| Photo Pierre THOMAZO |
Comme dab, après l’édition 2013, quelques propos
forcément subjectifs sur la
journée taurine d’Orthez.
On se reportera, utilement à mon sens, aux
reseñas précises et documentées d’Olivier BARBIER (http://torobravo.fr/orthez-les-novillos-de-zaballos-meritaient-mieux/)
et http://torobravo.fr/orthez-lennui-sinstalle/) ou de
Dominique VALMARY de la FSTF (http://www.torofstf.com/content/dimanche-28-juillet-2013-novillada-de-miguel-zaballos-et-corrida-de-raso-del-portillo-%C3%A0)
Après lecture de divers commentaires, me viennent quatre considérations préalables.
Après lecture de divers commentaires, me viennent quatre considérations préalables.
1°) La difficulté, voire l’impossibilité de
beaucoup de «reseñeros» à remettre
les évènements dans leur contexte. Orthez n’est ni Vic, ni Céret, ni Dax, ni
Arles, ni Béziers, etc...
Elle n’en a ni les moyens financiers, ni le
poids!
Il convient d’y juger ce qui s’y fait, avec les
moyens dont elle dispose. D’autant qu’hors des circuits mundillesques, Orthez n’a aucune aide à attendre –tout au
contraire- du «milieu»… De plus, sa ligne taurine est à contre-courant.
Orthez ne se veut pas restaurant 4 étoiles avec
chasseurs, sommeliers et cuistot à toques, mais halte de campagne à coté de la
rivière, avec la «daoune» qui fait une savoureuse cuisine de terroir avec les
produits de la tierra. Et
quelquefois, quand «lou maiste» passe et lui pince coquinement la fesse, il
peut arriver que la garbure soit un peu plus salée…
2°) De même, il me semble aberrant de ne tenir
aucun compte des critères que la Commission se fixe de façon délibérée et
transparente: une lidia complète, notamment la revalorisation du premier
tercio, la présentation d’encastes et d’élevages rares ou méconnus, des toros
intègres et dans le type. Mais également le souci de conserver des tarifs
raisonnables pour que la corrida demeure ouverte à tous.
3°) Certains aficionados français ont la mémoire
courte: c’est parce quelques rares ruedos
comme Orthez se sont battus pour maintenir des toros ou des pratiques différents
que le courant amorcé cette année dans les grandes plazas a pu s’initier. Il
s’agirait d’apprécier cette différence en se départissant de la vision des
toros «actuels» et ne pas demander aux «toros d’Orthez» qu’ils se comportent
et soient toréés comme ces derniers.
4°) L’exigence
de certains aficionados et de certains commentateurs me paraît souvent
paradoxale et parfois outrancière : pour paraphraser Figaro, «Aux vertus qu’on exige dans un torero, Vos
Excellences connaissent-elle beaucoup d’aficionados émérites qui fussent dignes
de l’être.».
J’entends par là qu’on leur demande d’être
toujours à 300%: nous le demandons-nous de même manière ? Et lorsque je
lis, comme souvent, des mots définitifs sur tel ou tel maestro (en l'occurrence ROBLEÑO), mots qui
s’évaporeront au premier triomphe, je me prends à sourire.
Le triomphe est et doit rester exceptionnel. Il
ne saurait être la norme. Quand il n’est pas au rendez-vous, sans que pour
autant la journée soit indigne, y a t-il pour autant matière à glapir?
Une dernière réflexion me vient:
En tant qu'organisateur, à partir du moment où un aficionado nous fait l'honneur et l'avantage de venir à Orthez et de soutenir la plaza en y payant sa place, il peut y siffler ou y applaudir autant qu'il lui plait. Peu me chaut et je ne regarde quasiment jamais le public. Pitos ou palmas sont des informations.
En tant qu'aficionado, il me semble qu'il y a l'essentiel (la présentation, l'intégrité des toros, le désir de faire vivre une lidia de qualité, de valoriser le premier tercio, etc.), et le secondaire (musique, oreilles, etc.). Le mieux étant l'ennemi du bien, vouloir être intransigeant pour tout me semble contre-productif, d'autant qu'une bonne moitié du public est composée de néophytes dont il convient de prendre en compte ces désirs secondaires. On ne remplit pas une arène qu'avec des aficionados, et le jour où elle sera désertée par les locaux (qui financent partiellement la chose sur leurs impôts), on sera bien avancés!!!
Novillos et toros ont été ce qu’on leur demande
d’abord d’être à Orthez: bien présentés, dans le type, forts (plus de 3 piques
de moyenne), relativement complets (il y eu des troisièmes tercios).
Le lot de Zaballos
m’a paru très intéressant, encasté, mais manquant peut-être de ce zeste de
piquant, de cette «chispa» qui lui
eût permis d’exploser. Encore eut-il fallu que tous leurs opposants trouvent la
mèche ou sachent l’allumer.
Rappelons toutefois que peu de postulants se
manifestent devant ce type de bétail et que le jeune Alberto POZO par exemple, qui mit du cœur à l’ouvrage sans le maîtriser
(mais le cœur, l’engagement et l’émotion ne sont-ils pas ce qui manque le plus
fans la toreria actuelle), ne compte qu’une demi-douzaine de contrats au
compteur depuis l’an dernier. Ceci expliquant et excusant cela.
Le fait est que ces novillos furent largement inemployés et que leurs exigences
techniques ne trouvent plus guère d’opposants à même de mettre en valeur leurs
superbes embestidas, museau au sol.
Seul Jesus FERNANDEZ sut le faire. En fut-il
justement récompensé à son premier novillo?
Les Raso
de Portillo sortent habituellement en novillada
et le mot qui me vient pour les qualifier serait «rustiques» (au coté positif et originel de l’acception).
Il y avait là aussi de quoi faire, car, à part
le cinquième que les cuadrillas ne
voulaient pas voir (depuis le sorteo de
la veille qui s’était prolongé durant 2h), aucun ne présentait de difficulté et
tous se prêtaient au jeu, avec sans doute un léger manque de fond. Pour autant, me semble t-il, un lot qui, sans être exceptionnel se situait nettement au dessus de l'ordinaire par sa force, sa présentation, ses qualités morales différentes.
Ils ne se sont pas éteints au fer comme l’année
dernière les Vega Teixeira, en dépit d’un tercio de pique conséquent.
Je note que le cinquième qui a tant fait jaser ne présentait, de mon point de vue, nul symptôme de difficultés durant les deux tercios précédant (on se
reportera aux vidéos existantes). Sans doute procédait-il de ce que je
qualifierais de «toro d’émotion», tel
que le premier colorado de Vega
Teixeira l’an passé. De ces toros de 4 ou 5 tandas,
qui par leur transmission autorisent les triomphes à ceux qui les consentent.
Un toro pour Robleño, type de torero guerrier qui apparaît vite fade avec des
exemplaires trop pastueños, mais brille dans la difficulté.
Un Fernando Robleño qui ne me paraît mériter en
rien l’excès des critiques dont certains l’accablent. La temporada 2012 fut un moment de grâce qu’il peine pour l’heure à
renouveler. En termes de contrats, en a-t-il été récompensé comme il eut
convenu? Il y a là quelque chose de désespérant! En tous cas, il fut
professionnel et honnête, conservons notre confiance à cet homme de pundonor.
Passons charitablement sur Morenito de Aranda qui
sut avec maîtrise empocher le sueldo,
pour terminer avec Oliva SOTO qui voulut mais ne parvint point, notamment avec
le sixième. Il lui manqua toujours les 10 cm qui permettent d’être présent et
si le buste souhaitait, les pieds se refusaient de suivre. Il n’est aucunement
accoutumé au Santa Coloma. Un pari perdu! Mais faut-il renoncer à vouloir confronter des toreros fins avec des toros encastés?
On notera pour le coté pratique:
1°) La durée excessive de la novillada résultant
d’une piste défoncée (le vendredi précédant par un spectacle équestre) qu’il a
fallu arroser et retracer plusieurs fois, de la difficulté des novilleros et
cuadrillas à mettre correctement en suerte pour des tercios de piques qui se
sont prolongés, ainsi qu’à la cogida d’Alberto POZO.
2°) Le retard des paseos dus à l’informatique de
la billeterie dont l’ordinateur a «flambé» avant la novillada.
3°) Des doubles numérotations de billets (cf 2°).
4°) Un cheval un peu trop lourd.
Au final, une journée à mes yeux intéressante,
avant tout pour des aficionados affirmés mais qui consacre le paradoxe
ortheziens : des toros qui offrent des possibilités souvent inexploitées
faute d’opposants motivés ou confirmés. Une journée qui stigmatise une
situation actuelle préoccupante où même avec 3 ou 4 contrats, des toreros qui
devraient s’engager à fond se permettent des délicatesses de repus. Signe des
temps !!!
Des réflexion, des efforts, des améliorations à
poursuivre.
6,5/10
On voudra bien excuser les phôtes de style,
d’orthografe, de synthaxe et de grandmaire, j’ai beaucoup de difficultés à
écrire…
Xavier KLEIN
