Humeurs taurines et éclectiques

mardi 21 septembre 2010

PHOTO 1

Samedi 18 septembre, de l’an de grâce 2010, j'avais décidé de tirer mes dernières cartouches taurines de la temporada lors d'un safari navarrais.
SANGÜESA, charmante bourgade du Camino frances ne m'avait laissé que des souvenirs heureux lors de mon pèlerinage à Saint Jacques. J'y avais joint, lors d'agapes bien arrosées, une joyeuse bande d'ibères avec qui nous avions marché jusqu'à Burgos.
Ce samedi qui sentait l'approche de l'automne rayonnait d'une lumière dorée. Tout semblait se présenter au mieux en compagnie de Juan, un ami budoka d'Irun, ancien novillero, originaire des abords de Cáceres.
Nous avions rendez-vous aux corrales avec Jose ESCOBAR, le mayoral de Cuadri, une légende vivante du campo andalou, un grand amateur de cigares, à qui j'avais spécialement apporté un Cohiba «Esplendidos» d'une coudée, rapporté de Cuba avec ses petits frères par un beau frère philanthrope. Ses pensionnaires ne laissaient de le tracasser depuis le débarquement, ils n'avaient cessé de «péter» sur tout ce qui bouge, et leurs pitones en avaient été affectés.
Cela n'avait en rien empêché une foule de badauds d'envahir les corrales pour assister à l'apartado: on est en Navarre où certaines précautions ne sauraient prévaloir sur la coutume. Pepe était à la manoeuvre, le barreau de chaise vissé à la bouche, s'affairant imperturbablement sur les passerelles avec sa longue perche. Nous devions déjeuner ensemble, mais il ne le put. Pepe en fut réduit à bocadiller au dessus des chiqueros en parlant longuement à ses ouailles pour tenter de les apaiser. Nous le laissâmes seul. Cela ne devait pas le déranger. Dans le patio, on me présenta l'empresario, Alejando Enriquez Ruiz, un type adorable, doux, courtois et fort obligeant qui me pria au callejon.
Il a des idées intéressantes Alejandro, et sa programmation de Sangüesa ne manque pas de style (Dolores AGUIRRE, Herederos CUADRI). Une curiosité au programme: le sieur Juan Bautista s'était fait excuser par un certificat médical (une allergie aux Cuadris sans doute, ou au climat navarrais), qui ne l'empécha toutefois pas de toréer un lot de Sorando à San Agustín de Guadalix, le même jour. Je ne connais pas les Sorando, mais je suis prêt à parier que leur ascendance doit plutôt être JPD et leur format plus commode, ceci expliquant cela... Que verguenza!
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J'étais muni de mon appareil photo, muni d'un nouvel objectif de 70-300 mm, un peu moins phallique que les énormes zooms que se plaisent à arborer les professionnels ou les passionnés, mais que voulez-vous, avec l'âge on devient moins prétentieux. Avec cet objectif on peut «shooter» à 10, 15 m sans problème, avec une grande qualité de définition, et sans «alerter» la «cible».
J'ai toujours aimé la photo, depuis le petit labo du lycée, où entre boutonneux libidineux, on profitait de l'obscurité ou de la lumière rouge pour peloter les copines les moins farouches et les plus intéressées par les «tirages».
Initialement, je voulais apprendre à jouer du trombone, mais peu doué pour la chose, on m'envoya en classe de cor d'harmonie, ce qui suffit à me détourner de l'exercice instrumental.
Je me rabattis avec plaisir sur l'Ecole des Beaux Arts de Pau, où le fusain, le modelage ou la peinture répondirent mieux à mes attentes et à mes capacités. Ainsi que la photo.
Je trouve toujours autant de satisfaction au dessin ou à la peinture! Mais la photo, c'est quelque chose de différent: le résultat s’impose rapidement, presque immédiatement. Un dessin, représente en général des heures de travail. Il exige un long apprentissage et un minimum de maîtrise technique et gestuelle. En outre, pour un amateur dont la technique est limitée -ce qui est mon cas- le résultat ne peut jamais être à la hauteur du projet.
Avec la photo, surtout avec la photo numérique, on peut tirer à moindre frais des dizaines, des centaines de clichés, et n’en retenir que ceux qui vous conviennent. De surcroît, avec les logiciels de traitement, il est commode (et amusant) de rattraper les ratés ou petits défauts. Certes, il n’y jamais chef d’œuvre, et il serait vain de se comparer aux maîtres en la matière, mais on peut se faire plaisir et tirer un certain contentement du résultat.
J’ai eu la chance de débuter dans la photo dans les années 60, en utilisant des techniques de base, avec des anciens qui avaient appris avant-guerre (celle de 39).
Mon premier appareil, un Foca, excellent appareil français m’avait été offert pour ma communion. Avec mes premiers salaires, je me suis ruiné pour acheter d’occasion (en 4 traites sans frais) après de longues tractations chez Camara à Pau, le mythe de l’époque, un Nikon F. Il repose maintenant en paix au fond du port de Patmos, après une bagarre anthologique entre pêcheurs autochtones et l’équipage du caïque de mes copains de Kalymnos (on avait pris une sacrée raclée suite à une sombre affaire d’espadon capturé sur le territoire adverse. Il faut préciser qu’ils se foutent sur la gueule depuis 2000 ans). Après, j’ai bifurqué vers les appareils russes, un copain communiste régulièrement invité en U.R.S.S. me rapportait des boîtiers et des optiques achetés pour des bouchées de pain (le problème était de comprendre les notices). J’ai vraiment pris mon pied avec mon Zorki 3M ou mon Fed 2, puis plus tard avec un Pentacon 6, une grosse bébête qu’on m’a volé en 1980 (j’en ai racheté un récemment).
Quand j’ai commencé à photographier, il fallait tout calculer entre vitesse, ouverture du diaphragme, focale, profondeur de champ, etc. et il valait mieux calculer soigneusement son coup. Pellicule, développement, tirage, n’étaient pas donnés, et on faisait attention à chaque photo. Avec le numérique et l’automatisation, tout a changé, comme lorsqu’on est passé de la règle à calcul de mon adolescence à la calculette (ça va rappeler de bons souvenirs aux kroumirs de mon âge !).
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Je suis très admiratif devant la passion et la qualité des photos des zigues de CyR ou de Marc Delon, et j’ai souvent honte d’afficher les miennes dans ce blog. Elles ne sont sans doute pas terribles, mais enfin ce sont les miennes, et j’en tire une grande satisfaction, comme lorsque je me mets aux fourneaux, ou que j’embouteille ma vendange. Je ne suis ni Bocuse, ni Petrus, mais j’ai plaisir à CREER et à FAIRE, et surtout à le partager, du mieux que je peux, avec mes moyens.
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Deux ou trois fois, lors de débats, les «zantis» ont cru intelligent d’afficher avec insistance des photos pour stigmatiser «l’horreur taurine». Le procédé quoique bas et démagogique est efficace.
Une photo parle. Mais de quoi?
Je me suis dit qu’il serait intéressant de démontrer la stupidité de ce type d’argument en procédant de même. Il y a toutefois un hic: essayez d’aller prendre des photos d’un refuge de la S.P.A., des «pensionnaires» tristement cloîtrés derrière leur grillages, des séances d’«euthanasie», comme ils disent, des cadavres des gentils zanimaux avant équarrissage!
Je peux vous garantir (j’ai essayé) qu’on ne vous laisse aucunement la licence complète qui existe dans une arène et qu’on vous expulse violemment avec perte et fracas! Pourtant les tenanciers sont des «zantis» ultras, que j’ai croisé dans certains patios à l’heure du boucher, à mitrailler les carcasses des pôvres toros. Bizarre cet attrait et cette fascination pour les cadavres... On exige des libertés qu’on prétend refuser aux autres : c’est la démocratie bestialiste!
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A Sangüesa, j’avais le duende, j’ai tiré une centaine de clichés, la plupart au coup par coup (selon l’éthique exigeante de l’ami Laurent LARRIEU).
Ces clichés sont sortis, et ont traduit, ce que je voulais, mon désir, mon sentiment, mon regard, ce que je ressentais des êtres ou des objets. Ils ont concentré ce que je ne parviens pas à exprimer, ou dit ce qu’il est difficile de dire. C'est en cela que pour ma part, ils me paraissent assez réussis. Je voudrais les présenter ici en plusieurs salves, comme un petit jeu. Non que ces photos soient extraordinaires, non qu’elles visent à quelque exemplarité ou quelque hommage à la tauromachie, mais tout simplement parce qu’elles fixent parfaitement ce que j’avais dans l’œil, dans le cœur et dans l’âme et me permettent de partager ce que j’ai vu, compris, éprouvé. C’est à dire de COMMUNIQUER. Ce qui me paraît intéressant, c’est de connaître ce que le lecteur de ce blog en verra. Comment la même image procède ou peut procéder de «ressentis» différents. Les photos ou le miroir de l’âme.
Xavier KLEIN
1- PATIO
L'attente
J'avais trouvé refuge dans l'escalier qui monte aux passerelles des corrales ou dans des "counics" où j'essayais de me faire discret. Tous les portraits ont été saisis à 5-10 m, dans la cohue, et à l'insu des intéressés qui ne posaient pas. j'étais le seul à photographier durant 1/4 d'heure.












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Capotes de paseo
Depuis mon refuge dans l'escalier, les entrelacs de mains, des couleurs et des matières.



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Les Castoreños
Je me suis beaucoup plu à explorer le jeu des verticales, des horizontales et des courbes, celui des ombres et des matières.
SUITE ULTERIEUREMENT

lundi 20 septembre 2010

LE SCHISME QUI S'ANNONCE

Cela fait quelques temps que j’y pense.
Une pensée qui ne m’est guère agréable parce qu'elle va à l'encontre de mon souhait.
Mais une pensée qui progressivement s’impose comme une évidence.
Une pensée engendrée par une série de questionnements lancinants qui ne trouvent pas ou plutôt ne trouvent plus de réponses.
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Combien de temps encore le monde taurin pourra t-il supporter la faille qui ne cesse de s’élargir en son sein ?
Combien de temps encore faudra t-il assumer les mensonges, l’hypocrisie, les dénis, les gobages de couleuvres que «ceux qui y croient» subissent de la part de «ceux qui en profitent» ?
Combien de temps encore faudra t-il pour dévoiler la prosaïque réalité commerciale et la défense acharnée d’intérêts particuliers qui se dissimulent derrière les discours vertueux sur les «valeurs taurines», ou sur la «grande famille de l’aficion» ?
Combien de temps encore pourra t-on continuer à parler de combat là où il n’y a plus que spectacle, toro libre et sauvage là où se développent sélection forcenée et élevage industrialisé, risque et affrontement quand il n’y a plus que faire valoir et collaboration ?
Combien de temps encore pourra t-on évoquer une culture populaire quand seuls l’élite favorisée, les touristes argentés ou les invités d’entreprises pourront pénétrer dans l’arène ?
Combien de temps encore fera t-on les gorges chaudes des triomphes de pacotille de vedettes payées à plus de 100.000 euros devant des toros de complaisance pour ignorer les mérites des besogneux qui se jouent la vie devant des tios pour le convenio ?
Combien de temps encore des acteurs compromis du système, des bobos ou des intellectuels nomenklaturistes monopoliseront-ils la parole au détriment de l’aficion de verdad, soigneusement écartée des débats publics?
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On veut nous imposer un seul modèle, une seule perception tauromachique, qui correspondent aux intérêts bien compris du mundillo. Tout ce qui ne se rallie pas à cette conception uniquement marchande est appelé à disparaître, comme s’amenuise irrémédiablement la diversité des ganaderias et surtout des encastes.
On a récemment craché le morceau de la nouvelle vulgate, après la novillada de Moreno de Silva à Madrid : «De tels toros, de telles ganaderias ne devraient plus exister!».
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Tout cela résulte d'une évolution, de l'émergence logique d'un concept: la «CORRIDA MODERNE».
Tout cela s’incarne dans une option qui prétend civiliser la tauromachie pour mieux la faire admettre par nos sociétés, en réponse aux critiques anti-taurines.
Un concept qui gère des stocks et les plans de carrière de quelques toreros vedettes qui induisent la production de masse d’une matière première normalisée et offrant des «garanties» qualitatives et répétitives satisfaisantes –le «toro moderne»-. A ce train là, pour bien garantir, bientôt on clonera…
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Cette emprise absolue du système est l’aboutissement prévisible et naturel du mouvement amorcé dés les prémices de la tauromachie qui tend au contrôle absolu par les acteurs de toutes les données et notamment de l’élément qui devrait être au centre : le TORO.
Ainsi devrait-on désormais parler de TOREROMACHIE plutôt que de TAUROMACHIE.
Cette évolution néfaste et dangereuse est refusée par la frange «puriste» de l’aficion, par ceux qui ne se résolvent pas à voir transformer un rituel porteur de sens en spectacle porteur de bénéfices. Elle leur est imposée contre leur gré, mais en récupérant leur inquiétude de voir disparaître la corrida tout court.
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La douloureuse, la décisive QUESTION doit désormais se poser: le clivage établi, imposé par les têtes pensantes autistes du mundillo n’appelle t-il pas des conséquences?
Devons-nous persister à cautionner un esprit et des pratiques qui s’opposent aussi diamétralement à nos convictions? N’est-il pas temps de sanctionner officiellement par une intitiative une divergence fondamentale aussi patente?
Le mundillo, avec sa brutalité habituelle, veut imposer son point de vue en force, sans considération pour ceux qu’il prétend marginaliser par les quolibets et la caricature.
Prenons acte, et prenons le au mot.
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A la «CORRIDA MODERNE», accompagnée de ses dérivés (toro moderne, toreo moderne) proposons, sinon proposons la «CORRIDA TRADITIONNELLE» (ou «corrida de verdad», «corrida classique» (comme on dit musique classique), etc.).
Créons un espèce de LABEL qui impose une certaine déontologie et des contraintes éthiques aux organisateurs et aux acteurs qui voudraient s’en prévaloir.
Intégrité, trapio, typicité, force, âge, conditions d’élevages, alimentation naturelle, absences de fundas, limitation du manejo pourraient faire l’objet de cahiers des charges des ganaderias postulantes, exactement comme ceux qui ont été développés pour les A.O.C. lorsqu’on a voulu encourager une politique de qualité et sauver les productions traditionnelles (vins, fromages, etc.).
Il en va de même pour le déroulement des festejos qui seraient soumis à l’observation rigoureuse d’un règlement équilibré mais exigeant, dans le respect scrupuleux de l’exécution des trois tercios pratiqués dans les règles de l’art (nombre minimum de piques et de banderilles, prohibition des «mauvaises manières», retour à une politique de trophées raisonnable, limitation des indultos, encadrement des vueltas.
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L’objectif n’étant pas d’élaborer une usine à gaz et une réglementation stupidement tatillonne, de figer la tauromachie dans un schéma immuable, mais de réinstaurer des garde-fous et une éthique qui limitent les dérives actuelles et la disparition programmée par un mundillo qui fuit en avant, crêve la bête en songeant «qu'après lui, le déluge». La corrida ne pourra survivre que si elle conserve son SENS.
Ces gens là y ont-il intérêt?
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La condition sine qua non de la réussite d'une telle entreprise serait qu'on la confiât de préférence aux bons soins de ceux là même qui auront à cœur sa réussite : les aficionados.
En nécessaire concertation avec les professionnels –il s’agit de prendre en compte les contraintes de tous ordres, économiques, techniques, etc.- ce label pourrait être mis en avant par les empresas qui le désirent et qui accepteraient de se soumettre à un cahier des charges.
De la compétence des présidences à des engagements concernant la réalisation sérieuse des tercios et de certaines suertes (premier tercio) ou à la redéfinition de certains canons (pour un indulto par exemple), de manière à la fois souple (errare humanum est) mais ferme, une association spécialisée pourrait mener une réflexion, élaborer les normes minimales qui puissent garantir des festejos de qualité, avec toute l’incertitude nécessairement liée aux toros et valider le tout. Cela aurait en plus l’avantage d’impliquer l’aficionado et de le rendre acteur du spectacle QU’IL FINANCE.
C’est d’ailleurs de facto le cas, il n’est que de l’affirmer concrètement par une démarche POSITIVE d’affirmation de certaines exigences incontournables. On sait d’ores et déjà les plazas engagées dans cette recherche de qualité et de vérité, qui ne doit pas toutefois recouvrir une seule sensibilité (torista par exemple), mais l’ensemble de la variété des pratiques taurines. Serait-il impossible de penser le toreo artiste avec du bétail digne de ce nom, sans le triomphalisme commercial qui s’y attache trop souvent?
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Certes on ne manquera pas de gloser chez les «observateurs» sur l’extravagance apparente d’une telle proposition.
Pourtant, à y bien regarder, par delà le souci éthique qui fonde un tel projet, ce type de solution reprend parfaitement les modes de fonctionnement du «marché» dont se gargarisent certains. On appelle même ça «démarche de qualité» ou labellisation contractuelle, et cela fonctionne aussi bien dans la production de biens que dans celle des services.
L’originalité de la chose consisterait juste à en confier les clefs aux «consommateurs», ne serait-ce que parce que les «producteurs» du mundillo s’avèrent, de l’aveu général (y compris du coté de Vieux Boucau), défaillants .
Voilà en tous cas, une démarche POSITIVE qui mise sur l’avenir et non une réaction DEFENSIVE à la menace orchestralement fantasmée des «zantis».
Redonnons son sens et sa vérité à la «fiesta brava» et les opposants y trouveront beaucoup moins d’arguments que la mauvaise foi et le déni ne sauraient justifier auprès de l’opinion…
Qu’en pensez-vous?
Xavier KLEIN

dimanche 19 septembre 2010

LAVOIX, le retour

Vous l'aviez aimé! On vous en redonne. A voir et écouter au deuxième degré (pour JPR)



Love in Portofino by Jerôme LaVoix from smegmafilms on Vimeo.

jeudi 16 septembre 2010

LE SONGE ILLUSOIRE D’UNE APRES MIDI D’ETE

A Chulo, Olivier, Batacazo … et les autres.

Il y a l’être et le paraître, le fond et la forme, l’opéra et l’opérette, la chanson à texte et la ritournelle, etc., etc., etc.
L’un des deux termes de ces couples peut-il, doit-il, forcément cheminer sans l’autre? Doivent-ils s’exclure?
Ce n’est nullement mon avis. Tout deux procèdent de l’existence, et en cette matière comme en d’autres, tout est affaire de pondération et d’harmonie pour éviter de choir dans la monotonie ou dans l’excès.
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Dimanche à Dax, on se trouvait plus à la Gaîté-Lyrique, au Châtelet ou au Théâtre Mogador qu’au «wagnerium» de Bayreuth.
On jouait plus du Franz Lehár ou du Francis Lopez, que du Verdi ou du Puccini.
La chose est évidente.
On donnait dans l'insoutenable légèreté, la frivolité des choses, plus que dans le fond.
Pour autant, était-ce blâmable? Y avait-il là, en soi, motif à polémique?
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On était prévenu ou l’on était idiot pour, un seul moment, se leurrer sur le résultat des courses, avec l’affiche prévue, si les toros «servaient» (comme ils disent).
Et pour le coup, dans ce type de répertoire où l’on ne peut ignorer l’inconsistance du bétail en terme de COMBAT, l’après-midi ma foi s’est déroulée de fort agréable manière, donnant lieu à un SPECTACLE de qualité DANS CE REGISTRE bien particulier. Spectacle accompagné des attributs afférents, soit un triomphalisme sans vergogne ni complexe, un déluge de trophées, vueltas et sorties a hombros par la Puerta Grande.
Dax et 8000 heureux élus «aficionados» nageaient dans la douce béatitude de ces apothéoses de pacotille dont le ruedo du Parc Théodore Denis cultive le goût à l’extrême. Un goût bien légitime, tant qu’il ne s’impose pas comme la norme, et qu’on ne se méprend en rien sur sa vanité et sa portée.
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Pourquoi bouder le plaisir simple et primaire d’une euphorie ponctuelle et évanescente tant qu’on ne s’illusionne en rien sur la vérité de la chose?
Qu’avons-nous vu? Une superbe corrida moderne, d’excellent toreo moderne avec ce qui se fait de mieux comme toros modernes.
Redisons le: un spectacle de grande qualité DANS LE GENRE … moderne.
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On sait, on savait, qu’il n’y aurait pas de premier tercio. On fût un peu surpris: deux toros prirent deux piques, et il y eût un batacazo!
On sait, on savait, que le second serait escamoté. On fût très surpris, plusieurs banderilleros saluèrent après de faciles mais très honorables paires de bâtonnets!
On sait, on savait que le troisième serait démesuré, qu’on subirait des dizaines de passes, des avis. Il le fût moins qu’on aurait plus le craindre. On a vu El Juli au summum de la maîtrise technique de son art. Quel autre torero eût pu instrumentaliser ces toros avec une telle précision, initier des enchaînements aussi complexes?
On sait, on savait que les mises à mort seraient superfétatoires, des détails au regard de l’importance accordée dans le «toreo moderne» à la faena. Certes, on eût droit à 2 oreilles dégringolées après 3 julipiés, MAIS il y eût aussi Morante tuant al encuentro et Juli partant pour un recibir à son premier.
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Certes on peut considérer qu’une queue à son noblimbécile premier et 2 oreilles à son second (après une estocade au troisième voyage) s’avèrent un tantinet excessif pour El Juli. Qu’une vuelta à un toro qui n’a pris qu’un semblant de pique relève de la caricature. On se consolera en se disant qu’on a échappé à l’indulto à la mode.
Certes El Cid fut, en dépit de jolies manières et de bonnes dispositions, largement en dessous de ses toros, notamment le troisième, d’une bravoure (supposée, étant donné qu’il ne passa pas significativement sous le fer) et d’une candide noblesse exceptionnelles.
Certes Morante ne démérita point avec le premier manso et querencioso aux tablas, et mérita beaucoup avec le quatrième (ou plutôt cinquième) moins évident que ses frères, lui servant une entrée de faena somptueuse et une conclusion du goût le plus pur, par naturelles de face au ras des zapatillas, .
Certes on pourra s’étonner que les maestros décident désormais de tout dans le ruedo, demandant et obtenant vueltas des toros, du mayoral, et bientôt, pourquoi pas, du palco ou de la Commission.
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Tout cela ne représente que regimbements de peines à jouir ou de pisses vinaigre: IL-FALLAIT-Y-ÊTRE ou plutôt IL-FALLAIT-EN-ÊTRE pour pleinement saisir l’étrange et doulce folie qui subitement saisit le ruedo dacquois, dans un de ces élans œcuméniques dont il a le trouble secret.
C’est l’un de ses charmes, auquel il convient de ne pas se refuser tant qu’il ne dérive pas vers l’inacceptable d’un indulto desgarbadiste qui bouleverse les valeurs fondamentales de l’éthique taurine.
Si Dax et son public (on n’ose parler d’aficion !) trouvent quelque vanité à s’oublier dans des émois pueblerinesques, grand bien lui fasse, d’autant que le ridicule ne tue plus, on le sait. Il n’y donc pas mort d’homme.
J’en étais et TOUT CELA NE ME DERANGE EN RIEN. Quand on va au cirque pourquoi être surpris d’y voir des clowneries!
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Je ne cesse d’écrire dans ce blog que la tauromachie doit être et demeurer diverse, ce qui inclut également cette tauromachie là. Il me semble aussi stupide et inacceptable de la contester que pour les toreristas de vilipender celles de Vic ou de Céret…
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Ce qui me dérange par contre et s’avère inacceptable, c’est quand le triomphalisme s’en mêle, c’est quand l’on cesse de badiner pour se convaincre de l’historicité et du sérieux d’un événement plaisant mais mineur. C’est quand l’on tend à se persuader de son propre artifice.
C’est surtout, qu’avec le concours de la presse appointée ou partisane, on se propose de faire d’une vaste et agréable facétie, d’une gasconnade de clocher, une norme d’excellence.
Cela devient alors intolérable. Ne serait-ce qu’outre l’inversion vénéneuse des valeurs, cela ne concourt qu’à dévaloriser les autres types de tauromachies, vous savez celles où la gloire se paie au prix de la peur et du sang.
Si l'allégresse était au rendez-vous, où étaient dimanche à Dax, la difficulté, le risque, le danger, la peur?
Le plaisir, la joie, la jubilation irraisonnés qu’on pût ressentir dimanche (que Chulo ou moi-même avons ressenti!) n’avaient rien d’illégitime ou de honteux, à condition de les laisser à leur place et de les remettre en perspective à l’heure où le raisonnable doit donner.
Et c’est un dacquois, fidèle et amoureux de sa ville qui vous le dit…
Xavier KLEIN

lundi 13 septembre 2010

Luis Antonio VALLEJO «EL PIMPI» n’est plus.

C’est avec consternation que nous avons appris samedi le décès de Luis Antonio VALLEJO.

Je dis ici, Luis Antonio VALLEJO, car avant que d’être «El Pimpi», un «nom de scène», c’est d’un homme que je veux parler.
Un homme chaleureux, ouvert, enthousiaste et généreux.
Un homme qui vivait pleinement sa passion en s’y engageant sans réserves, avec le seul souci de remplir au mieux son office.
Oui, Luis était un Homme, un chulo madrilène, héritier d’une dynastie de piqueros de vergüenza, à qui sa vie professionnelle a fait honneur.
C’était aussi un Homme qui poursuivait des rêves, en voulant croire à tout prix qu’ils se réaliseraient.

Et c’est cela aussi être un Homme.

Comment évoquer Luis, sans lui associer Nathalie, son épouse, avec qui il partageait les mêmes passions et s’est engagé dans la difficile entreprise de créer une cuadra de caballos.
Il faut avoir un sacré caractère pour partager, dans la joie et l’enthousiasme, le destin d’un homme qui risque sa vie le dimanche. Il faut croire à l’intensité de la vie et la privilégier à la platitude d’un destin ordinaire et rangé. Il faut aussi espérer et croire en l’avenir, se projeter dans l’incertitude: cela demande courage, confiance et détermination.
Quelle plus belle preuve d’amour, une femme peut-elle donner à l’homme avec qui elle chemine?
Et quel plus beau destin que d'être aimé d'une telle femme?

Peu importe comment est mort Luis, et peu importe ce qu’on en pourra dire.
La réalité de l’homme que nous avons côtoyé seule doit s’imposer et c’est d’un Luis jovial et gouailleur, qui riait à la vie et méprisait la «gueuse», que nous conserverons le souvenir.
Malgré les critiques et les oppositions, Orthez a cru en Luis et en Nathalie, a voulu partager et soutenir leurs projets.
Orthez, si Nathalie en décide ainsi, continuera à le faire.
Que Nathalie reçoive ici le témoignage de notre affection, de notre soutien et de notre confiance. Pour elle, et pour leur petit.

Xavier KLEIN

samedi 11 septembre 2010

CALLEJON


Voilà un sujet qui mobilise régulièrement les passions!
D'aucuns, qui, sans états d'âme se satisferont sans problème d'un «spectacle» de complaisance, s'enflammeront avec la plus grande ardeur sur ce sujet, à mon sens bien annexe.
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On appelle ça un «marronnier» en journalisme (pour la petite histoire, et pour mon ami Eric, cela vient du marronnier qui fleurissait tous les ans sur la tombe des Gardes Suisses tués lors de la prise des Tuileries en 1792, ce qui donnait lieu à article).
Bien annexe certes, mais ô combien révélateur!
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Le callejon DEVRAIT constituer un espace de travail, réservé aux seuls protagonistes et organisateurs: cuadrillas, areneros, alguaziles, vétérinaires, médecins, etc.
Dans les faits, tout le monde le sait, ce n'est nullement le cas.
On y voit des «people», des amis, des amis des amis, le troisième ligne international du cru, des élus, l'élève de l'école taurine de machin, le concierge ou le dentiste de l'empresa.
Tout cela, DANS LES FAITS, est-il si dérangeant, TANT QUE CELA N'OBERE EN RIEN LA BONNE TENUE DU FESTEJO, et que les gens s'y trouvent en sécurité?
A CES CONDITIONS, objectivement non. Conditions auxquelles j'en rajouterai une autre: la retenue et la neutralité.
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Le principe de réalité commande en la matière.
Un chroniqueur taurin n'a en l'occurrence rien à faire dans le callejon, tout au contraire, il gagnerait à voir la corrida de plus haut. On peut également se poser la question pour un photographe: question d'angle et de mobilité... Pour autant, quel organisateur prendra le risque de contrarier et de «s'adosser» la corporation en les expédiant dans les «étagères», comme ils disent (ce qui est en soi un aveu)?
Dans les FAITS cela fait belle lurette que le callejon n'est plus uniquement un lieu de travail, et qu'il ne peut plus l'être. Prenant acte de cette réalité incontournable, il convient de gérer ce qu'on ne peut éviter.
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Pourquoi donc certains seraient-ils prêts à toutes les bassesses pour accéder à la ruelle? Depuis l'édification de Versailles par le Roi-Soleil, on maîtrise parfaitement la réponse: pour y être vu!
Se distinguer, être distingué, accéder à ce à quoi les autres n'accèdent pas, sans compter le brevet illusoire d'aficionado distingué, voilà le moteur des callejonopathes. Un moteur qui n'a rien d'anodin car c'est de POUVOIR qu'il s'agit en sous-jacence.
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Prenant acte de ces diverses données, j'ai dictatorialement, unilatéralement et arbitrairement défini à Orthez une politique PARFAITEMENT CONTESTABLE, et d'ailleurs contestée par nombre de mes petits camarades de la Commission (mais même un sympathique membre de commission peut être concerné par ce que je viens d'énoncer plus haut...).
En l'espèce, le callejon y assume deux autres fonctions.
D'une part, comme ailleurs, un lieu de communication où sont invités des personnes qui nous ont beaucoup aidé ou seraient disposées à le faire (ce fût le cas cette année pour plusieurs journalistes et «relais d'opinion» du pays basque espagnol). Une manière de marquer le coup et de dire: «-Venez constater ce que nous faisons».
D'autre part, un lieu de découverte. J'ai souvent expliqué ici, combien il était utile et nécessaire à des aficionados de découvrir la corrida sous l'angle du callejon. Cela permet d'avoir d'autres sensations, cela permet aussi de comprendre d'autres choses qui sautent aux yeux en «gros plan». Cela permet enfin de percevoir en quoi la vision déformante en deux dimensions vue du callejon diffère souvent de celle en trois dimensions des tendidos.
A Orthez, ce lieu de découverte doit s'ouvrir aux aficionados (chaque corrida deux places sont tirées au sort parmi les réservation de la taquilla), aux membres des peñas (un callejon est attribué à chaque association), mais également à des jeunes et à de très anciens passionnés. Quand on a 50, 60 ou 70 ans de ruedos et d'aficion, il me paraît normal qu'on puisse un jour descendre au callejon. On y a autant, sinon plus sa place que la dernière vedette de la «Staraque» de passage.
Évidemment, une dizaine de places c'est peu, mais c'est également beaucoup au point de vue du principe et surtout de l'idée de partager des passions et des émotions, plutôt que de les confisquer pour une «élite».
En tout cas pour moi, la chose est très importante même si j'ai conscience que ce point de vue ne fait nullement l'unanimité. Il a au moins le mérite d'être clair et surtout d'être exprimé.
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Nous avons des progrès à réaliser dans l'organisation du callejon orthezien. Plusieurs amis nous l'ont fait constater. On y parle et on y bouge trop, ce qui est préjudiciable et potentiellement dangereux pour ceux qui officient dans le ruedo. On y trouve également des gens qui n'y ont pas été conviés et qui se retrouvent là comme par mystère (j'en ai viré une demi-douzaine cette année). C'est un chantier qu'il conviendra d'améliorer dés l'année prochaine.
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Je voudrais terminer ce passage en revue du thème callejonesque par ce qui me choque bien souvent, de par les arènes où je pérégrine.
Quand l'on est gratifié d'une invitation ou d'un callejon, il me semble que l'on se doit d'apporter une certaine retenue. Il n'est donc pas question d'y manifester son mécontentement, mais également son enthousiasme. Applaudissements comme sifflets n'y sont nullement de mise, pas plus que de critiquer le gratin dauphinois calciné que la maîtresse de maison vous offre, ou de se moucher à la nappe de son hôte.
Les jaleos sont déplacés, comme furent scandaleusement déplacées les hystéries collectives qu'on put voir dans certaines arènes où la demande d'indulto partit du callejon, avec des gens debout sur les burladeros pour houspiller la présidence.
Tant les organisateurs que leurs invités doivent, me semble t-il s'astreindre à la neutralité, ou du moins s'y efforcer. Je reconnais que quand on travaille et que l'on met du coeur à l'ouvrage, que l'on a investi son temps et ses espoirs, il est parfois difficile ne pas se faire saisir par l'émotion, surtout lorsqu'on a l'aficion rivée au corps et à l'âme.
Quand j'ai vu s'élancer ce beau toro de Doña DOLORES pour une quatrième pique au regaton, cela m'a embrumé le regard et hérissé le poil, parce c'est une chose qu'on ne voit plus, et qu'un toro qui charge avec bravoure représente la consécration de ce que nous venons chercher aux arènes. Pour autant, doit-on s'esbaudir des succès et se faire gloire des mérites qui ne reviennent qu'au toro et au picador.
Quand on est partie prenante (ou invité), on est tenu à la réserve et ne pas jouer les claques de bas étage.
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Question de buen gusto... mais ne dit-on pas que «des goûts et des couleurs...»
Xavier KLEIN
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vendredi 10 septembre 2010

AVIS: PROBLEMES INFORMATIQUES

Il semble qu'un certain nombre de commentaires aient été supprimés.
Fausse manoeuvre de ma part? Spams?
Le programme gestionnaire du blog me demandait de valider ou supprimer des commentaires, dont je savais que je les avais déjà validé. Il arrive qu'ils figurent en deux ou trois exemplaires. J'ai supprimé, et en fait ce sont les messages originaux qui ont disparu.
Vous savez mes scrupules en ce qui concerne le respect des opinions et des paroles, y compris défavorables. Il ne s'agit donc nullement d'un geste de censure, ni pour nos contradicteurs psy, d'un acte manqué.
Seulement d'une fausse manoeuvre.
Veuillez m'en excuser.
Xavier KLEIN
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dimanche 5 septembre 2010

Les Catalans veulent interdire les escargots…

Denis Guermonprez écrit souvent dans des blogs (pseudonyme DIONXU) et nous envoie ce texte.

Et le cri d'agonie de la feuille de salade sous les molaires? La dernière plainte déchirante du yaourt lâchement attaqué par l'acide gastrique? La mie de pain broyée? Il faudrait d'urgence créer d’une part, un collectif de la défense du droit des ingérés et des pré-digérés. Et d’autre part demander à l’O.N.C.T. de rajouter la branche O.N.C.E. (Observatoire National pour la Conserve de l’Escargot) et demander que la chasse à courre aux mollusques soit inscrite au patrimoine mondial de l’U.N.E.S.C.O.
Problème, trop de monde voudra en prendre la tête et on ne sait pas si le Président actuel déléguera quelque autorité. Pendant ce temps là, les agonies barbares continueront sous la mastication quotidienne, les salades, les yaourts et la mie de pain resserreront les rangs avant l'assaut final!
Par ailleurs, on sait maintenant pourquoi les catalans ont comme cible les escargots: parce que les toros sont comme les escargots, quand il pleut, ils sortent! Et l’expérience nous montre que très souvent, les corridas sous la pluie sont excellentes. Comme les bourguignons en parrilla, comme les cagouilles…
Et les escargots veletos? Vous ne voyez pas le rapport? Tiens, il se dit que pour son Julipié, le Juli s’entraînerait sur l’escargot de bourgogne, hop, entre les cornes, une demie (comme le pain) dans la cruz…
Et la sortie explosive de l’escargot lâchement confiné dans son chiquero, ça ne vous rappelle rien? Et une fois abouties les manigances des catalans du PLAFACACA * (ça ne s’invente pas), ils s’attaqueront au TOURTEAU, oui, le crabe dormeur qui ressemble de plus en plus au toro moderne, d’une part par la configuration de ses pinces rappelant étrangement l’encornement du toro présenté, et d’autre part pour sa vivacité alliée à son sens de la bravoure quand il marche….en crabe ainsi que cela s’est vu tout au long de la temporada.
Vive la salade libre!
Les toros aux taurins, La Catalogne aux Catalans taurides, La Bourgogne aux escargots, et la Bonniche aux Bonnichons!

Denis Guermonprez
* PLAFACACA: Plataforma a favor del Caracol Catalán (Plateforme de défense de l'Escargot Catalan) http://kfrio.blogspot.com/2010/08/toros-no-caracoles-no.html
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L'HUMANISME DES ZENTILS «ZANTIS» A L'OEUVRE

Les faits et les images valant parfois mieux que les mots, constatez par vous même jusqu'à quel degré d'abjection peuvent se ravaler ceux qui prétendent donner des leçons d'humanité, en dénonçant le «plaisir qu'on peut prendre au spectacle de la souffrance animale». Un témoignage parmi les milliers de commentaires et d'écrits du même tonneau formulés par les gentils et tendres anti-corridas sur le net. Mais les «zantis» ont tous les droits, toutes les licences, y compris celui de profaner sépultures et monuments. La fin ne justifie t-elle pas les moyens, quand la cause est juste?

Il paraît que c'est de l'humour!

L'humour, c'est plutôt ça, en compagnie du sympathique Philippe HEYRAL et de l'inoxydable Manuel Benitez:

samedi 4 septembre 2010

LES GRANDES MANOEUVRES

Survitaminés par le vote du Parlement catalan, les «zantis» grenouillent d'importance. Débats télévisés ou radiodiffusés (http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1521), articles de journaux, manifestations en tout genre, on peut assister ébahi au forcing et au martèlement insensé qu'une poignée d'activistes fait subir à l'ensemble de l'opinion publique.
30 trouducs avec des pancartes devant une arène font plus l'actualité que les milliers de gens qui se trouvent à l'intérieur. C'est sans doute ce qu'on appelle en termes journalistiques, la «hiérarchisation de l'actualité».
Et c'est malheureusement le lot des démocraties modernes tel qu'annoncé il y a un 150 ans par Alexis de Tocqueville («De la démocratie en Amérique») et il a 50 ans par Andy Warhol («A l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale»).
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Les aficionados semblent de plus en plus nombreux à comprendre que la véritable menace contre la corrida trouve sa source à l'intérieur même du système qui la gère, ce que commencent à admettre -il est temps- même nos esprits les plus «observateurs».
Pour autant, nous ne pouvons ignorer qu'une offensive de grande ampleur est à l'oeuvre de la part des «zantis» qui surfent sur la vague catalane.
La proposition de loi n°2735 pour l'abolition de la corrida en France déposée par Madame Muriel Marland-Militello, députée U.M.P. des Alpes Maritimes n'est pas un simple effet de l'imagination.
En quoi peut-elle être suivie d'effets?
En la matière, le contexte politique importe au plus haut point, et il faut se méfier de ces textes qui peuvent recueillir une majorité de circonstance à la faveur d'un environnement politique troublé. Il n'est un secret pour personne que les politiques cherchent par tous les moyens à détourner l'attention des citoyens des graves sujets économiques dont ils ont à traiter.
La diversion vers des thèmes qui peuvent susciter les passions et l'assentiment très démagogique qu'on peut y recueillir ne sont nullement à écarter.
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Il y a deux batailles à remporter: la bataille pour l'opinion publique, et la bataille parlementaire.
La première, à considérer les sondages, est en voie d'être perdue. La seconde pourrait l'être.
Pendant des années les POUR et les CONTRE s'équilibraient mais il semble que l'activité débordante des «zantis» et surtout le sens tactique et l'intelligence dont ils ont fait preuve en utilisant toutes les ressources de la communication moderne trouvent là leur accomplissement. Il nous faudrait des RICHIER, nous n'avons que des VIARD, c'est dire si nous sommes mal barrés.
Car soyons clairs, ces gens là étant aux commandes, c'est bien de leur faute si nous en sommes arrivés là. La Monumental de Barcelone, les arènes de Catalogne (et d'ailleurs...) qui se vident depuis belle lurette, ce n'est quand même pas la responsabilité des «zantis», mais bien celle du mundillo et de ses porte-paroles. Il s'agirait d'assumer!
On a rien trouvé de mieux à leur opposer que les éternels et fumeux discours esthético-philosophiques d'intellos parisiens ou de vieux chevaux de retour affairistes complètement discrédités: les pompiers pyromanes sont chargés d'éteindre l'incendie.
Comment voulez-vous que nos têtes pensantes observatoriales, qui vivent en vase clos dans le giron fermé du mundillo, et qui manifestent quotidiennement leur autisme à l'endroit des critiques, idées ou suggestions qui leur viennent de leur propre camp, puissent s'ouvrir à la perception du français moyen? C'est pourtant celui ci qu'il s'agit de convaincre, sinon du bien fondé de la corrida (ce à quoi s'essayent régulièrement et vainement nos «avocats»), du moins DE NOUS FOUTRE LA PAIX.
Le jour où l'on aura compris que la défense de la «culture» ou de la «tradition» locales ne peuvent être confiées à des épiciers en gros, ou à des intellectuels septentrionaux on aura avancé.
De même, combien de temps faudra t-il pour reconnaître que le discours esthétisant ne tient pas devant la simple production d'une photo, auprès d'un grand public qui FONCTIONNE PAR IDENTIFICATION? Pas plus que le déni: affirmer qu'un toro ne souffre pas détruit toute crédibilité.
*
Devant cette menace, comment réagissent les instances autoproclamées qui prétendent nous représenter? Comme à l'ordinaire sans doute, par des manoeuvres d'antichambres parlementaires. Aura t-on droit à des listes de soutien manipulées comme celles qui furent expédiées aux parlementaires catalans?
*
Pour ce qui me concerne, la stratégie à mener est claire. Elle doit s'appuyer sur un combat de long terme des idées et des mots plutôt que sur des magouilles qui ne feront que surseoir.
Sans parler du fond du problème où l'aficion se trouvera toujours en position de faiblesse tant que l'on ne sera pas revenu à certains grands fondamentaux (replacer le toro au centre...), que l'on n'aura pas nettoyé les écuries d'Augias du mundillo, et que l'on aura pas institué des modes de représentation et d'organisation de l'aficion réellement représentatifs et démocratiques, où puissent s'exprimer et être prises en compte toutes les sensibilités.
*
J'avance donc ici quelques lignes de forces. Prenez en bonne note, il y a fort à parier vous les verrez prochainement reparaître dans les éditoriaux ou les discours de nos ténors:
1°) Refuser de discuter sur le fond: on a pas à justifier de son désir et de son plaisir.
2°) Mener et remporter la bataille SEMANTIQUE en appelant un chat un chat, et un «zanti» un BESTIALISTE.
3°) Ce dernier point posé, montrer que l'aficion est un HUMANISME opposé au BESTIALISME des «zantis». Et qu'il s'inscrit ainsi de plein droit dans la continuité d'une culture occidentale, notamment méditerranéenne qui «fait de l'Homme, la mesure de toute chose».
4°) Démontrer que les positions bestialistes procèdent plus d'une FOI religieuse (en tout cas de croyances) que de la raison, et qu'ils mènent une croisade moralisatrice dans la plus pure tradition anglo-saxonne.
5°) Dévoiler le vrai visage des BESTIALISTES opposés à toute instrumentalisation animale et ainsi rallier nombre de soutiens. Quand l'opinion publique comprendra qu'après la corrida, seront menacées toutes les activités liées aux «zanimaux», du cirque au gavage des palmipèdes en passant par les zoos, les tanneurs, les chasseurs, les lainiers, les soyeux, les laitiers, etc. le problème se posera autrement et beaucoup de concitoyens le considèreront sous un autre angle.
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6°) ET SURTOUT, s'appuyer sur le DROIT, qui est la marque des grandes démocraties et non sur le NOMBRE.
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Ce dernier point me porte à évoquer l'actualité et notamment ces grands rassemblements prévus le 11 septembre, une date symbolique entre beaucoup. Une date funeste également.
Hormis les attentats contre les tours jumelles de 2001, c'est aussi l'attentat manqué contre Mussolini en 1926, et c'est surtout le coup d'état réussi de Pinochet contre Allende en 1973. L'augure d'une légion romaine n'aurait jamais engagé une bataille un tel jour...
Si la date est symbolique, les lieux ne le sont pas moins et connotent l'évènement. Organiser un rassemblement à Arles ou à Dax, temples de la «tauromachie moderne», le même jour que des «corridas modernes» n'a pas le même sens que de les organiser à Vic ou à Céret, temples du torisme.
Les organiser dans de grandes cités taurines, n'a pas le même sens que de les convoquer dans des placitas à Parentis, Hagetmau ou Roquefort. C'est pourtant dans ces avants-postes trop souvent désertés par les «grands aficionados» de feria, que se joue l'avenir de la corrida. Y voit-on souvent les Francis WOLFF, les DURAND, les François Xavier GAUROY (présent à C dans l'air), tous les bobos du nord de la Garonne en mal de folklorisme? Quand les avants-postes tombent, c'est la forteresse qui est menacée... C'est pourtant là, que les «rassemblements» auraient le plus de sens, et seraient le plus utiles. Non, on préfère s'afficher dans les callejons des grandes ferias. L'idéal eût sans doute été -calendrier mis à part- d'envisager le 11 novembre à Saint-Sever, épicentre du «pays taurin», et symbole d'une aficion populaire vivante et active, mais on en a décidé autrement.
Qui organise? Si pour Arles il semble que l'idée provienne de diverses entités, pour Dax ce serait l'initiative spontanée de jeunes aficionados, ce qui serait sympathique. Voir les gens, surtout des jeunes, se remuer et se mobiliser est toujours sympathique.(
http://jeunes-aficionados.blog4ever.com/blog/lire-article-432596-1893113-appel_au_rassemblement_du_11_septembre__arles_et_d.html)
J'ai reçu une demie-douzaine d'invitations à cette garden-party, de la part d'amis, mais aussi de certains ses promoteurs. L'impression désagréable que me laissaient ces initiatives, s'est malheureusement confirmée à l'exercice de la réflexion.
Pourquoi?
*
Le mouvement «zanti» est d'essence REACTIONNAIRE. C'est littéralement une réaction à l'existence de la corrida. Il ne propose pas, il veut abolir. Il ne faudrait pas que l'aficion, par réflexe de peur devienne également réactionnaire. Et c'est le sens profond de ces rassemblements: une REACTION à la menace réelle ou fantasmée des «zantis». Aller à une corrida est une action positive: on se déplace pour voir et faire quelque chose. Se rassembler pour se compter est une action réactive et de défense.
On se rassure, on se resserre, on se sécurise, on se «cocoone», dans le sein de la «grande (et illusoire) famille» aficionada, mais on n'avance pas. Ce n'est pas nous qu'il faut, sinon convaincre, du moins apaiser, c'est l'AUTRE. Et en restant entre nous, on ne va pas au devant de l'AUTRE.
Sans parler du fait que toute famille ne saurait exister sans «papa». Et pour résumer ma pensée très brutalement, mais on comprendra, je ne vais pas chercher mes «papas» à Vieux Boucau. Je n'ai même plus besoin de «papa» du tout (même si j'en ai le plaisir!).
La récupération de cette initiative par de bonnes âmes charitables, ne manquera donc pas de conforter ceux qui établissent leur fond de commerce sur l'existence et l'activité des «zantis». A mon sens, l'urgence est de se mobiliser pour réformer les pratiques taurines, notamment celles du mundillo, non de se mobiliser contre un péril extérieur qui au contraire le renforce dans ses travers.
Et puis par dessus tout, j'ai en grande méfiance ces mouvements de masse «nurembergiens» et autres Agurs. La masse ne pense pas, elle s'émeut, or il convient actuellement de penser, et d'inciter à penser, non d'inciter à s'émouvoir...
*
Si la forme me paraît contestable, l'objectif est lui clairement contre-productif.
Dans le long préambule qui précède, j'ai clairement exprimé que l'argument à développer était celui du DROIT et non celui du NOMBRE. Ce n'est pas les 10 à 20000 présents qui légitimeront la corrida.
Ils la légitimeront d'autant moins qu'une grande manif internationale anti-corrida à Paris (et non dans le sud, comme ils s'y entêtent) pourrait aisément rassembler 3 ou 4 fois plus de monde. Se compter est un piège mortel qui ne satisfera que les écervelés.
Pour se rassurer, pour se faire plaisir, on compte se rassembler. Et en plus on cause de «tenue distinctive». Il y aura beaucoup de rouge et de blanc. En rajoutant du noir, pourquoi pas flambeaux et bannières?
Je n'en serai pas.
Non pas que je désapprouve l'intention (mais l'enfer en est pavé...) et le bon vouloir de ses organisateurs. Mais parce que pour tous les motifs énoncés, je pense que c'est une erreur.
Que mes amis qui s'y trouveront veuillent bien m'en excuser.
Ne demeurant pas toutefois inactif, je rendrai compte ici des actions entreprises et notamment du courrier que j'envoie à mon député...
Xavier KLEIN

* Pour info vous pouvez envoyer à votre député le document d'One Voice (http://www.onevoice-ear.org/fr/page/missions) l'une des deux organisations qui ont manifesté dans les arènes de Céret. Cela ne manquera pas de l'éclairer sur les objectifs REELS des «zantis».

vendredi 27 août 2010

BECASSINE s'engage avec les «ZANTIS»

Dédié aux grands démocrates bestialistes qui ont très courageusement jugé bon de balancer des virus dans leurs messages haineux, et à mon antivirus qui a réussi à les éliminer. Paulette dans tous ses états

S’il y a bien un truc qui m’insupporte plus que tout en matière d’argumentation et de combat des idées, c’est le procédé qui consiste à se référer sans cesse à l’autorité morale ou scientifique de tel ou tel plutôt que de s’appuyer sur les ressources de sa propre pensée.
Ça donne à peu prés cela: «-Nananère, moi, j'ai Théodore Monod, Alain Delon ou Milène Demongeot qu'ont signé ma pétition … pouetpouet cacaboudin!»
Ce travers trouve son aboutissement dans les «comités de soutien» ou de parrainage, dont la notoriété des signataires est sensée garantir la justesse des propos et de la cause défendue.
C’est une vieille pratique stalinienne, dont on usa et abusa à l’envie, et qui semble revenir à la mode en nos temps de populisme exacerbé.
Si la chose porte auprès d’un public influençable ou qui, sans aller chercher plus loin, a renoncé à penser par lui-même, il n’en va pas de même avec ceux, de plus en plus rare en vérité, qui n’accepte pas de déléguer leur droit à la réflexion.
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Le problème, c’est qu’en allant chercher ainsi des célébrités, ou comme on dit maintenant des «people», on prend aussi le risque de s’asseoir à coté de la chaise.
C’est le cas de notre B.B. (ultra) nationale, la pasionaria de la cause bestialiste, qu’on évite de trop sortir de son placard tropézien tant elle a poussé le bouchon loin. La pestilence de la «bête» pourrait insupporter certaines narines.
C’est le cas également du chanteur Renaud, un exemplaire tout à fait représentatif de l’évolution d’une certaine extrême gauche soixante-huitarde très désillusionnée qui, à l’instar de Philippe Val et de nombre de ses petits camarades de Charlie Hebdo (publication très anti-taurine où Renaud a travaillé), sont passés de la révolution à tous crins à une contestation très … conformiste, voire à une franche collaboration avec le régime. Dieu sait si, comme tant d’autres, j’ai pourtant aimé Renaud!
La difficulté lorsqu’on choisit la stratégie de placer quelqu’un en exergue, c’est qu’il faut trouver la perle rare qui s’avère parfaitement exemplaire et indemne de toute critique morale.
L’humanité étant ce qu’elle est, la chose s'avére par principe impossible, mais cela importe peu pour ceux qui ne se résolvent nullement à dissimuler l’indigence de leurs idées derrière une notoriété faussement attractive. Vanitas vanitatis!
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On aurait pu laisser l’aimable Paulette DUBOST «vivre entre ses parents le reste de son âge», lui coller de l'engrais deux fois l'an, l'arroser périodiquement.
On aurait pu également la dissuader de compenser l’indigence qualitative de sa carrière cinématographique par la gloriole fallacieuse de s’affirmer la «doyenne des comédiens français» ce qui est, avouons le, un peu court comme titre d’excellence.
Que non pas! On profite des velléités de reconnaissance d’une cabotine de seconde zone pour l’instrumentaliser à outrance et redorer un blason qui, de fait, n’a jamais existé.
Si l’âge peut témoigner -rarement- de l’accession à la sagesse, il révèle le plus souvent les effets du gâtisme. En outre, le fait d’avoir vécu longtemps multiplie les opportunités des conneries qu’on a pu commettre.
C’est le cas pour Dame Paulette, à qui, a priori, je n’aurais rien trouvé à redire ni à reprocher, si elle s’était contenté de subsister derrière le paravent de son insignifiance.
Mais comme Paulette s’agite, manifeste, écrit au président (
http://flac.over-blog.com/article-lettre-de-paulette-dubost-au-president-de-la-republique-51113878.html), qu’on la brandit comme un étendard, examinons en le tissu sous toutes les coutures.
*
Paulette DUBOST, née Paulette, Marie, Emma DEPLANQUE le 8 octobre 1910 à Paris a très tôt rejoint la cause animale puisqu’elle devient à 8 ans, petit rat de l’Opéra. Peu douée pour les études, elle parvient à obtenir son certificat d’études grâce à ses bonnes notes en…gymnastique: un phare de la pensée est né!
C’est sûrement pour la production de ses méninges que le célèbre escroc Alexandre STAVISKY (détournement de plus de 200 millions de francs au détriment du Crédit municipal de Bayonne avec la complicité du député-maire de la ville, Joseph GARAT) en tombe éperdument amoureux et la courtise assidûment durant 3 ans (elle avait 13 ans et lui 27 au début de l’idylle, ce qui témoigne de l’environnement moral de son éducation). Vous laisseriez votre gamine de 13 ans se faire gourmander par un barbon, vous?
Elle entame à partir de 1930 une carrière cinématographique en multipliant les seconds et troisièmes rôles, souvent de soubrette, dans des comédies aux scénarios «consternant d'aridité».
Elle travaille dés les années 30 pour l’U.F.A. (Universum Film AG), la compagnie de cinéma allemande qui allait devenir l’un des principaux rouages de la propagande nazie.
En 1932, lors d’un dîner de gala donné en l’honneur du cinéma français, elle voisine avec un certain Adolf HITLER, qui paraît-il se serait permis quelques privautés, en lui tâtouillant gentiment la cuisse (il avait bon goût le bougre) et en lui parlant d’amour *. Le hic, c’est que d’une part Hitler baragouinait quelques bribes d’un français exécrable, que d’autre part, tous les témoignages concordent pour témoigner d’une certaine aversion pour les dames, qu’il tenait à distance, et qu’enfin le Führer barbait régulièrement ses interlocuteurs par ses tirades politiques interminables.
Sans doute Adolf a t-il dû entretenir l’avenante Paulette de son amour immodéré pour les «zanimaux» qui devait le conduire à promulguer dés l’année suivante la législation la plus avancée en la matière.
Peut-être, dernière hypothèse, était-ce la queue de son clébard Blondie qui caressait les jolies gambettes de la starlette?
On peut donc se demander si Paulette prenait déjà ses désirs pour des réalités et fabulait ou si elle radote sévère depuis ses 90 piges.
Dans tous les cas, s’afficher ainsi en 1932 avec Hitler témoigne pour le moins d’une certaine légèreté et d’un furieux manque de lucidité et de clairvoyance. En 1932, on savait déjà de quoi il retournait à son sujet, même si on n'avait pas lu Mein Kampf dans le texte… A 22 ans, même complètement demeurée, on ne peut ignorer que le gentil moustachu avec qui on badine est le meneur des bandes de malfrats qui tabassent quotidiennement les juifs, les tsiganes, les démocrates ou les pédés.
*
Paulette mariée avec André OSTERTAG, un riche colon marocain (pas folle la guêpe!), eût pu se contenter de faire du tricot (http://ouestfrance.cd-script.fr/opdf/1935/12/18/85/1935-12-18_85_03.pdf), mais non, en 1940, «l’infatigable» trouve enfin un rôle à la mesure de ses capacités: Bécassine dans un film qui ridiculise et horrifie toute la Bretagne et provoque une levée de boucliers. Un navet où l’on voit Annaick La Bornez, alias Bécassine donner le sein à un porcelet pendant que les enfants mangent des épluchures de pommes de terre. Tout un programme animaliste, déjà!
Ce film qui devait représenter l’apothéose dubostienne est mis en scène par un certain Pierre Caron, un garçon sympathique qui partira subitement en voyage d’affaires en Amérique du Sud en 1945, l’air français lui devenant préjudiciable.
Comme il le fut pour nombre d’ami(e)s ou d’intimes de Mme Paulette, notamment Danielle DARRIEUX (qu'on surnommait D.D.), qui travailla pour la Continental (société de production de droit français mais de capitaux allemands créée en septembre 1940 par Joseph GOEBBELS) et fit le honteux «voyage à Berlin» organisé par la Propagandastaffel avec Viviane Romance, Suzy Delair ou Albert Préjean.
Dis moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es.
On sait que les beaux officiers teutons avaient un goût prononcé pour les Paulettes, mais notre Bécassine qui se partage avec des séjours au Maroc, pouponne avec sa fille Christiane, née en 1942, ce qui lui évite des tentations, même si elle divorce en 1944 (pas commun à l'époque!).
Evidemment, nul ne peut reprocher aux acteurs et actrices de l’époque d’avoir voulu survivre et travailler. On connaît la répartie d’Arletty qui avait eu quelques bontés pour le bel aviateur Hans Jürgen Soehring, lors de son arrestation: «- Si mon cœur est français, mon cul, lui, est international!». On connaît moins celle qu’elle fit à Michèle Alfa et à la magnifique Mireille Balin (qui fut violée par les F.F.I. à la Libération), qui avaient elles aussi pratiqué la collaboration «horizontale»: «- On devrait former un syndicat!», ce qui avec l’accent d’«Atmosphère! Atmosphère!» ne devait pas manquer de piquant, et nous alerte sur les pratiques des people de l’époque, dont Madame Paulette était. Tout cela ne l’a pas empêché d’interpréter magistralement le rôle de Garance dans «Les enfants du Paradis», un chef d’œuvre absolu.
Tout le monde n’a pas le caractère d’un Jean Gabin qui, préférant s’exiler pour ne pas avoir à travailler pour les nazis, s’engage en 1943 dans les Forces françaises libres.
S’ensuit pour Paulette, à la Libération une interminable succession de nanards (de «Ploum, ploum tra-la-la» au désopilant «Retour des bidasses en folie») ou bien de deuxième ou troisième rôles. Une grande carrière de plus de 150 films!
*
En 1992, il y a 18 ans, faisant toujours preuve d'une grande clairvoyance, elle commet un livre de mémoires au titre prometteur: «C’est court, la vie». Elle fêtera ses 100 ans en octobre…
Ce qui ne l’empêche nullement de poursuivre sa longe marche de militante engagée et de renoncer à son adhésion à l’U.M.P., mouvement éminemment révolutionnaire (lire le commentaire de fin:
http://flac.over-blog.com/article-ceret-ceret-entretien-avec-joan-pere-dunyach-51470275-comments.html).
L’instrumentalisation va bon train, et l’on prépare activement et scientifiquement l’anniversaire de la chère vieille chose, avec le soutien de la F.L.AC. de la Fondation Brigitte BARDOT et de l’incontournable Thierry HELY, toujours en quête d’existence et de reconnaissance (
http://les-amis-de-paulette-dubost.over-blog.com/ext/http://sites.google.com/site/dubostpaulette/). Un Thierry HELY qui n'hésite pas à se risquer témérairement à manifester à Dax, le 16 août 2008, courageusement planqué derrière la nonagénaire (on ne sait jamais avec les tortionnaires aficionados!) même si ce jour là (j'y étais), pas plus que d'autres, il n'y a eu aucune violence de ces derniers!

Il faut bien faire feu de tout bois!

*

Mais où est le cinéma dans tout cela?

La Cinémathèque Française paraît d'ailleurs renâcler pour apporter son concours à la grande oeuvre, ne jugeant pas pertinent de festoyer ainsi (http://groups.google.com/group/100-ans-de-paulette-dubost/browse_thread/thread/f2e8bf5540776b7d) .
A consulter les échanges à propos de l'évènement, on comprend pourquoi: le site consacré aux festivités de la centenaire est complètement phagocyté par les bestialistes de tous poils (
http://groups.google.com/group/100-ans-de-paulette-dubost). Le moindre événement, la moindre interview, sont prétextes à propagande.
Avec les publicités et le tourisme manifestatif on a désormais une petite idée des actions où passe le pognon que les gogos versent aux associations zoophiles.
Car pourquoi aller chercher un tel exemple d'une vie de lutte et d'engagement admirable sinon pour complaire au public-cible de mémères-à-leur-chien-chien, et d'accros à Michel Drucker?
On sait nos «zantis» assez sommaires, mais miser ainsi sur une coquette sur le retour, fallait quand même le faire. Enfin, ça permettra peut-être à HELY de s'introduire dans le showbizz, depuis le temps qu'il en rêve, et de devenir enfin quelqu'un!

*

Je sais, dans la grande tradition de la galanterie française, il n'est guère élégant de s'en prendre à une dame, à une vieille dame de surcroit. En l'occurrence, c'est sans aucun doute ce qu'ont escompté les têtes pensantes bestialistes. Se cacher derrière les chaises roulantes est-il plus honorable? La chère Paulette, ou/et ceux qui trouvent intérêt à la manipuler ou à l'instrumentaliser (on a vu ces derniers temps avec l'Oréalcombien il est aisé de profiter du troisième âge!) ont pris le risque de la pousser en avant: qu'ils l'assument...
On voit peu les aficionados se planquer derrière des «people», et encore moins derrière les nonagénaires. En tout cas, pas dans ce blog.

Chacun ses valeurs.

Xavier KLEIN

A lire les notices biographiques (avec recul, sans commentaires critiques)
* Frédéric TADDEÏ: «- Il paraît que vous vous êtes retrouvée à table, que vous avez dîné avec Adolf Hitler, avant qu'il soit chancelier.»
Paulette DUBOST: «- Oui.»
Frédéric TADDEÏ: «- Il était assis à côté de vous?»
Paulette DUBOST: «- Oui. Pendant le déjeuner, il me prenait la cuisse, comme ça...»
Frédéric TADDEÏ: «- C'est pas vrai!»
Paulette DUBOST: «- Ah oui.»
Frédéric TADDEÏ: «- Adolf Hitler!»
Julie DEPARDIEU: «- Mais c'était où?»
Paulette DUBOST: «- À Berlin. J'ai beaucoup tourné de films à Berlin. Pendant des années j'ai tourné des films à Berlin. Et c'était très bien payé. Mieux qu'en France...»
Frédéric TADDEÏ: «- C'était en 1932. Il n’était donc pas encore chancelier. Ça n'était pas la guerre. Hitler est assis à côté de vous et il vous caresse la cuisse... Mais il vous parlait dans quelle langue?»
Paulette DUBOST: «- En français.»
Frédéric TADDEÏ: «- Il parlait français?
Paulette DUBOST: «- Très bien!»
Alexandre MOIX: «- C'est un scoop!»
Frédéric TADDEÏ: «- Et il vous parlait de quoi?»
Paulette DUBOST: «- Bah, il m'a parlé d'amour. Il ne parlait pas du tout de cinéma. Il me demandait si j'avais eu beaucoup d'amoureux dans ma vie, et si ça me plaisait, si j'aimais l'amour.»
Julie DEPARDIEU: «- Vous étiez très, très, très jeune. Peut-être que vous lui plaisiez à fond. Vous n'avez rien fait, j'espère...»
Alexandre MOIX: «- Ce qui me fascine, chez Paulette DUBOST, c'est de se dire qu'elle avait neuf ans quand Marcel Proust a eu le Prix Goncourt pour À l'Ombre des jeunes filles en fleur. Ça, c'est fascinant...»
Frédéric TADDEÏ: «- Je reste fixé sur ce déjeuner avec Adolf Hitler. Il mangeait quoi?»
Paulette DUBOST: «- Il n'a rien mangé. Il n'a rien bu. Il se méfiait sûrement déjà.»
Frédéric TADDEÏ: «- Après, il est devenu chancelier, il y a eu la Seconde Guerre Mondiale, toutes les atrocités, des millions de morts. Rétrospectivement, vous ne vous dites pas: je l'avais là, devant moi?»
Paulette DUBOST: «- Bah, un peu, si. Bah, ah oui, ah oui, ah oui, oui, oui. Ça fait quelque chose, quand même. Ça remue, hein. M'enfin, qu'est-ce que vous voulez, c'était comme ça.»
Frédéric TADDEÏ: «- Vous pouviez pas savoir.»
Paulette DUBOST: «- Bah, oui, bien sûr. M'enfin, si j'avais su, à l'époque, j'aurais pu le tuer. Avec une petite...»
Julie DEPARDIEU: «- Une fourchette...»
Paulette DUBOST: «- Peut-être pas une fourchette, mais un petit poison. Lui mettre dans son verre, sans qu'il s'en aperçoive. Mais ça n'aurait changé rien! Ça n'aurait changé absolument rien, parce que tous les gens qui étaient autour de lui auraient continué à faire ce qu'il avait commencé. Même lui disparu, ça ne changeait absolument rien. Ça aurait été exactement la même chose.»

Emission «Ce soir ou jamais» du 21 novembre 2006