Humeurs taurines et éclectiques

lundi 30 avril 2012

L'Aire du temps

On a le choix pour ouvrir le joli mois de mai, entre la vente du muguet, l'ouverture du mois de Marie, la fête brune en uniforme et chaussette à clous de la pauvre Jeanne surexploitée, les défilés syndicaux traditionnels ou les délires psychédéliques sarkoziens des rassemblements incongrus en faveur du «vrai travail» (la fausse connerie n'existant pas, elle!).
On peut également aller traîner ses guêtres camperas, non du coté de Nos gens (les «vrais gens» évidemment...) mais plutôt de la belle et bonne ville d'Aire sur l'Adour, co-siège épiscopal des Landes, où les rares ondées prévues par la grenouille, trouveront quelque peine à tempérer l'ardeur volcanique naturelle des ouailles de la casa Yonnet, Yonnet and Yonnet.
Ce serait belle et bonne manière d'afición de verdad, celle qui goûte à sa juste valeur la qualité éprouvée d'une ganaderia sérieuse et préoccupée du toro éternel, celui qui combat.
Un magnifique lot de novillos qui, n'en doutons pas, sauront placer «cada uno en su sitio».
Suerte Aire!
Xavier KLEIN

mardi 24 avril 2012

Capea et Tienta à ORTHEZ


Ville d'Orthez, Peñas et Commission Taurine organisent un rendez-vous de printemps avec une journée campera GRATUITE et ouverte à tous destinée à entretenir et développer l'afición et la convivialité.
Une matinée dédiée aux jeunes pousses, une après-midi qui permettra à ceux qui n'ont ni le loisir, ni l'opportunité de courir le campo d'assister à une tienta de vacas qui, je le rappelle pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec le jargon taurin (ils existent parmi les lecteurs de la Brega), est l'épreuve de sélection des vaches pour la reproduction.
Si habituellement les capeas sont publiques et représentent les premières opportunités de toréer pour les aspirants, d'ordinaire les tientas demeurent confidentielles dans le cadre de l'élevage. Nous avons voulu faire partager à tous ces moments privilégiés.
L'intérêt majeur de ces dernières (et la raison principale pour laquelle nous avons voulu l'organiser) est qu'elles se centrent complètement autour du bétail, qu'il s'agit de mettre en valeur, notamment par l'épreuve de la pique.
Ceux qui avaient apprécié en juillet 2011 -malgré la météo- les qualités du lot de Veragas de Don Aurelio HERNANDO pourront constater le sérieux et le travail de cet éleveur si sympathique et enthousiaste ainsi que la qualité de son bétail.
Rendez-vous donc nombreux ce dimanche, sans oublier les munitions de bouche et les bonnes bouteilles pour le pique-nique du midi.
En fin de tienta, une petite surprise pour ceux qui voudraient s'essayer à l'art de Cuchares...
Xavier KLEIN

NOTA: Je viens d'apprendre que le jeune Sergio SANCHEZ ne pourrait être présent, il sera avantageusement remplacé par ... Patrick VARIN.
***

jeudi 12 avril 2012

Bis repetita ne placent pas toujours

Tantôt, m’extirpant benoîtement du conclave taurin du «Belvédère de la Chalosse», je me trouvai entrepris par des lecteurs de la «Brega» qui s’étonnaient d’un ton très apaisé, de considérations très extra-taurines, d’une viardite en voie de très guérison, en résumé d’une très baisse de forme et de tonus.
C’est tout juste si l’on ne me prit pas le pouls, si l’on ne me réclama pas un 33 inquisiteur, si l’on ne me somma pas de fournir les résultats de mes dernières analyses d’urine.
Ouaip!

Cela rejoignait certaines interventions qui me reprochaient de ne pas avoir averti ou rendu compte de telle novillada, de tel festival ou de telle conférence.
Reouaip!

Tout à fait conscient de mon imperfection -ce qui devrait dissuader certains esprits particulièrement bienveillants de me prodiguer à l’envi conseils et critiques acerbes, dans mon intérêt comme il se doit- je plaiderais volontiers coupable ... si j’en avais le temps.
Que ces grands et bons esprits se rassurent: les reproches qu’ils se croient fondés de m’adresser sans cesse ne sont rien au regard de ceux que je me sers quotidiennement! Ceux qui me connaissent le savent parfaitement.
Au demeurant, j’admire les gens ainsi investis d’un primat, d’une maîtrise et d’une autorité morale qui les autorisent à porter jugements aussi péremptoires.
Ter repetita ouaip (pardon Monsieur L, c'est encore en latin)!

Pénétré de la conviction inébranlable de mes insuffisances, convaincu (en deux mots s’il plait au lecteur) des vertus pédagogiques de la répétition, je ne puis qu’attirer l’attention sur l’exergue de ce blog: «LA BREGA, humeurs taurines et éclectiques».
Je ne ferai à quiconque l’injure d’en commenter les termes, mais juste de rappeler que nonobstant le fait qu'indépendant de toute vassalité, je n’ai rien à vendre, rien à acheter ni aucun compte à rendre, j’y écris ce qui me plait et libre à chacun de lire ou de passer son chemin.

Evidemment cela peut déranger et cela dérange même!
Tu ne peux savoir, ô lecteur, à quel point! Et combien on s’empresse avec les meilleurs arguments du monde, comme de bien entendu, à me contraindre au silence ou pour le moins à une prudente et salvatrice réserve.
Autant l’on admettra que quiconque, du saltimbanque à l’élu de base, s’exprime librement, autant on me reprochera l’identique. Un reproche que je ne vois pas que l’on serve à d’autres qui font bien pire et bien plus outrancier…

Est-il si difficile de distinguer entre le libre propos personnel et le discours officiel de la fonction? A moins bien sûr qu’il ne s’agisse aucunement de la forme, mais bien du fond!
Je n’ai rien d’un imprécateur chronique. Tout au contraire, je goûte l’échange, la contradiction, le débat des idées. Tout cela avec la ferme et permanente conviction de ne pas détenir la vérité, mais de défendre ardemment des points de vue.
Tout le monde ne saurait en dire autant. Car on les connaît, ces tribuns au petit pied qui s’engagent avec les lèvres, souvent sous le couvert de l’anonymat ou du pseudonyme, et se dégagent promptement, avec les meilleurs alibis du monde, quand l’affaire devient chaude.
On les connaît ces philosophes du zinc ou ces dandies du net qui s’enhardissent d’autant plus qu’ils avancent à couvert et/ou qu’ils ne risquent rien.
Le Tartarin tauromachique yakafautquonnesque est une espèce qui pullule tout en étant protégée, comme son cousin sélectionneur anonyme et omniscient pour l’équipe de France, le vilipendeur de politiques pourris ou le pourfendeur professionnel de privilèges. Comme d’ailleurs le sous-genre des cartelofacteurs, vous savez ces gonzes qui ne voyant qu’une demie douzaine de corridas et novilladas par an se croient autorisés à pontifier sur la question.
Ils en ont de la chance de connaître la panacée et de vivre de certitudes, ces heureux borgnes au royaume des aveugles! Ce n’est sûrement pas mon cas…
Ouaip! Ouaip! Ouaip!

Quand l’oracle grisâtre de l’Observatoire dérapa, je ne fus nullement le dernier à épingler le coléoptère, mais que dire, et pourquoi, lorsqu’il se réfugie désormais dans des discours prudents dont ne surgissent que de maigres éruptions biliaires PPP (pro Partido Popular)? Il a troqué l’affirmation provocatrice contre le discours aficionado convenu, le questionnement orienté, la question qui induit la réponse. Une stratégie qui permet tous les replis, toutes les justifications a posteriori.
Et puis, contrairement à ce que ceux qui prennent leur cas pour un généralité supposent, je ne nourris aucune détestation particulière à l’encontre du Dédé des familles.
Le problème est ailleurs.
Dans un système taurin qui a intégré complètement les règles du libéralisme et méconnaît désormais les valeurs aficionadas qui pouvaient tant soit peu justifier la tauromachie.
Même s’il fut et reste l’un des promoteurs de cette évolution, même s’il en demeure un baromètre, il serait trop commode d'accorder au Grand Observateur tant d’honneur et tant d’indignité.
De cette situation actuelle, nous sommes tous comptables, ne serait-ce que par un silence complice.
Pour preuve, lundi de Pâques à Mugron, un piquero a opéré bassement à dix mètres du toril.
Qui a protesté?
Les beaux esprits étaient soit absents, soit muets. Par contre les «chutistes» ont su s’exprimer, eux!
Xavier KLEIN

mardi 10 avril 2012

De l'impérieuse nécessité du «non-agir»


«Pour moi, la joie réside dans le non-être. Or, celui-ci est un objet d'horreur pour la foule. Certes, en principe, le vrai et le faux ne sauraient être fixés; mais grâce au non-agir, il est possible de les définir. Car si la joie suprême justifie l'existence humaine, seul le non-agir la préserve.
Le Ciel n'agit pas et il est pur, la Terre n'agit pas et elle est stable. L'un et l'autre unissant leur inaction produisent les dix mille êtres. C'est pourquoi il est dit: Ciel et Terre sont sans agir et il n'est rien qui ne se fasse.
Qui donc parmi les hommes sera capable d'appliquer le non-agir?»
Tchouang Tseu

Il faut lire ou relire «L’art de la guerre» de Sun Tzu.
Le «non agir» devrait-il revenir à la mode?
Pourquoi pas après tout?

Lorsque l’on se rend auprès de maîtres spirituels ou d’arts martiaux d’Orient, on entend (pour celui qui consent à écouter…) des subtils: «non-vouloir!», «non-faire!» qui restent souvent incompréhensibles à nos esprits rationnels occidentaux.
Chez nous, communément, ÊTRE se décline par FAIRE (mais également par PARAÎTRE ou par AVOIR). On existe par ce que l’on fait.
Là-bas, très curieusement, le nec plus ultra de l’ÊTRE, c’est d’accéder au NON-ÊTRE, comme celui de l’ACTION est de parvenir au NON-AGIR.

La doctrine du maître chinois, imprégnée de l’esprit du Tao, résulte d’une conception de l’harmonie universelle qui postule la nécessaire combinaison des principes contraires yin/yang, agir/non-agir, mâle/femelle, jour/nuit, chaud/froid, proche/éloigné, etc. Quand l’agitation règne, il convient d’être immobile, quand l’adversaire se concentre, il faut se disperser, etc.
«L’art de la guerre», cet ouvrage majeur du VIème siècle avant J.C., qui constitue depuis 30 ans l’un de mes livres de chevet, porte des enseignements applicables à la politique aussi bien qu’à la philosophie ou à la morale. L’une de ses fins ultimes: «Soumettre l'ennemi par la force n'est pas le summum de l'art de la guerre, le summum de cet art est de soumettre l'ennemi sans verser une seule goutte de sang.» postule également que l’ennemi est une part de soi-même et que son anéantissement revient à son propre anéantissement.

Pensées dans l'esprit du taoisme, les conceptions de Maître Sun rejoignent dans le domaine opérationnel du champ guerrier celles d'autres maîtres du Tao (Tchouang Tseu et Lao Tseu) et notamment celle du «non-agir»
Il faut comprendre une différence fondamentale entre le non-agir et la passivité, comme entre l’agir et l’agitation: une question des plus brûlantes.

Dans la période de bouleversements profonds et multiples que nous connaissons, la lisibilité des évènements, la validation des directions à prendre s’apparentent à une navigation à l’estime dans une purée de pois britannique. Le monde bouge, les rapports de force évoluent, les adaptations s’avèrent indispensables.
Tout le problème est de savoir lesquelles!
Il y a plusieurs façons d’envisager les choses, selon la hauteur de vue.
D’aucuns nous pressent de tout bouleverser dans l’urgence et tels les cabris du Grand Charles vibrionnent en tous sens en martelant: «Réforme! Réforme!». Ceux-là ne voient qu’à court terme, avec un horizon limité.

Une société n’est pas une corvette véloce et réactive, c’est plutôt un paquebot ou un tanker lents, puissants et dotés d’une inertie qui leur interdit les manœuvres précipitées. A vouloir forcer les choses, à violer les ressorts profonds d’un peuple, à nous abrutir de réformes quotidiennes et vaines comme on l'a fait depuis un septennat, on l’expose au désarroi et à la désintégration de son âme, au délitement de sa cohésion. C’est à mon sentiment ce qui se joue actuellement en France.
On veut à toute force que notre pays s’adapte dans l’urgence à une réalité mondiale qui va à l’encontre de son histoire, de sa culture, de ses espérances à long terme, de son essence sociétale. En un mot, de son UTOPIE FONDATRICE. Les marchands du temple veulent réintégrer leurs petits étals juteux.
On veut rompre avec des centaines d’années d’évolution -le plus souvent chaotique- vers un modèle social plus égalitaire, plus juste.
On veut rayer de notre mémoire collective, comme des accidents historiques regrettables et dépassés, des évènements aussi anodins que la Grande Révolution, celle de 1848, la Commune, le Front Populaire, mai 68.
Au nom d’une modernité auto-proclamée, on veut nier que l’évolution des derniers siècles raconte les efforts des hommes pour substituer au règne de la puissance sans limite la barrière de la loi, pour tempérer la violence économique par le primat du politique, pour affirmer que l’Homme doive prévaloir en tout.
Et depuis des siècles, il se trouve toujours des hommes pour contester, au nom de la Réalité, la légitimité de l’Idéal. Depuis des siècles, c’est le même discours d’appel à une fausse sagesse qui n’est que résignation et démission de notre responsabilité d’hommes devant les «réalités économiques».

Conserver à une société sa cohérence, son lien, sa solidarité, son espérance me paraît devoir primer absolument sur toute autre considération, notamment sur celle qui prétendrait nous rendre compétitifs par rapport au sort lamentable des malheureux coolies chinois ou indiens, ignoblement exploités.
Car au bout du bout, qui profite de tout ce contexte sinon les détenteurs de capitaux de ces multinationales apatrides qui, au détriment des êtres humains, vont se porter là où le profit et donc l’exploitation sont maximisés.
Faut-il donc s’adapter au mieux-disant économique qui est le moins-disant social, c’est tout l’enjeu de nos temps.
Il importe donc, selon moi, de répondre à la pression de «réformes» du libéralisme par un «non-agir» de bon aloi. Un «non-agir» qui ne soit ni inaction, ni passivité, mais une RESISTANCE.

Une pression identique de la «modernité» s’exerce en matière de mœurs. En 45 ans, celles-ci ont plus évoluées que durant les 5 siècles précédents. Le statut des femmes, des enfants, des pater familias, de l’autorité, des medias, de la sexualité, etc. a été bouleversé de fond en comble.
Pour le meilleur et pour le pire.
Le problème, c’est que l’on est passé d’une aspiration sociale globale, légitime et acceptée à l’ère des lobbies. Ce sont maintenant des groupes sociaux minoritaires communautaires qui exercent un activisme sans mesures et parfaitement disproportionné. De la «Ligue contre la violence routière» qui pousse à un flicage massif, à l’«Institut pour la Justice» qui veut accentuer la répression judiciaire, en passant par les officines gays qui militent pour le mariage ou l’adoption homosexuels et bien entendu nos zamis «zantis», tout le monde y va de son couplet.
On n’est plus dans le «Vivre ensemble», mais dans le «Imposons nos névroses»! Le pompon en la matière étant sans aucun doute l’inoubliable «En 2012, les taureaux voteront». Un slogan qui, s’il était entendu version «zantis», conduirait par la prohibition à l’extinction des toros de lidia, donc à un suicide programmé.
Pour protéger les taureaux, organisons leur disparition: Kafka n’est pas mort!!!

Dans ce champ des mœurs, le «non-agir» s’imposerait également.
Après des décennies de séismes, notre société plongée dans l’angoisse a t-elle besoin de perturbations supplémentaires? Le temps n’est-il pas venu de la pause et de la DIGESTION? Ne nous faut-il pas procéder à un réexamen paisible de notre évolution, à un retour à une sérénité qui fasse la part des choses et se préoccupe d’aménager, d’approfondir, de trier les acquis de plusieurs décades.

Qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas là de plaider le conservatisme ou la réaction mais plutôt de faire une halte, un estanquet pour reprendre des forces et réfléchir sur les progressions futures, leur sens, leur opportunité. Pour déterminer avec un désir décidé, ce que nous voulons réellement et ce dont nous ne voulons à aucun prix.

Le «non-agir» n’est aucunement l’absence, la vacuité.
La montagne n’agit pas, elle EST…
Apprenons à être aussi des montagnes!
Xavier KLEIN

jeudi 5 avril 2012

AIRE sur ADOUR aguante

Pundonor des ARSOUILLOS d'Aire et de la Casa Yonnet pour la novillada du 1er Mai.
Une organisation sérieuse, une ganaderia sérieuse, une présentation sérieuse: une journée sérieuse...
Vous faites quoi le 1er Mai?
Moi, je sais!

mardi 27 mars 2012

Hommage à Roger DUMONT


L’afición française sera triste d’apprendre la disparition de Roger DUMONT à l’âge canonique de 82 ans.
Roger DUMONT fait partie de ces grands anciens (Claude POPELIN, Jean Pierre DARRACQ «El Tio Pepe», Claude Pelletier) qui ont joué le rôle de mentors auprès de plusieurs générations d’aficionados dont il a fortement contribué à former le goût, le jugement et la connaissance taurine.
Fin, cultivé, humaniste, Roger DUMONT fut un chroniqueur et un écrivain taurin talentueux et prolifique. La courtoisie et l’ouverture qu’il manifestait auprès de chacun n’excluaient nullement la fermeté des convictions et un humour narquois des plus rafraîchissants.
Roger DUMONT ne fut pas l’homme d’une seule passion. La littérature (son essai «A claire-voie»), la chanson, le cinéma concouraient à la palette de «l’honnête homme» qu’il ambitionnait d’être.
Son passage à la Présidence de la Commission Taurine d’Orthez, le festival de films taurins qu’il promut alors firent d’Orthez un rendez-vous incontournable à la fin des années 70 et à l’orée des années 80. Un rendez-vous placé sous le signe du toro, un toro de respect auquel il voulait rendre hommage.
Le jeune dacquois que j’étais alors y retrouvait les copains d’ailleurs, de tout le pays taurin, pour célébrer la bravoure et la caste.

Ce n’est d’ailleurs nullement un hasard si en juillet 2008, au tout début de notre mandat, la journée taurine d’Orthez lui fut dédiée, ainsi que le «Prix Roger DUMONT de la Ville d’Orthez» au meilleur tercio de piques. Une reconnaissance du charisme et du dynamisme d’un homme qui a œuvré puissamment pour la promotion et la défense d'une tauromachie authentique et éternelle.

Il faut lire et relire ses ouvrages mythiques qui continueront à le garder présent dans nos pensées: «Pour ou contre la corrida», «Les mots de l’arène» et autres joyaux.
Ces dernières années, les épreuves n'avaient pas manqué à Roger DUMONT qui en avait été affecté.
Nos sympathies vont à sa famille et notamment à son fils Jean-Charles.
Xavier KLEIN
Président de la Commission Taurine d'Orthez

vendredi 23 mars 2012

Sur le conseil de magistrats, les «zantis» recherchent délibérément à générer des troubles à l'ordre public

Une chronique du fanatisme ordinaire.
«Qui n'est pas avec nous, est contre nous»: la logique de tous les totalitarismes.
Un document assez hallucinant où le sieur GARRIGUES prend le maquis.
Les propos souvent injurieux tombent à mon avis sous  le coup de la loi. Un comble pour ce grand légaliste, autoproclamé non-violent de surcroît.
Evidemment avec ce type d'énergumènes, la violence n'inclut nullement la violence verbale.
Edifiant!

jeudi 22 mars 2012

Le consensus compassionnel


«[…] Qui voulez-vous qui nous regrette,
Puisque nous sommes des réprouvés.»
Chant de Marche des Bataillons d’Afrique

Régulièrement, j’ai dénoncé dans la Brega la dictature compassionnelle qui marque de son empreinte les sociétés de type occidental. L’apitoiement et l’émotion se substituent de manière outrancière à la nécessité de la réflexion.
Certes l’émotion est nécessaire, certes elle doit recevoir son lot, certes on ne peut et ne doit s’y soustraire au risque de la sécheresse de cœur et d’une forme de déshumanisation. Mais pour autant doit-on tout lui sacrifier, abdiquer la raison, renoncer à la réflexion? N’est-il pas de la responsabilité de nos responsables politiques, de nos intellectuels (complètement muets en la circonstance) d’œuvrer à la mise à distance, à la contention de cet excès d’émotion qui parasite l’exercice de la Raison et de la pensée?
C’est pourtant ce qui se déroule en ce moment à propos de l’abomination des crimes d’un fanatique.

Toute société, de tous temps et de tous horizons génère ses 0,2% de sages ou de saints et ses 0,2% de fous ou de criminels. Ces franges extrêmes -aussi monstrueuses (au sens étymologique du terme) soient-elles- procèdent de l’humanité, de notre humanité. Nous portons tous en germes le sublime comme l’abominable. De vouloir ignorer cette réalité, en premier lieu en nous même, nous expose à l’incompréhension de ce type d'évènements.

La cohue des politiques de tous bords (à part Mélenchon) qui se bousculent pour se grandir de la proximité des cercueils, l’hypocrisie de la pause de la campagne, les mines composées de mater dolorosa, les discours faussement réconfortants, l’union sacrée de façade, le diktat émotionnel d’une tragédie nationale surdramatisée de toute pièces: tout cela me donne la nausée quant à l’état de déliquescence de notre communauté nationale.
Car n’en doutons pas, cette émotion collective est générée, fabriquée, entretenue, pilotée par un petit monde médiatique qui prétend exprimer l’état d’esprit du pays et le manipule par un matraquage incessant.
La mise en scène de la peur et son exploitation, l’exécution libératoire et cathartique qui vient conclure le psychodrame composent une tragédie en 3 actes dont il convient de s’interroger sur la fonction sociétale et l’utilisation politique qui en est faite.
Comment ne pas être troublé par la teneur malsaine des réactions, la vindicte, la haine portées par les commentaires des Messieurs Tout-le-monde qu'on peut croiser ça et là (lire les commentaires http://www.sudouest.fr/2012/03/22/direct-toulouse-guerre-d-usure-entre-mohamed-merah-et-les-policiers-666265-5215.php)


Je ne prétends nullement à la vérité et je voudrais ici confier quelques considérations qui me sont venues au gré des évènements. Des ressentis personnels dont je n’ai reconnu aucuns échos dans les débats et commentaires en cours. Se peut-il que je sois le seul à penser cela? Peut-être ces réflexions parleront-elles aux lecteurs?

1°) Le «péché originel».

Le Premier Ministre de l’Autorité Palestinienne, Salam Fayyad a eu parfaitement raison de dénoncer l’instrumentalisation par les fanatiques de tout poils de la situation de son pays et du sort de ses enfants. Néanmoins, peut-on ignorer que le foyer d’infection de la question palestinienne pollue depuis plusieurs années le Moyen-Orient et que l’attitude pour le moins équivoque des occidentaux et leur soutien inconditionnel à Israël nourrit toutes les haines de la communauté arabo-musulmane?
Je précise ici que je fais partie de ceux qui éprouvent de la sympathie pour Israël, seule démocratie véritable de la région, mais que l’intransigeance et les provocations du Likoud de Sharon à Netanyahou m’exaspèrent. Si la communauté internationale avait écarté les lobbies et pesé pour obliger les parties à négocier, on aurait ôté depuis longtemps l’alibi palestinien aux extrémistes.

2°) Le plusieurs poids, plusieurs mesures.
Les vies d’un enfant libyen «colatéralisé» par les missiles français, d’un gamin irakien ou afghan «bavuré» par la Coalition, ou, quotidiennement, celle d’un gosse syrien massacré par El Assad (avec des armes vendues par la France) ont-elles moins de valeur et d'importance médiatique que celles d’enfants français exécutés par un fanatique?

On me dira que c’est en France… Mais il y a 9 mois, en France, à Pau,  le petit Alexandre JUNCA disparaissait, atrocement assassiné et démembré; en 2002, Sohane était brûlée vive à Vitry sur Seine. Il n’y a pas de mois sans que se produisent des meurtres innommables, fruits de la folie raciste ou du fanatisme religieux.
D’évidence pour être honoré par la Nation, il vaut mieux être assassiné durant une campagne électorale.
Comment cautionner cette hiérarchisation des victimes, ces victimes dont on s’émeut et celles que l’on tait?


3°) Un communautarisme qui ne dit pas son nom.
La «qualification» des victimes m’a particulièrement frappé. Ce ne sont pas des soldats français qui ont été tués, ce sont des «militaires d’origine maghrébine». Ce ne sont pas des enfants qui ont été exécutés, mais des enfants juifs. Personnellement, je serais incapable de distinguer un enfant juif d’un autre, comme lorsque je vois l’un des mômes de mon collège, sa couleur, sa religion ou sa nationalité me sont parfaitement indifférents. Ce sont des mômes, un point c’est tout!
Il me vient alors une idée déplaisante: si ces gosses là s’étaient retrouvés avec les autres dans un collège de la République, qui aurait pu les distinguer? Qui aurait pu «frapper la judéité» si celle si ne s’était pas différenciée? La revendication communautaire a donc autorisé une revendication communautaire différente. N’y a t-il pas là motif à réflexion?
Tant qu’avant de revendiquer d’être humains, français, les juifs comme les musulmans préfèreront se sentir peu ou prou mandataires ou solidaires de leur communauté culturelle ou cultuelle d'origine, les conflits d’ailleurs ne continueront-ils pas à déborder chez nous?
Dans ce sens, hier, la présence exclusive de représentants juifs et musulmans à l'Elysée ne consacre t-elle pas ce communautarisme quand la présence de TOUS les courants de pensée philosophiques ou religieux (chrétiens et non croyants) eût été indispensable?

4°) L’Ecole prise en otage.
Il devient extrêmement lassant que les desiderata ou lubies d’un responsable politique –fût-il Président de la République- s’imposent à une institution comme l’Education Nationale en évidente contravention avec sa mission.
Comme pour la lecture de la lettre de Guy MÔQUET, on a contraint à une minute de silence: une manière de mobiliser notre jeunesse dans le courant de l’émotion cathartique générale. Or, justement, la fonction d’éducation est de développer l’usage de la raison, de porter au sens critique, de faire œuvre d’histoire et non de mémoire.
Un enseignant n’a pas à «affectiser», il est là au contraire pour donner du sens, pour promouvoir l'observation, l'analyse des causes et des conséquences, en mettant justement l'émotion à distance.
Il faut croire notre petit Nicolas bien frustré de n’avoir pas été capable de devenir enseignant. On sent chez lui toute la rancune accumulée contre une institution qui n’a jamais reconnu ses médiocres mérites scolaires ou universitaires. Après avoir voulu inféoder les instituteurs aux prêtres ou aux pasteurs, ne voilà t-il pas qu’il se préoccupe de faire le job par lui même en intervenant lamentablement dans un collège, sur un registre désastreux, celui de la peur.
Décidément!

5°) Un «pourquoi» absent
Pourquoi, par quelles causes et quels ressorts, un jeune homme peut-il être conduit à de si épouvantables extrémités? Comment des valeurs extrêmes peuvent-elles à ce point supplanter les valeurs de la République?
Un détail a attiré mon attention. A plusieurs reprises Mohamed MEHRA avait postulé pour intégrer l’armée puis la Légion Etrangère. Pour des raisons de casier judiciaire chargé, sa candidature n’a pas été retenue. Qu'en aurait-il été si cette voie lui était demeurée ouverte?
Ce rejet objectif qui se conjugue au ressenti d’exclusion de beaucoup de jeunes beurs doit nous questionner.
«J’ai la haine» constitue le refrain ressassé de nombre de mômes des banlieues.
Cette haine, cette violence portées en soi, quelles qu’en soient les origines et la légitimité réelle ou supposée sont bien présentes. Ce sont des réalités qui ne trouvent ni solutions, ni exutoires satisfaisants.
Au début du XXème siècle, les «mauvais garçons», les Pierre GILIETH/Jean GABIN de «La Bandera» trouvaient dans la Légion ou les «Bats d’Af» un exutoire à leur nature violente ou à leur révolte.
Ces réponses là, aussi critiquables ou sommaires qu'elles puissent paraître  n’existent plus dans une société policée qui postule l’a priori idéologique d’une négation de la violence.

Et c’est peut-être là que réside le nœud de l’énigme, de l’interjection obscène jetée par Mohamed MEHRA par ses actes apparemment insensés.
N’est-ce pas l’irruption inévitable d’une violence et d’une sauvagerie que notre société ne veut plus voir, mais qui n’en demeure pas moins omniprésente et irréductible? Apparemment et généralement domptée, mais qui n’attend qu’un prétexte, qu’une faille, que la rupture du maillon faible de la chaîne sociale pour fendre le vernis et s’exprimer dans toute sa scandaleuse crudité.
Cette même barbarie qui conduisit de braves pères de familles allemands à s’impliquer dans les Einsatzgruppen de la «Shoah par balles» ou de gentils pioupious franchouillards à torturer ou à cautionner la gégène en fermant les yeux pendant la Guerre d’Algérie, il n’y a que 50 ans.
Mohamed MEHRA ne serait-il pas la face émergée d’un iceberg dont nous ne voulons pas avoir à connaître?
C’est toute la question que je pose en ne voulant pas me satisfaire de réponses confortables ou simplistes.
C’est également toute la question posée par la corrida, mode culturel et rituel de gestion et de sublimation de la violence sociale.
Quand donc sortirons nous d'un consensus compassionnel qui nous transforme en autruches et obère notre capacité à penser?
Xavier KLEIN

Pour mieux comprendre


mardi 20 mars 2012

Le vert est dans le fruit

A mon entrée à l’université en 1975, muni de la majorité à 18 ans fraîchement votée par l’inaltérable et torride V.G.E. (loi 74-631 du 5 juillet 1974), je décidai de m’engager en politique.
A l’époque –l’histoire se plait à balbutier- on connaissait déjà une certaine déconvenue à l’égard du politique (on voudra bien se rappeler l’épisode Coluche aux présidentielles de 81!).
La seule source d’air un peu moins frelaté se nichait alors dans les idées nouvelles qui composaient le bouquet final des derniers brandons rougeoyants de la «Révolution de 68».
Parmi celles-ci, je fus séduit par les Amis de la Terre, alors animé par René Dumont puis par le Mouvement Ecologique naissant où grenouillaient Antoine Waechter et Brice Lalonde qui n’avaient pas encore viré leur cuti en se compromettant avec les plus offrants.

Fédéralistes, européens, humanistes, «non alignés» politiquement, les néanderthaliens de l’écologie française introduisaient des thèmes novateurs, le «vivre ensemble», le 1/3 monde, un regard différent sur la société, l’économie, etc. En fait, ils illustraient avec beaucoup d’ingénuité et de fraîcheur la chanson de Maxime Le Forestier: «Ça sert à quoi tout ça».
J’y fus sensible.
Malheureusement, l’homme qui m’avait attiré par sa modestie, ses idées généreuses, son sérieux et son humanisme, Papy Dumont, l’homme au pull-over rouge, une vraie pointure, a progressivement disparu. Son influence a fondu devant les ambitions des jeunes loups (ou louves) qui foisonnent dans les partis politiques, dés que le «créneau paraît porteur».
On sait ce qu’il en est advenu. Brice de Nice (cousin germain de John Kerry, l’ex-candidat à l’élection US de 2004) a été récupéré par Tonton, Tonio Weightwatcher s’est droitisé, les repreneurs Verts ont joué (et continuent…) les supplétifs indigènes du PS. Le mouvement écolo est et demeurera inopérant tant qu’une réunion de 3 militants produira au moins 5 opinions différentes et tant qu'on n'y gèrera pas sereinement l'implacable réalité des ambitieux dont les ratiches rayent la pelouse.

Le plus triste de l’affaire, c’est que l’écologie est à l’origine l’étude des écosystèmes, des relations du vivant avec son environnement, entre individus et milieux biotiques et abiotiques. Une origine qui me tient à cœur puisque j’ai participé, comme étudiant, à la naissance universitaire de l’écologie, comme science humaine.
Ce champ scientifique était initialement, complètement dépourvu de toute consonance morale et encore moins moralisatrice.
J'ai rapidement (dés 1985) plaqué le merdier.

Etre «écolo» en 2012, ce n’est plus du tout cela.
C’est plutôt pour la majorité des sectateurs, adhérer à un méli-mélo de tendances vaguement gauchistes, hygiénistes, new-âge, etc... Un brouet idéologique bizarre, plutôt sympathique, mais qui peut conduire, comme les autres «istes», à tous les abus, tous les fanatismes, tous les totalitarismes.
D’une démarche visant à explorer, harmoniser, traduire dans la vie de la cité un rapport individuel et collectif équilibré à son milieu de vie, on est passé à une espèce de mystique environnementale, à un nouveau mode d’idéologie morale, accompagnée comme il se doit de ses dogmes, de son clergé, de son canon, de son eschatologie et bien sûr de sa charge culpabilisante, de son enfer et de sa damnation.
Foutez-vous à poil sur une plage familiale, investiguez coquinement votre voisine de natte et vous ne choquerez personne, balancez y un papier gras ou tapez-vous un havane et vous verrez le ramdam (sisi, j’ai vérifié)!
Il y a moins de risques de sanctions pécuniaires à truander ses impôts locaux qu’à se gourer en foutant les ordures de la boite jaune dans la boîte verte, ou en calcinant ses feuilles mortes dans un coin du jardin. Pour ces crimes désormais inexpiables, c’est dorénavant le pilori (j’ai entendu certains élus écolos demander la publication des noms) et l’amende.
Les parents d’élèves sont infiniment plus préoccupés des menus «biologiquement corrects» de leurs têtes blondes que de leurs résultats et de leur comportement.
Et tout à lavement…

Le passage à cette «intoxication écologique de masse» s’opère, comme pour l’«intoxication religieuse sectaire», par le truchement des sentiments «à bon marché», surtout lorsque ces derniers sont soutenus par une dialectique simpliste de truismes et de lieux communs.
En la matière, la sémantique joue un rôle capital.

Figurez-vous que notre bonne ville d’Orthez s’est récemment dotée d’une célébrité médiatique en la personne d’une certaine Pilar LOPEZ, ex candidate de l’émission de TF1 «Masterchef».
Cette brave dame dont le parcours est édifiant (lire le délirant CV sur son site: http://www.cuisiner-autrement.com/extra_info_pages.php/pages_id/2), cuirassée de la panoplie complète de la militante de choc «New Age» se pique de reconstruire l’harmonie universelle par la voie intestinale. Ad augustas per angustas!. Le tout pimenté (d’Espelette) d’un altruisme extraordinaire toutefois gaillardement monnayé, si l’on en croit les tarifs!
Dans un récent article de Sud-Ouest (http://www.sudouest.fr/2012/03/15/une-maitresse-chef-pour-une-autre-cuisine-659019-4037.php), Maîtresse Pilar opère une conversion sémantique de toute beauté.
Expliquant «qu'au pays du veau sous la mère, le mot «végétarien» faisait un peu peur, la Béarnaise préfère parler de «cuisine saine» où les légumes gardent la vedette.», Pilar fait une démonstration très convaincante de l’art de l'évitement et d’avancer masqué! Ainsi la cuisine végétarienne étant posée comme une «cuisine saine», le péquin intègre insidieusement que la cuisine carnée serait donc «malsaine», sans que jamais la chose ne soit clairement affichée.
On en apprend plus à la lecture du site (http://www.cuisiner-autrement.com/respecter-la-nature/articles.php/tPath/10051), par exemple que «le foie gras est un concentré de souffrance». Des propos qui passeraient sans doute très mal s’ils étaient publiés dans le journal «Sud-Ouest» pour peu que la journaliste investigue sur les coulisses de Pilar.
Les affirmations sont péremptoires, les références extrêmement douteuses, comme celles au Docteur Seignalet, mis en cause par le Conseil National de l’Ordre des Médecins pour son régime alimentaire «ancestral».
Allez baguenauder du coté de la rubrique «Propriétés de l’eau», flâner parmi les assertions, les chiffres, les pourcentages sans sources (http://www.cuisiner-autrement.com/regime-eau-ou-regime-coca-/article_info.php/articles_id/217) On y apprend «qu’un verre d’eau enlève la sensation de faim pendant une nuit pour presque 100% des personnes au régime». On savait bien que «qui dort dine», mais qu'avec la baille, hein! On n'arrête pas le progrès: en voilà une bonne nouvelle pour la faim dans le monde!
Buvez, dormez, les gueux du monde et foutez nous la paix avec vos fringales si aisément curables! Une variation taquine sur l'inoubliable «Ils n'ont pas de pain qu'ils mangent de la brioche» de Marie-Antoinette Capet.
En résumé l’attirail dialectique complet des dérives sectaires.

Utilisation du tofu, du gomashio, ces extravagances «écolo-new age» très «chébran» vont à l’encontre de la véritable écologie scientifique dont l’un des intérêts est justement d’étudier comment les cultures locales ont élaboré une adaptation au milieu et un rapport particulier au vivant. Une écologie qui prône le maintien de la DIVERSITE tant biologique que culturelle. Quand je vais au Japon, j’aime consommer du tofu, un pur produit de la culture orientale (consommé à la japonaise, celui du restaurant OKUTAN à Kyoto, servi dans les pavillons d'un jardin traditionnel est un vrai moment de grâce). Mais le lait de soja fermenté, base du tofu, n’appartient pas à notre culture, sans compter que le coût de ce type de fantaisie, comme des produits bios en général n’en autorise l’usage qu’à des privilégiés.
Okutan à Kyoto
Tout cela ne serait qu’anecdotique et plutôt sympathique si derrière le discours public apparemment gentillet et consensuel, ne se dissimulait un activisme végétarien et animaliste pur et dur. Un activisme qui ne dit pas son nom: c’est une chose d’encourager à manger sain, à consommer moins ou mieux de viande, cela en est une autre de militer en sous-main pour la cause végétarienne et activités animalistes associées.
C’est ainsi, sous des dehors trompeurs, que l’intoxication des esprits s’accomplit. Benoîtement, la pimpante Pilar voulait voici quelques mois organiser une «journée sans viande» à Orthez. Tout aussi benoîtement, je faisais savoir que ce même jour, nous organiserions avec l’ensemble des professionnels de la filière, une journée de promotion pour les produits de notre terroir, avec dégustation festive sur la place publique d’entrecôtes de Blonde d’Aquitaine, de côtelettes d’agneau des Pyrénées, de magrets de canards, etc.
Bizarrement l’idée de la journée sans viande a disparu de l’agenda! Comme quoi la «résistance» à du bon.
Il importe absolument de lutter sur tous les terrains pour que le vert n’entre pas dans le fruit…
Xavier KLEIN

lundi 19 mars 2012

MODERNITE!!!

«Etre moderne, c'est bricoler dans l'incurable.»
«Syllogismes de l’amertume»   Emil Cioran

L’ami Charles CREPIN, me prie de communiquer l’avis de la conférence qui se tiendra dans le cadre du 5ème Printemps des Jeunes Aficionados avec comme exergue: «La corrida doit-elle s’adapter à la modernité?».
La MODERNITE, «Vaste programme!» comme disait le grand Charles. Je regrette d’être si éloigné de Nîmes…

MODERNITE, c'est le genre de mots qui me fait dégainer.
On l’a mise à toutes les sauces, elle a servi à tout justifier, tout cautionner, tout vandaliser.
Être moderne, c’est «être de son temps», même si le temps est infumable et pourri.
Être moderne, c’était ravager la Mosquée de Cordoue pour y caser une verrue Renaissance.
Être moderne, c’était fondre les trésors artistiques des aztèques pour les transformer en retables baroques.
Être moderne, c'était saccager Saint Denis en 1794, dynamiter les églises en 1917, brûler les pagodes et rééduquer les vieux maîtres pendant la Révolution Culturelle.
Être moderne, c’est le plus souvent considérer qu’une catégorie d’«autres», en l’espèce ceux qui nous ont précédés, étaient plus ignorants, plus arriérés, plus cons que nous.
Être moderne, c’est penser «rupture» avec le passé et non «continuité» ou «transmission», c'est jeter le bébé avec l'eau du bain.
La modernité, c’est comme le dit Baudelaire «le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable».

Les «modernistes» ne m’insupportent en rien, tant qu’ils ne se préoccupent pas d’imposer leurs lubies.
Malheureusement le «moderniste» est mégalo, le «moderniste» est persuadé d’avoir raison, le «moderniste» veut votre bien, détient la science infuse, la panacée, la vérité révélée. Il veut du passé faire table rase, prêche l’incompatibilité fondamentale, érige ses dogmes sur les décombres de ce qu’il entend ruiner.
En outre, la modernité qu’on nous propose n’est nullement une évolution, encore moins une révolution. C’est l’adaptation à une réalité sociétale et surtout économique dont le moteur n’est nullement conceptuel, mais résulte du choix d’acteurs marchands.
La modernité, comme ils disent- c’est la «conformisation», la «lightisation» pour séduire de nouveaux publics, c’est du marketing pour continuer à engranger des bénéfices.

Il ne s’agît nullement d’un mouvement novateur d’idées, artistique ou philosophique suivi de conséquences économiques et sociales, comme ce fut le cas des «grandes modernités» (révolutions romantique, impressionnisme, cubisme, surréalisme, «Nouvelle Vague», etc.). Ce n’est pas la pensée pionnière et l’innovation qui font mouvoir une nouvelle esthétique de la société, c’est malheureusement exactement le contraire, c’est à dire la conformité sociale qui dicte une pensée orthodoxe.
La tauromachie «traditionnelle» (opposée à la «corrida moderne»), surtout dans notre société «moderne», est par nature une SUBVERSION. Son fond, comme sa forme deviennent inacceptables dans la société d’EloïsLa Machine à explorer le temps» d’H.G. Wells) qu’on nous concocte.
Jamais la corrida, en tant que «donner à voir ce qu’on refuse de voir», n’a été aussi nécessaire. Jamais elle n’a été autant vilipendée.
La vraie modernité, si la modernité procède d’une essence scandaleuse (ce qu’elle fut le plus souvent) n'est pas d’être à la traîne des idées conventionnelles d’une société, mais au contraire d’introduire une malséance intellectuelle de bon aloi.
La tauromachie «traditionnelle», avec sa violence codifiée, sa sauvagerie, son centrage sur le «toro qui combat», son attachement irréductible à des valeurs comme la difficulté, le courage ou le pundonor offre cette malséance là.
Tout aggiornamento, toute concession, toute reculade ne seraient que des capitulations annonciatrices d’une mort inéluctable.

On peut s’interroger sur l’objet réel de ce type de questionnement. La corrida «traditionnelle» d’évidence gêne aux entournures nos décideurs taurins du mundillo. Elle est comme la statue du Commandeur, la mauvaise conscience des errements G10esques. Le mundillo ne peut à terme se permettre de laisser subsister cette condamnation permanente.
Même une tauromachie à deux vitesses est impossible tant l’une d’une part contredit l’autre et d’autre part l’empêche d’accéder au sociétalement correct auquel elle aspire.

L’alternative est donc simple: s’adapter à la modernité en se dénaturant ou s’arc-bouter à la tradition en réduisant la voilure, c’est à dire en renonçant aux pépètes.
Le problème de ces débats, c’est qu’en dehors du sieur Prieto de la Cal et des vétérinaires, les «penseurs» de service fréquentent plus les gradins des grandes ferias champagnisées que les tendidos plus rustiques où se pressent les talibans...
Les «élites» sévissent également en tauromachie.
Xavier KLEIN

jeudi 15 mars 2012

CIFUENTES, la révolte

"La révolte au printemps" tiré du blog http://sehpial.over-blog.net/article-6287841.html
D’aucuns, amateurs de mol consensus en tout genre, jugent parfois déplacés, outranciers, violents, agressifs, féroces, déplaisants, excessifs, immodérés, démesurés, indignés, en un mot merdiques, les propos tenus sur la Brega.
Je les rassure de suite: et encore, je me retiens et m’autocensure…
Deux ou trois conversations téléphonique ou «mailisées» récentes ont mis en cause ma dénonciation en règle du système mundillisé et notamment de la responsabilité des empresas dans le précédent article consacré à la disparition des COQUILLAS de CIFUENTES.
«Tu extrapoles, tu procès-d’intentionnes, tu exagères» m’entendis-je bienveillamment reprocher.
Pourquoi pas?
Mais cette critique relève t-elle d’un fait ou d’une opinion? Je précise que dans ce genre de situation, je m’exprime rarement à la légère, et qu’en l’occurrence, j’avais contacté Don Mariano.
Je conseillerais à ces «conseilleurs-conseillés» de prendre connaissance d’urgence de son dernier article où il met les pendules à l’heure.

Morcifs choisis
«Señores de Taurodelta, me dirijo a ustedes pues han tenido en sus manos evitar que mi firme decisión se anulara y no se desmontara la ganadería de Mariano Cifuentes. ¡Don Víctor Zabala, si usted hubiera contestado a mis llamadas, o por el contrario usted me hubiera llamado!»
«Messieurs de Taurodelta (empresa de Las Ventas à Madrid), je me tourne vers vous puisque vous aviez en main la possibilité d’éviter que ma ferme décision ne s’exécutât et que la ganaderia de Mariano Cifuentes ne disparût. Don Victor Zabala, si vous aviez répondu à mes appels ou au contraire m’aviez appelé!»

«Señores Empresarios del Mundo del Toro en general, Los Coquillas de Cifuentes durante cuatro días han colapsado la blogosfera taurina, pero ninguno de ustedes, al menos por cortesía, se dignó a llamarme ofreciendo algún tipo de ayuda.
Tampoco los G-10 que están muy ocupados con sus problemas televisivos, pero que indudablemente se podían haber sumado a los ruegos de los aficionados.
Sólo ustedes los aficionados taurinos han estado apoyando con todas sus fuerzas e incluso ofreciendo posibilidades económicas ( por si las tenía ) para que no desaparecieran los Coquillas de Cifuentes.»
«Messieurs les entrepreneurs du Monde du Toro en général, durant quatre jours les Coquillas de Cifuentes ont monopolisé la blogosphère taurine, mais aucun de vous, au moins par courtoisie, n’a daigné m'appeler pour offrir son aide.
Pas plus que ceux du G-10, qui sont très occupés par leurs problèmes de droits télévisés, mais qui auraient indubitablement pu se joindre aux démarches des aficionados.
Seuls vous, les aficionados taurins m’avez appuyé de toutes vos forces y compris en offrant des possibilités économiques (quand vous le pouviez) pour que les Coquillas de Cifuentes ne disparussent pas.»

Le reste est du même tonneau: le cri de colère et d’indignation d’un brave et honnête homme qui n’a rien d’un excité ou d’un gauchiste au couteau entre les dents.

En cela comme en d’autres matières, faut-il renoncer à se foutre en rogne, au nom d’un politiquement ou socialement ou Dieu-sait-quoi korrekt?
En quoi l’émotion, l’indignation, la révolte ressenties sur le fond et la forme de «l’affaire Cifuentes» devraient-elles s’effacer à on ne sait quels motifs, alors que les mêmes parangons de modération s’affirment le plus souvent comme les grands et honorables apologues de l’émotion, esthétique celle-là, des comedias taurinas qui se jouent dans nos plazas de luxe?
Y aurait-il des émotions valeureuses et des émotions honteuses? Des indignations légitimes et des indignations prohibées?

Tous ces censeurs, ces bien pensants, ces frileux de l’avis, ces fous sous des dehors de sages, ces munichois des ruedos, ces contempteurs de la vigueur oratoire commencent sérieusement à m’échauffer la bile.
Au pis qu’ils se taisent avec la digne lâcheté qui sied aux prudents, mais surtout qu’ils nous fassent la grâce du chœur des pleureuses de larmes de crocodiles!
Ras le bol de ceux qui critiquent mais ne proposent rien, de ceux qui causent mais n’écrivent jamais, de ceux qui se taisent et reprochent aux autres de parler, de ceux qui subissent et n’agissent jamais, de ceux qui n’ayant jamais «avancé la jambe» font payer leur pâle insignifiance à ceux qui s’engagent.

Comment dit-on déjà en castillan?
«¡ánimo!» Un mot qui veut dire à la fois âme, esprit et … courage. Une vertu bien désuète...
Xavier KLEIN