Humeurs taurines et éclectiques

mercredi 25 juillet 2012

ORTHEZ 2012, le bilan

Comme chaque année, difficile exercice PERSONNEL et SUBJECTIF d'auto-évaluation de la journée taurine, ainsi que quelques explications qui ne seront sans doute pas inutiles.
Même remarque préalable que l'an dernier, reprise telle quelle: je passerai rapidement sur la prestation des hommes du jour. D'abord parce que souvent mobilisé par ailleurs, je n'ai pu consacrer une attention régulière et soutenue aux lidias. Ensuite parce que, comme je l'ai souvent exprimé, le callejon n'est pas le meilleur lieu pour apprécier un festejo (déficit de vision globale en 3 dimensions), surtout lorsque votre «référentiel» n'est pas habitué à cet angle. Enfin parce qu'il serait de ma part inélégant de porter jugement sur des hommes que j'ai engagé et avec qui je ne peux m'empêcher d'entretenir des affects. On voudra bien le comprendre.

Satisfaction de voir la plaza tellement remplie en dépit de la concurrence. 
Satisfaction du soutien par leur présence de tant d'amis et d'aficionados.
Satisfaction de la disponibilité, de l'intelligence et de l'attention du public, surtout à la corrida qui n'a pas été un spectacle des plus faciles à apprécier et à comprendre pour des néophytes.

Dans les corrales au débarquement, nous avons été fort dépités de constater que les novillos notamment, avaient perdu une masse considérable (30 à 40 kgs selon le mayoral). Je dois avouer que j'appréhendais de les voir sortir dans le ruedo.
Toutefois, il faut savoir que Dom Fernando PALHA n'a jamais cherché à produire des compétiteurs de comice agricole. Il cherche avant tout des athlètes, et en jetant un oeil narquois sur ma bedaine, il n'avait pas manqué de me faire remarquer à plusieurs reprises qu'un athlète, c'est avant tout … du muscle. Et du muscle, les novillos n'en ont nullement manqué si l'on se réfère aux 14 piques encaissées par les 5 novillos, sans que le troisième tercio en fût affecté pour la plupart.
Ces novillos, desiguales, étaient toutefois harmonieusement et joliment présentés.
La grande surprise est venue de leur comportement infiniment plus civilisé et suave que ce que l'on pouvait en attendre. Un lot de novillos de buena casta, mobiles, solides et intéressants. Pour mettre en valeur leurs qualités, et particulièrement leur noblesse, il eût fallu des novilleros expérimentés, de style plus artiste.
Malheureusement, ceux qui prétendent à cette catégorie se refusent à affronter cet élevage. A défaut, nous avons retenu des belluaires qui ont manifesté beaucoup d'envie et de motivation et se sont vraiment engagés -les cogidas d'Ivan ABASOLO en témoignent- ce dont il faut leur savoir gré. Quand je lis ça et là, les commentaires sur les novilleros de la tierra, et la complaisance coupable qui a pu accompagner la carrière de certains, récemment doctorisés, je constate qu'en la matière, il y a plusieurs poids et plusieurs mesures et beaucoup de mauvaise foi.
De même, il faut être reconnaissants à ces jeunes toreros d'avoir eu à coeur de bien faire les choses, notamment lors du premier tercio. Personnellement, je ne regrette nullement ces choix qui introduisent de la nouveauté dans une «novilleria» où l'on s'emmerde souvent ferme, avec des gamins bien propres sur eux qui récitent leur pensum.
De mon point de vue, la novillada fut vraiment une réussite, et la plupart des aficionados rencontrés semblaient partager ce sentiment.
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Même surprise pour les toros de Dom Antonio VEIGA TEIXEIRA que j'attendais plus âpres. Passons sur une présentation que personne ne conteste, mais qui, disons le tout de même puisque peu l'évoquent, devient tout de même assez peu répandue, surtout lorsque ces beaux messieurs du G10 officient...
Ces toros n'ont pas complètement répondu à mon attente dans la mesure où nous recherchons un toro complet de trois tercios. Or, la moitié de nos cornus se virent passablement «calmés» quand il s'agit d'œuvrer à la flanelle. Ceux qui s'employèrent, hormis le compliqué premier, le firent avec ardeur et loyauté.
Peut-être également faut-il également considérer que d'une part certains toreros ne comprirent pas que ce type de toros, dans ces circonstances requièrent une lidia appropriée, avec son sitio, ses distances, son rythme. Peut-être faut-il expliquer qu'on ne saurait y voir les faenas contemporaines de 50 passes, mais qu'il convient d'exploiter intensément les 3 ou 4 séries que ces toros conservent: toute une philosophie à l'encontre des temps et des modes...
Il faut dire que l'épreuve du fer fut particulièrement éprouvante, avec des toros qui se sont livrés, avec bravoure et générosité et ont été très sévèrement châtiés, perdant beaucoup d'hémoglobine dont chacun sait que son rôle primordial est de nourrir muscles et organes et surtout de transporter bel et bon oxygène.
Après intenses échanges avec Dom Antonio, je formule néanmoins l'hypothèse que l'affadissement de leur ardeur n'avait pas tant pour origine l'affaiblissement qu'un petit DEFICIT de FOND. Le fer a affecté le mental de ces toros qui se sont vu, selon le mot d'Antonio déprimés, et ce ne sont pas des piques de moins (ou des piques mieux dosées), qui, à mon sens, auraient changé grand chose. Pour preuve un 5ème toro beaucoup moins piqué et tout aussi éteint. Je vais jusqu'à me demander si avec une seule pique, le résultat n'eût pas été le même.
Evidemment, l'éthique, l'exigence, le sérieux, le travail du ganadero ne sont nullement en cause. Peut-être cette conséquence provient-elle tout simplement du fait que ces toros sont très généralement lidiés à la portugaise, sans piques et sans faenas, avec donc des contraintes différentes.
Pour le moins pûmes-nous admirer des tercios de pique d'émotion et de grande qualité, dont 3 particulièrement relevés.
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Corrigeons maintenant quelques malentendus.
Si nous nous employons activement à revaloriser le premier tercio, c'est tout simplement parce qu'il est en danger et devient purement et simplement évacué de nos ruedos. Amuse toi lecteur à lire ou relire la plupart des reseñas où la chose n'est souvent plus du tout évoquée, et dans le meilleur des cas quantitativement.
Apparemment, lorsque dans une immense majorité de festejos, le premier et le deuxième tercios passent à la trappe, cela n'émeut plus grand monde. On desgarbade même des toros chichement picotés. Par contre, lorsqu'il s'agit du troisième tercio, gare à la rafale! L'esthète se rebiffe!
Encore une fois, il y a là, au mieux un aveuglement, au pis un parti pris parfaitement subjectif. On ne se formalisera pas plus que ça de la lidia d'un toro tardo à la muleta, alors qu'on se scandalisera du travail de lidia équestre sur une troisième pique à distance: foutaises!
En matière de piques, pour contenter son monde, il faut dans la corrida «moderne» des toros «modernes», expédier la formalité, aller vite et efficace.
Peut-on s'ouvrir l'esprit, sortir de ses enfermements mentaux et jouir de l'émotion du travail d'un picador, tout aussi technique, valeureux et méritoire que le reste?
Peut-on admettre qu'en certains lieux, on s'intéresse aussi à cela, sans que l'inculture taurine, le ricanement ou la critique sommaire ne se substituent à une évaluation éclairée des faits?
Peut-on se départir d'un fanatisme torerista et esthétique pour considérer sous un autre angle, avec un autre regard?
Comme l'a très justement formulé Miguel DARRIEUMERLOU lors de la tertulia: dans une immense majorité de plazas on ne voit plus qu'un troisième tercio, il est indispensable qu'il y en demeure quelques rares qui s'attachent encore ardemment au premier et en soulignent la beauté et l'émotion. Une beauté et une émotion qui n'ont pas échappé à une grande partie du public! A Orthez, il me paraît bon que l'on vienne pour cela, ce qui n'implique pas que l'on y voie que cela. Il y a donc un difficile équilibre à trouver, d'autant plus complexe qu'il relève des toros.
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L'objectif d'Orthez n'est aucunement de multiplier les piques, ni de dériver vers un concours, ce qui est un risque. La consigne dite et répétée aux piqueros comme aux maestros, c'est «des piques légères et bien faites, autant que de besoin».
Pour rassurer les maestros qui pourraient appréhender que l'on abrégeât prématurément l'exercice, leur laissant un toro insuffisamment piqué, les présidents les assurent qu'ils seront piqués à la convenance du torero, dont l'intérêt bien compris serait de ménager des forces pour la faena.
Nous devrons donc poursuivre les rencontres et le travail de concertation engagé avec les piqueros et plus généralement les cuadrillas pendant l'hiver (les membres de la Commission ont rencontré et discuté à plusieurs reprises à Salamanque avec des «subalternes» -je hais ce mot!!!-).
De même, nous poursuivrons notre politique d'imposer, quand nous le pouvons, des picadors et des banderilleros. Ce fut le cas pour un torero et les deux novilleros. La brega s'en est fort heureusement ressentie.
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Le problème des dates demeure préoccupant. Nous oeuvrerons pour en changer et reculer sur le week-end suivant.
Pour conclure, deux constatations:
3 journées intéressantes de toros en 3 ans représentent un résultat prometteur et encourageant pour Orthez.
Il y a eu cette année deux «semanas de oro» en France, avec le triomphe cérétan, le succès tyrossais, le bonheur orthézien, et 2 excellentes corridas de vrais toros dans la feria d'une bourgade plus au nord. Tout cela confirme bien que tout commence et finit par le toro, pas par la figura.

Gageons que la fête brave se poursuivra dans un autre week-end de félicité avec Parentis ainsi que les Moreno de Silva d'Hagetmau.
Xavier KLEIN

mercredi 18 juillet 2012

Les petits sont bien arrivés...

NOVILLOS de Dom Fernando PALHA

TOROS de Dom Antonio VEGA TEIXEIRA

mardi 17 juillet 2012

Quand les «zantis» avaient de l'esprit...

Gravure illustrant l'article du "Monde Illustré" de 1868
Ironique, fin, bien écrit dans un français correct, la critique anti-taurine de 1868, c'était quand même autre chose! On est loin de la vulgarité, de l'injure, de la haine brute et sommaire de nos contempteurs contemporains et de leurs slogans simplistes.
L'humour, quelle meilleure arme?
Mais est-ce vraiment complètement «una broma»? Il y a bien eu corrida à Bilbao, le dimanche 8 juin 1868.
En ces temps «héroïques» on voyait de tout dans les arènes, depuis les «Don Tancredo» qui s'exposaient immobiles sur des piedestaux, maquillés en statue de Cid psychédélique (lire J. VIDAL à ce sujet), jusqu'à des confrontations hallucinantes entre un toro, un lion ou un éléphant, voire une meute de molosses.
En 1977, dans un village des Urdes, lors d'une fête de village, j'ai bien vu piquer un morucho depuis une remorque de tracteur!

Les vélocipèdes et les courses de taureaux
Bilbao, 8 juin 1868

Monsieur le Directeur,
Au moment où l'on s'occupe sérieusement en France des vélocipèdes, je crois vous être agréable en vous signalant un emploi très original de cette ingénieuse machine, dans la ville de Bilbao, aux courses de taureaux qui ont eu lieu le 7 juin. Désormais, si cet usage se généralise, on ne pourra plus considérer les combats de taureaux comme un spectacle de sang et d'horreur, indigne d'un peuple civilisé.
Le vélocipède a remplacé le cheval dans les courses de taureaux et nous avons vu, avec admiration, un jeune homme intrépide, vélocipédiste de première force, combattre un taureau en costume de picador, et, la lance au poing, se présenter en face de l'animal furieux aussi tranquille que s'il eût monté le meilleur cheval de Cordoue.
Comme il ne pouvait s'arrêter, sous peine de perdre l'équilibre, c'était un spectacle curieux de le voir tourner deux ou trois fois sur lui même, afin de pouvoir se trouver en face du taureau furieux qui parvint à le renverser, mais qui, blessé au cou par la pique du picador, fut contraint par la douleur à prendre la fuite.
Le public applaudissait frénétiquement au sang-froid du jeune homme et à la merveilleuse adresse avec laquelle il manoeuvrait son vélocipède, et l'on se demandait s'il ne serait pas possible de remplacer les chevaux par de semblables machines qui éviteraient le spectacle horrible de la mort de ces malheureuses bêtes, trop souvent offert aux spectateurs des courses.
La photographie que je vous adresse est d'un photographe de notre ville, Monsieur Pica-Groom.
Recevez, etc.
Batisto de Leguina

NOTA: Pica-Groom a vraiment existé, il s'agît d'Eduardo López de Ceballos y del Hoyo (pseudonyme acronymique Campogiro). Photographe de Santander, établi également à Valladolid et dans les Asturies. Il fut l'auteur de beaucoup des plus anciennes photographies de Santander et de sa province, qu'il publia dans un célèbre album. Il se faisait appeler «photographe officiel du Vice-roi d'Egypte».
Par contre, aucune trace de Batisto de Leguina...

Cliché de Pica-Groom





lundi 16 juillet 2012

Robleñissime!!!

Samedi à Orthez, il y aura ce Monsieur qui vient de couper 4 oreilles à 6 toros (des vrais ceux-là!) d'Escolar Gil.
A la vision de ces images, je me dis que la véritable valeur, le vrai mérite, l'authentique courage assumés devant des adversaires de catégorie sont bien peu reconnus.
Car toréer comme cela devant un toro de respect n'a que peu à voir avec les aimables gaudrioles des figuras du G10 face à leurs collaborateurs cornus habituels.
4 oreilles (cérétanes) à l'issue des hostilités. Autant dire 7 queues ailleurs...

Fernando ROBLEÑO est cette année en état de grâce. Pourvou qué ça doure!

samedi 14 juillet 2012




J-7 ou git mon set, au choix...

Dans 604800 secondes, le premier novillo de Dom Fernando PALHA giclera du toril de la placita du Pesqué.
Plus qu'un novillo, c'est l'un des cinq coups de coeur aux robes variées qu'il nous importait de proposer au public d'Orthez. Des coups de coeur romantiques, en référence à un ganadero et à une éthique en décalage brutal, presque obscène, avec l'air du temps.
Ce que nous avons envisagé, ce dont nous avons rêvé, ce qui se produira peut-être, c'est une novillada d'un autre âge, à des années-lumière de ce que l'on peut voir dans la plupart des ruedos.
La fracture abyssale entre le marketing taurin contemporain et la philosophie du vieux Maître Palha, celle d'un toro fier, sauvage et insoumis qui s'oppose et qui lutte ne pourra que s'en trouver encore approfondie. Car n'en doutons pas, il s'agît bien d'une césure majeure, celle qui sépare le spectateur de l'aficionado, le voyeur du «contempleur», le divertissement du rituel.

Nul ne sait comment sortiront les diables palhesques de leur boite, moins encore que pour la généralité des toros. On les attend fougueux, trinitoglycerinesques, indisciplinés et farouches, novillos de premier tercio, ne concédant que de rares muletazos dérobés à coups de cojones dans une lutte âpre.
On le sait d'autant moins que ce ganadero là se refuse à la programmation de bestioles normalisées, prévisibles et surtout collaboratrices. Ce vieux sage sait bien que le désir ne peut exister et s'enfler qu'à la condition de ne jamais avoir la certitude de se réaliser. A l'inverse d'une société de la satiété du fantasme, de la jouissance garantie sur facture, avec service après vente du consommateur insatisfait, il oppose l'imprévisibilité et le doute.
Ses novillos sont plus que des bovins irascibles et guerriers, ils sont un énorme glaviot craché à la face d'un monde de la manufacture et de l'assurance tout risque.
Et c'est ce discours là, cette déclamation tragique, immémoriale et imprécatrice que nous voudrions entendre à Orthez.

Quelques milliers de secondes plus tard, à l'heure des vêpres orthéziennes, on sortira les dagues et ce seront les pensionnaires de Dom Antonio Da Vega Teixeira qui reprendront le flambeau. Eux non plus, ne constituent pas précisément l'ordinaire des gentils membres du G10, loin s'en faut! Ne serait-ce déjà que par des mensurations tout à fait remarquables: un «lot pour Madrid» a t-on entendu dans les coulisses.
Si avec les copains (et copines) de la Commission on les a retenus ces oiseaux là, c'est parce qu'on supputait, et même qu'on subodorait qu'ils pussent s'enquiller dans les 3 puyasos sans flageoler des fumerons, et conserver le fighting spirit pour quelques amusettes à la flanelle. En général, c'est assez joueur ces zanimaux, du moins avons nous pu le constater en tienta avec leurs dulcinées. Pas dans le genre partie de cricket à Oxeforde mais plutôt finale de rugby France-Rosbifland par gros temps froid et pluvieux à Touiquenname, à 10 mn de la fin avec match nul.
Évidemment, là non plus on ne remboursera pas les billets si la «furia portuguese» n'est pas au rendez-vous, bien que nous ayons tout fait pour qu'elle y soit. L'homme propose et Dieu (sorry pour les païens) et les toros disposent...

J'entends ci et là que d'aucun(e)s se rueraient mater l'arrière train d'un jules gesticulant harmonieusement devant une énième collection de produits de consommation courante. Comme disait l'autre avec ses rillettes Bordeau-Chesnel: «Nous n'avons pas les mêmes valeurs».
Perso, je préfère collationner avec le foie-gras frais de Marie-Jo (d'Audon en Chalosse), l'agneau de pré salé et le frometon pur brebis de mon ami Francis (de Lescun en Béarn), le tout arrosé d'un Madiran, pur tannat de Berthoumieu et d'un Sauternes 1985 de «La Tour Blanche» que de boulotter le panier repas de chez Fauchon.
Que voulez-vous, je suis snob!

Samedi prochain, on comptera donc sur les tendidos d'Orthez les gourmets, les arriérés, les nostalgiques, les jouisseurs, les blasés, les atypiques, les undergrounds, les délicats, les indélicats, les paumés, les économiquement faibles, les allergiques, les curieux, les curistes, les curés, les mécréants, les allergiques au Modem, les résistants, les résidents, les résignés, les résiniers, les raies signées, et peut-être … quelques aficionados.
Hasta luego.
Xavier KLEIN

jeudi 5 juillet 2012

Fin d’année


Les années ne sont pas les mêmes pour tous.
Il y a certes les années civiles, qui commencent un premier janvier , mais il y a aussi l’année sidérale, l’année tropique, l’année liturgique, l’année sainte, l’année théâtrale, pour les cinéphiles l’année dernière à Marienbad, etc.
En Espagne, il y a même ce que les historiens appellent l’«Année Cruciale», 1492 (prise de Grenade, découverte des Amériques, expulsion des juifs Sépharades).
Pourquoi commencer le premier jour de janvier et terminer le 31 décembre? Je l’ai su, il y a … des années, mais je ne m’en rappelle plus.
Certains calendriers débutent au solstice d’hiver, ce qui me paraîtrait plus logique et naturel: l’année débutant avec la croissance des jours, après la plus longue nuit.

Chacun voyant midi à sa porte, il y a deux ou trois calendriers qui m’importent plus que d’autres. Par exemple l’année rubystique, l'année gastronomoenologique (saisons des cèpes, châtaignes, vin nouveau, huîtres, pibales, etc.) ou la temporada qui débute avec les premières corridas et novilladas pour se terminer aux premiers frimas, pour ma part le 11 novembre saint-séverin.
Je ne compte pas l’autre hémisphère et l’autre continent qui prennent le relais dés la fin des hostilités taurines dans la vieille Europe. En tauromachie comme en numismatique, il faut savoir circonvenir son activité, au risque de se disperser. Et puis, la tauromachie transatlantique est engagée depuis longtemps dans une dérive wegenerienne et par trop torerista qui illustre la décadence à l’oeuvre. On y négocie tout, y compris l’essentiel. On s’y accommode fort bien de toutes les compromissions, de toutes les capitulations, pour évoluer peinardement vers une corrida soft, «incruenta», sans banderilles, sans piques, sans mise à mort, qui ne survivrait que pour des raisons touristiques et rémunératrices. Je laisse donc ces charmes tropicaux aux aventuriers du bizarre, aux gogos en mal d’exotisme dénaturé et à certains aficionados, qui joignent l’utile taurin à l’ignoble de la prostitution juvénile locale (j’ai des noms…).

Et puis, il y a celle qui dicte ma vie professionnelle: l’année scolaire. Et pour moi, juillet, c'est la fin de l'année, sans trêve des confiseurs.
On raconte que la longueur des «grandes vacances» permettait à l’origine de libérer des bras pour les travaux des champs, dans une France très rurale jusqu’à la dernière hécatombe mondiale (49% en 1950). Ces grandes vacances empiétaient d’ailleurs largement sur le mois de septembre et les vendanges. Ainsi l’arrêté en date du 11 février 1939 dispose que les grandes vacances courent du 15 juillet au 30 septembre.
Pour ma part, je reste convaincu que si ces longues vacances persistent, c'est parce qu'il faut ce temps là pour qu'élèves et enseignants, las les uns des autres, aient de nouveau envie de se rencontrer. J'adore mon métier, j'adore mes élèves, mais fin juin, j'peux plus les blairer.
La «sortie», comme la «rentrée», mais également toutes les veilles de vacances constituent des temps forts de suractivité. De septembre à mi-octobre, et de mi-mai à début juillet, c’est le coup de feu, bien que l’expression soit de plus en plus funeste, surtout depuis les sauteries du Lycée Columbine et de Virginia Tech (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tuerie_en_milieu_scolaire).
On ne sait pas assez que dans notre doux pays, les conducteurs de bus et les enseignants sont beaucoup plus agressés que les flics ou les bidasses, qui sont étudiés pour (non, je plaisante…). Il y a aussi les retraités, mais dans une optique néolibérale, c’est plutôt positif pour le déficit des caisses de retraite. Comme dit mon fils: «Ceux-là, il faudrait les tuer à la naissance» (je replaisante…).
Par contre les politiciens, les chefs de grosses entreprises, les kinésithérapeutes, les entrepreurs en pompes funèbres, les typographes et les ecclésiastiques sont fortement épargnés. Il y aurait aussi les personnels de certaines entreprises de téléphonie, mais là, on procède autrement, par autodestruction programmée (je rereplaisante…).
Enfin, tout ça pour vous raconter que si j'ai toujours le goût de parler, je n’ai guère le temps d’écrire.
Bonjour chez vous.
Xavier KLEIN

vendredi 22 juin 2012

L’apothéose de l’insignifiance

Mignoter le Partido Popular et multiplier les signes d’allégeance a fini par payer, Sire Dédé a conquis le Graal mundillesque, accédant au Capitole des vanités.
On va plus le tenir désormais.

La crise frappe des centaines de milliers d’espagnols, sans travail, sans ressources, sans logis parfois, mais on trouve encore quelques menues ressources pour organiser des sauteries mondaines et gratifier les parasites.

Pas de problème, c’est l’Europe qui paiera les errements budgétaires d’une Espagne au désespoir.
Qu’en penseraient les milliers d’indignados, de déclassés, de chômeurs qui se multiplient outre Pyrénées?
Ceux là, il ne les fréquente pas Dédé du Boucau, le grand -comment il dit déjà le Señor WERT, ministre de la Culture-«humanista»?
En voilà une bonne pub pour la tauromachie…

Mais il y a encore plus taquin, le communiqué triomphal envoyé aux grognards fidèles, à la vieille garde des «bons aficionados»  (Pierre VIDAL dans le site Corridasi):
http://www.corridasi.com/news/news.php?id=3804
Une question fondamentale demeure: mais où va t-il fourguer ce énième trophée, la cheminée du salon est déjà comble?
Quand même, il y a 21.000 euros à la clef, et en metálico, s'il vous plait. L'exil fiscal pour bientôt?
(http://deltoroalinfinito.blogspot.fr/2012/06/andre-viard-recibe-el-viii-premio-de.html).
Todos golfos! comme dit mon copain Juan.
Xavier KLEIN
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lundi 18 juin 2012

En Bretagne, il y a merlin et Merlin...



En Bretagne, pays superbe s’il en est, les «zantis» sont en terre de mission, une prédication grandement facilitée par l’absence de contradicteurs. A ce compte, on peut affirmer ce que l’on veut, débiter n’importe quelles inepties, on ne court guère le risque d’être démenti.
Là-bas, un illuminé prêche, accompagné de Fadjen, un bovin apprivoisé qu’il présente comme un toro de combat sauvé de l’hécatombe, qu'il promène au licol dans un périple-lune de miel de deux mois où, c'est promis, ils partageront tout et surtout la même paillasse (on réclame de voir les petits). Nous en avons déjà parlé.
On attend toujours –et sûrement vainement- que le monsieur veuille bien jouer le jeu jusqu’au bout et qu’il consente à décliner l’origine exacte du bestiau et à quel ganadero il l’a acheté, histoire de vérifier l'AOC de ses salades.
Un ganadero qui lui aurait affirmé: «Si vous vous en occupez bien, vous verrez, il sera encore plus fidèle que votre chien». Tout cela sent son canular à plein tarin, mais bon, si nos amis armoricains sont dupes, c’est leur problème.

Le garçon ne doute de rien et demeure persuadé d’avoir inventé l’eau tiède. Il démontre par là sa méconnaissance profonde de la tauromachie, car des toros «apprivoisés», il y en eut pléthore dans l’histoire taurine, y compris qui furent par la suite, terribles dans l’arène.
Chez Felipe BARTOLOME
Julio ROBLES
La chose ne prouve d’ailleurs autre chose que la capacité à dresser toutes sortes d’animaux sauvages, ce que n’importe quel cirque suffit à démontrer. Gamin, j’ai moi-même apprivoisé un corbeau et mon meilleur copain un renardeau, pratiques d’ailleurs formellement interdites.
Maintenant, si la chose lui en dit, je tiens à sa disposition les coordonnées d'une collection complète de tios de 4 ans, plus si affinités, avec lesquels il pourra s’essayer à faire mumuse et jouer à la poupée. Non pas des toutous dénaturés et dégradés par un conditionnement débilitant, mais des animaux fiers, sauvages et libres, élevés naturellement dans leur biotope.

C’est ainsi, certains esprits pervertis trouvent plaisant d’exercer leur toute puissance en bouleversant l'ordre naturel des choses et de faire cohabiter le loup et l'agneau, au nom d'on ne sait quelle idéologie débile.
Cet ordre naturel des chose est quant à lui infiniment plus radical, et les toros ne sont pas de gentils zanimaux zaimables. Il faut avoir connu l'un de ces règlements de comptes où après un duel, tous se liguent contre le vaincu et le déchiquètent  sauvagement pour s'en persuader.
Mais cela, les «zantis» ne veulent ni le voir, ni le savoir.
Montrons aux quelques audacieux qui traînent parfois sur la Brega, cette réalité qu'ils s'acharnent à refuser.

Pour une bonne rigolade, le lien avec le site de Simplet. N’oubliez pas de répondre au petit sondage en bas à droite: http://www.sauvons-un-taureau-de-corrida.com/
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jeudi 14 juin 2012

Magouilles et carambouilles électorales dans la planète anti-taurine

Certes, le mundillo et certains de ses observateurs patentés ne brillent guère par une éthique et une déontologie exemplaires (cf la vraie-fausse liste de vrais-faux psychiatres publiée par l’O.N.C.T. après la vraie-fausse liste de vrais-faux politiques qui pétitionnaient contre la prohibition catalane).
Mais toutes ces amusettes ne sont que roupettes de sansonnet au regard des magouilles et carambouilles de nos «zamis» les «zantis» qui, non seulement bernent les «zâmes» sensibles animalistes en utilisant leurs voix pour récolter de l’oseille, mais en outre les dévoient en cachant soigneusement leur fond de commerce politique, souvent peu ragoûtant.
Il y a là un scandale absolu que peu dénoncent.

Lors de toute campagne électorale, le gourmet es-connerie humaine ne peut manquer à aucun prix les clips de campagne des divers prétendants au(x) titre(s). Il y a là des morceaux de bravoure qu’on devrait se repasser en boucle lorsque le moral faiblit: mieux qu’un film des Marx Brothers ou la lecture de la dernière bulle pontificale en latin sur la condamnation de la pédophilie.
Evidemment, lorsque d’aucuns placent l’abolition de la corrida dans les priorités impérieuses de l’heure, le père Klein tend à interloquer sévère: la rigolade n’exclut pas la père plexité. Tel Médor, le gonze part alors truffe au sol et queue frétillante sur la piste des prêcheurs à toutous.

Deux officines se sont distinguées en la matière.
En premier lieu l’Alliance Ecologiste Indépendante (A.E.I.) -dénomination qui laisse à penser que les autres écologistes ne le seraient pas- est cornaquée par le sieur Jean-Marc Governatori.
Le clip est intéressant, débutant avec un célèbre mannequin de chez Alzheimer. On a cruellement imposé à la pauvre bête d’apprendre son texte par cœur, et pour des fois qu’il l’oublierait en route on le lui a fait dérouler en sous-titre. Que fait la S.P.A.?
On enchaîne ensuite avec le boss, qui propose comme remèdes souverains à la crise une alimentation bio accessible (sic!) et surtout -il fallait y penser- la réduction du broullard électromagnétique.
Vient ensuite une mignonne rouquine qui aurait gagné à se produire en uniforme «zanti», c’est à dire à loilpé avec du faux sang et des fausses banderilles. Suit un gendre idéal qui débite un inventaire à la Prévert pour terminer avec une rombière qui cause «écologie éducative» (à quand l'écologie sexuelle, l'écologie religieuse, l'écologie artistique, etc.?). Bref du grand art pour séduire les gogos écolos.
Marrant ce Jean-Marc GOVERNATORI, le gourou de la secte, affublé d’un curriculum édifiant:
          * divers droite en 1997
          * U.D.F. pendant 3 mois en 2001
          * candidat aux législatives de 2002 (il obtient … 1 voix et une condamnation d’un an à l’inéligibilité par le Conseil Constitutionnel)
          * 1,55% des voix aux européennes de 2004 avec le mouvement très poujadiste «La France d'en bas» (association fondée par des … buralistes alsaciens) avec la participation du … P.P.N. (Parti Pied-Noir).
          * fondateur en 2005 de «La France en action», un mouvement fortement soupçonné en 2007 d’accointances avec des sectes (O.T.S., Raëliens, Scientologie, Moon, etc.)) par M. Georges FENECH, président de Commission d'enquête parlementaire sur les sectes et par la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) http://laurent-samuel.over-blog.com/article-10832987.html.
          * 2009, appel à Brigitte Bardot, icône démocratique reconnue, pour être candidate à la présidentielle de 2012, courrier soit-disant cosigné par Antoine Waechter dont il contrefait la signature. (http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/un-candidat-a-l-elysee-en-greve-de-la-faim-a-mi-temps-dans-un-camping-car-28-02-2012-1882062.php).
          * Obsédé du dépôt de marque rémunérateur voire frauduleux (condamné en 2011 contre Europe Ecologie), le garçon qui se prétend «au-delà du clivage droite-gauche» avait pourtant déposé ceux de «La Droite républicaine» et d’«Union Droite Républicaine»), parmi une quarantaine d'autres.
          * Imitant un célèbre député-histrion-chanteur à géométrie variable de nos vallées pyrénéennes, il se lance dans une «grève de la faim camping-car à mi-temps» (http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/un-candidat-a-l-elysee-en-greve-de-la-faim-a-mi-temps-dans-un-camping-car-28-02-2012-1882062.php) en février 2012. Aux dernières nouvelles, il est toujours vivant et a vendu le camping-car.
          * Fin mai 2011, Génération Écologie et le Mouvement Ecologiste Indépendant, ayant prudemment quitté le consortium, l’Alliance Ecologiste Indépendante recouvre de fait le seul parti du Conducător Governatori, dont le site fait un panégyrique approfondi avec bibliographie ad hoc. Ne demeurent à bord que quelques paumés un peu demeurés (Zara WHITE, alias Esther Spincer, ex-actrice X).
 
Le second clip n'est pas non plus piqué des hannetons: entre le Ministère de la Condition Animale et le coup du «citoyen comme nous» qui n'est pas un «professionnel de la politique», on se gondole pis qu'à Martigues, qui comme chacun sait est la «Venise provençale».
Le «Trèfle-N.E.H.N.A.» (Nouveaux écologistes. Homme-Nature-Animaux http://www.letrefle-nehna.fr/) a été fondé en 1993 par Bernard MANOVELLI, politicard multicarte, ancien membre du R.P.R., reconverti dans l’officine d’extrême-droite où il animait un «Comité pour le rétablissement de la Peine de mort» et co-dirigeait «Marseille-sécurité» dont l'intitulé avenant  se suffit à lui-même. Plusieurs condamnations du Conseil Constitutionnel à l’inéligibilité pour fraude électorale, en rapport avec l’opacité des financements et l’absence de comptes de campagne.
Décédé en 1995, lui a succédé l’actuel taulier, Albert LAPEYRE, qui a abondamment grenouillé à droite avec le bon et honnête maire de Phocée Jean-Paul Gaudin, tout en étant membre du conseil d’administration de «Debout la République», le mouvement du fringuant gaulliste bonapartiste Nicolas DUPONT-AIGNAN.
Un Albert LAPEYRE qui avec des intonations de Maître Panisse, ressemble furieusement à Dilat LARATH, le fidèle séide du grand vizir Iznogoud, qui veut «devenir calife à la place du calife».
 
L’intérêt de ces micro-formations réside surtout dans les bénéfices alloués par le mode de financement des partis politiques: avec quelques dizaines de milliers de voix, on accède au pactole de centaines de milliers d’euros par an, généreusement subventionnés par le contribuable (http://www.liberation.fr/politiques/0101417092-partis-les-urnes-aux-oeufs-d-or).).
Ben voyons, ils peuvent glapir les «zantis» avec la corrida qui vivrait de subventions publiques!

Le plus marrant de l’histoire, c’est que non content de se désister systématiquement pour des listes de droite, le Trèfle reversera en tout au Parti Radical de Jean-Louis BORLOO (http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/02/10/borloo-reconstitue-son-tresor-de-guerre-avec-des-ecolos-inconnus) la coquette somme de 800.000 euros. On se rapportera avec profit au Décret n° 2012-191 du 7 février 2012 (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000025344404&dateTexte=&categorieLien=id).
Je ne suis pas bégueule, encore moins partisan du discours populiste du «tous pourris», mais je dois avouer que là, le bouchon est poussé un peu loin avec le pognon du contribuable.

En conclusion, ces diverses informations, toutes indubitables et vérifiables pour qui veut bien s’en donner la peine, établissent clairement ce qui se dissimule derrière les discours «zantis» et le discours racoleur et démagogique pour l’abolition de la corrida.
Derrière les beaux et nobles sentiments, derrière la compassion dégoulinante, se dissimule un vaste tripatouillage d’argent public octroyé à des prête-noms, à des cache-sexes politiques, ainsi que l’exploitation de la naïveté et de la sensiblerie animaliste par des margoulins, au profit de partis de droite.
Ne doutons pas pour autant que sur l’autre rive, le paysage soit forcément plus reluisant, avec d'autres supports. Mais c’est ainsi, la collusion que je dénonce depuis des lustres entre l’animalisme et la droite et l’extrême droite est une fois de plus avérée…

On n’ose espérer que l’assainissement annoncé par le nouveau «normal président» aille jusqu’à sanctionner ces dérives scandaleuses et coûteuses à l’heure où l’effort devra être justement réparti.
Xavier KLEIN

mercredi 13 juin 2012

Tout ce que vous avez voulu savoir sur Orthez 2012 sans avoir jamais osé le demander...

Une présentation que nous avons voulu le plus complète possible pour expliquer nos choix et dévoiler les coulisses:

mardi 12 juin 2012

Maratontería

Luc-Olivier Merson, "Le soldat de Marathon"
Comme on disait au temps des «me-veilleuses», ils sont «incoyables» ces «zantis»!
Une telle créativité dans la couillonnade a quelque chose d’admirable, ou, pour reprendre l’expression savoureuse d’un des habitués de la Brega: «Si l’intelligence humaine a des limites, la connerie n’en a aucune!».
En avril, à Nîchmes, on vit gambader le couillon. On eût pu organiser quelque défi rubystique, un derby des «zantis», propre à mettre en scène quelques admirables tampons, mais le «zanti» préfère courir, pas seulement après ses chimères.
Ce qu’il y a de marrant, c’est que le fondateur de l’épreuve, un certain Phidippidès (pour d’autres, ce serait Euclès ou Thersippos) est mort d’épuisement à l’issue de sa course pour prévenir Athènes de la victoire de Miltiade contre les Perses. On n’ose espérer que nos «zantis» nous gratifient du même présent en diminuant de la sorte le nombre de crétins en activité.
Ce qui l’est encore plus, à considérer les mines épanouies des sympathiques compétiteurs, 100 mètres avant l’arrivée, c’est que ce type de course constitue une véritable torture que s’infligent volontairement ces héros du masochisme militant.
Le marathon, c’est la glorification de la souffrance d’un corps poussé au paroxysme, dans un acte gratuit et inutile. Pourquoi pas, chacun trouve son plaisir où il veut et ou il peut, tant qu’il n’emmerde pas les copains?
C’est aussi la recherche du shoot aux endorphines, ces neurotransmetteurs anesthésiants ou du plaisir, cinq fois plus libérés dans les situations extrêmes. Ces mêmes endorphines que l’on trouve en quantités considérables lors des prélèvements opérés sur les carcasses des toros de combat.
Le «zanti» militant trouverait donc sa jouissance dans le masochisme actif, qui plus est de même nature que celle du toro brave: intéressant!

Le plus hilarant dans l’affaire se trouve souvent dans les commentaires que la claque réquisitionnée se croit obligée d’infliger toujours avec une profonde originalité des arguments comme de la sémantique.
Le con ne doute de rien, on le sait, mais de là à brandir sa turpitude comme un étendard, on tutoie l’indécence comique. Surtout quand le con se fait lyrique!
Ainsi, cet exemplaire représentatif de l’espèce qui n’a pas encore compris que l’amphithéâtre nîchmois n’avait pas été précisément édifié «au temps de la Gaule Romaine» pour «resplendir de lumière et de culture». A moins que le bonhomme n'ait trouvé quelque attrait civilisateur à l'anéantissement de la culture celtique gauloise, à l'esclavage, à l'impérialisme militaire ou aux jeux du cirque.
Il faudrait peut-être demander à la FLAC d’expliquer à ses sectateurs les plus extatiques, qu’un gladiateur n’était pas un gentil adepte des bisounours pour leur éviter d’envisager leurs prochaines vacances en Syrie ou en Afghanistan en pensant qu'ils vont au Clubmerd.
Nous vivons une époque moderne…
Xavier KLEIN
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lundi 4 juin 2012

Vuelta à TOROS y MOVIDA 2012

J'aime ces moments où, par delà les différences, par delà les goûts, par delà les clans ou les chapelles, on se retrouve pour partager.
Est-il uniquement question de passion commune? Rien n'est moins assuré. L'important est surtout dans la rencontre et ce qui l'accompagne: la convivialité, l'échange, le menu et pourtant fondamental plaisir d'être ensemble.

C'est à cette rencontre qu'invitaient les peñas «historiques» de Dax et, comme dab, ce fut une réussite.
Si l'on communia dans cette afición ordinaire, quotidienne, populaire, authentique qui paye et sue sur les tendidos surchauffés; l'«autre», l'«indignée», celle des figuras, des parures et des barreras sombres pointait aux abonnés absents.
Normal!
On rencontra ces aficionados de verdad, ceux que l'on croise partout, dans les novilladas de village comme dans les grand-messes, dans les capeas modestes comme dans les corridas de figuras solennelles, ceux qui se réunissent dans les peñas pour les vêpres braves télévisées.
On déjeuna dans un patio de caballos infiniment plus sympathique et infiniment moins garni que lorsqu'il est de bon ton de s'y montrer en uniforme festif bicolore.
Eric DARRIERE, Peña ALEGRIA

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Pascal DAGES, C.T.J.A.
S'y côtoyaient pour estoquer les haricots cocos, le petit peuple des toros, des têtes familières, un ex-président de la Commission Taurine, Monsieur le Maire, aficionado de siempre, les «grognards» de la Vieille Garde taurine. On fut surpris de n'y point voir la plupart de ceux qui ont charge des destinées taurines de Dax. D'autres obligations plus impérieuses sans doute.
Non plus que la faune grouillante des callejons! Pardi, il fallait payer son repas!

Matinée chaleureuse où les champions des peñas s'affrontaient des plus honorablement dans une joute courtoise. Vainqueur, le maestro Pascal DAGES dont l' afición vibrante n'est plus à démontrer.

Après-midi rafraichissante du bolsin, d'observation des jeunes pousses.

Thibault GARCIA, Centre Français de Tauromachie, Nîmes
Diego Aznar Ruiz de Saragosse
Diego Aznar Ruiz de Saragosse
Jose de Ciudad Real
Yanis d'Adour Aficion
Bétail inégal et parfois défaillant, mais entre amis, ces détails sont secondaires.
Elèves appliqués qui récitent les leçons consciencieusement apprises avec ce défaut quasi général de vouloir composer la figure avant de songer à lidier. Connaissent-ils seulement le sens du mot lidia, et ce qu'il recouvre?
Lot de capeistas desigual, certains en début de parcours, d'autres très affutés avec un oficio qui les a promus ambassadeurs de leur écurie.
On aimerait tant voir surgir un cancre, un Manuel Benitez, un de ces mômes impertinents et géniaux qui viennent bousculer l'ordre établi, un de ces rebelles réticents aux normes et aux conventions en vigueur, un de ceux qui comprennent instinctivement l'esprit sans se soumettre grégairement à la lettre.
Ces jeunes gens proprets et sérieux, témoignent malgré eux d'un déficit d'alma, signe des temps...
Et puis, il y eut le petit Cristiano TORRES, fils de l'espada Ricardo TORRES de Saragosse, dont nous reparlerons.
Et cette errance poétique par les corrales où l'on se perd pour mieux trouver l'âme de la tauromachie.
Et les parois des chiqueros où les toros dessinent d'étranges paysages avant de jaillir dans la lumière.
Xavier KLEIN