Humeurs taurines et éclectiques

mercredi 29 juillet 2009

LE RICANEMENT DES HYENES

Je n'aime pas réagir à chaud, surtout quand l'émotion s'en mêle, et qu'il lui faut laisser le temps de l'évaporation pour revenir à la raison et à une juste évaluation et estimation des choses.
En outre, il va de soi que d'une part j'exprime ici un sentiment personnel qui n'engage nullement la Commission Taurine d'Orthez que j'ai l'honneur de présider, et d'autre part, qu'étant partie prenante, ces appréciations s'avèrent forcément subjectives et impliquées. Elles sont aussi impressionnistes, n'ayant eu le loisir de procéder à des notes précises.
Il n'en demeure pas moins que cette journée fût celle de la déception.
Déception par rapport à ce qui était attendu. C'est à dire ce brin de sauvagerie, de feu, de piquant, de mobilité, en un mot cette chispa, cette caste qui nous servait d'objectif.
Nous appréhendions, surtout avec les novillos, un excès de genio, or ce ne fut pas particulièrement le cas.
En fait, tant les novillos que les toros laissèrent plutôt à une majorité du public, une impression de soseria (de fadeur), sans l'émotion attendue.
Or c'était cette émotion de la caste que nous recherchions. Non pas un troisième tiers de 50 passes, mais ce piquant et cette vivacité, qui caractérise l'encaste santacoloma et qui fût généralement absent.
Tant les attentes «toreristas» que les «toristas» n'ont pu être satisfaites. Pour les premières, ce n'est guère étonnant, ce n'était nullement notre projet, pour les secondes cela me gêne plus, étant donné les espérances.
Je suis surtout très peiné pour les ganaderos, hommes de coeur et d'honneur, trainés indignement dans la boue, dont les rêves, les efforts et les peines n'ont pas été récompensés à leur juste mesure.
Que voulez-vous c'est ainsi, le sort de l'artisan me soucie plus que celui de l'industriel, et celui du fait main que celui de la grande série. Question de valeurs!
Et puis, il y eût une erreur. Une erreur majeure que j'assume douloureusement mais qui, pour autant, doit être expliquée.
Lorsqu'on s'adresse à des petits éleveurs avec des camadas courtes, on prend le risque de ne pas trouver en juillet ce que l'on choisit en novembre.
En l'occurrence, sur les 14 toros de l'automne, 1 fut lidié en concours (nous le savions) et 6 se sont entretués dont 3 prévus initialement.
Le dernier trépassa 10 jours avant la corrida. Les 2 toros restants étaient hors type. Que faire? Trois possibilités se présentaient:
1°) Aller chercher des toros ailleurs.
2°) Retenir un toro de guarismo 6, né début juillet 2006 et âgé de 4 ans et 20 jours.
3°) Retenir un semental de 5 ans.
Après concertation avec l'éleveur, nous avons opté pour la 3ème option. Sortir un toro de guarismo 6 nous semblait contestable, même si le bonhomme était bien présenté.
C'était une erreur majeure. Erreur par rapport à la présentation et erreur pour la faiblesse. Le pauvre hère, épuisé et amaigri par des assauts fougueux et répétés n'avait pas eu le temps de récupérer de ses efforts pourtant méritoires.
Des toros d'origine, seule la moitié sortit en piste.
En ce qui concerne la présentation du bétail, hormis le trapio déficient de ce premier toro, il m'a paru sortir dans le type de l'encaste -dans les types de l'encaste devrait-on préciser, vu que plusieurs lignées étaient présentées à la sagacité des connaisseurs- le deuxième étant un peu «avacado» (normal car typé saltillo). Mais sans doute faudrait-il expliquer à beaucoup de ces grands savants qui caquètent la subtilité de ces détails de peu d'importance à qui apprécie le galbe impressionnant de pureté, de puissance et de beauté de Desgarbado, à qui ils n'ont rien trouvé à redire.
Peu auront noté la limpieza des armures (un abruti particulièrement performant en ayant jugé une «sciée»), mais beaucoup se seront plu à déplorer, en braves imbéciles, un manque de trapio, voire un manque de tête pourtant inhérent à cet encaste. Là aussi, pour certains, la présentation se jauge au quintal: beati pauperes spiritu...
De l'effort particulier accordé aux piques, surtout le matin, de leur bon déroulement global, tant qualitatif que quantitatif (je parle des piqueros), guère d'allusions. Des 6 piques remarquables de Pimpi, ou de celles d'Almodovar aux novillos, portées telles qu'en concours, pas un mot. Rien d'étonnant dans le royaume du «toro moderne» où tout cela n'est que futilités superfétatoires, surtout quand la cuadra en vogue n'est pas au rendez-vous.
Trois toros m'ont semblé intéressants: le premier, justement décrié, mais empreint d'une classe qui ne put malheureusement pleinement s'exprimer du fait de sa faiblesse, le troisième suave, et le dernier qui prit deux piques trop lourdes avec catégorie. Le 4ème me parût affecté de problèmes de vision (avis partagé avec l'éleveur-vétérinaire). Des deux restants, le 2ème et le 5ème on ne put juger réellement (-sic-).
Dans tout cela, n'en déplaise aux sectateurs des corridas préfabriquées, hormis ce premier toro, nulle grâce particulière, mais pour autant nulle indignité. On ne vit pas de toros tomber, ni se réfugier aux tablas, ni témoigner de mansedumbre ou de genio excessif.
En ce qui concerne les maestros, je m'abstiendrai de commentaires (positifs ou négatifs) par courtoisie et par objectivité envers des hommes avec qui j'ai noué des liens amicaux et suis affectivement impliqué.
La présidence et les jurys ont été assumés avec sérieux, honnêté et rigueur. D'autres oreilles auraient pu tomber, comme ailleurs; la musique se multiplier, comme ailleurs. On aurait pu user de l'artifice pour organiser la liesse, toujours comme ailleurs. On aurait pu «gratifier» certains chroniqueurs, comme ailleurs. Nous nous y sommes refusés. Question d'éthique...
Bien d'autres problèmes se posèrent au niveau de l'organisation: on ne passe pas impunément de la gestion professionnelle (de qualité) d'Alain Lartigue à une gestion directe sans ratés et bavures.
Je voudrais également rappeler que, contrairement à la caricature que certains se plaisent à dessiner, article après article, dans le présent blog, je me suis toujours évertué à défendre une position d'équilibre, englobant la diversité des sensibilités taurines, sans exclusives. Me peindre comme un torista forcené s'avère parfaitement ridicule.
Mais certains savent-ils lire? Et dans ce cas improbable, sont-ils en état de comprendre des subtilités par trop incompatibles avec les représentations primaires qu'ils se plaisent à manier?
De même, l'antienne ressassée après qu'un crétin en ait lancé le «la» d'un «- Vous allez voir, ce que vous allez voir!» ne me paraît refléter aucun écrit de ma part. On nage là dans le fantasme et la basse revanche des médiocres, dans la curée orchestrée de bas étage.
Nous avons fait au mieux et j'exprime mes regrets pour des erreurs ou des manquements que j'assume. Je me sens pleinement concerné par la déception que tous ceux qui «y ont cru» et nous ont soutenu peuvent ressentir. Mais la sagesse nous rappelle que Rome ne s'est pas édifiée en un jour.
Le travail que nous avons entrepris prendra du temps, surtout quand, n'organisant qu'une corrida, nous jouons à pile ou face, avec des moyens extrêmement modestes.
La mesure dans le jugement, c'est aussi de considérer cela.
Cela confirme qu'entre ceux qui ne savent rien mais se placent à proximité de ceux qui savent, ceux qui croient savoir, ceux qui savent mais supportent des intérêts bien compris, les déçus qui n'ont pas touché la propina (vous savez les invitations, les callejons ou le repas gratuit), et les crétins patentés, on a bien du souci à se faire pour se modeler une idée équilibrée et pondérée des choses. Le pompon allant à ceux qui en parlent mais n'y étaient pas ou se fondent sur l'avis d'un "professionnel", ne pouvant se déterminer tout seuls.
A la date et à l'heure où j'écris, à ma connaissance, un seul chroniqueur m'a paru exprimer par écrit une opinion intelligente, compétente et mesurée. C'est Vincent Bourg «ZOCATO», que pourtant je n'ai guère ménagé par le passé, et qui montre ainsi sa caste et son élégance. Chapeau Vincent! Je continuerai sans doute à t'égratigner mais avec respect et considération. Un seul l'a fait à l'oral, c'est Don Miguel DARRIEUMERLOU.
Pour les autres, laissons ricaner les hyènes pendant que la caravane passe (je respecte trop les chiens pour les concerner à ce tohu-bohu!). L'excès, la bétise et la méchanceté ont ceci de positif qu'ils prêtent à sourire... Toujours ça de gagné.

Xavier KLEIN

NOTA: Que les hyènes exigent des autres empresas le même exercice...
AUTRE NOTA: SVP, ayez le courage de commentaires signés les cancrelats...

samedi 11 juillet 2009

VIDEOS D'ORTHEZ3

VIDEOS D'ORTHEZ2

VIDEOS D'ORTHEZ1

Les vidéos de présentation de la journée taurine d'Orthez.
En espérant que le "binz" fonctionne.

vendredi 26 juin 2009

COMMUNIQUE

En réponse aux écrits polémiques de M. André Viard parus sur son site internet Terrestaurines et à un communiqué de M.Alain Bonijol (http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-06-09/24-06-091.php), la Commission taurine d’Orthez tient à préciser les points suivants:
"L’ensemble des contrats afférents à l’organisation de la journée taurine a été négocié dans l’indépendance, la clarté, l’impartialité et l’équité, avec la préoccupation d’œuvrer qualitativement au meilleur coût, dans l’intérêt des aficionados et des contribuables d’Orthez.
Au terme d’une procédure de marchés publics lancée par la Mairie d’Orthez, et sans réponse des deux cuadras contactées à la date de clôture de cette procédure, il a été décidé de recontacter ces deux cuadras (Bonijol et Heyral) pour leur demander que chacune envoie un devis pour la journée taurine du 26 juillet 2009.
Considérant en outre que les deux cuadras françaises, celles d’Alain Bonijol et de Philippe Heyral, présentaient un niveau qualitatif équivalent, la Commission taurine a retenu le critère du moins disant à partir des deux devis existants, envoyés par Messieurs Bonijol et Heyral.
La cuadra Heyral a donc remporté le marché.
En outre, il a sans doute échappé aux commentateurs que la gestion de la plaza d’Orthez était désormais assurée en direct par la Commission taurine et que les décisions déléguées par Monsieur le Maire d’Orthez étaient prises par le Président de la dite Commission après consultation de ses membres, qui en l’occurrence étaient en plein accord.
Monsieur Alain LARTIGUE, excellent professionnel, assure désormais une prestation pour la rédaction, le suivi des contrats, ainsi qu’une assistance avec la pleine confiance de la Commission et de son Président.
La Commission comprend la déception de Monsieur BONIJOL qui a fourni durant plusieurs années une prestation de grande qualité dont Orthez n’a eu qu’à se féliciter. Elle espère que dès l’an prochain, M. BONIJOL concourra au marché qui sera mis en place pour une durée de 3 ans et qui sera attribué selon les mêmes principes.
Monsieur BONIJOL doit cependant entendre que la qualité tout à fait indéniable de sa prestation et de sa cuadra, qualité dont il n’a toutefois pas le monopole ni l’exclusivité, ne saurait constituer le seul élément du choix de la Commission.

Xavier KLEIN, Président de la Commission Taurine d’Orthez
Sans commentaires!

dimanche 21 juin 2009

¿DESESPERANZA?

Le fond de l’air semble virer à la morosité ces derniers temps sur le net torophile. Crise économique? Crise politique? Crise morale? Le contexte difficile pèserait-il sur les humeurs aficionadas?
Il faut bien reconnaître que la saison taurine n’a, jusqu’à présent, guère prêté à pavoiser. Mais on en a pourtant connu d'autres et des plus sévères.
Certains trouvent là matière à des conclusions sans doute définitives et donc négligeables, d’autres, plus avertis ou plus roués, en profitent pour opérer des virements de bord spectaculaires et d’autant plus ridicules.
On doute, on spécule, on «hypothèse», on "hypothèque" même sans vergogne et sans retenue.
Comme disait ce bon Monsieur de Talleyrand Périgord: «Tout ce qui est excessif est insignifiant.». Le doute ne vaut que lorsqu’il est permanent, ce que l’on ne s’autorise jamais.
La situation est-elle plus catastrophique qu’elle ne l’était il y a deux, dix ou vingt ans? Que nenni! Que nenni!
Disons qu’une malheureuse conjonction d’évènements (ou heureuse, selon le point de vue où l’on se situe) éclaire brutalement l’obscénité d’un processus de longue date.
Comme le réchauffement climatique, l’évolution de la tauromachie ne saurait se révéler en une année. Un été caniculaire n’induit pas le changement climatique, comme un été pourri ne le réfute pas.
En réalité, l’unité de compte ne serait-elle pas le quinquennat, soit le temps qui sépare le choix d’un semental, et donc d’une option taurine, de la sortie sur le sable de ses premiers rejetons?
Si catastrophe il y a, elle s’est donc produite il y a cinq ans. Qui s’en est aperçu?
Le drame ne se serait-il pas noué depuis lurette, petit à petit, dans l’indifférence et dans l’opacité des bureaux de notaires, quand l’héritage d’un sang, d’une culture ganadera, d’une gloire passée s’en est allé avec la vente d’un fer, la dispersion d’une camada, au fil des héritages ou des revers de fortune? Les faire-part de ces enterrements à la sauvette résument laconiquement la tragédie: «eliminando lo anterior» ou «elimina todas las reses». Et la richesse et la variété génétique du peuple brave, s’en sont allées au fil des modes, des intérêts à court terme et des visions sans lendemains. (http://camposyruedos2.blogspot.com/2009/01/analyse-des-encastes-iii-corridas.html)
Un autre drame, plus heureux celui là, ne serait-il pas la conséquence de l'amélioration spectaculaire des conditions de vie de nos voisins? Des conditions de vie qui jetaient antan, des maletillas sur les chemins, pour jouer avec leur sang à la grande loterie de la fortune: «...ou tu porteras mon deuil...».
Les écoles taurines ont certes remplacé la formation sur le tas, l'élimination impitoyable et plus ou moins aléatoire, en tous cas dispendieuse, des moins doués ou des moins chanceux. Mais cela s'est réalisé avec l'inconvénient d'une standardisation des formes, d'un nivellement des personnalités fortes, d'un arasement de l'originalité.
Et puis, en règle générale, qui sont les formateurs qui y dispensent des savoirs? A quel titre et avec quelles compétences? La pédagogie, l'art d'enseigner et de transmettre des savoirs ne s'improvise pas, c'est un métier qui requiert des savoirs et des savoir-faire qui ne sont d'ailleurs que rarement ceux du praticien. On connait très peu de vedettes dans le domaine des sciences, des arts, des sports, et ... de la tauromachie, qui aient conjuguées aussi l'art d'enseigner.
Pour enseigner les mathématiques, l'histoire ou l'éducation physique à des mômes de 14 ans, il faut 5 ans d'études après le bac, passer un concours terriblement sélectif, puis être formé durant 3 ans, être régulièrement évalué en présence des élèves, continuer à suivre des formations et des stages. Pour autant, comme dans toutes les professions, ce processus complexe et élaboré laisse passer quelques enseignants qui ne sont pas tous à la hauteur. Mais quelles conditions président à la formation et au recrutement des gens sensés diriger des jeunes qui vont ensuite jouer, non pas leur avenir mais leur vie? Aucune à ma connaissance. N'importe qui peut s'intituler enseignant en tauromachie et monter son école taurine.
Ce système d'écoles, le plus souvent initié et soutenu par la profession ou par ses satellites, promeut et fabrique ce que la profession exige ou cautionne. C'est dire qu'on n'a guère à en attendre de créativité et d'originalité, même si, ça ou là, par miracle, éclosent quelques talents atypiques.
On sort en série ce dont le «toreo moderne» a le besoin: des jeunes gens parfaitement calibrés et adaptés à ce qu'on leur demande, la faena spectacle devant toro noblissime et dénaturé.
Pouvait-il en être autrement?
La tauromachie peut-elle échapper aux contingences économiques, à l’évolution d’une société espagnole qui a progressivement remplacé les aristocrates subtils ou la bourgeoisie éclairée, par les magnats parvenus, les grands propriétaires latifundiaires par des sociétés par action, les romantiques ou les passionnés par des comptables ou des boutiquiers, l’artisanat par l’industrie.
Lorsque certains esprits taquins se sont avisés en 1936 de boulotter des spécimens de sa ganaderia, pour éviter de crever de faim, Don Felix Moreno de Silva a répliqué sur le même ton joueur en décidant l’exécution de dix impétrants pour chaque toro tué. Evidemment, ce genre de délicatesse calme vite les velléités ludiques. Ah le bon vieux temps! Faut-il déplorer ce changement et une réévaluation du taux de change en faveur des prolétaires, à condition bien sûr, qu’ils ne soient pas maghrébins, ce qui autorise encore quelques fantaisies sur la terre andalouse?
Certainement pas! A conditions nouvelles, adaptations nouvelles.
Il faut croire dans l'émergence de nouveaux goûts, de nouvelles initiatives, de nouvelles pratiques, de nouveaux rapports de force.
La régulation peut s'opérer d'elle-même, et les masses séduites par la «tauromachie moderne» finiront sans doute par se lasser du miracle quotidien programmé, de l'uniformité de l'exceptionnel, et de la fadeur de la perfection.
A CONDITION évidemment, qu'on ne réprime pas la révolte ou la maturation des esprits comme les manifestations dans un bazar persan.
A CONDITION aussi, qu'on ne s'avise pas de museler les critiques, d'embrigader les récalcitrants sous une unanimité de façade, de fustiger les divergences sous couvert de «propos orduriers», de vibrionner frénétiquement en se gargarisant de boycotts ou de menaces improbables. L'ordure n'est jamais tant dans le propos que dans son objet.
A CONDITION enfin, qu'on ne sabote pas au grand jour et/ou en sous main, les entreprises alternatives, les tentatives d'innovation.
Certains en sont restés au stade du croquemitaine, «lou bécut» en gascon.
Qu'ils cessent de prendre leur cas pour une généralité. Nous ne sommes pas en Iran, et les ayatollahs qui fulminent contre les grands satans, ici, comme là bas ne font plus peur.
Ne vous inquiétez pas: demain ils seront d'accord avec vous. Il en va ainsi de tous les arrivistes.
Halte à la desesperanza! Haut les coeurs!

Xavier KLEIN

jeudi 18 juin 2009

De l’influence civilisatrice du Paquito

Nous vivons une époque moderne, c’est un fait entendu, mais quand même!
Je suis issu d’une lignée de patriotes (ce qui dans mon esprit se différencie radicalement de l’esprit nationaliste) qui n’a jamais barguigné quand il s’agissait d’aller se faire casser la gueule pour les beaux yeux de la République, sur quelque théâtre d’opération que ce soit, de Dunkerque à Tamanrasset, et de la Pointe de Grave jusqu’aux rizières tonkinoises.
Lorsqu’il fût question d’aller remplir mes obligations militaires, dans le cadre du Service National, j’aurais pu en être exempté. Néanmoins, nonobstant l’antimilitarisme de rigueur durant les seventies, il m’avait semblé obscène de se défiler, quand nos ancêtres de 1789, s’étaient battus pour obtenir le droit de porter les armes pour la défense de la Nation, ceux de 1914 pour récupérer l’Alsace et la Lorraine, et ceux de 1940 pour que leurs enfants ne s’appellent ni Helmut, ni Siegfried, et ne se croient pas inférieurs parce qu’ils n’avaient ni les yeux bleus, ni les cheveux blonds.
Non pas que j’ai trouvé quelques attraits aux délices de l’ordre serré, de la corvée de chiotte ou de l’infantilisation troupière. Non pas que le port du treillis, l’esprit de corps, ou la mystique du chef ou du groupe me soient apparus comme des idéaux métaphysiques. Mais plus simplement parce qu’il me paraissait que tout citoyen libre revendiquant des droits se devait également d'assumer des devoirs envers sa communauté de vie, sa culture et son histoire.
Quoique l’on pense du drapeau tricolore, des gens sont tombés pour lui et cela doit être respecté.
Je ne prétends nullement, ni être dans la vérité, ni qu’on doive imposer cette vérité à quiconque, mais c’est ma conviction, et je la dis.
Liberté, Egalité, Fraternité, mais aussi, tolérance, humanisme, ouverture à l’Autre, hospitalité, générosité, solidarité sont des valeurs qui, en dépit de tout, méritent pour moi, et peut-être pour toi, lecteur, qu’on se batte et à l’extrême qu’on meure pour les défendre.
Etre patriote, c’est défendre et assumer les valeurs des Pères.
Au même moment où, contre mauvaise fortune bon cœur, je partais faire le guignol au 57ème régiment d’infanterie («le terrible que rien n’arrête» selon l’Empereur au soir d’Austerlitz), beaucoup de mes contemporains se démerdaient avec ardeur pour échapper à la conscription et se faire exempter. Que de moqueries n’ai-je point entendues, quand je revenais le vendredi de la caserne déguisé en féroce guerrier!
Ironie de la vie, ce sont ces mêmes brillants esprits, portant beau à l’époque, clarks, patdefs, chemises indiennes, toisons abondantes, peace-and-love, anarchistes, révolutionnaires, maoistes, babas, etc. que je croise maintenant en complet veston, ou en blazer-jean-mocassins, crânes rasés, bourgeois, UMPisés, berline-de-luxisés, bobonnisés, golfisés, lion’sclubisés, en un mot parfaitement «conformes». Ah, je tranche avec ma cacugne bringuebalante et défraichie, ma barbe philosophale et ma mise approximative!
Certes, il paraît qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, mais quand même!
Nous vivons une époque moderne!
Ceux-là même qui crachaient sur l’uniforme en 1970, sont en première ligne pour le proposer dans les écoles et l’imposer dans les fêtes!
La fête, qui pour moi fédère les différences, promeut la fantaisie, autorise la transgression, laisse s’exprimer le corps, la liberté, la pulsion, la déraison, tout cela bien sûr dans des limites; cette fête, «ils» veulent nous l’enfermer, nous l’encadrer, nous la réguler, nous la barragiser.
L’endiguement des passions dangereuses est devenu leur obsession, leur lubie, comme la crainte maladive des dérives supposées d’une juvénilité qu’ils ont résolu d’oublier, comme ils se sont résolus au racornissement de leurs rêves et à la désagrégation de leurs utopies.
Il n’est pas question ici de jeter la critique sur tel ou tel, de clouer au pilori une organisation lambda, mais plutôt de dénoncer un mouvement d’abrutissement général dans lequel malheureusement, chacun, consciemment ou inconsciemment, prend sa part.
A Dax, cela fait dix ans qu’on m’emmerde parce que je me refuse obstinément à adopter la tenue de rigueur, l’uniforme de circonstance, le sauf-conduit pour la «feria», l’Ausweis de la dissolution rassurante dans la masse.
Dix ans de résistance contre une injonction absurde et sans fondements.
Rouge et blanc? Bleu et blanc? En quoi devons-nous nous déguiser en navarrais pour paraître plus festifs? Pourquoi pas en traje corto, tant qu’à faire, en Gilles de Binche ou en highlanders?
Nous sommes gascons, basques, provençaux, catalans, mais aussi lillois, parisiens, bourguignons, anglais, guatémaltèques, marocains. Pourquoi s’accoutrer selon une coutume qui nous est a priori étrangère? Pourquoi limiter notre désir et l’enfermer dans le cadre obligé d’une tradition créée de toute pièces, importée artificiellement? Et tout cela dans quel but, avec quelle arrière pensée régulatrice?
Il est vrai qu'il vaut mieux avoir l'air con à mille que de l'être tout seul. La connerie ne se dénonce qu'individuellement, collectivement elle s'appelle "mode".
J’aime à voir dans les fêtes, la créativité s’exprimer. J’aime à croiser des barbus en layettes et tétines, des martiens en goguettes, celui-là qui avaient fêté toute la madeleine en…skis et tenue alpine, ou cet autre en palmes et tuba.
Je refuse de m’embrigader dans quelque «paquito» que ce soit, pour mimer grégairement les mêmes gestes, dans les mêmes oripeaux, sur la même ritournelle, cela me rappelle trop l’armée que j’ai subie quand d’autres s’en dispensaient.
N’en déplaise aux dictateurs du désir encadré, aux prématurés du vieillissement, aux croisés du festivement correct, aux trous-du-cul empesés, aux cuistres quoi!
1968: Sous les pavés la plage. L'imagination prend le pouvoir!
2009: Sous la plage les pavés. Le pouvoir prend l’imagination!
NOTA: Avez-vous remarqué comment on annonce désormais les nouveaux cartels? Exit les toros, exit les toreros, seule demeure la figura: «Corrida avec Sébastien Castella, samedi 20 juin à 18h aux Arènes le Palio»

jeudi 4 juin 2009

PERIPLE TAURIN: MONTESINOS

Lundi 1 juin 12h00 (heure locale) Grand beau temps 32°C
La lumière frappe drue sur les cercados. La pluie n'arrose plus la terre fendue et ne féconde plus la poussière depuis déjà des semaines. La fenaison sera indigente.
Ivan VICENTE nous attend dans sa berline climatisée devant le portail de la finca. Il en extirpe sa silhouette longiligne et féline, le visage éclaboussé d’un sourire colgate, l’œil pétillant, la lunette playboyesque, colifichet de cuir au poignet, enfin tous les attributs du parfait séducteur latino dont ma grand-mère disait: «- Celui-là, il leur tord le cou sans les faire crier!».
Ivan est vraiment un charmant garçon, il se fait un art d’une élégante nonchalance, qui ne semble jamais rien prendre au sérieux. Pourtant il y a un «je-ne-sais-quoi» dans l’attitude qui trahit imperceptiblement le torero, non pas seulement dans les postures ou le maintien, mais par ces ombres qui viennent parfois voiler de gravité le regard rieur et enjoué.
Abrazo cordial, vigoureux et sincère. Nous roulons vers la placita de tienta et les corrals.
Adolfo MONTESINOS nous attend, son regard océanique alterne la rêverie et l’examen perçant des choses et des êtres. Il a des mines gourmandes de prélat vatican qui cachent, sans y parvenir vraiment, l'exaltation dévorante qui l’anime. Cet homme là est une encyclopédie ambulante du toro brave. Lancez le nom d’une ganaderia, et il vous déroule illico, l’ascendance, les lignées, la succession des propriétaires, les anecdotes, en précisant éventuellement le cas qu’il tient de ses produits.
Raul VELASCO nous rejoint plus tard. Raul, c'est la sincérité, le don, le généreux enthousiasme. Raul se perd souvent dans des méditations improbables et son visage se fige dans des rêves de charges, dans la grâce d'une naturelle profonde et templée, celle qu'il offrira un jour à n'en pas douter. Avec une ingénuité presque enfantine, il s'enflamme dans l'apologie fervente de ces santacolomas qu'il apprécie tant.
En compagnie d'Oscar, le jeune mayoral taiseux mais lui aussi nourri de la passion, nous passons de cercado en cercado, pour admirer les toros d'Adolfo, les filmer et les photographier. L'opération n'a rien d'une sinécure, le santacoloma est volontiers turbulent et naturellement agressif. Adolfo a séparé le lot en 4 groupes pour mettre un terme aux peleas qui ont amenuisé le choix d'origine. Il a parfois mélangé les quatreños avec des jeunots afin d'éviter les rivalités.
Nous cherchons un brin d'ombrage en limite d'un enclos pour procéder aux interviews. Las! Le vent vient contrarier nos projets et nous nous rabattons sur la cantina qui surplombe la placita, où les fauves, pour l'heure placides, semblent ruminer l'éternité avec une patience infinie.
Toreros et ganadero nous content leurs attentes et leurs espoirs: Orthez, 26 de Julio, à las 6 de la tarde, ils ont rendez-vous avec leurs désirs de toros et de gloire. Les toros eux, s'en foutent, ils ne connaissent que le présent.
Lors de la collation campera nous devisons. Les potins du mundillo, la carrière de chacun, les perspectives, Ivan à Madrid, ce toro important à coté duquel il est passé. Baste! Les toreros ne sont pas des machines, et c'est pour cela que nous les aimons. Laissons l'obligation de résultats aux illusionnistes politiques ou aux populistes taurins. Raul raconte à Ivan, très étonné, son expérience vicoise. Jean François, notre ami bayonnais qui le suit, a eu la profonde intelligence de lui faire humer l'air des arènes depuis les tendidos. Il évoque les applaudissements aux piques alors qu'en Espagne, on tend plutôt à abréger le tercio pour complaire au public, ce qui incite au premier puyazo assassin.
Nous leur confions notre projet de valoriser le premier tercio, et le débat qui court en France à ce sujet. On évoque l'influence et la pesanteur des cuadrillas, le rôle des piqueros et la difficulté d'en trouver de compétents, surtout quand on n'assure qu'un nombre limité de corridas.
Pour ma part, la relation avec le mundillo, ses codes et ses règles de fonctionnement demeure délicate et complexe. J'observe, je comprends, mais bien souvent je ne parviens ni à adhérer, ni à cautionner nombre de pratiques dans cette "mesclade" de code d'honneur fluctuant, d'amitiés équivoques, d'exploitation forcenée, où en fin d'analyse, dans la majorité des cas, seul l'intérêt prévaut. C'est un "milieu" dur où la valeur, la loyauté, la droiture, la reconnaissance ne sont que rarement des vertus productives. On en connaît tant de ces talents écrasés pour cause d'insoumission ou de franchise, tant de rêves fracassés, tant de jeunes hommes brisés.
Je déteste les discours apologétiques parce qu'ils sont réducteurs de la pensée et de la complexité de l'humain. Comme disait l'autre, quand j'entends le mot "valeurs", je sors mon pistolet. Les "valeurs de la tauromachie", les "valeurs du rugby"! Foutaises! Voilà le paravent derrière lequel se dissimulent toutes les bassesses et toutes les avanies... Passée l'illusion romantique, il en va de la tauromachie comme du reste: le théâtre de l'humanité, qui décline la comédie humaine du sordide au sublime.
Ivan gravement m'interpelle: "- Xavier, surtout ne change pas! Reste en dehors de tout cela."
Cher Ivan, à la fois si léger et si profond, en un mot si espagnol! Que Dieu te garde et qu'un jour passe ce toro qui te permettra de tout dire, sans avoir à parler!

Xavier KLEIN
D'autres photos de la série prochainement sur le site de la Commission
http://torosorthez.blogspot.com/

Adolfo Rodriguez MONTESINOS, le ganadero et Ivan VICENTE Ivan VICENTE et Raul VELASCO
Raul VELASCO
Ivan VICENTE

Oscar, le mayoral


Ma préférée, une "vega-villar" au teint de neige

PERIPLE TAURIN: VIC et NIEVES

Comme annoncé dans le dernier article, la Pentecôte fut rude: samedi vicois, dimanche castillan, lundi tolédan.
Tout avait débuté fort mal. Les effets de la crise avaient poussé à l’occupation du pont d’Aire sur Adour par les salariés désespérés d’entreprises locales.
Furibard, j’ai erré pendant quasiment une heure dans la campagne aturine, cherchant, dans le dédale des déviations de fortune, la voie vers le Saint Sépulcre vicois.
La beauté des paysages, la sérénité de la nature m’ont appelé à quitter cette indignation et cette colère qui naissent du désir frustré. Oui, j’allais être en retard aux Flores de Jara, mais combien plus importante était la colère de ces frères humains dont la vie était broyée par une impitoyable logique économique. La vie, l’âge, la passion, l’unique considération de nos désirs nous rendent indifférents, insensibles et égoïstes. C’est une vérité qu’il nous faut regarder sans artifices, et dont nous devons nous prémunir au risque de perdre la quête de l’essentiel: l’Homme.
Et finalement, ce week-end se plaça, sous le signe de l’Homme, de ces humains rencontrés, tellement plus importants que tous les toros du monde. Une affirmation humaniste qui doit faire la grandeur des aficionados de verdad, et déjuger les anti-corridas, qui identifient et mesurent à la même aulne, l’homme et l’animal.
J’ai pris un grand plaisir à découvrir les visages de nombre de «pèlerins des blogs» les amis de Campos y Ruedos, Pelayo, Pedrito, Lionel, Florent (et bien d'autres, tout aussi chers qui me pardonneront de ne pas les citer), que je ne connaissais que par leurs écrits. Et ces rencontres pour trop brèves qu’elles fussent, remplirent mieux ma journée et mon souvenir, que les excellents novillos de Bucarré –du moins des 4 derniers que je réussis à voir- ou des redoutables Escolar qui animèrent la tarde.
Les conclusions taurines de la journée me laissèrent un goût d’amertume.
D’évidence, il foisonne autant de néophytes gueulards (ou de gueulards néophytes) chez les toristas que chez les tenants de la toreria «moderne».
Réclamer et obtenir des vueltas pour des toros qui prennent des piques en mansos me paraît stupide et déplacé. Le toro idéal –existe t-il et doit-il exister?- me paraît devoir allier bravoure avant tout, noblesse, un poignée de genio, une grande louche de sauvagerie, un zeste de sentido et surtout, suffisamment de ressources physiques pour pouvoir exprimer les ingrédients. Le problème est dans les proportions et dans une identification claire de la nature réelle des qualités ou des défauts des toros. L’aspect spectaculaire de certaines piques où le toro exprime de la puissance et de la violence ne saurait, par exemple, gommer les étriers qui sonnent, les sorties sans sollicitations d’une mansedumbre évidente.
De même, l’exigence envers les toreros me semble bien souvent inappropriée voire à la limite de l’indécence. Aucun torero, dés lors qu'il accepte de se colleter avec un Escolarne ne me paraît mériter qu’on le siffle indûment. Qu’on vilipende David MORA en fin de premier tercio, pour avoir fait assassiner son toro à la pique, certes, mais j’ai entendu certains noms d’oiseaux pendant la faena, qui étaient indignes à l’endroit d’un jeune homme qui se confronte régulièrement à du bétail très souvent impossible. Que n’a t-on les mêmes exigences vis à vis des figuras!
Ignorance crasse de nombreux spectateurs qui attendent qu’on serve à des toros de respect, les mêmes chefs d’œuvres d’horlogerie suisse, qu’ils admirent béatement sur les petits écrans ou durant les grands cycles ferials. Faut-il préciser ici que certaines faenas ne se monnaient qu’à la passe, et que parfois ces passes doivent se limiter à du piton a piton, quand le toro l’exige. Demander plus est demander trop. L’abnégation tomasiste ou castellienne n'existe que par la limitation du risque présenté par des adversaires en général accommodants. Gardons-nous de l’oublier jamais.
Au risque de m’attirer quelques foudres, ce dont je n’ai cure, le snobisme vicois de certains s’exhibe aussi pitoyablement et ridiculement que le snobisme nîmois, bayonnais, arlésien ou dacquois. Certains viennent y gagner le brevet d’honorabilité torista, qui leur permet de justifier d’autres choix plus contestables. On les voit se pavaner à Vic, plus rarement à Céret, mais quasiment jamais dans ces petites plazas où pourtant s’entretient une aficion brûlante, qui n’est jamais récompensée par la notoriété, la médiatisation et les profits financiers. Etre vu là où l’on montre semble être la condition de leur choix.
Voulez-vous connaître ces plazas? Il suffit de lister celles où Signes du Toro ne filme jamais…
Il me fallait me porter à la rencontre d’autres hommes, sous d’autres cieux et le lendemain je traçais la route de Mayalde (province de Zamora) pour préparer le support vidéo de promotion de la journée taurine d’Orthez.
Nous avons souhaité centrer cette promotion sur une information avisée et intelligente de l’aficionado. Instruire le public (on ne se refais pas), particulièrement la cohorte des locaux pour qui la corrida d’Orthez est souvent l’unique accès à la tauromachie, de ce qu’ils allaient voir, des caractéristiques, de l’histoire, de la vie des toros de Santacoloma d’Angel Nieves et d’Adolfo Montesinos, de la passion de ces ganaderos, de leurs objectifs, de leurs épreuves, de leurs doutes.
Nul esprit publicitaire, nulle «réclame», mais des paroles simples et sincères qui permettent de mieux comprendre, de mieux choisir et de mieux apprécier.
C’est ainsi que l’ont compris les éleveurs, et les toreros que nous nous sommes attachés à convaincre, que notre démarche s’inscrivait un peu dans un esprit commercial (il faut bien remplir les arènes), et beaucoup dans la passion.
N'en doutons pas, Orthez sera un manifeste pour une autre tauromachie, celle du lien humain, contre celle des affaires, celle de l'artisanat contre celle de l'industrie, celle de l'authenticité contre celle des faux-semblants et de la mode.
Tous les acteurs en sont conscients, et pour tous il y a un enjeu et un challenge.
On m’a souvent dit et répété, que devenu organisateur, je ne pouvais plus penser en aficionado. C’est le genre de lieu commun que je réfute catégoriquement, et pour ceux qui me connaissent, que je suis assez con pour infirmer contre vents et marées.
Comme Angel Nieves, qui consume sa vie, sa santé, ses biens, au service de sa passion, entraînant, tel un Don Quijote moderne, femme et enfant dans sa déraison sublime.
Les toros justifient-ils de tels sacrifices, de tels renoncements?
Les pèlerins de Saint Jacques prétendent qu’on ne «fait pas le chemin», mais que c’est le chemin qui vous fait. Sans doute en va t-il de même pour les toros, et pour le reste. C’est l’effort, la tension vers un but, la discipline qu’on s’impose qui forme l’homme, quelle que soit la voie.
Les mystiques ne sont pas tous dans les monastères…
Voyez la dernière photo: elle crie!

Xavier KLEIN
D'autres photos de la série prochainement sur le site de la Commission




vendredi 29 mai 2009

GENIO

SENS GENERAL
(Del lat. genĭus).
1. m. Índole o condición según la cual obra alguien comúnmente. Es de genio apacible.
2. m. Disposición ocasional del ánimo por la cual este se manifiesta alegre, áspero o desabrido.
3. m. Mal carácter, temperamento difícil.
4. m. Capacidad mental extraordinaria para crear o inventar cosas nuevas y admirables.
5. m. Persona dotada de esta facultad. Calderón es un genio.
6. m. Índole o condición peculiar de algunas cosas. El genio de la lengua.
7. m. carácter ( firmeza y energía).
8. m. En la gentilidad, cada una de ciertas deidades menores, tutelares o enemigas.
9. m. Ser fabuloso con figura humana, que interviene en cuentos y leyendas orientales. El genio de la lámpara de Aladino.
10. m. En las artes, ángel o figura que se coloca al lado de una divinidad, o para representar una alegoría.
DICCIONARIO DE LA LENGUA ESPAÑOLA - Vigésima segunda edición REAL ACADEMIA ESPAÑOLA

Du latin genius (Génius (dieu qui donnait la vie à toutes choses), «génie» (dieu propre à chaque personne, à chaque lieu, dieu protecteur qui partage la vie d’une personne, ses fêtes…).
Le mot est issu d’une racine de l’indo-européen commun (voir le grec ancien γεννάν, gennan («générer», «former»)) qui a donné géniteur, génération, genèse, génital, progéniture, gens, gène, etc.
(Mythologie) Esprit ou démon qui, selon l’opinion des anciens, présidait à certains lieux, à des villes, etc. Il se dit aussi des gnomes, des sylphes, des ondins et autres personnages fantastiques, qu’on trouve dans les traditions populaires et dans les contes de fées.
Entité magique bonne ou mauvaise ayant une influence sur la destinée.
(Par extension) Personne qui par ses conseils ou ses exemples (Par extension) La personne dotée d’un tel talent.
(Par extension) La Qualité des esprits supérieurs qui les rend capables de créer, d’inventer, d’entreprendre des choses extraordinaires, etc.
Caractère propre et distinctif.
Allégorie, personnification des arts, de la science, de l’industrie, d’une idée abstraite.
(Militaire) Art de fortifier, d’attaquer, de défendre une place, un camp, un poste.
(Par extension) Corps des officiers des soldats qui font l’application de cet art.
EXPRESSIONS
Tener el genio vivo: ETRE UNE TÊTE DE MULE
Echar mal genio: DEVENIR GROGNON, FAIRE LA MAUVAISE TÊTE, BOUDER

DEFINITIONS TAURINES
GENIO: [au sens littéral: tempérament] Qualifie l'instinct défensif du toro. Quand sa nervosité naturelle s'accuse, il est porté à tenir la tête haute, à frapper violemment de la corne. Tandis que la bravoure commande l'instinct offensif du toro (ou sa charge), le genio suscite seulement sa défense de la tête. Ce sont deux réactions de la bête indépendante l'une de l'autre. La bravoure est un attribut de naissance; le genio se développe généralement avec l'âge de l'animal. Un peu de genio donne de l'émotion au combat, trop le rend difficile et particulièrement dangereux, incitant les toreros à prendre alors quelques précautions élémentaires. ("La Tauromachie", 1970, Claude Popelin, Seuil)
GENIO: [tempérament, caractère] Terme ambigu et difficile à traduire, entraînant souvent incompréhension et confusion. Pour les uns (dont les toreros) c'est un défaut, une déviance de la bravoure se manifestant par un comportement rugueux à tendance défensive. Le malen­tendu qu'ils installent dans la perception qu'ils ont du genio est tel que parfois ils le considèrent comme un début de sen­tido. Pour d'autres (dont beaucoup d'éle­veurs) le genio résulterait d'un excès de qualités, fruit de la conjonction de caste, de bravoure et surtout d'impétuosité, donc un toro qu'il faut lidier sérieuse­ment. De deux toros ayant la même bra­voure on pourrait dire qu'a du genio celui dont la bravoure affleure, immédia­tement mobilisable, prête à fonctionner à la moindre provocation, un toro qui com­prend vite et le montre. D'où l'interpré­tation particulière donnée par les toreros.
Alors que la bravoure est peut-être un acquis génétique, un toro acquiert et développe une dose plus ou moins importante de genio lors des affronte­ments qu'il a régulièrement au campo avec ses congénères et ce caractère s'ac­croît avec l'âge. C'est un acquis d'ap­prentissage qui tempère la noblesse. En l'absence totale de genio, on constate un toro qui n'est plus noble mais se voit atteint de soseria, sorte de servilité imbécile, ce qui retire au com­bat son intérêt.
Pour l'aficionado torista, outre un excellent potentiel physique, un bon toro doit allier dans l'ordre bravoure, genio et noblesse. P.M. ("La Tauromachie, histoire et dictionnaire", 2003, sous la direction de Robert Bérard, collection Bouquins)
GENIO: Signe de l'instinct défensif du taureau, qui charge avec hésitation, en relevant la tête. (http://www.cercle-taurin-biterrois.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=190&Itemid=60)(http://fr.wikipedia.org/wiki/Glossaire_de_la_tauromachie#G)
GENIO: Voir : nerf. NERF : Traduction: genio. Contrairement à la bravoure qui commande l'instinct offensif du taureau, le nerf ou "genio" commande son instinct défensif, plus particulièrement de la tête, ce qui le pousse à raccourcir sa charge, tenir la tête haute et frapper de la corne avant la fin de la passe. Le "genio" a ses degrés : si le taureau a peu de nerf, on parlera d'un taureau "aspero", s'il a trop de nerf, on parlera d'un taureau "bronco". Si la bravoure est un attribut de naissance, le "genio", apanage d'un taureau de caste s'accuse avec l'âge.(http://www.corrida.tv/data/Boutique/articles/1/dico.htm#G)
GENIO: TEMPERAMENT. On dit d?un toro qu?il a ?du genio? quand il a du nerf alli? ? une tr?s grande bravoure. (http://www.echoducallejon.com/lexiquetaurin.php?pageNum_pagelexique=1&totalRows_pagelexique=19&start=g&Submit=Chercher) Beaucoup d'interrogations à l'Echo?
Je m'abstiens pour l'instant. Le débat est ouvert.
ATTENTION ABSENT SAMEDI (VIC) et DIMANCHE et LUNDI (photos et film des novillos et toros d'Orthez)

LE SENS DES MOTS

J’aime à discuter avec l’ami Fix. Des débats toujours empreints de passion, mais également de courtoisie et d’humour.
Hier, comme dab, nous nous sommes plongés dans l'une de ces interminables et savoureuses «disputes» aficionadas sur les mérites comparés de tel torero ou de telle ganaderia.
Fix est un fin aficionado. Sans trahir sa pensée, son intérêt se porte plutôt vers les toreros que vers les toros, et le coeur de notre conversation portait sur les qualités -ou les défauts- que l’on prête aux cornus.
Il est apparu dans le développement des arguments réciproques que l’une des raisons de notre divergence tenait à une définition différente des notions que nous mobilisions: genio, noblesse et surtout bravoure.
Le quiproquo est récurrent. Ce n’est pas la première fois que je m’aperçois du décalage engendré par une appréciation différente de la terminologie taurine et comme dirait l’autre «- Ca m’interpelle!».
Tout le monde sait, ou devrait savoir, que la langue est chose vivante et évolutive. Des mots apparaissent, disparaissent, changent de sens. Cela reflète l’évolution des idées et des mœurs, ainsi que la vigueur culturelle d’une société ou d’une activité.
En matière taurine, le problème est encore plus complexe dans la mesure ou le verbiage taurin procède du jargon, c’est à dire d’un langage technique et spécialisé. En outre, il s’agît pour nous français d’un langage étranger, dont ne possédons nullement la maîtrise ne serait-ce que dans l’élaboration du mot.
Le langage véhicule la culture et n’a rien d’anodin, il traduit ce que nous sommes et modèle notre pensée. Penser et parler en français sous-entend et détermine des structures mentales et psychologiques spécifiques et différentes des locuteurs chinois, arabes ou…espagnols.
Le lecteur de la Brega aura remarqué la préoccupation plutôt évidente que j’entretiens pour un langage de qualité, même et y compris s’il s’exprime sur des registres différents (argot, humour, polissonnerie, analyse, élégie, plaidoyer, etc…). Cela se traduit par une référence fréquente à l’étymologie, l’histoire et l’origine du mot.
Ce dernier point me paraît fondamental, pour une série de raisons dont la première tient à l’idée que le mot préexiste à ce qu’il est sensé déterminer. En gros l’idée précède la chose, ce qui n’a rien de scientifiquement assuré, je le concède volontiers, bien que des travaux soient en cours sur le sujet.
J’ai beaucoup travaillé sur certains textes fondamentaux, et, la traduction littérale de la Bible par André Chouraqui, s’est avérée une révélation dans la mesure où la translation brute et directe de l’araméen au français fait exploser un texte et révolutionne sa compréhension.
Dans cette version, le récit de la Genèse (Création du monde) prend un tout autre relief. Par exemple le texte «traditionnel» (Genèse I-5) «- Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le premier jour.» que Chouraqui traduit ainsi: "Elohîms crie à la lumière : "Jour". À la ténèbre il avait crié : "Nuit". Et c'est un soir et c'est un matin : jour un.».
On constate que selon la conception des Anciens, c’est quand on (Dieu, mais ce pourrait être l’homme!) nomme une chose qu’elle commence à exister. «Appeler» quelque chose, c’est l’interroger et lui permettre d’exister.
Il existait dans le monde juif antique une malédiction particulière qui s’appelait l’anathème (herem en hébreu). L’anathème était un rituel très précis de destruction d’un bien ou d’une personne, destruction totale, absolue et définitive. Ce rituel se terminait par la formule: «- Que ton nom ne sois plus!», ce qui supprimait complètement la «cible» de «l’existant» et l’anéantissait. Là aussi la suppression du nom supprime la chose, comme sa création la crée.
On retrouve cette pensée dans tout le monde antique et «traditionnel», des chamans indiens ou mongols aux égyptiens qui martelaient les cartouches (les noms) des pharaons ou des Dieux pour les rendre au néant.
Ce type de pensée, nonobstant notre conscience, subsiste dans nos mécanismes psychiques, sociaux et culturels. Il n’est donc nullement indifférent de s’en instruire pour donner du sens à l’évolution du jargon taurin.
On sait également que l’usage d’un jargon ne recèle pas simplement une utilité fonctionnelle. La clef du pouvoir c’est la connaissance, et la clef de la connaissance, c’est la maîtrise du langage. User d’un certain langage, et à fortiori le maîtriser, c’est déclarer implicitement l’appartenance à un groupe, et c’est une façon de se différencier, de manière jugée positive et valorisante de ceux qui ne n’en possèdent pas les codes. Parler «taurin», signifie à l’autre qu’on lui est supérieur quant à la connaissance et à l’appartenance à une supposée élite aficionada. Cela peut aussi signifier l’exclure et le dominer.
On peut d’ailleurs se questionner sur l’inopportunité de traduire certains termes qui pourraient l’être sans dommages et sans perte de sens, mais qui ne le sont pas. Ainsi, si l’usage a consacré la «bravoure», la «caste» ou la «noblesse», «genio», «nervio», «sentido» ou simplement «suerte», restent, à juste raison, intraduisibles en un seul mot.
L’évolution de la lingua taurina n’a donc rien de gratuit, ni dans son sens pratique, ni dans son message non dit, ni dans le rapport de force qu’elle induit.
Je constate, mais peut-être que je me trompe, que certains termes ou expressions, auparavant inexistants, inusités ou peu utilisés se répandent quand d’autres disparaissent.
Ainsi, il y a une trentaine d’année, à mon entrée en tauromachie, des termes comme «fijeza», «son», «chispa» étaient peu ou pas employés. Cela fait pourtant bien dans la conversation! Effet de mon imagination? Que non pas! En effet, il reste des preuves éclatantes: les écrits (livres, traités, dictionnaires, encyclopédies) qui témoignent de l’usage des mots. A un instant T, le sens d’un mot est figé, telle une photographie, par la définition qu’en offre le Cocio, Popelin ou Tio Pepe.
Les mots sont aussi les armes de la pensée, et le débat de définition du terme de «bravoure» qui m’opposait au «Dear Fix», recouvrait la confrontation des conceptions de la tauromachie, c’était évident.

On voit comment sur le terrain politique par exemple, des stratégies sont régulièrement développées pour créer des concepts, voire pour s’approprier la terminologie de l’autre, surtout pour la neutraliser. Ainsi, se sont succédés les termes de rigueur, d’austérité, de réforme pour recouvrir une réalité qui a besoin d’être fardée pour ne pas révéler son sens réel trop souvent insupportable. Ainsi, notre vénéré président s’approprie t-il sans vergogne l’héritage culturel et sémantique traditionnel de la gauche pour mieux la réduire.
La bravoure, telle que l’évoquait Fix, recouvre en grande partie ce que j’aurais quant à moi, surtout qualifié de noblesse. Est-ce vraiment important?
Le problème, c’est que pour communiquer les mots doivent avoir un minimum de communauté de sens pour toutes les parties. Si je pense «radis» et que je vous dis «carotte», nous ne pourrons nous comprendre. Il y a donc nécessité d’un consensus sur le sens qu’il convient d’attribuer aux mots.
Cela m’a donné l’idée d’un nouveau thème d’article, et d’un processus novateur: utiliser le blog pour constituer un mini dictionnaire taurin participatif.
La règle du jeu sera simple: on lance le débat sur un mot ou une expression, pour ce faire, on fournit les définitions «généralistes» et l’étymologie en français et espagnol. Puis les contributions des lecteurs seront progressivement intégrées au cours du débat, non pas comme commentaires mais par modification du texte de l’article. L’humour n’est pas interdit non plus, comme dans la rubrique «dico» des joyeux forbans de CyR (
http://camposyruedos2.blogspot.com/search/label/DicO)
Amusant n’est-ce pas?
A vos plumes…



Xavier KLEIN

vendredi 22 mai 2009

SOUFFRIR or not SOUFFRIR

En recherchant des documents exploitables sur la toile pour illustrer NAZISME et ANIMALISME 3, j’ai découvert deux ou trois pépites dont seul le net garde le secret.
Secret est beaucoup dire, internet privilégiant le dévoilement permanent. Dans une époque plutôt sombre, il faut d’ailleurs se réjouir de cet extraordinaire instrument de savoir, et s’émerveiller de la vitesse à laquelle se constituent (et se sont déjà constituées en 10 ans) des masses gigantesques d’informations et de contributions accessibles à tous.
Puisque nous parlons d’informations, bon nombre de lecteurs ont sans doute eu l’opportunité de consulter sur le site de la Fédération des Sociétés Taurines de France, un article détaillé, traduit par l’excellentissime Marc ROUMENGOU sur le thème: «Le taureau ressent-il la douleur durant le combat?» (
http://www.torofstf.com/infos2009/090511douleurillera.html). Cet article du professeur Juan-Carlos ILLERA DEL PORTAL, fait le point sur la série d’études et d’analyses effectuées sur la production neuro-endocrinienne des toros pendant la lidia.
Tout cela est bel et bon, comme dirait l’Ecriture, l’affaire est entendue, exit l’argument du sadisme aficionado.
Il n’y a qu’un hic: l’honorable professeur précité n’est pas le seul vétérinaire qui se préoccupe de la question.
José Enrique ZALVIDAR LAGUIA, membre de l’Illustre Collège de Vétérinaires de Madrid semble remettre en doute les conclusions du professeur ILLERA DEL PORTAL, avec une argumentation qui me paraît d’autant plus devoir être prise en compte, qu’il connaît d’évidence son sujet et que la terminologie qu’il utilise est celle d’un aficionado.
Que Monsieur ZALVIDAR ou Monsieur ILLERA DEL PORTAL aient raison ou non importe moins, à mon sens, que l’essence même du débat.
Certains «taurins» croient avoir trouvé avec le rapport d’ILLERA DEL PORTAL, l’arma absoluta contre l’un des griefs les plus encombrants de leurs adversaires: on ne fait plus souffrir la bébête et évacuent le phénomène taurin vers les sphères éthérées de l’art.
Et c’est là qu’est l’erreur originelle et stratégique.
Le thème central et incontournable du phénomène taurin ne réside pas dans son caractère artistique, mais comme je ne cesse de le ressasser, dans la thématique du combat, de la souffrance et de la mort, comme dimensions essentielles de la condition humaine.
Et c’est parce qu’un pan majoritaire de l’aficion se dupe sur la signification profonde de ce qu’elle va voir dans les arènes, duperie savamment entretenue par les medias spécialisés et le discours du mundillo, que la corrida se trouve particulièrement sur la sellette.
Pour l’opinion publique, il n’est rien de pire que le déni, surtout le déni obstiné. Tenter de prouver par A+B, au quidam de Roubaix, que le toro ne souffre pas, c’est à dire de nier ce que ses yeux voient, c’est à dire de nier sa propre expérience, c’est à dire de nier sa propre projection dans l’animal, est aussi stupide que contre-productif.
Nous avons tous, peu ou prou, une expérience de la souffrance, dont on sait qu’elle n’est pas égale pour tous, ni qu’elle n’est pas vécue de la même manière par tous.
Le spectacle de la souffrance peut être parfaitement admis et même valorisé.
Spectacle d’une souffrance réelle: le boxeur qui prend une raclée, le rugbyman qui ramasse un tampon, le marathonien au bout de lui même, le conquérant de l’Annapurna aux doigts gelés, etc.
Spectacle d’une souffrance évoquée qui sert d’argument à nos plus grandes œuvres, littéraires, musicales, picturales, théâtrales. La souffrance et la mort constituent la thématique principale de nos opéras, de nos tragédies, de nos fims, bref de nos chefs d’œuvres.
En revanche, le déni de la souffrance, sa négation ne peuvent être perçu que comme de l’indifférence, voire pire, comme de la perversion.
Avaliser l’argumentation d’ILLERA DEL PORTAL reviendrait à affirmer qu’un accouchement (sans péridurale…) n’occasionne pas de souffrance excessive en raison de l’excitation émotionnelle de la maman qui se réjouirait de la venue au monde de son bébé. Billevesées que tout cela!
Oui, nous souffrons et nous souffrirons tous! Oui nous mourrons! Et nous mourrons seuls, l’expérience n’étant jamais partageable, et encore moins reproductible!
L’important est de savoir comment nous y faisons face, et quel sens cela revêt. C’est de cela que la corrida parle avant tout.
A cela les anti-corridas ne peuvent rien redire, parce que cela est indéniable et cela est vérité.
En revanche, la logorrhée et la langue de bois tenue par certains avocats autoproclamés de la tauromachie devient vraiment insupportable, car elle n’abuse nullement ceux qui connaissent les coulisses.A ce sujet, le débat entre Christian LABORDE et Simon CASAS est vraiment consternant, et l’on aimerait se passer des mensonges évidents de celui qui ignore tout des fraudes et paraît drapé dans une vertu et une indignation qui ne trompe personne. La vraie question est de savoir à qui et à quoi profite le mensonge.
Sans doute que ce débat faussement intellectualisé de deux bonimenteurs qui veulent nous fourguer leur camelote, l'un dans le registre de la provocation paperassière, l'autre dans celui de la tauromachie commerciale, ne sert avant tout que leurs intérêts, qu'ils soient pécuniaires ou médiatiques (ce qui revient dans leur cas au même). Quelles vérités peut-on attendre de mercenaires?

Faut-il haïr ou adorer la corrida ? - Le Figaro

On apprécie d’autant plus les justes, ceux qui n’hésitent pas à dire les choses, même quand elles font mal.
Merci Monsieur Marc ROUMENGOU de lutter depuis 30 ans contre ce qui menace la tauromachie… de l’intérieur.

Xavier KLEIN

RAPPORT TECHNIQUE VÉTÉRINAIRE SUR LES CORRIDAS: POURQUOI IL EST INDÉNIABLE QUE LE TAUREAU SOUFFRE.
Il y a un peu plus d'un an, en février 2007, de nombreux médias se sont fait l'écho d'une étude neuroendocrinienne sur les réactions hormonales du taureau pendant la corrida. Cette étude a été menée par un groupe de vétérinaires de l'Université Complutense de Madrid, et plus précisément, par le Département de Physiologie de la Faculté Vétérinaire.
Alors que personne, ni taurins, ni abolitionnistes de la tauromachie, ne remettait en cause le fait que, dans ce spectacle, le taureau était soumis à un dur châtiment en termes de douleur physique et de souffrance psychique, cette étude semble indiquer le contraire.
Avant d'expliquer les raisons qui m'ont poussé à me pencher sur cette question, j’analyserai tout d’abord en quoi consiste une corrida. Pendant toute la durée de la corrida, soit une vingtaine de minutes, le taureau est soumis à ce que l'on appelle des suertes1. Une fois dans l’arène, il est soumis à une série de passes de capote (cape), puis on procède à ce que l'on appelle la suerte de varas, ou « tiers de piques2 ». Pour ce faire, le picador utilise une puya, un instrument tranchant très acéré, long de 9 cm et divisé en deux parties: une pointe pyramidale de 3 cm et une autre pointe de 6 cm en acier encordé. Cet instrument devrait normalement servir à léser certains muscles et ligaments de la zone anatomique du taureau connue sous le nom de morrillo3. L’objectif recherché est qu’une fois ces structures anatomiques endommagées, le taureau ne puisse plus relever la tête afin de faciliter le travail du matador.
Malheureusement (entre guillemets), il n'en est rien. On sait que, dans 90% des cas, les puyas sont placées beaucoup trop en arrière, dans des zones où les vertèbres sont beaucoup plus exposées. De plus, certaines manoeuvres illégales des picadors entraînent des lésions beaucoup plus importantes, comme par exemple le barrenado (également appelé la « vrille ») qui consiste à utiliser la puya comme on débouche une bouteille de vin, et le mete y saca (ou « la pompe ») par laquelle le picador introduit et extrait la puya à plusieurs reprises, ce qui finit par produire les mêmes effets que si elle avait été enfoncée 7 fois, empêchant le taureau de s'enfuir lorsqu’il ressent la douleur. Les hémorragies dues à l’utilisation de telles méthodes entraînent une perte de sang pouvant atteindre 18 %, alors qu’on considère « souhaitable » (entre guillemets) qu’elle se situe autour de 10 %. Par ces manoeuvres, une puya peut provoquer des blessures de plus de 20 cm de profondeur jusque sur 5 trajets différents. Je dois dire que pendant la feria de San Isidro qui a eu lieu récemment à Madrid, j'ai pu voir plusieurs corridas à la télévision, et sur les 36 taureaux que j’ai vus combattre, dans un seul cas la puya a été placée dans le morrillo (1 sur 36).
Le second tiers de la corrida est celui des banderilles: il s'agit de bâtons terminés par une pointe en acier de 6 cm de long. Six banderilles sont plantées dans le dos du taureau. Pour éviter qu’elles ne se décrochent, ces banderilles sont munies d’un harpon de 16 mm de large.
S’ensuit la faena4 du matador qui exécute une série de passes avec la muleta5. C'est la seule partie de la corrida où aucune douleur physique n’est infligée au taureau, bien qu’on exige de lui une grande dépense physique et psychique.
La corrida prend fin avec l’estocade qui consiste à planter, dans ce qu'on appelle en espagnol el hoyo de las agujas (« la croix6 »), une épée de 80 cm de long qui provoquera la mort du taureau. Précisons qu’il est rare que cette épée soit enfoncée là où il faut et remplisse sa fonction, à savoir, léser les gros vaisseaux. Dans la majorité des cas, elle lèse des cordons nerveux latéraux de la moelle épinière, ce qui provoque la désolidarisation de la cage thoracique qui entraîne à son tour une grave lésion du poumon. Le sang peut passer du poumon aux bronches, des bronches à la trachée, et ressortir par la gueule et le mufle, parfois à grands flots. Dans d’autres cas, l’estocade est tellement en arrière qu'elle est capable de perforer le diaphragme et même de perforer la panse et le foie. Dans ce cas, le taureau meurt en avalant son propre sang.
La corrida s’achève avec le descabello et la puntilla. Le descabello est effectué à l’aide d’une épée semblable à l'estoc mais munie d’un butoir de 10 cm; il consiste à sectionner la moelle épinière au niveau de l'espace intervertébral situé entre la première et la deuxième vertèbre cervicale. La puntilla poursuit le même objectif que le descabello, mais est effectuée à l’aide d’un poignard de 10 cm.
L'étude à laquelle nous allons nous référer a analysé certaines caractéristiques hormonales chez différents groupes de taureaux, ainsi répartis:
1- Taureaux n’ayant subi que le transport en camion.
2- Taureaux entrés dans l’arène, puis renvoyés au corral7 en raison d’un problème physique quel qu’il soit, sans être passés par aucune des suertes précédemment décrites.
3- Taureaux ayant subi les piques avant d’être renvoyés au corral.
4- Taureaux ayant subi les piques et les banderilles avant d’être renvoyés au corral.
5- Taureaux étant passés par toutes les suertes de la corrida et, par conséquent, morts dans l’arène.
Nous pensons que les groupes 1 et 5 sont majoritaires car les circonstances envisagées pour les groupes 2, 3 et 4 ne se présentent que rarement. Je dis bien «nous pensons» puisque, presque un an et demi après avoir été rendue publique, l'étude n'a été publiée dans aucune revue scientifique.
L'étude est basée sur la détermination d'une série d'hormones:
1. ACTH: hormone sécrétée par l’hypophyse, précurseur de la production de cortisol.
2. Cortisol: hormone sécrétée par les glandes surrénales.
3. Bêta-endorphines: hormones sécrétées à différents endroits de l'organisme.
L’étude se réfère par ailleurs à deux autres hormones, l'adrénaline et la noradrénaline, dont je
ne parlerai pas ici pour ne pas trop prolonger mon intervention.
L'ACTH et le cortisol sont les hormones impliquées dans la réponse de tout organisme au stress. Plus la décharge d’ACTH et de cortisol est grande et plus le stress est important. En présence d’un stimulus stressant, la décharge de ces hormones se produit à partir d’une série d’ordres canalisés par le système nerveux.
Et qu’est-ce que le stress? A quoi sert-il? Quelles conséquences a-t-il sur la santé? On définit le stress comme « une agression contre un organisme vivant », ou comme « l'ensemble des réactions biologiques et psychologiques qui se déclenchent au sein d’un organisme brutalement confronté à un agent nocif de quelque nature que ce soit ». On peut encore le définir comme: « la situation d'un individu ou d’un de ses organes ou appareils qui, parce que l’on exige de lui un rendement supérieur à la normale, risque de tomber malade ».
Si l’on s’en tient à ces définitions, il serait logique de penser que les taureaux du groupe 5 (ceux qui sont passés par toutes les suertes de la corrida et sont morts dans l’arène) devraient avoir davantage d’ACTH et de cortisol dans le sang que les taureaux des autres groupes, et évidemment, beaucoup plus que ceux du groupe 1. Autrement dit, plus le châtiment est important, plus il devrait y avoir de stress.
Eh bien non, d’après cette étude, il n'en est rien. Cette étude nous révèle que les taureaux transportés (groupe 1) et les taureaux du groupe 2 sont trois fois plus stressés que les autres, c'est-à-dire qu’ils présentent davantage d’ACTH et de cortisol. De la même manière, ceux du groupe 3 sont également plus stressés que ceux du groupe 4, et ces derniers sont plus stressés que ceux du groupe 5.
Si l'étude et ses conclusions disent vrai, et nous ne devons pas douter de leur véracité, que peut-il bien se passer pour que tout fonctionne à l’inverse de ce que l’on pourrait logiquement penser? Est-il vrai, comme on nous le dit, que le taureau soumis à une corrida est un animal à part sur le plan neuroendocrinologique, et qu'il est parfaitement adapté à la corrida?
Si je vous dis que pour pouvoir prendre en considération certaines réponses endocriniennes, comme la libération de cortisol par l'ACTH, IL EST INDISPENSABLE QUE LA STIMULATION NEURONALE ET LA TRANSDUCTION DU SYSTÈME NERVEUX SOIENT INTACTES, c'est-à-dire que si une quelconque lésion a endommagé le système nerveux, ces réponses hormonales ne peuvent pas être prises en compte car elles ne sont pas produites normalement: quelle conclusion en tirez-vous?
Nous savons par de nombreuses études et publications de vétérinaires taurins que les puyas provoquent la rupture des apophyses épineuses des vertèbres thoraciques, endommagent des vaisseaux sanguins qui irriguent des muscles importants pour la locomotion, sectionnent ou lèsent les branches dorsales des nerfs spinaux, ce qui peut entraîner, et entraîne parfois, des claudications transitoires ou des chutes par inhibition réflexe du plexus brachial, le centre nerveux d’où partent les nerfs qui innervent les extrémités antérieures. Nous savons que les puyas sont capables de provoquer d'importantes hémorragies dans le canal médullaire et de léser le haut des côtes. Certains coups de puyas, les plus en arrière, peuvent perforer la plèvre, toucher le poumon et provoquer un pneumothorax et l'insuffisance respiratoire qui s’ensuit.
Nous savons que les banderilles, par l’action de la gravité et des mouvements du taureau, provoquent la rupture de certains nerfs, muscles et vaisseaux sanguins. Nous savons que l’estocade sectionne elle aussi des nerfs importants, et enfin, que le descabello et la puntilla sectionnent la moelle épinière. Nous savons par conséquent que, pendant la corrida, le système nerveux du taureau subit d'importantes lésions qui rendent impossible toute réponse normale en termes de décharge d'ACTH et de cortisol. Il est par conséquent logique, et nous reprenons ici les conclusions de l'étude que nous réfutons, que le taureau transporté et le taureau entré dans l’arène avant d’en être renvoyé sans avoir subi de dommages physiques, aient davantage de cortisol que ceux qui ont subi ces dommages. Cela ne signifie pas qu’ils sont plus stressés, c’est simplement que leur système nerveux est intact, condition indispensable, comme je l'ai dit auparavant, pour que ce type de réponses hormonales puissent être prises en considération dans une démarche scientifique rigoureuse. Savez-vous que chez des personnes accidentées présentant d'importantes lésions de la moelle épinière, la réponse hormonale qui devrait aboutir à une décharge de cortisol est extrêmement faible et même abolie? Peut-il y avoir une situation plus stressante pour une personne que de penser qu’elle va passer le reste de sa vie dans un fauteuil roulant? Existe-t-il un dommage neurologique plus grave que la section de la moelle épinière par le descabello et la puntilla? N'oublions pas que le sang de ces taureaux a été prélevé après leur mort, alors que ceux-ci avaient subi les lésions précédemment décrites.
La seconde partie de l'étude s’intéresse à la production d'autres hormones, les bêtaendorphines.
Nous savons que ces hormones sont sécrétées par l'organisme lorsque celui-ci est confronté à la douleur et/ou à l’effort. Puisqu’il semble que le taureau en sécrète une quantité énorme pendant la corrida, l’étude en conclut que les bêta-endorphines sont quasiment capables d'annuler la douleur qui lui est infligée. On nous dit que le taureau produit dix fois plus de bêta-endorphines que l’homme. Mais dans quelles circonstances? Aucun de nous n’a été ni ne sera jamais soumis à une corrida. Pour pouvoir faire ce type d'affirmations, les espèces comparées devraient être soumises aux mêmes situations, et ce n'est pas le cas, et ce ne sera jamais le cas. De plus, le sang qui a servi à déterminer le taux de présence de ces hormones appartient en grande majorité à des taureaux morts, c’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas savoir à quel moment de la corrida ces hormones ont été sécrétées. Est-ce après les coups de puyas comme l’affirment les auteurs de l'étude? Est-ce après la pose des banderilles? Et pourquoi pas après le descabello ou la puntilla? Les auteurs de l’étude n’ayant pas procédé à des prélèvements séquentiels, on ne peut donc pas le savoir actuellement. Il faudrait pouvoir arrêter la corrida de temps en temps pour savoir à quel moment précis se produit cette décharge hormonale démesurée, soi-disant capable de réduire la douleur de l'animal.
Je dois ajouter qu’on attribue aux bêta-endorphines des propriétés qu'elles n'ont pas. On dit d’elles qu’elles neutralisent la douleur, alors que la seule chose que nous puissions en dire, c’est qu’elles servent à la pallier. Ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’elles sont médiatrices de la douleur et du stress et, bien plus important encore, elles permettent de les MESURER.
Je n'ai trouvé aucune étude où il soit dit qu'elles neutralisent la douleur, que grâce à leur production et à leur action, un organisme peut cesser de ressentir sur le champ la douleur qu’on est en train de lui provoquer. Nous ne parlons pas de douleurs banales, ou tout du moins, moi, en tant que vétérinaire, je ne peux qualifier ainsi les douleurs que l’on inflige au taureau tout au long de la corrida. De nombreuses études effectuées auprès de femmes pendant l'accouchement (et il s’agit bien dans ce cas d’études séquentielles) démontrent que plus la quantité de bêta-endorphines dans le sang est élevée, plus la douleur est importante pendant l'accouchement. Les femmes qui ont déclaré que l'accouchement avait été insupportable étaient celles dont les analyses présentaient le plus fort taux de bêtaendorphines, et curieusement, les foetus qui avaient le plus souffert pendant l'accouchement étaient ceux qui avaient le plus de bêta-endorphines dans le sang. Et fait important: les femmes qui avaient suivi des cours de préparation à l’accouchement étaient celles qui avaient le moins de bêta-endorphines, c'est-à-dire celles dont le stress face à cette situation était le moins important.
Comment se peut-il que les hormones du stress -comme le cortisol- soient presque normales chez le taureau APRÈS la corrida, alors que d'autres, les bêta-endorphines –qui permettent de mesurer le stress- sont si élevées? Eh bien, pour moi, la réponse à cette question est dans l'intégrité des structures nerveuses, car on sait qu’en cas de dommage neurologique ces hormones, les bêta-endorphines, peuvent être sécrétées dans les lieux où se produit la douleur, grâce à certains mécanismes cellulaires sans médiation du système nerveux.
Les conclusions que je tire de cette étude sont par conséquent claires: Les réponses hormonales au stress sont celles attendues pour les dommages neurologiques causés au taureau pendant la corrida par les puyas, les banderilles, l'estoc, le descabello, la puntilla et l’épuisement (syndrome général d'adaptation) auquel est soumis l'animal. Ce syndrome qui a été étudié il y a de nombreuses années est toujours en vigueur actuellement.
Lorsque son équilibre est menacé, tout organisme émet une réponse afin de s'adapter. On peut donc définir ce syndrome comme la réponse physiologique spécifique de l'organisme face à toute demande ou agression d’ordre physique ou psychologique. Ce qui est certain c’est que quand l'agression se répète fréquemment ou est de longue durée, et quand les ressources de l'animal sont insuffisantes pour s’adapter, on passe de la phase d'adaptation à la phase d'épuisement dans laquelle les réponses hormonales devant l'effort ne sont pas viables.
Les réponses hormonales à la douleur, c'est-à-dire la décharge de grandes quantités de bêtaendorphines détectées dans le sang du taureau après la corrida, sont la réponse normale d'un organisme soumis à une forte douleur et à un grand stress; elles n’ont pour ainsi dire rien à voir avec la capacité des bêta-endorphines à neutraliser la douleur, c’est même tout le contraire; autrement dit, ces réponses hormonales nous sont utiles pour quantifier la douleur, mais rien ne nous permet d’affirmer qu’elles sont capables de l'annuler.

José Enrique Zaldivar Laguía.
Vétérinaire, Membre de l'Illustre Collège de Vétérinaires de Madrid.

1 N.D.T.: La suerte ou «chance» désigne, dans la terminologie taurine, chacune des manoeuvres réalisées pendant la corrida.
2 N.D.T.: La suerte de varas ou «tiers de piques» constitue le premier volet (tiers ou tercio) de la corrida. Les picadors interviennent munis d’une pique (vara), hampe de bois terminée par un instrument tranchant, la puya. Le but est de tester la «bravoure» du taureau, de réduire sa force et de l’amener à baisser la tête en vue de l’estocade finale.
3 N.D.T.: Le morrillo, parfois orthographié morillo, désigne la partie charnue qui se développe sur le cou du taureau de combat, entre la nuque et le haut du garrot.
4 N.D.T.: Littéralement, «le travail» du matador. Première partie du troisième tiers de la corrida, la faena désigne une série de passes avant l’estocade.
5 N.D.T.: La muleta est le leurre de tissu rouge utilisé par le matador lors du dernier tiers de la corrida.
6 N.D.T.: Chez le taureau de combat, la croix désigne le point de croisement de la ligne passant par les omoplates et de la colonne vertébrale.
7 N.D.T.: Le corral est la cour où sont enfermés les taureaux avant la corrida.