Humeurs taurines et éclectiques

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vendredi 8 février 2013

Gentils nazis

Pour tous les régimes et idéologies totalitaires, la propagande représente un enjeu fondamental.
Il s’agit de maîtriser l’information, d’annihiler l’esprit critique, de contrôler les esprits, de canaliser les pensées vers les thèmes «porteurs», en leur évitant de se fourvoyer avec des questions «inopportunes».
La question elle-même est prohibée, seule compte la réponse, unique, celle de l’idéologie bien entendu et le monologue du chef. Les totalitarismes ne connaissent pas le doute, ils n’ont que des certitudes: «Il Duce ha sempre ragione» (Le Duce -ou le Chef- a toujours raison). On en connaît d'autres, comme ceux qui savent si bien ce qui est barbare et ce qui ne l'est pas, ce qui est civilisé et ce qui ne l'est pas, sans doutes aucuns...

Le maître inégalé en la matière, le génie précurseur et encore insurpassé, fut Joseph GOEBBELS, Ministre du Reich à l’Education du Peuple et à la Propagande de 1933 à 1945. Antisémite et anticatholique acharné, ce fou furieux suivit son mentor dans la mort, avec sa femme Magda, non sans avoir liquidé ses 6 enfants … et ses chiens (comme Adolf), pour ne pas que les malheureux tombent dans les mains des hordes rouges.
 La personne du chef étant la cheville ouvrière des totalitarismes de tous poils, des fascismes et tout particulièrement du nazisme, une part majeure de l’activité de la Propaganda se polarisait sur la personne d’Adolf HITLER, Führer germanique, dans le cadre de la Gleichschaltung mise au pas», littéralement «synchronisation»).
Le travail de valorisation de son image tournait autour de 3 ou 4 thèmes privilégiés: Hitler/chef de guerre, Hitler/rassembleur et guide du peuple, mais aussi Hitler/l'ami des enfants et Hitler/l’ami des animaux.
Ce dernier thème, complètement atypique et original pour un dictateur, a été surexploité comme en témoigne la très riche iconographie disponible. Une particularité qu’on ne retrouve chez aucun autre dictateur du XXème siècle (Starline, Museaulini, Paul Pote, Mao Sait-Tout, Pine-au-chai, Francodeporc, etc.).

Ce n’est nullement un hasard, l’Allemagne nazie, tant par conviction profonde de ses hiérarques -dont beaucoup, dans la continuité de Guido von List ou Karl Heise étaient naturalistes, végétariens, théozoologues, théosophes, armanistes, ariosophistes, mazdaznanistes, etc.- que par l’assentiment populaire, a usé et abusé du filon animaliste. Il n’est aucunement indifférent que trône parmi les premières lois fondamentales élaborées par le IIIème Reich, le Reichstierschutzgesetz, la loi du Reich de protection de l'animal (cf.: http://bregaorthez.blogspot.fr/2009/05/nazisme-et-animalisme-1.html).
L’animalisme est de facto l’une des composantes majeures de l’édifice idéologique nazi, instrumentalisé comme telle, ce que démontre sans aucune ambiguïté l’iconographie officielle, ne serait-ce que par son foisonnement.

Si l’intimité du Führer n’est quasiment jamais dévoilée, les seuls témoignages d’affects de sa part sont exclusivement centrés soit sur son rapport à l’enfant (on le sent d’ailleurs très mal à l’aise et dans une relation distante), soit sur son rapport à l’animal à qui il prodigue une bienveillance évidente pour la plus grande sympathie des masses allemandes.
Qui ne connaît pas Blondie, le berger allemand d’Adolf?
Qui connaît le patronyme des labradors de Giscard ou de Mitterrand?
L’animalisme comme l’un des supports idéologiques du national-socialisme: qui peut en douter en voyant le gentil Adolf dans tous ses états zoophiles? 
On relèvera tout particulièrement le texte en exergue d’une photo/carte postale: DER FÜHRER ALS TIERFREUND: Le Führer, l’ami des animaux.
Gentil Adolf! Gentils nazis!


Xavier KLEIN
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lundi 28 janvier 2013

Corrida et franquisme

Tous les moyens sont bons!
Certaines désinformations nauséabondes tendent à la récupération de la «gauche libertaire» en introduisant l'idée fausse et pernicieuse que la corrida serait un pur produit franquiste.
Le dernier cri en la matière est à l'idée que la République du Frente Popular s'apprêtait à prohiber la corrida avant que d’être vaincue par les putschistes.

S’il ne fallait qu’un seul argument-massue pour prouver le contraire, il suffirait de demander quel est le symbole le plus évident que l’on associe à la Guerre Civile.
Il en est un qui s’imposerait immédiatement: Guernica le chef d’œuvre de Pablo Picasso.
Tant le contenu du tableau que la personnalité de son auteur se rapportent sans ambiguïté aucune à la tauromachie.
Et si l’on demandait le nom d’une personnalité incarnant le calvaire républicain, sans doute sortirait majoritairement celui de Federico Garcia LORCA, lui aussi panégyriste de la «fiesta brava».
Bien entendu, on pourrait en citer par dizaines et la cause est entendue auprès de tous les historiens un tant soit peu sérieux et objectifs. Ce qui n’empêche nullement les négationnistes à tête chercheuse, contre toute évidence, et en les sortant du contexte, de faire feu de tout bois.
On trouvera toujours des photos où des toreros font le salut fasciste, comme l’on en trouverait d’athlètes, de footballeurs, d’artistes, voire d’employés municipaux.
Il en va de même pour l’une des uniques corridas célébrées en France sous l’Occupation, où les tendidos de Bayonne sont noyés sous les uniformes feldgrau. Une expérience non renouvelée, Adolf comme le Haut Commandement de la Wehrmacht, n’adhérant nullement à ce spectacle barbare et dégénéré, si peu aryen.
On ne songerait aucunement à reprocher au milieu du spectacle et de l’art français, du music-hall au cinéma, en passant par le théâtre et la chansonnette d’avoir abondamment prospéré durant cette période (qui fut d’ailleurs une période d’intense production artistique), pour distraire les troupes allemandes qui venaient en permission se refaire une santé et un moral dans le gai-Paris, entre deux massacres de partisans sur le Front de l’Est.
Mais on se le permet pour la tauromachie, comme on se permet tant de choses: les aficionados ne sont-ils pas des barbares que l’on peut traiter de la manière la plus dégradante, tout en conservant la bonne conscience des gens chébrans et comme il faut?
Jean ORTIZ, universitaire palois qui n’est pas précisément -c’est le moins qu’on puisse dire- un suppôt du franquisme, de l’extrême droite, voire de la droite, à écrit sur le blog «Lo taure roge» (cf ci-contre) un article édifiant à ce sujet.
ORTIZ, fils de républicain espagnol, n’étant pas particulièrement un plaisantin, on aura profit à en déguster chaque mot.
Xavier KLEIN


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