Condition Animale et le coup du «citoyen comme nous» qui n'est pas un «professionnel de la politique», on se gondole pis qu'à Martigues, qui comme chacun sait est la «Venise provençale».
Le «Trèfle-N.E.H.N.A.» (Nouveaux écologistes. Homme-Nature-Animaux http://www.letrefle-nehna.fr/) a été fondé en 1993 par Bernard MANOVELLI, politicard multicarte, ancien membre du R.P.R., reconverti dans l’officine d’extrême-droite où il animait un «Comité pour le rétablissement de la Peine de mort» et co-dirigeait «Marseille-sécurité» dont l'intitulé avenant  se suffit à lui-même. Plusieurs condamnations du Conseil Constitutionnel à l’inéligibilité pour fraude électorale, en rapport avec l’opacité des financements et l’absence de comptes de campagne.
Décédé en 1995, lui a succédé l’actuel taulier, Albert LAPEYRE, qui a abondamment grenouillé à droite avec le bon et honnête maire de Phocée Jean-Paul Gaudin, tout en étant membre du conseil d’administration de «Debout la République», le mouvement du fringuant gaulliste bonapartiste Nicolas DUPONT-AIGNAN.
Un Albert LAPEYRE qui avec des intonations de Maître Panisse, ressemble furieusement à Dilat LARATH, le fidèle séide du grand vizir Iznogoud, qui veut «devenir calife à la place du calife».
 
L’intérêt de ces micro-formations réside surtout dans les bénéfices alloués par le mode de financement des partis politiques: avec quelques dizaines de milliers de voix, on accède au pactole de centaines de milliers d’euros par an, généreusement subventionnés par le contribuable (http://www.liberation.fr/politiques/0101417092-partis-les-urnes-aux-oeufs-d-or).).
Ben voyons, ils peuvent glapir les «zantis» avec la corrida qui vivrait de subventions publiques!

Le plus marrant de l’histoire, c’est que non content de se désister systématiquement pour des listes de droite, le Trèfle reversera en tout au Parti Radical de Jean-Louis BORLOO (http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/02/10/borloo-reconstitue-son-tresor-de-guerre-avec-des-ecolos-inconnus) la coquette somme de 800.000 euros. On se rapportera avec profit au Décret n° 2012-191 du 7 février 2012 (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000025344404&dateTexte=&categorieLien=id).
Je ne suis pas bégueule, encore moins partisan du discours populiste du «tous pourris», mais je dois avouer que là, le bouchon est poussé un peu loin avec le pognon du contribuable.

En conclusion, ces diverses informations, toutes indubitables et vérifiables pour qui veut bien s’en donner la peine, établissent clairement ce qui se dissimule derrière les discours «zantis» et le discours racoleur et démagogique pour l’abolition de la corrida.
Derrière les beaux et nobles sentiments, derrière la compassion dégoulinante, se dissimule un vaste tripatouillage d’argent public octroyé à des prête-noms, à des cache-sexes politiques, ainsi que l’exploitation de la naïveté et de la sensiblerie animaliste par des margoulins, au profit de partis de droite.
Ne doutons pas pour autant que sur l’autre rive, le paysage soit forcément plus reluisant, avec d'autres supports. Mais c’est ainsi, la collusion que je dénonce depuis des lustres entre l’animalisme et la droite et l’extrême droite est une fois de plus avérée…

On n’ose espérer que l’assainissement annoncé par le nouveau «normal président» aille jusqu’à sanctionner ces dérives scandaleuses et coûteuses à l’heure où l’effort devra être justement réparti.
Xavier KLEIN

mercredi 13 juin 2012

Tout ce que vous avez voulu savoir sur Orthez 2012 sans avoir jamais osé le demander...

Une présentation que nous avons voulu le plus complète possible pour expliquer nos choix et dévoiler les coulisses:

mardi 12 juin 2012

Maratontería

Luc-Olivier Merson, "Le soldat de Marathon"
Comme on disait au temps des «me-veilleuses», ils sont «incoyables» ces «zantis»!
Une telle créativité dans la couillonnade a quelque chose d’admirable, ou, pour reprendre l’expression savoureuse d’un des habitués de la Brega: «Si l’intelligence humaine a des limites, la connerie n’en a aucune!».
En avril, à Nîchmes, on vit gambader le couillon. On eût pu organiser quelque défi rubystique, un derby des «zantis», propre à mettre en scène quelques admirables tampons, mais le «zanti» préfère courir, pas seulement après ses chimères.
Ce qu’il y a de marrant, c’est que le fondateur de l’épreuve, un certain Phidippidès (pour d’autres, ce serait Euclès ou Thersippos) est mort d’épuisement à l’issue de sa course pour prévenir Athènes de la victoire de Miltiade contre les Perses. On n’ose espérer que nos «zantis» nous gratifient du même présent en diminuant de la sorte le nombre de crétins en activité.
Ce qui l’est encore plus, à considérer les mines épanouies des sympathiques compétiteurs, 100 mètres avant l’arrivée, c’est que ce type de course constitue une véritable torture que s’infligent volontairement ces héros du masochisme militant.
Le marathon, c’est la glorification de la souffrance d’un corps poussé au paroxysme, dans un acte gratuit et inutile. Pourquoi pas, chacun trouve son plaisir où il veut et ou il peut, tant qu’il n’emmerde pas les copains?
C’est aussi la recherche du shoot aux endorphines, ces neurotransmetteurs anesthésiants ou du plaisir, cinq fois plus libérés dans les situations extrêmes. Ces mêmes endorphines que l’on trouve en quantités considérables lors des prélèvements opérés sur les carcasses des toros de combat.
Le «zanti» militant trouverait donc sa jouissance dans le masochisme actif, qui plus est de même nature que celle du toro brave: intéressant!

Le plus hilarant dans l’affaire se trouve souvent dans les commentaires que la claque réquisitionnée se croit obligée d’infliger toujours avec une profonde originalité des arguments comme de la sémantique.
Le con ne doute de rien, on le sait, mais de là à brandir sa turpitude comme un étendard, on tutoie l’indécence comique. Surtout quand le con se fait lyrique!
Ainsi, cet exemplaire représentatif de l’espèce qui n’a pas encore compris que l’amphithéâtre nîchmois n’avait pas été précisément édifié «au temps de la Gaule Romaine» pour «resplendir de lumière et de culture». A moins que le bonhomme n'ait trouvé quelque attrait civilisateur à l'anéantissement de la culture celtique gauloise, à l'esclavage, à l'impérialisme militaire ou aux jeux du cirque.
Il faudrait peut-être demander à la FLAC d’expliquer à ses sectateurs les plus extatiques, qu’un gladiateur n’était pas un gentil adepte des bisounours pour leur éviter d’envisager leurs prochaines vacances en Syrie ou en Afghanistan en pensant qu'ils vont au Clubmerd.
Nous vivons une époque moderne…
Xavier KLEIN
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lundi 4 juin 2012

Vuelta à TOROS y MOVIDA 2012

J'aime ces moments où, par delà les différences, par delà les goûts, par delà les clans ou les chapelles, on se retrouve pour partager.
Est-il uniquement question de passion commune? Rien n'est moins assuré. L'important est surtout dans la rencontre et ce qui l'accompagne: la convivialité, l'échange, le menu et pourtant fondamental plaisir d'être ensemble.

C'est à cette rencontre qu'invitaient les peñas «historiques» de Dax et, comme dab, ce fut une réussite.
Si l'on communia dans cette afición ordinaire, quotidienne, populaire, authentique qui paye et sue sur les tendidos surchauffés; l'«autre», l'«indignée», celle des figuras, des parures et des barreras sombres pointait aux abonnés absents.
Normal!
On rencontra ces aficionados de verdad, ceux que l'on croise partout, dans les novilladas de village comme dans les grand-messes, dans les capeas modestes comme dans les corridas de figuras solennelles, ceux qui se réunissent dans les peñas pour les vêpres braves télévisées.
On déjeuna dans un patio de caballos infiniment plus sympathique et infiniment moins garni que lorsqu'il est de bon ton de s'y montrer en uniforme festif bicolore.
Eric DARRIERE, Peña ALEGRIA

,
Pascal DAGES, C.T.J.A.
S'y côtoyaient pour estoquer les haricots cocos, le petit peuple des toros, des têtes familières, un ex-président de la Commission Taurine, Monsieur le Maire, aficionado de siempre, les «grognards» de la Vieille Garde taurine. On fut surpris de n'y point voir la plupart de ceux qui ont charge des destinées taurines de Dax. D'autres obligations plus impérieuses sans doute.
Non plus que la faune grouillante des callejons! Pardi, il fallait payer son repas!

Matinée chaleureuse où les champions des peñas s'affrontaient des plus honorablement dans une joute courtoise. Vainqueur, le maestro Pascal DAGES dont l' afición vibrante n'est plus à démontrer.

Après-midi rafraichissante du bolsin, d'observation des jeunes pousses.

Thibault GARCIA, Centre Français de Tauromachie, Nîmes
Diego Aznar Ruiz de Saragosse
Diego Aznar Ruiz de Saragosse
Jose de Ciudad Real
Yanis d'Adour Aficion
Bétail inégal et parfois défaillant, mais entre amis, ces détails sont secondaires.
Elèves appliqués qui récitent les leçons consciencieusement apprises avec ce défaut quasi général de vouloir composer la figure avant de songer à lidier. Connaissent-ils seulement le sens du mot lidia, et ce qu'il recouvre?
Lot de capeistas desigual, certains en début de parcours, d'autres très affutés avec un oficio qui les a promus ambassadeurs de leur écurie.
On aimerait tant voir surgir un cancre, un Manuel Benitez, un de ces mômes impertinents et géniaux qui viennent bousculer l'ordre établi, un de ces rebelles réticents aux normes et aux conventions en vigueur, un de ceux qui comprennent instinctivement l'esprit sans se soumettre grégairement à la lettre.
Ces jeunes gens proprets et sérieux, témoignent malgré eux d'un déficit d'alma, signe des temps...
Et puis, il y eut le petit Cristiano TORRES, fils de l'espada Ricardo TORRES de Saragosse, dont nous reparlerons.
Et cette errance poétique par les corrales où l'on se perd pour mieux trouver l'âme de la tauromachie.
Et les parois des chiqueros où les toros dessinent d'étranges paysages avant de jaillir dans la lumière.
Xavier KLEIN


mercredi 30 mai 2012

Monsieur le Directeur artistique et culturel des arènes de Las Ventas à Madrid


Classe et distinction!
Combien de temps supportera t-on que ce type de loubard sans envergure et sans tenue, vulgaire, arriviste et mégalomane nuise à l'afición par ses outrances et ses débordements?
Après Sarko, virons Casas! 

lundi 28 mai 2012

DIMANCHE A VIC


Quelques impressions et réflexions PERSONNELLES au retour de Vic.
Une journée plutôt agréable entre la matinale-concours et une course de «La Cruz» des Granier's brothers, des plus heureuses. Une affluence d'évidence en baisse (2/3 d'arènes le matin, ¾ l'AM).

Je dois avouer ma perplexité au vu des élevages retenus pour la corrida-concours qui laissent un arrière goût taquin d'inventaire à la Prévert. On cherchait une logique -qu'on n'osait subodorer financière- à la coexistence entre deux fers antipodiques tels que Carriquiri et Moreno de Silva. Et surtout à la présence d'un Esteban Isidro, ex-Martinez Elizondo, ganaderia de Martinez Flamarique SA, prestataire de la Plaza de Vic si je ne m'abuse.
Pourquoi pas après tout? L'esprit devant rester libre, ouvert et bienveillant, il convenait de balayer les maugréances et d'aborder les tendidos avec cette candeur et cette espérance qui autorisent la joie.
Sans donner dans une naïveté excessive, il ne me paraît rien de plus détestable pour soi et pour ses voisins de tendidos que de se rendre aux toros avec le fiel à l'âme et le secret dessein de la critique systématique et péremptoire. Dans ces cas là, il vaut bien mieux s'abstenir et se livrer aux délices du transatlantique ou de la sieste crapuleuse...
Des affreux «tractaient» aux portes sur le scandale apparemment insupportable d'un Fidel San Roman écumeur de corrales et sobrero professionnel. Par le passé ayant été plusieurs fois heureusement surpris par de telles denrées, il me fut impossible de communier à une indignation somme toute accessoire.

Le snobisme et l'inculture des toristas sévissent en ces lieux autant que le snobisme et l'inculture des toreristas plus à l'ouest, sauf que les premiers sont hargneux quand les seconds sont niais.
Dés lors on loue des toros mansos parce qu'ils vont souvent à la pique, même sans s'y employer, en faisant sonner l'étrier comme cloches pascales, ou en sortant seuls de l'épreuve.
Idem pour les lanciers dont peu de «clients» s'offusquèrent qu'ils piquassent plus près du rabo que du museau. En fait le vicophile standard vit l'oeil rivé sur l'horloge, histoire de siffler quand l'avis ne vient pas, ou sur les medios, des fois qu'un bout de sabot s'y aventurât.
A noter que l'emploi de la pique dite Bonijol, n'empêcha en rien la technique éprouvée du «pompage», la gent piquadoresque se préoccupant toujours énormément du rendement en hémoglobine.
Seul l'ultime jabonero de La Reina me sembla correspondre à l'idée que je me fais de la bravoure, telle qu'elle doit s'exprimer à la pique.
Le toro de loin le plus encasté et intéressant, du fer saltillesque de Moreno de Silva, échut à Ivan Garcia dont l'emballement du trouillomètre ne lui permit pas de surmonter la complexité. C'est difficile de monter sur un toro quand les gambettes ne songent qu'à rallier le burladero. Difficile mais humain et faut-il rappeler aux grands aficionados, fussent-ils toristes, que cette peur là se respecte! D'autant que les mêmes grands aficionados seraient supposés apprécier qu'avec 7 festejos l'an passé et 0 au compteur cette année, le garçon n'était guère armé pour ce genre d'exercice, comme nombre de ses camarades.
Ivan Garcia eut peur: et alors?
Pour le coup il y avait d'excellentes raisons pour cela: quelques quintaux de saltillo pur vitriol. La peur, un sentiment que l'on éprouve beaucoup moins avec les toros du G10!

Bêtise crasse également de nombre des mêmes «clients» que d'exiger de seconds couteaux les mêmes prestations devant du bétail de respect qu'El Juli devant des Victoriano del Rio, ou bien de demander à Antoine Barrière d'avoir des finesses morantistes.
Devant un Esteban Isidro suréquipé de rapières assassines, façon spadassin picaresque, ce dernier déclina une faena couillue, certes bourrée de contre-sens et d'hérésies techniques, mais rythmée et colorée, comme la copla flamenca d'un cantaor de pueblo à la fin d'un banquet.
Il y avait de la volonté, de l'envie, de l'engagement brut et sauvage, conclus par deux belles épées. Et c'est cela qu'il fallait entendre de ce qu'il exprimait. Évidement ceux qui des gradins auraient fait mieux ou différemment n'ont pu qu'être déçus de l'inaboutissement de leurs chimères...

Morenito de Aranda donna avec élégance les plus purs muletazos de la matinée devant un Fidel San Roman sans fond (et trop piqué) et à un La Reina épuisé par des poussées engagées.
On ne s'ennuya point, même si sur la fin, le mohammed à son zénith (coups de soleil sournois) appelait avec insistance aux libations apéritives.
Repas self-service de cantine scolaire à un prix prohibitif (15 euros pour une prestation de 5 euros de ticket-repas dans un collège de bon aloi!). Faudra t-il prévoir à Vic de venir avec le pique-nique, comme les boutonneux se munissent de munitions alcoolisées dans les coffres de voitures?
Militons activement contre l'exploitation de l'homme par le restaurateur vorace...

Je n'avais pas vu sortir de toros de La Cruz ou plutôt de la casa Granier) depuis au moins 20 ans. Pour être honnête, cet élevage à base de Santa Coloma-Buendia, ne m'inspirait guère a priori. Sans autre raison d'ailleurs qu'une défiance stupide -je l'avoue- à l'endroit de nombre de ganaderias françaises (par goût de l'exotisme ultra-pyrénéen et absence totale de chauvinisme). Mais comme à l'accoutumée, la curiosité prenant le pas sur la prévention, je ne regretterai nullement ce choix.
Un lot complet dans la diversité, très correctement mis, qui a fait excellente figure dans des tercios de piques, majoritairement de qualité. La palette des comportements était des plus variées, allant du brave au manso, en passant par le manso con casta (mes préférés) et de la noblesse au genio.
Et avec cela, surtout, des pattes d'acier. Des Granier de fer quoi! (je sais! je sais! mais pouvait-on l'éviter)

Julien LESCARRET fut très convenable à son premier, lors d'une faena rigoureuse et bien construite, perdant une oreille méritée à l'estocade (deuxième envoi après recibir) et … lescarrien, type décousu et brouillon à son second.

Au risque de faire sourire les puristes, Jose Miguel Perez Prudencio «Joselillo» est un torero qui me plait de plus en plus et à qui on ne rend pas justice. Lorsqu'on l'évoque, on voit fleurir les moues dédaigneuses et quand on dit tout le bien qu'on pense de lui, se dessinent les sourires sarcastiques des surdiplomés des ruedos qui vous regardent comme l'on jugerait d'une sous merde de pinson dessiquée. Tout cela me rappelle le temps où les mêmes, ou leurs successeurs, méprisaient le brave Damaso Gonzalez aux mêmes motifs d'inélégance et de frustité.
Joselillo torée certes avec la délicatesse et la distinction d'un paysan du Danube, mais il torée efficacement, domine ses toros et ne triche pas.
Vrai, sincère, soucieux de bien faire, allègre et sans détours, le sympathique garçon présente l'éminent avantage de mettre en valeur ses toros par des cites de loin et par une lidia très aérée composée de séries classiques (3, 4 passes + pecho). Et au bout du compte, avec son air de ne pas y toucher, même s'il garde parfois bonne distance, le toro se voit dominé.
C'est ainsi que je l'ai vu à quatre reprise depuis deux ans. Si l'on ajoute qu'il se coltine surtout des corridas serias (11 l'an dernier) on ne peut qu'éprouver du respect pour cet honnête soutier injustement mésestimé.
Il fit à Vic bonne figure, offrant sans affectation et avec responsabilité les meilleures prestations du jour.

L'amitié vraie ne doit jamais se voiler d'aveuglement et de mauvaise foi. J'éprouve de l'amitié pour Raul Velasco, mais hier, il fut inexcusable.
Pas tant avec son premier opposant, que terrorisé il ne parvint à tuer qu'après avoir entendu 2 avis, qu'avec son second parfaitement toréable, s'il n'avait été sciemment «dézingué» par le cosaque de service.
Comme je l'ai évoqué, la peur est respectable. Et ils sont bien piètres ces crétins qui ont copieusement abreuvé d'injures un torero en perdition. D'autant que dés les premières passes de capote, je soupçonnais un défaut de vision préjudiciable chez le cornu qui à aucun moment ne s'intéressa réellement aux étoffes.
Il fallait dés lors mobiliser le pundonor, coaliser les énergies, tirer du fin fond de l'être, de ces tripes malmenées, les bribes éparses de courage, l'instinct de résistance, le sursaut d'orgueil qui signale les toreros authentiques.
Raul ne put le faire... et son horizon s'obscurcit d'un échec qu'il n'a pas le luxe de se permettre.

L'attitude la plus torera de la journée fut le fait de Michel Sanroma, maire de Vic-Fezensac qui par deux fois aguanta en descendant avec dignité au milieu des sifflets pour le jet des clefs du toril.
Le courage n'est pas l'apanage des seuls toreros, il en faut pour être impopulaire et ... responsable. Car quel maire serait-il, s'il acceptait qu'une part exorbitante et croissante du budget de sa petite commune (3600 âmes) partit aux fêtes?
Parmi les siffleurs, bien peu sans doute sont contribuables vicois, bien peu pâtissent des inconvénients et des vandalismes de Pentecôte, et bien peu penseraient à tourner leur vindicte vers ceux qui profitent de la manne vicoise sans contribuer significativement à son financement.
C'est facile de siffler un maire qui descend seul dans l'arène, pas du tout populiste en plus, et presque aussi valeureux que de huer un torero désemparé.
Le vrai courage s'exprime bien souvent dans la discrétion.
Xavier KLEIN

dimanche 27 mai 2012

LUSITANIA MAGNA


VEIGA TEIXEIRA en majesté
 Dom Antonio VEIGA TEIXEIRA ne fait pas commerce de toiros, il les élève, à tous les sens du terme, en vivant une passion héréditaire. Une passion intransigeante qui ne concède rien aux modes et au clinquant.
Ils sont rudes ses pensionnaires, peu enclins à se montrer. Ils tentent incessamment de dissimuler leurs physiques sculpturaux, leurs armures impressionnantes par des fuites à travers les immenses et magnifiques cercados tapissés d'une pâture verte et abondante.
Et quand dans la superbe et antique placita de tienta, après 7, 8 piques accusées sans faiblir, sans l'ébauche du moindre fléchissement, la bouche close, ses vaches consentent avec une inépuisable générosité des embestidas de 15 mètres et une fringale inépuisable d'étoffe, on se prend à rêver.
Jamais je n'aurais supposé que ce bétail réputé difficile fasse preuve d'un tel brio à la muleta, merveilleusement mis en scène, faut-il le souligner par l'excellentissime lidia de Paulita qui rayonnait de joie torera et se laissa aller à des grâces morantistes.
Mieux encore, le maître des lieux se montrait intraitable, seule l'une de ces perles trouvait partiellement grâce à ses yeux, les autres l'ayant insatisfait à la pique.
Sacrebleu! Quelle exigence sublime!
Antonio VEIGA TEIXEIRA
Dom Fernando PALHA est de ces aigles qui survolent avec élégance et dédain les marigots de ce monde, n'y consentant en rien à se mêler des luxuriantes et boueuses contingences. Sa courtoisie ne se matine jamais de complaisance et la parole, teintée d'humour, porte au détour nonchalant de la conversation quelque silex acéré sur la bassesse du monde en général et du mundillo en particulier.

Dom Fernando est un Caton qui n'admet aucune capitulation, aucune transaction avec la haute éthique morale et taurine qui l'inspire.
Caton, qui sait encore ses stoïques et antiques vertus? Cela fait lurette qu'il n'est plus un exemple et qu'on lui préfère les capitaines d'industrie, les petits dieux du stade ou les divas de la chansonnette.

Grand seigneur, la grâce de Dom Fernado est d'être également demeuré un grand enfant, c'est à dire de porter au coeur l'émerveillement toujours possible, la pureté des rêves originels et la volonté intacte de les voir éclore.
Notre ami et compère Yves PETRIAT joue les Godard taurins, le sourire et la bonne humeur en plus. Il a eu l'idée baroque de se jucher sur un chêne liège pour filmer paisiblement les novillos de Dom Fernando et saisir la charge folle que ce dernier compte pousser vers lui dans un de ces safaris de campo dont il aime à régaler ses hôtes au volant de son 4X4. Poilade irrésistible et absolue d'un Paulita éberlué et de votre serviteur dans la ruée surréaliste et le slalom déjanté entre les chênes, les souches et les fossés. A fond la caisse, Fernando cramponné à la barre et au levier de vitesses vante  la beauté de la course du grand capirote ou la queue dressée du jabonero, s'inquiétant un peu du destin de son coucou perché sur l'arbre, tellement bien camouflé qu'on ne le retrouve plus.
Puis Puis vient le moment du tentadero, inauguré par une bénédiction: «Messieurs, n'oublions pas que tienter est chose grave, rappelez-vous Antonio Bienvenida», avant que de se signer. C'est cela Dom Fernando, et ça s'appelle la classe.
Les critères de sélection du Maître des derniers Palha Blancos sont des plus énigmatiques et relèvent de la plus haute antiquité. La «bravoure qui se consume pendant la faena», le «taux de toréabilité» ou toutes ces fariboles de l'âge de la domecqtisation ne lui inspirent qu'un mépris difficilement dissimulé. Lui, ce qui lui importe, c'est de révéler la nature profonde d'un toro de COMBAT, sa sauvagerie, sa pugnacité, son irréductibilité.
On est à des années-lumières des spectacles «modernes», dans des confins oubliés, où règne la clarté éclatante du «dieu qui combat», un dieu jabonero en livrée de lumière.
Coriace, d'ailleurs le sublime totem, comme s'en aperçoit Paulita. Et comme il s'en régale, étrangement fasciné par la divine équation à résoudre, par la clef à trouver pour entrer en harmonie, après la lutte farouche, dans deux trois séries de rêve, payées d'ecchymoses.

Étrange et captivant ce jeune homme, a priori voué aux délicatesses fleuries, qui s'épanouit et s'enivre des luttes sans merci. Il en sort saoul comme après le chanvre, rassasié comme après l'étreinte, avec des caput mortuum de félicité.
Etrange et captivant le respect mutuel du vieux ganadero pour l'homme qui combat ses toros, et du jeune maestro qui reqiert respectueusement d'oter sa chaquetilla  détrempée de sueur.


Le jour se lève sur l'Alentejo, dans la gloire du matin paisible, habitée au loin par les meuglements sourds des toiros, les pieds nus dans la rosée, Antonio Gaspar «Paulita» plie soigneusement le traje corto lavé et étendu la veille.
Moment de grâce...
Merci à Dom Antonio et à Dom Fernando pour leur munificente hospitalité et l'opportunité de ces purs instants de bonheur.
Xavier KLEIN