Humeurs taurines et éclectiques

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lundi 28 janvier 2013

Corrida et franquisme

Tous les moyens sont bons!
Certaines désinformations nauséabondes tendent à la récupération de la «gauche libertaire» en introduisant l'idée fausse et pernicieuse que la corrida serait un pur produit franquiste.
Le dernier cri en la matière est à l'idée que la République du Frente Popular s'apprêtait à prohiber la corrida avant que d’être vaincue par les putschistes.

S’il ne fallait qu’un seul argument-massue pour prouver le contraire, il suffirait de demander quel est le symbole le plus évident que l’on associe à la Guerre Civile.
Il en est un qui s’imposerait immédiatement: Guernica le chef d’œuvre de Pablo Picasso.
Tant le contenu du tableau que la personnalité de son auteur se rapportent sans ambiguïté aucune à la tauromachie.
Et si l’on demandait le nom d’une personnalité incarnant le calvaire républicain, sans doute sortirait majoritairement celui de Federico Garcia LORCA, lui aussi panégyriste de la «fiesta brava».
Bien entendu, on pourrait en citer par dizaines et la cause est entendue auprès de tous les historiens un tant soit peu sérieux et objectifs. Ce qui n’empêche nullement les négationnistes à tête chercheuse, contre toute évidence, et en les sortant du contexte, de faire feu de tout bois.
On trouvera toujours des photos où des toreros font le salut fasciste, comme l’on en trouverait d’athlètes, de footballeurs, d’artistes, voire d’employés municipaux.
Il en va de même pour l’une des uniques corridas célébrées en France sous l’Occupation, où les tendidos de Bayonne sont noyés sous les uniformes feldgrau. Une expérience non renouvelée, Adolf comme le Haut Commandement de la Wehrmacht, n’adhérant nullement à ce spectacle barbare et dégénéré, si peu aryen.
On ne songerait aucunement à reprocher au milieu du spectacle et de l’art français, du music-hall au cinéma, en passant par le théâtre et la chansonnette d’avoir abondamment prospéré durant cette période (qui fut d’ailleurs une période d’intense production artistique), pour distraire les troupes allemandes qui venaient en permission se refaire une santé et un moral dans le gai-Paris, entre deux massacres de partisans sur le Front de l’Est.
Mais on se le permet pour la tauromachie, comme on se permet tant de choses: les aficionados ne sont-ils pas des barbares que l’on peut traiter de la manière la plus dégradante, tout en conservant la bonne conscience des gens chébrans et comme il faut?
Jean ORTIZ, universitaire palois qui n’est pas précisément -c’est le moins qu’on puisse dire- un suppôt du franquisme, de l’extrême droite, voire de la droite, à écrit sur le blog «Lo taure roge» (cf ci-contre) un article édifiant à ce sujet.
ORTIZ, fils de républicain espagnol, n’étant pas particulièrement un plaisantin, on aura profit à en déguster chaque mot.
Xavier KLEIN


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