Humeurs taurines et éclectiques

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lundi 30 janvier 2012

Mickey est un con (le retour)

Lorsque j’étais gamin, mes parents étaient extrêmement regardants sur mes lectures en général.
Je me souviens que mon père (qui lit régulièrement La Brega) avait été quelque peu marri et interloqué que mon professeur d’histoire de 6èm me donnât à lire la «Vie des 12 césars» de Suetone, une réaction bien compréhensible au regard du récit très cru des turpitudes impériales romaines.
Il en allait de même des magazines de jeunes.

Pour résumer à l’usage des moins de 50 piges, les diverses publications des sixties auraient pu se classer en fonction de l’éventail des divers courants d’opinion philosophiques, religieuses et politiques de la société française. En effet, la jeunesse (et sa formation) était l’enjeu d’une guerre d’influence redoutable depuis les années 30. Francas contre patronages, scouts contre éclaireurs, Jeunesses Communistes (JC) contre Jeunesses Ouvrières (ou étudiantes) Chrétiennes (JOC ou JEC), ça ferraillait dur pour capter et retenir les jeunes esprits. Tout cela est bien fini, heureusement!

Pour les publications juvéniles, on avait en gros le choix entre Tintin (Spirou et consorts), Astérix (Pilote), les rééditions de l’Epatant (Bibi Fricotin, les Pieds Nickelés), le Journal de Mickey et Vaillant, le Journal de Pif (dont très curieusement pour une publication d’obédience communiste, les scénaristes et dessinateurs venaient du journal Le Téméraire, seule revue collaborationniste pour la jeunesse durant l’Occupation).

A la maison, si Pilote et Astérix avaient franchement la côte, Tintin et Spirou vivotaient sans problèmes, par contre Mickey était dédaigné, quant à Pif, c’était le black-out.
Pendant des années je me suis donc procuré clandestinement (pardon Papa!) Pif gadget, dont j’appréciais particulièrement certains dessinateurs: Marcel Gotlib (Gai Luron puis la Rubrique à brac), Kalkus alias Mandryka (Le concombre masqué), Tabary (Corinne et Jeannot puis Iznogoud) et surtout Hugo Pratt (Corto Maltese). Je suivais avec passion les aventures de Rahan, du Docteur Justice ou du Grélé 7/13. Et pour Corto, c’était carrément de l’idolâtrie.

 Je n’ai jamais vraiment questionné mes parents sur leur inappétence manifeste à l’univers de Disney, mais je crois en discerner quelques ressorts, qui rejoignent mes préventions.

Sans vouloir paraître bégueule, les années 60 et 70 me paraissent avoir été un âge d’or de la BD, comme elles le furent de bien d'autres arts. Le foisonnement de nouveaux graphismes, de discours et de tons innovants, d’une originalité percutante me semblent demeuré inégalé. Tout cela allait de pair avec une créativité qui bouillonnait de partout, de la mode à la chanson, en passant par le cinéma ou la peinture.
On tenait pour ses «maîtres»: j’ai fait des kilomètres pour rencontrer et voir dessiner Pratt ou Philippe Druillet, dont on rapportait triomphalement des dessins originaux pour impressionner les copains et accessoirement les filles, comme j’en ai fait autant pour vivre un concert de Frank Zappa ou de Creedence Clearwater Revival.
Le dénominateur commun de l’ensemble des artistes de ces années de créativité maximale tenait à une base culturelle et surtout technique solides, à un travail acharné, à un mépris des modes et à une imagination créatrice débridée.
Aucun n’est passé par la matrice d’une télé omniprésente, d’un internet envahissant, d’un «bien-disant» culturel standardisé. Chacun a ouvert des voies, a balbutié de nouveaux langages, a exploré des terres inconnues.
Quand on y regarde de plus près, on constate que l’ensemble de ce mouvement des sixties, seventies, s’est édifié sur un socle culturel classique, avec une formation classique, de techniques classiques et par dessus tout un travail acharné. Ce qui leur a permis de tout inventer ou réinventer. Zappa comme Gainsbourg ont fait leurs gammes et maîtrisé le solfège et la composition, avant que d'innover.

Quand on lit un livre, on peut tout imaginer. Personnages et décors prennent les formes qu’on leur choisit. Ainsi, chaque lecteur crée un univers dont lui seul a la clef, des visages dont lui seul pourra être amoureux. La rêverie peut s’épancher à l’infini, galoper dans des espaces illimités, ou au contraire s’enfoncer dans l’autre infini du minuscule.
Cette ascèse du rêve, cette académie de l’irréel est proscrite à ceux à qui l’on impose un imaginaire préfabriqué et exogène. C’est le cas actuellement.

La  génération Mickey -mais cela fait un moment que cela dure- ne peut à la fois être dans l'action (un leitmotiv très sarkozien) et dans la réflexion ou la rêverie. On ne peut passer son temps à twitter, à SMSer, télévorer et simultanément lire et rêver. On ne peut consommer passivement des images en permanence et mobiliser son imagination pour en créer.
Les premiers films de Disney que je visionnais («Blanche-Neige», «La Belle au bois dormant», «Le livre de la jungle») me déplurent terriblement parce que connaissant les histoires, ils venaient substituer et presque effacer les représentations imaginaires que je m'en faisais. Je me souviens, notamment pour le dernier, que j'avais éprouvé un quasi sentiment de souillure, d'autant que la version Disney dénature complètement le contenu et le message de Kipling.

Mon premier grief envers le «Disney word», c’est de procéder de la plus plate conformité.
Le second, c’est d’être dominé par l’american way of life et un substrat culturel très W.A.S.P. (white, anglo-saxon and protestant).
Disney serait un simple objet culturel innocent, cela ne serait nullement dérangeant. Un voyage aux States avec visite de Disneyland ou Disneyword, comme pur produits de l'american culture, pourquoi pas? Mais Disney est l'agent actif d'un impérialisme culturel qui s'assume pour mondialiser l'american way of life: ce qui est bon pour l'Amérique est bon pour le monde...
Le troisième, c’est de véhiculer sans le dire et l’air de rien, en sus de messages subliminaux identifiés, un message conservateur-libéral sous-jacent très prégnant bien qu’inidentifiable par le spectateur-consommateur (a fortiori par un enfant ou un adolescent).
Enfin et surtout, c’est un univers complètement dépoétisé et dirais-je, lénifiant et standardisé.
Il va de soi qu'il n'y a pas de rejet de la culture américaine en soi. Tous les mouvements artistiques et culturels des USA, de Jack London à Tennessee Williams, de Buster Keaton à John Cassavetes, de Gershwin à Miles Davis, etc. ont profondément enrichi le patrimoine humain.

On pourra rétorquer que ce désenchantement concerne l'ensemble des oeuvres portées à la scène ou à l'écran.
Sauf que Disney joue sur le répertoire de classiques ou d'oeuvres archétypales, comme s'il s'agissait d'aseptiser façon US un patrimoine culturel mondial. Sauf aussi que Disney ne se contente pas d'être un véhicule culturel, mais que c'est surtout une arme stratégique du soft power.
Ce n'est pas le cas de l'immense majorité de la production de dessins animés, et il ne suffit que d'évoquer la richesse de l'école tchèque, un réalisateur génial tel que Paul Grimault, ou l'intelligence poétique de Kiricou, pour prendre la mesure des autres possibles.

La prédominance de l'empire Disney et la sujetion culturelle qu'elle véhicule participe de l'intoxication générale des esprits. Bambi ou la famille Mouse font le lit d'une conception pervertie du rapport homme-animal. Une conception militante, comme celle portée par des émissions comme «Vivre avec les bêtes» sur France Inter (http://www.franceinter.fr/emission-vivre-avec-les-betes), managée par Elisabeth de Fontenay, grande prêtresse des «zantis». Comment s'en étonner avec un patron comme Philippe VAL, dont on espère être débarrassé avec les élections à venir.
Le jour où, sur cette radio du service public, on pourra également parler de corrida, de chasse, ou de tout autre rapport à l'animal, non conforme à la vulgate bisounours, et non subir un endoctrinement bestialiste insidieux, peut-être pourra t-on parler d'intelligence et de débat sérieux.
Pour l'heure, on subit le décervelage et le conditionnement. 
Xavier KLEIN
 La suite dans Mickey est un con (decrescendo)

dimanche 13 novembre 2011

Onze onze deux-mille-onze (1)

Deux évènements ce week-end dans les Landes.

Photo Sud-Ouest: Bougrain faraud devant les medias
Du premier disons quelques mots, car symptomatique, il illustre parfaitement la dégradation d'une situation qui risque rapidement de «tourner vinaigre».
Depuis des temps immémoriaux, l'automne est en Chalosse la saison de chasses traditionnelles aux petits oiseaux. Certes la chose n'est pas des plus officielles, ni des plus légales. Les lobbies bestialistes et les bureaucraties nationale et européenne se mêlent des coutumes locales pour s'adonner à leur passion effrénée pour l'interdiction sans nuances et sans discernement.
Résultat des courses: loin d'interdire la chose, on ne fait que vaguement la gêner tout en promouvant un circuit parallèle qui ne fait qu'alimenter des trafics juteux et génère donc une sur-chasse pour le coup préjudiciable.
Pour exemple, en octobre 2007, à Laglorieuse, la maréchaussée saisissait 119 ortolans, 980 pinsons, linottes et autres piafs qui représentaient une valeur d'environ 20.000 €. Le délit étant passible d'une amende maximale de 6 mois de geôle et de … 9000 € d'amende.

Cela n'empêche nullement les amateurs (et j'en connais qui sont préfets, juges ou recteurs d'académie) d'aller déguster leurs ortolans dans certaines backrooms de restaurants «spécialisés». Un ex-président de la République villégiaturant du «côté de la côte» avait en la matière ses petites habitudes, et il m'arriva de profiter de la chaise qu'il venait de quitter (et de réchauffer).
Hypocrisie quand tu nous tiens!

Convaincre et persuader, limiter et contingenter, comme c'est le cas pour nombre d'espèces, me semblent infiniment plus intelligent et productif que d'interdire, car alors ce sont les chasseurs eux-mêmes qui «font le ménage» et combattent le braconnage.
Allez expliquer cela à un rond de cuir national ou européen, et pire à un bestialiste borné (pléonasme!) dont c'est le fond de commerce!
Depuis les dragonades et le génocide vendéen, en France on aime bien diriger d'en haut et on a le goût des grands principes, même et surtout lorsqu'ils sont incompris, rejetés ou s'avèrent inapplicables à la base.
C'est sans doute le destin que l'on veut pour la tauromachie, qui contre vents et marées, contre édits royaux, bulles papales et directives républicaines a perduré invariablement.

Le 11/11/2011, ce grand couillon d'Alain BOUGRAIN-DUBOURG, (animateur avec Elisabeth de Fontenay de l'émission d'intoxication bestialiste «Vivre avec les bêtes» sur France Inter, radio du service public noyautée d'une main de fer par le responsable sarkozyste de la Propagandastaffel,  Philippe VAL) n'avait rien d'autre à foutre ce week-end que d'aller emmerder les péquenots chalossais.
Que voulez-vous, c'est ainsi dans les élites nobiliaires et policées de la capitale, on aime à se divertir en traquant hérésies et obscurantisme chez les peuplades arriérées de province, tout en leur apportant les lumières de la civilisation. Une vieille lubie depuis l'impérialisme mérovingien, carolingien et la croisade des chevaliers du Nord contre les Albigeois...


Ayant abondamment brassé l'air vivifiant de la campagne, razzié quelques matoles, détruit des corps du délit, déposé moult plaintes, abondamment travaillé son image de marque en jouant les victimes, le bon BOUGRAIN s'en retourna fort satisfait dans ses salons parisiens. Un vaillant le Bougrain, surtout avec une compagnie d'archers.

Jusqu'à quand devra t-on supporter ce genre d'avanies?
Et jusqu'à quand abusera t-on de la pondération gasconne? Car pour sûr, un jour l'affaire dégénèrera.
Je les trouve gentils et accommodants nos braves landais qui supportent qu'on vienne ainsi sur leurs terres (violation de propriété). Il y a peu, on nous prétendait vertueusement à propos de Rodilhan que «l'on ne peut et ne doit se faire justice soi-même.». Certes, mais alors, ce vertueux principe doit-il fonctionner à sens unique?
Ce qui me frappe surtout, c'est que la canaille animaliste s'enhardisse sans cesse de l'absence de réactions et de conséquences de leurs tribulations militantes.
Photo Sud-Ouest: Bougrain moins fier devant les chasseurs.
Quelques petites frictions sur le museau façon première ligne, un cartouchage d'arrière train au gros sel ou bien la promotion de la randonnée pédestre par dégonflage de pneumatiques serait certainement de nature à décourager les bonnes volontés. Le bestialiste aime bien la provocation quand il est assuré qu'elle ne lui coûtera rien. Cette engeance goûte infiniment moins le risque, c'est l'une des raisons de son aversion pour la corrida.

Évidemment, les têtes pensantes «zanties» apprécieraient de disposer d'un martyr à la cause, à condition bien sûr qu'il ne s'agisse pas de leurs petites personnes: les généraux contemporains sont rarement en première ligne quand cela chauffe. C'est pourquoi ils poussent la corde à se rompre, espérant qu'un de leurs bêlants benêts remplisse dignement cet office.

Ce n'est certes pas politiquement korrekt de le dire, mais ce serait politiquement efficace de le faire: c'est sur ce terrain des conséquences qu'il conviendrait de travailler pour mettre un terme aux incursions incessantes des trublions bestialistes.
Sans violences sur les personnes, mais avec humour et en usant de l'arme de la dérision et du ridicule, on obtiendrait des résultats insoupçonnés. Reste à trouver dans les caciques taurins des «humoristes», vaste programme! Pour le ridicule nous sommes amplement pourvus...
Xavier KLEIN

 http://www.sudouest.fr/2011/11/12/pinsons-pas-loin-d-une-bagarre-551299-3333.php

NOTA: une bouteille de Grand cru de la Coopérative de Bellocq pour qui trouve la contrepèterie que je subodore dans «Bougrain-Dubourg».
***

mercredi 8 décembre 2010

VAL

C'est une vieille tradition française que de virer sa cuti et de retourner sa veste.
Il y a des modes comme cela, et on sait que l'histoire n'est pas chiche de répétitions.
La liste serait longue, l'opportunisme et l'attraction du pouvoir faisant toujours recette surtout pour les déçus, les médiocres ou les aigris.
*
Récemment, avec l'avènement de Sarko le Superbe, une nouvelle portée de retourneurs de veste a éclos dans le marigot des ambitions.
Nanard, le toubib des tropiques, Besson, le ségoliniste contrarié, Fredo, le neveu indigne. Sans compter la foule des hauts (et moins hauts) fonctionnaires au costard caméléon universellement adaptable à tous les discours et consignes ministériels.
*
La trahison, la déloyauté et l'arrivisme sont des vertus universelles et ne concernent pas uniquement les politiques.
Les artistes ou les journalistes peuvent aussi être concernés.
C'est le cas du sympathique Philippe VAL, un ex nervi libertaire, ex directeur de la publication et de la rédaction de Charlie Hebdo, hebdomadaire satirique bien connu pour ses idées d'extrême droite. Il s'y fait la main en matière d'autoritarisme
(
http://lmsi.net/L-opinion-du-Patron), usant de méthodes expéditives, en virant par exemple SINE. Mais il a aussi maille à partir avec Philippe CORCUFF, Olivier CYRAN, Mona CHOLET ou LEFRED-THOURON.
Une habitude chez cet homme qui n'hésita pas à lâcher son vieil "ami et complice de 25 ans", Patrick FONT, quand il connut quelques ennuis judiciaires.
*
Depuis 2009, avec le soutien actif de Jean Luc HEES(S), président de Radio France, il fait régner l'ordre sarkoziste sur France Inter, éliminant petit à petit toute trace d'indépendance. Sans doute la récompense de ses prises de position pour le moins accommodantes voire complaisantes dans l'affaire Clearstream
Philippe VAL bénéficie d'un beau tableau de chasse qui lui vaudra sans nul doute, comme à son patron, le ruban rouge à la boutonnière (normal pour un gauchiste!). Après avoir fait tomber les têtes de Stéphane GUILLON et de Didier PORTE, il a aussi dégommé celle de Jean Marc FOUR et très récemment celle de Gérard DAHAN.
Le petit bonhomme ne s'arrêtera pas en si bon chemin. Il reste encore quelques voix libres qu'il n'a pas encore réussi à baillonner pour accéder à quelque retraite dorée, à quelque charge honorifico-rémunératrice.
*
C'est ce phare de la pensée française, cet esprit ivre de liberté, ce défenseur acharné de l'indépendance de la presse, cette grande âme ouverte à la diversité des cultures qui vient d'intégrer le comité d'honneur de la FLAC (Fédération des Luttes pour l'Abolition des Corridas), animée par l'inénarrable Thierry HELY, le Viard des zantis. http://flac.over-blog.com/article-philippe-val-membre-d-honneur-de-la-flac-61657473.html
C'est qu'on balance n'importe quoi dans le zanimoland, on fait feu de tout bois et souvent on fait long feu.
Vous avez entendu reparler de Paulette DUBOST, la passionaria des clébards, de sa canonisation centennale, qui devait te nous remuer le Tout-Paris? SILENCE RADIO.
Et la proposition de loi n°2735, vous vous souvenez, celle de Muriel Marland-Militello (Triple M), députée UMP des Alpes Maritimes qui devait mettre un terme à la tauromachie? A LA TRAPPE.
Bof l'important n'est pas tant de gagner que de participer, de paraître, d'EXISTER, de tirer un peu de blé aux mémères, histoire de financer les faux frais!
HELY-VIARD même combat! C'est l'adversaire qui justifie de leur existence.
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Il va t'y remettre un peu d'ordre chez les «zantis» le caudillo de France Inter, contrôler un tantinet l'info, histoire d'éviter les dérapages.
Mais attention! Val vire...
Xavier KLEIN



Sarkozy: actionnaire France Inter

http://streetgeneration.fr/news/breves/9330/les-journalistes-de-france-inter-en-colere-contre-philippe-val/
://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/gerald-dahan-decu-par-philippe-val_932604.html

*