Humeurs taurines et éclectiques

lundi 9 août 2010

COSA NOSTRA

Ce dimanche 8 août 2010, le système mafieux qui essaie de s'implanter en France comme il sévit déjà en Espagne dans les milieux taurins a donné pleine mesure.
On dira que j'exagère encore.
On fustigera mes propos ou on écartera mes arguments d'un revers de manche.
On fulminera contre l'un de ces imprécateurs-qui-divisent-l'aficion-quand-le-péril-«zanti»-est-à-nos-portes-qui-vient-jusque-dans-nos-bras-égorger...
On invoquera les règlements de comptes, les inimitiés personnelles.
On stigmatisera l'aigreur chronique, l'insatisfaction permanente.
Et pourtant!

Voilà un conjuration de «taurinos»* qui se mobilise, comme par enchantement, pour assurer la promotion d'un jeune torero français, ni plus ni moins doué que ces congénères gaulois et à fortiori espagnols, mais qui bénéficie de l'avantage d'être apodéré par l'un des «leurs».
Qui sont ces «leurs»? Des gens qui se fréquentent depuis 35 ans, qui ont lutté pour se faire une place au soleil, qui ont rêvé, toréé, galèré, maquignonné, comploté, et finalement émergé chacun dans son ou ses répertoire(s). Mais également des jeunes cadres dynamiques en mal de célébrité et d'opportunités de tienter à l'oeil.

Car chez ces beaux messieurs on donne dans la polyvalence et le multicarte, comme chez les V.R.P. d'élite.
Le point commun de cette aimable compagnie et communauté d'intérêt est de noyauter tous les lieux de pouvoir et de décision. Sans parler du Capo di tutti capi, qui règne depuis Vieux Boucau, comme d'autres le faisaient depuis Corleone.

Prenons le cas tout à fait représentatif de l'honorable sociétaire** bayonnais Don Olivier BARATCHART. Non content de sévir comme «directeur» des arènes de Bayonne, titre et fonction par ailleurs fort imprécis, il préside l'Association des Organisateurs de Corridas et Novilladas du Sud-Ouest, trône dans les instances dirigeantes de l'Union des Villes Taurines de France, et non tantum sed etiam, oeuvre dans le Comité Central de l'O.N.C.T.
Ces multiples à côtés lui conservant quelque loisirs, il les met utilement à profit pour apodérer le jeune Julien LESCARRET. Évidemment, tout cela n'a rien à voir avec la présence de ce dernier dans les cartels de Bayonne. Comme quoi il semble que si l'on ne peut, paraît-il, être à la fois aficionado et empresa, il semble qu'on puisse (voire que l'on doive) être à la fois apoderado et empresa.

Le charmant Julien -garçon tout à fait intelligent et séduisant au demeurant, ce n'est pas lui qui est en cause ici- ayant connu l'an dernier quelques déconvenues, "on" a donc fait le forcing auprès des «amis» pour qu'il puisse figurer sur quelques affiches. "On" a aussi fait le forcing auprès des autres en exerçant force pressions et en les assortissant de coups bas, ce qui, entre nous soit dit, ne peut que nuire à son pupille.

Il fallait donc s'attendre à ce que le moindre début d'embryon (merci Marc...) de commencement de succès se voie monté au pinacle par la claque et le concert des copains réunis afin de relancer la carrière du sympathique concurrent.
Il semblerait que le prodige potentiel soit finalement parvenu à aligner quelques séries à peu près comestibles devant un ou deux bestiaux, et qu'il ait récolté en un week-end quelques pavillons de complaisances dont on sait ce qu'ils valent, et comment ils sont distribués par des présidences «compréhensives».

Cela suffit pour que la mobilisation des copinages s'opère, que Don Dédé pérore et mette en demeure les réticents, avec force insistance, pour qu'ils réparent l'injustice faite à «Juju» (http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-08-10/08-08-102.php).

Dieu et sa Commission Taurine nous en préservent pour Dax tout au moins!

Ou bien il leur faudrait ignorer la campagne de dénigrement systématique que le sieur Olivier ne s'est pas gêné de mener durant plusieurs mois contre les «maudits et perfides dacquois» qui en 2009 avaient sournoisement placés un grand sobrero du Conde de Mayalde qui fit malencontreusement trébucher le pauvre LESCARRET.

Les agissements de la Mafia ne me perturbent nullement lorsqu'ils restent dans leur aire d'appellation contrôlée. Ca fournit l'occasion de films à grand spectacle, de musiques géniales d'Ennio MORRICONE et file le frisson au touriste en villégiature à Palerme.
Par contre la chose m'importune passablement dans un sud-ouest où l'esprit gascon épris de liberté, d'indépendance et de pondération s'est toujours refusé à la mainmise des affairistes.

On parle depuis des années de limiter le cumul des mandats chez les politiques, on serait bien inspiré de le réclamer également en matière taurine.
Cela éviterait sans doute que la gangrène mundillopathe qui sévit au sud des Pyrénées n'en gagne aussi le nord, avec les conséquences néfastes qui y tuent la tauromachie à petits feux.

Xavier KLEIN


* http://www.sudouest.fr/2010/08/08/julien-en-son-royaume-156297-716.php
** On appelle aussi la Mafia: Società onorata (l'«honorable société»)
.

vendredi 6 août 2010

TRIOMPHER et TROMPER

Dans la continuité du dernier article qui évoquait la SEMANTIQUE, il est toujours utile de se référer à l'étymologie des mots (c'est à dire à leur origine et à leur histoire) pour appréhender le sens profond des choses.
Je suis régulièrement agacé par l'emphase et l'exagération systématique de moult commentaires et reseñas qui usent et abusent de superlatifs qui frisent le ridicule.
En dehors du fait que tout ce qui est excessif est insignifiant, on en arrive à une déconsidération des commentaires comme de ce (et de ceux) qu'ils sont sensés commenter.
Personne n'est plus dupe, surtout chez les aficionados. Et même le public néophyte prend ces propos avec distanciation, se doutant bien que tant d'éloges, par leur excès même, sont contestables.
Ma grand-mère avait coutume de dire (je traduit du patois): «Louange de soi, couronne de crotte». J'ai eu bien de la chance d'être éduqué par cette grand-mère là...

Pour en revenir à l'étymologie, travaillant il y a quelques années sur les emblèmes du pouvoir dans la Rome impériale, j'avais constaté que le mot TRIOMPHE (du latin triumphus: entrée solennelle d'un général en chef victorieux) avait des racines communes avec le mot TROMPER (du latin vulgaire trumpare, altération de triumphare: triompher).
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le triomphe des généraux romains vainqueurs (qui à l'occasion accédaient à un statut quasiment divin) s'est peu à peu dévoyé.

Tout d'abord on a commencé à accorder le triomphe pour n'importe quoi, y compris pour des escarmouches. Puis on a fini par l'accorder à n'importe qui.
Ainsi, les empereurs ne pouvant autoriser que quiconque pût rivaliser avec leur majesté, s'attribuaient les triomphes de leurs généraux. Et l'on voyait des débiles incapables défiler sur la voie sacrée pour célébrer des victoires remportées par leurs généraux aux marges de l'empire, alors qu'ils n'avaient pas quitté leurs orgies du Palatin.
Ce sont d'ailleurs là les signes de la décadence qui ruina l'Empire romain.
On en est quasiment rendu à ce point, si l'on en croit la tendance qui donne progressivement plus d'importance à certaines empresas médiatiques, qu'aux spectacles et aux acteurs qu'elles sont réputées gérer. Dans les amphithéâtres antiques, rien de nouveau sous le soleil.
Le petit peuple de Rome ne s'est pas fait embobiner. Les TROMPES et buccins qui TROMPAIENT le peuple se sont vite confondues avec les TRIOMPHES à bon compte.
Ceux donc qui, à tous propos, invoquent le TRIOMPHE, devraient, avec quelque entendement, vite prendre conscience qu'ils trompent les gens, se trompent eux même, et surtout trompent de jeunes toreros ou novilleros sur ce qu'ils font.
Je ne suis nullement une référence ou un docteur en tauromachie, mais je reste surpris par le nombre croissant de gens qui à l'issue d'une corrida ou d'une novillada viennent me demander un avis parce qu'ils pressentent confusément que les commentaires «officiels» ne rendent pas souvent compte de la réalité. Sans prétentions de vérité, je leur dis ce que j'ai vu et ressenti, et force est de constater qu'il en résulte souvent de la défiance à l'endroit des laudateurs. Le public n'est pas idiot, quand il en a l'opportunité, il préfèrera toujours un avis critique, lorsqu'il est argumenté et expliqué, à la retape du fournisseur.
«Tout trompeur vit au dépens de celui qui l'écoute». C'est malheureusement le public et surtout les jeunes prodiges abusivement portés aux nues qui paieront la note.
Parmi ceux qui croulent sous des déluges de trophées factices, combien survivront aux réalités? Combien quémanderont des contrats quand, ayant passé l'alternative, ceux là même qui les auront encensés se détourneront péteusement de leur route?
Cessons d'invoquer sans cesse des triomphes, ils ne trompent que ceux qui veulent y croire.
Xavier KLEIN

NOTA: «Encyclopédie de la corrida» d'A. LAFRONT (Paco Tolosa) de 1950, on peut lire à l'article «oreille»: «La cession de l'oreille par la Présidence est, en principe, la plus haute récompense que reçoit un matador pour un travail de qualité supérieure. L'oreille du taureau ne devrait être accordée que dans des cas exceptionnels, à la suite d'un succès ininterrompu obtenu par l'artiste dans toutes les phases du combat.»

jeudi 5 août 2010

APRES LAS VEGAS et PEKIN, ABOU DHABI?

Abd el-Kader

Je révère, j'adule, je panthéonise la grande civilisation arabo-musulmane, celle de:
**** Muhammad ibn Muhammad ibn Tarkhan ibn Uzalagh al-Farabi (محمد فارابی). appelé le «second maître», qui fit revivre la philosophie grecque.
**** Muhammad ibn Ahmad Abū al-Rayhān «Al-Bīrūnī» (ابوریحان بیرونی), mathématicien, philosophe, médecin, voyageur.
**** Abū ‘Alī al-Husayn ibn ‘Abd Allāh ibn Sīnā dit «Avicenne» (ابو علی الحسين بن عبد الله بن سينا), celui que ses disciples appelaient Cheikh el-Raïs, prince des savants, le plus grand des médecins, le Maître par excellence, le troisième Maître (après Aristote et Al-Farabi)
**** Abū l-Walīd Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Ahmad «ibn Rušd» (أبو الوليد محمد بن احمد بن محمد بن احمد بن احمد بن رشد) dit «Averroès», immense penseur médiéval et l'un des fondateurs de la pensée laïque moderne.
**** Ibrahim ibn Sinan ibn Thabit ibn Qurra (philosophe, astronome, mathématicien et géomètre)
**** Ghiyath ed-din Abdoul Fath Omar Ibn Ibrahim al-Khayyām Nishabouri (غياث الدين ابو الفتح عمر بن ابراهيم خيام نيشابوري), dit «Omar Khayyām»*, «celui qui distribue ou ignore les biens du monde constituant un fardeau dans le voyage qu'il entreprend sur le sentier soufi», anticipateur de l'agnoticisme qui a écrit: « -Réveille-toi! Car le matin, dans le bol de la nuit,/A jeté la pierre qui met en fuite les étoiles:/Et voyez! Le chasseur de l'est a saisi/La tourelle du sultan dans un nœud de lumière.», un des plus grands rubayat de la plus haute mystique
**** Abu Bakr Mohammad Ibn Zakariya al-Razi, connu en occident comme Razi ou Al-Razi (رازی)
**** Abou Hamid Mohammed ibn Mohammed al-Ghazālī (أَبُو حَامِد الغَزَالِيّ), Algazel en occident.
**** Mohyiddîn Abu Bakr Mohammad Ibn Alî 'Ibn Arabî al-Hâtimî, dit Moheïddine Ibn ’Arabî (محي الدين ابن عربي), pour moi, le plus grand de tous.
**** Abū-Muhammad Muslih al-Dīn bin Abdallāh Shīrāzī, dit Saadi* (سعدی), prince des poètes.
.
Mais aussi l'apport juif sépharade de Moïse Maïmonide, médecin et philosophe qui influença, comme les précédents, toute la chrétienté occidentale. Ou bien Moïse de Leon, le compilateur du Sefer HaZohar, l'ouvrage fondamental de la Kabbale, Salomon ibn Gabirol de Malaga, «poète parmi les philosophes, philosophe parmi les poètes» ou Moïse ibn Ezra de Grenade.
.
Mais encore Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsu, (أبو المظفر صلاح الدين "الملك الناصر" يوسف بن نجم الدين أيوب بن شاذي) appelé aussi Saladin , le sultan-chevalier, poète et philosophe.
Et surtout l'émir Abd el-Kader ben Muhieddine ( عبد القادر ابن محي الدين), l'Abdelkader qui lutta implacablement contre la colonisation française en Algérie et pourtant fut surnommé l'«Ami des Français». Grand guerrier certes, mais surtout écrivain, poète, philosophe et théologien soufi, Grand-croix de la Légion d'Honneur et titulaire de … l'Ordre de Pie IX (un comble pour un musulman). On dit aussi qu'il adhéra à la franc-maçonnerie (Grand Orient de France, loge Henri IV). IL FAUT LIRE sa «Lettre aux français» et surtout ses «Ecrits Spirituels» qui témoignent de la plus profonde des pensées.
.
Pourquoi cette énumération très limitative (elle pourrait comporter des centaines de noms) qui pourrait paraître fastidieuse?
Parce que ces phares de l'Islam arabo-musulman (ou plus précisément de l'immense civilisation qui rêgnait d'Al-Andalus aux confins de la Perse) ont assuré du VIIème au XIVème siècle une suprématie absolue sur les lettres, les sciences et les arts, et la pensée de l'Humanité.
Parce qu'ils ont été le maillon indispensable dans la longue chaîne de l'évolution de la pensée et de l'art de l'Humanité.
Parce qu'ils faut les découvrir, les connaître, les lire, les savourer, sans modération ni retenue et surtout les CELEBRER.
Parce qu'aucune bibliothèque «d'honnête homme» ne saurait les ignorer.
.
Al-Andalus, qui maintint dans le tohu-bohu des âges sombres, le frêle lumignon de l'intelligence et du savoir de l'Homme, ne conserve quasiment plus rien de ses fastes d'antan. Ruinés par le fanatisme des Reconquistadores fanatiques, la même stupide frénésie de destruction, au nom de préjugés aveugles, que celle qui prétend de nos jours abolir la corrida.
Mais de cet âge d'or, demeure le souvenir mythique (et souvent mythifié) des contacts permanents entre le Khazrem d'Asie Centrale et les rives du Guadalquivir, en passant par la Bagdad d'Haroun al Rachid, l'Abbasside ou la Damas omeyyade. Les savants et les lettrés ne connaissaient alors nulle frontières et sultans, califes et vizirs se disputaient leur compagnie.
.
Il n'en va plus de même. Quand l'on recherchait avant le SAVOIR, on convoite désormais l'argent, seul étalon du POUVOIR .
Il paraît que les émirs modernes veulent collectionner les «attractions», telles que des îles et lagons du meilleur goût, les plus hauts gratte-ciels, la plus grande patinoire du monde ou une piste de ski artificielle sur les bords du Golfe Persique. Ou bien un Louvre miniature ou une Sorbonne au petit pied.
Ils ne leur manquait que d'importer à grands frais la TAUROMACHIE, en dépit d'un contexte économique qu'on dit difficile.
Il se trouve toujours des hurluberlus, des aventuriers ou des mercenaires pour profiter et cultiver le snobisme, le mauvais goût et la connerie humaine.
Les mêmes qui assuraient il y a peu sur les ondes nationales, à propos du vote catalan, « -Que la corrida n'était pas expansionniste».
Il est certain qu'elle ne devrait pas l'être, car elle ne peut se découpler de la civilisation et de la culture qui l'ont vu naître et qui portent les valeurs qui la sous-tendent. C'est cela même que les islamistes fondamentalistes honnissent: l'invasion de leur culture par des «produits occidentaux» imposés par les tyranneaux locaux.
Au fait, les femmes seront-elles admises? Ou bien au dernier rang, histoire de ne pas trop reluquer les sexes avantageusement moulés dans la soie?
Abou Dhabi...
«Exporter» la tauromachie à Abou Dhabi constitue non seulement un non-sens absolu, mais également une provocation inutile et surtout une désintégration du seul argumentaire qui tienne pour la justifier, celui du lien à l'identité et à la culture locale.
.
Simon CASAS démontre que l'appât du gain, le profit à court terme constituent bien la principale des motivations de ce mundillo aveugle, sourd et cupide.(http://www.aplausos.es/noticia/1799/Noticias/abu-dhabi-podr%C3%ADa-tener-gran-feria-taurina-a%C3%B1o.html)
Se prostituer ainsi pour trente deniers, jeter le discrédit et la honte sur notre cause, prendre le risque du conflit et de la déroute (car déroute il y aura, comme en Chine ou à Las Vegas), alors même qu'il s'est instauré sur les ondes l'avocat de la tauromachie est...misérable.
C'est à vomir.
Et que faisons nous?
Nous laissons faire!
Quand donc nous lèverons-nous?
Xavier KLEIN
* Pour la petite histoire, Henry de MONTHERLANT, l'auteur des «Bestiaires» vouait un véritable culte à Omar Khayyām et à Saadi (comme Lazare CARNOT, le révolutionnaire qui voulut qu'on prénomma son petit fils Sadi CARNOT, président de la IIIème République assassiné en 1894).

NOTA: Pour s'initier, lire les ouvrages de Frithjof Schuon et notamment l'excellent: «Comprendre l'Islam». Éd du Seuil.1976

TOUT COMBAT COMMENCE PAR DES IDEES, TOUTE IDEE COMMENCE PAR DES MOTS

Francis BACON
.
S'il est une chose qu'ont parfaitement intégrés les «zantis», c'est bien la prépondérance de l'arme sémantique. Il faut dire qu'ils ont également tout à fait compris qu'ils parlaient, et devaient parler non pas aux leurs, mais au grand public.
Cet effort de l'esprit pour s'ignorer et rentrer dans l'EMPATHIE, c'est à dire la compréhension des émotions et des sentiments de l'Autre est malheureusement oblitérée par l'impossibilité qu'ont nos grands esprits taurins de renoncer à leur ego surdimensionné.
Entendre l'autre, c'est accepter sa différence, le considérer et admettre qu'on ne détienne pas la vérité absolue. Y sont-ils prêts? En la matière, questionner c'est répondre.
.
La guerre engagée auprès de l'OPINION PUBLIQUE depuis 150 ans à propos de la corrida, ne sera remportée -elle peut être emportée, mais chaque succès n'est que provisoire- qu'à la condition de cette compréhension renouvelée de ce qui la meut et l'émeut.
Renouvelée, car ce qui engendra les succès d'hier ne sera sans doute plus pertinent pour ceux d'aujourd'hui ou de demain. La France change et son opinion aussi, il s'agirait de changer la stratégie en conséquence.
.
En ce sens, je ne cesse de souligner ici, combien certaines thématiques ressassées s'avèrent inopérantes voire négatives. Ne serait-ce que la ritournelle de l'esthétique, qui laisse absolument froids les français moyens.
Je ne voudrais pas encore une fois servir de mine d'idées à ceux qui en sont dépourvus, mais prenons date, histoire de sourire, et introduisons un élément fondamental qui ne manquera pas d'avoir quelque succès.
.
Cet élément crucial de la bataille des idées porte un nom: la SEMANTIQUE.
La sémantique, se propose d'étudier les «signifiés», les rapports de sens des mots. Mais aussi les conditions de vérité d'un énoncé, l'analyse d'un discours, et enfin ce qu'on appelle la pragmatique (très complexe à résumer simplement).
Il suffit pour saisir toute l'importance de la sémantique, que d'en constater les effets sur nos esprits. Ainsi sommes-nous blessés, ou pour le moins insupportés par les mots employés par les «zantis».
Tout ceci ne doit rien au hasard, et je m'amuse parfois de la réaction furibarde de certains habitués de ce blog devant les provocations sémantiques, parfaitement calculées, de ce grand coquinou de Jean Paul RICHIER, notre «zanti» préféré qui a lui, oublié d'être stupide et doit souvent se marrer.
Dear Jean Paul sait parfaitement tester in vivo les avantages de la «provoc» et les effets qu'elle produit. Il sait aussi ce qui peut «agir» le français moyen néophyte, et le mobilise en conséquence.
Les mots ou expressions employés sont soigneusement choisis et expérimentés comme techniques de communication, tels par exemple «les pro-tortures», «cruauté», etc. Mais aussi les thèmes «protection de l'enfance» (Fear, uncertainty and doubt: http://fr.wikipedia.org/wiki/Fear,_uncertainty_and_doubt), «parallèle avec le franquisme» (reductio ad Hitlerum: http://fr.wikipedia.org/wiki/Reductio_ad_Hitlerum), voire «répression policière», tous susceptibles d'émouvoir sur large spectre (cf
http://www.anticorrida.com/actualites/sommet-international-a-barcelone), et également les stratégies, telles que la désinformation et le mensonge («Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose.»).
.
Tout cela procède d'une technique parfaitement rodée, la DIABOLISATION, et j'invite vivement le lecteur à se rapporter attentivement au lien suivant pour en saisir les tenants et aboutissants (http://fr.wikipedia.org/wiki/Diabolisation).
Tout cela est fort connu et identifié, sauf par nos grands esprits observatoriens.
J'en veux pour preuve leurs réponses inadaptées qui peuvent éventuellement porter sur les convaincus, mais aucunement sur la masse.
.
Il y a en outre un immense boulevard ouvert aux «zantis» dans la confusion entre l'Espagne et la France. L'histoire taurine des deux pays est fondamentalement différente. Si l'aficion française gagne à se VICTIMISER (défense des libertés et cultures locales sur fond politique de tradition «radsoc»), l'aficion espagnole gagnerait à S'IMPOSER, ce qu'elle ne peut faire pour des raisons historiques et surtout organisationnelles (l'organisation des corridas est entièrement le fait du mundillo, ce qui n'est pas le cas dans le sud-ouest, par exemple). En France les aficionados sont plus acteurs, en Espagne, ils sont plus spectateurs.
.
En Espagne se tapit le piège mortel de l'instrumentalisation politique. P.P. (Partido Popular) comme P.S.O.E. devraient se montrer vigilants à cet égard. Il est d'ailleurs lamentable, irresponsable et atterrant que Monsieur André se positionne comme il le fait en faveur d'un P.P. prétendument défenseur de la tauromachie.
.
Avec de tels boulets, les «zantis» n'ont pas besoin d'HELY: ils ont VIARD!
En ce qui me concerne je vois deux postures (ATTENTION ©!) éminemment efficaces:
1°) L'humour et la dérision, qui seuls peuvent s'opposer à la diabolisation. C'est l'arme historique de Voltaire et des philosophes. Là nous sommes mal barrés avec Casas ou DD...
2°) Le «retour de bâton» INTELLIGENT et MESURE: usons à bon escient et avec modération des mêmes procédés. Ainsi, troquons le mot «animaliste», contre celui plus connoté de «zoophile» (littéralement: qui aime les animaux) ou mieux de «bestialiste» (à opposer à humaniste), encore plus péjoratif et qui renvoie à des connotations plus glauques.
Immonde, n'est-ce pas? Mais ô combien efficace!
Après tout, pourquoi nous priver de ce dont use l'adversaire? Et puis l'immense Francis BACON, l'auteur, avant Beaumarchais du «- Calomniez, calomniez...» n'a t-il pas écrit aussi dans le De la dignité: «Avoir pitié de son ennemi, c'est être impitoyable pour soi même»
Quand je vous le dis: on ne lit jamais assez les anciens...
En attendant, ô lecteurs, public-chéri-mon-amour, si vous vous y mettiez aussi. Grand concours de sémantique anti-taurine.
Pas toujours les mêmes.
Xavier KLEIN

mercredi 4 août 2010

COMMUNIQUE DE LA COORDINATION DES CLUBS TAURINS DE NÎMES ET DU GARD

Les susdits me prient de transmettre le présent communiqué, ce que je fais avec plaisir s'agissant d'une ACTION POSITIVE et, comme ils le disent CONCRETE.
Il faudrait espérer que les empresas, surtout des grandes plazas bénéficiaires, relaient ces initiatives en facilitant REELLEMENT l'accès des spectacles au public jeune.

3 août 2010
Réagissant au vote du parlement catalan visant à l’abolition de la corrida en Catalogne, la Coordination des Clubs Taurins de Nîmes et du Gard, fidèle à sa tradition de formation, de transmission et de promotion de la tauromachie, a décidé de répondre par des actions concrètes sur le terrain.
Soucieuse de faciliter l'accès du plus grand nombre à notre culture taurine et nos traditions, elle offrira 200 places aux jeunes de 15 à 25 ans à l’occasion du Festival Taurin de St Laurent d'Aigouze qui se déroulera samedi 21 Août à 18 heures.
Le matin même, les jeunes de 15 à 25 ans seront initiés à découvrir capes, muletas, carretón, et cheval de picador dans les arènes de 10 heures à 12 heures avant l’encierro, et ce en présence des maestros participant au festival. Les 200 premiers se verront offrir une place pour le festival de l’après-midi.
Contact : coordination.printemps@gmail.com

mardi 3 août 2010

FAUT-IL CONTINUER D'ECRIRE?

Depuis deux ou trois mois, il n'aura échappé à personne une certaine inflexion de la «ligne politique», tant dans le contenant que dans le contenu, de notre cher président de l'O.N.C.T., Monsieur André.
Je dis Monsieur André, en allusion aux pratiques du milieu, où les truands de haut vol aimaient bien ce genre de manifestation de respect.
Diminuées les grandes envolées lyriques sur le «toro moderne», terminés les débats sur la pique andalouse, désormais Monsieur André donne plutôt dans le conventionnel et l'on pourrait presque souscrire à nombre de ses récents articles, sauf quand piètre mycologue, il se trompe parfois de champignons pour ses omelettes et délire sévère.
De même, nombre de thèmes abordés, d'argumentations utilisées, fruit de la réflexion de tous ces «petits blogs» qu'il méprise tant se retrouvent tels quels repris dans son discours.
Monsieur André, le fier Sicambre, pille sans vergogne (on dit verguenza en castillan) ce qu'il a brûlé et continue de brûler. Tout cela sans honorer de droits d'auteur et sans rendre à César ce qui lui appartient.
On ne pourrait que se réjouir de le voir ainsi revenir à de meilleurs sentiments, si ce n'est que professionnel de la volte-face et agent actif de ce mundillo qui porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle, il demeure capable de toutes les défections, ce qu'il a abondamment démontré ces dernières années.
Redisons le encore, le danger vient surtout de l'INTERIEUR et de l'aveuglement des taurinos qui ne travaillent qu'à la satisfaction de leurs profits.
Si la corrida doit mourir, c'est par cancer, nullement par exécution capitale.
Les «zantis» n'ont qu'à laisser faire et appuyer de temps en temps là où ça fait mal, histoire de raviver la blessure et éviter qu'elle ne cicatrise.
La Catalogne, en dépit du fait que le fond n'était nullement taurin, vient nous montrer que l'existence de la tauromachie demeure chose extrêmement précaire. Je ne partage nullement l'optimisme des adeptes de la méthode Coué qui pensent que la corrida en France n'est aucunement menacée. Ne serait-ce que parce que son existence dans le sud reste une tolérance, étayée sur un alinéas.
N'importe quel politicien démagogue -et Dieu sait s'il y en a- peut choisir de se «refaire la cerise» sur ce terrain là et d'ouvrir la boite de Pandore. Ce qui serait à mon avis politiquement très dangereux, car les réactions seraient sans doute très violentes: trop, c'est trop!
Comme la Rome décadente, la corrida en France est rongée DE L'INTERIEUR par l'affairisme, la démagogie et la communauté implicite d'intérêts entre des «zantis» qui n'existent que par la corrida, et les caciques de l'O.N.C.T. qui n'existent que par les «zantis».
Une superbe partie de «- Je te tiens, tu me tiens par la barbichette».
En voulez-vous une preuve simple, évidente et limpide?
Comment se fait-il qu'une organisation comme l'O.N.C.T., sensée représenter les intérêts d'une activité plus que rémunératrice, qui mobilise des sommes considérables, ne dispose pas des quelques milliers d'euros qui lui permette de fonctionner efficacement. Pas de site, pas de permanents, pas de secrétariat, pas de lobbying au niveau national ou européen. On en est réduit au badge et à l'hymne avant les corridas. On est loin de la conjuration des mémères à leurs toutous qui sacrifie un peu de la retraite des vieux pour alimenter copieusement la poignée d'activistes «zantis».
Si la corrida était REELLEMENT mise en péril par les «zantis», si vraiment le feu était à la baraque, on les verrait se démener et cracher au bassinet les maquignons du mundillo!
Les «zantis» également devraient y réfléchir à deux fois, afin de ne pas supprimer le fond de commerce qui justifie de leur existence. Disparu l'objet emblématique de leur aversion, les os qui leur resteront à ronger (gavage des palmipèdes, chasse, consommation de produits animaux) seront des morceaux autrement coriaces, parce que liés à l'économie et à l'essence même des cultures locales.
Pour revenir à la question de fond, est-il opportun d'alimenter par nos propos la réflexion et l'argumentaire du sieur Dédé? Une fois n'est pas coutume, je me réfèrerai à la tautologie Le Peniste: «préférer l'original à la copie» pour penser qu'il est grand temps que les aficionados, quelque soit leur sensibilité, s'organisent et se mobilisent pour que ceux qui prétendent à les représenter soit vraiment porteurs de leur parole et non de celle du mundillo.
En ce sens, l'O.N.C.T., ce «machin» qui veut réunir les loups et les añojos dans le même cercado, sera toujours inopérant parce que peu crédible, et aisément attaquable par les «zantis» qui ne se gêneront jamais, et ils auront raison, pour lui faire procès de défendre des intérêts lucratifs.
Qui peut attendre de Dédé le Boucalais qu'il s'en prenne à ce qui le fait vivre, à ceux qui le font vivre? Il a épuisé toute fiabilité et toute confiance et, loin de fédérer, ce qui serait l'objectif, il divise et stigmatise le rejet d'une faction importante et surtout la plus dynamique de l'aficion, celle qui écrit, pense, analyse, se positionne, se déplace.
Le problème de l'O.N.C.T., c'est celui de la confiance et de la crédibilité, mises à mal par la personne de son président qui parle parfois bien et agît souvent mal.
Le problème de son président c'est d'avoir asséné le 25 janvier 2010 devant le Sénat espagnol, entre autres billevesées: «ce n'est pas au spectacle taurin de s'adapter aux exigences d'un règlement inadapté, mais au règlement d'être conçu en fonction des besoins du spectacle que nous souhaitons produire.» (
http://bregaorthez.blogspot.com/2010/01/vers-un-munich-taurin.html)

Le premier et plus fondamental signal de la prise de conscience de la gravité de la situation, si tel est le cas, serait de nettoyer les écuries d'Augias et de virer tous les chevaux de retour plus ou moins vérolés qui se sont incrustés dans le «machin» (comme au sein de l'U.V.T.F.) pour en tirer les ficelles.
Faute de ce ménage salvateur, tous les discours larmoyants ne sont que propos hypocrites et fallacieux.
En attendant cet hypothétique et improbable sursaut, faut-il continuer d'écrire et de forger les armes des mercenaires?
Xavier KLEIN
.

HAGETMAU 2010

Deux lots de toros intéressants à Hagetmau.

Par leur comportement des Fuente Ymbro certes légers mais plutôt encastés. On retiendra surtout la faena de Juan del ALAMO au sixième. Un novillero qui détonne par son tempérament affirmé et un toreo qui pèse et nous tire de l'ennui et de la banalité ambiante. Mûr pour l'alternative sous peine de stagner.

Un lot de Miura de trapio respectable et dans le style de la maison où l'on a parfois retrouvé quelques traces de la fougue guerrière d'antan. Traces malheureusement trop raréfiées. Et cela me paraît poser problème: l'étiquette, festejo après festejo, correspond de moins en moins au contenu de la bouteille. Les terribles Miuras n'ont plus grand chose de terrible. C'est désormais un élevage certes encasté et agréable, malheureusement marqué par la faiblesse, mais qui n'a plus rien à voir avec sa légende.
Devant ces novillos, je le redis intéressants, on se souviendra seulement d'Esaü FERNANDEZ, qui seul pesa réellement sur ses adversaires, donna dans son style basique mais efficace les seuls vrais muletazos de l'après-midi.
Tout le reste, et notamment la débauche ridicule et inutile de trophées ne parvint pas à gâcher l'impression positive de deux après-midi plaisantes.
Xavier KLEIN

L'IMBROGLIO CATALAN

En réponse à Lionel (commentaire de l'article http://bregaorthez.blogspot.com/2010/07/lordre-culturel-doit-regner-barcelone.html) notre compañero El Chulo intervient.

Cher Lionel,
J’ai aimé votre courroux juvénile, et j’en profite pour éclaircir mon point de vue sur cette toujours épineuse question de la Catalogne, et de Barcelone plus singulièrement.
Vous ne l’ignorez pas, je pense, le problème catalan n’est pas nouveau, il a entre autres contribué à complexifier tous les problèmes politiques de l’Espagne du premier tiers du XXéme siècle et n’est pas sans relation avec les difficultés de la seconde république espagnole.
La crise, bien sûr a toujours tendance à favoriser les repliements sur soi, ainsi que des comportements d’exclusion et de radicalisation. La Catalogne n’y échappe pas.
Quand Madame Esperanza Aguirre, l’égérie de Dédé VIARD et grande supportrice de «Tierras Taurinas» s’est déclarée pro-taurine, au nom du P.P. (Partido Popular), elle pensait emmerder le P.S.O.E. (Partido Socialista Obrero Espagnol) qui avait une attitude bien plus prudente sur le sujet, et faire un «coup électoral». Depuis le translucide et mièvre Rajoy a déclaré que le P.P. était le "parti de la liberté" ou quelque chose comme ça. C’est aussi à pisser de rire!
Dédé insulta en cette occasion le P.S.O.E., et dans la foulée du «fascistoide» site Mundotoro encensa l’inconséquente.
Ils ont ainsi réussi à faire d’un problème catalano-barcelonais, un problème politique d’anti jacobinisme, donnant l’impression qu’ils pourraient depuis Madrid ou d’ailleurs, résoudre l’imbroglio, ce qui, évidemment a déchaîné les indépendantistes et transposé la chose sur un terrain identitaire.
Les «zantis» qui «réfléchissent» ne s’y sont pas trompé et s’empressent de ramener le problème sur leur fondamental: on doit interdire une activité où l'on «torture» un animal.
Au passage il est évident que la prise de position du P.P. ne pouvait qu’attiser l’argument idiot selon lequel la corrida serait «franquiste»*. Mais cette réaction identitaire pourrait finalement, toutefois, se retourner contre nos «zantis», certains l’ont fort bien compris.
Il me semble d’autre part, que faire de Barcelone une «terre d’aficion» ne tient pas trop la route. C’est Balaña ** père qui lui, vrai aficionado, avait tenu la boutique. L’héritier ne semble pas avoir la même fibre, son silence est assourdissant.
De plus la fameuse «aficion» catalane ne s’est à aucun moment mobilisée, ce qui tendrait à prouver, qu’en fait, là bas, tout le monde s’en fout. De plus, il ne me semble pas improbable, qu’à la fois les «zantis» et les «indépendantistes» aient pu être manipulés par quelque lobby qui se soucie plus de l’avenir immobilier de la Monumental, en plein cœur de Barcelone. Ce qui pourrait bien être au cœur du problème, c’est le niveau de «compensation financière» de Monsieur Balaña junior et l'avenir immobilier d'un site très convoité.
Ceci pourrait donner envie de rire ou de vomir.

Ceci dit, mon cher Lionel avez-vous vu l’ombre d’un commencement de début de semblant d’autocritique chez ceux qui prétendent défendre ce que nous aimions, ce dont EUX vivent grassement? Que non pas! La faute est totalement renvoyée vers les «zantis» qui au passage se nourrissent de cette nullité mortifère.
Non, non! Interdit de dire que Ponce est un voyou mondain! D’ailleurs le Roi l’a invité au mariage de son fils... Ou que les 4 ou 5 figuritas qui se présentent dans les arènes en gravures de mode nous emmerdent avec leurs exigences de divas ménopausées. D’ailleurs, si on les emmerde, ils ne reviendront plus et «tintin» le lleno d’ahuris peinturlurés.
Ce monde est implacable et aussi éloigné que possible de notre corrida, celle des espoirs déçus et de la divine surprise.
Lionel, je veux dire que certainement, rien n’est simple, mais pas non plus si compliqué.
Imaginons que nos penseurs de la corridas disent que ce torero est un voyou, un menteur, un «embustero», ou un «rempailleur de chaise», et non, que les toros «n’ont pas servi».
Imaginons aussi que ces influents disent que ces toros mollasses, merdiques, d’une connerie à pleurer, soient indignes de notre «fête». Hé bien, ils n’iront plus chasser, ou se feraient engueuler, ou perdraient quelque menus privilèges, ne serait-ce que ceux d’un accueil attentionné par les empresas.
Mais oui, Lionel, la gloriole, ça compte. Au passage ils diraient que ces toros étaient des merdes, au lieu d’expliquer qu’il y eut trop de pluie et que ça fait fondre les sabots.
Merde, Lionel on rêve!
Voilà, tout ceci ressemble à un grand paquebot, avec une petite brèche possible à colmater.
Le capitaine et ses officiers ont mis tout le monde dans les canots, y compris l’équipage. Ils ont pillé les coffres forts et les cabines et se sont fait «transborder» vers l’île en vente de Mme Bettencourt.
Et puis comment ne pas s’étonner de ces plazas vides en Espagne! Comme si la corrida n’avait plus rien à dire aux Espagnols, enfin, cette corrida là. Comment ne pas dire, avec Xavier, que bien sûr, comme tout art, la corrida se consomme dans l’immédiat et l’émotion, et que ces infâmes retransmissions télévisées sont totalement contraires à ce plaisir de l’instant et servent uniquement à payer ces clowns en Armani.
J’ai déjà évoqué le «dire» d’antan de la corrida.
La France avec ses Placitas est un lieu étrange de résistance. Les éleveurs s’y intéressent de plus en plus. Ils choisissent le risque du hasard, de la divine surprise, hors des sentiers battus, des juanpedreries, des moues dégoutées des stars, au risque de faire éreinter par les tenants de la chapelle.
Bon courage amis!
El Chulo

NDLR
* Le P.P. a «recyclé» nombre d'anciens franquistes.
** Balaña: empresa de la Monumental de Barcelone

lundi 2 août 2010

C'EST PAS MOI QUI L'AI ECRIT

Perlissimo dans l'édito du blaireau cendré de Vieux Boucau (dimanche 2 août 2010: http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-08-10/02-08-102.php).
Des comme cela, c'est de la vraie de vraie de vraie, toute fraîche pêchée dans le lagon boucalien. Jouez hautbois (mélancoliques) résonnez musettes!
«Sauf erreur de fabrication, les toros modernes sont donc tous porteurs des qualités essentielles nécessaires au toreo abouti -bravoure franche et noblesse vive- et il suffit de savoir jouer des bonnes touches au bon moment pour faire entendre la petite musique que chacun attend. Toutes proportions gardées, c'est un peu comme le patinage artistique : le public connaît d'avance le répertoire des figures imposées et il attend que ses champions les enfile. L'apparente facilité avec laquelle ceux-ci répondent à son attente est le fruit d'une virtuosité dont on ne prend conscience, a contrario, que quand l'un ou l'autre chute.»
Ca pour se faire enfiler avec virtuosité par des «champions», on ne saurait mieux dire, mais c'est le plaisir et non la facilité qui est dans l'attente, quoique...
Après Las Vegas, l'enfer du jeu, Vieux Boucau l'enfer du sexe.
Si Dédé donne dans le kamasutra maintenant!
Enfin, on est content d'apprendre la confirmation officielle du président de l'O.N.C.T. que les «toros modernes» qui lui sont si chers sont «fabriqués». Une sémantique qui plaira sûrement beaucoup aux «zantis»
Xavier KLEIN
PS: Le récital ne s'arrête pas là, lire plus loin: «dans l'arène une voltereta est une valeur ajoutée, en ce sens qu'elle témoigne de l'engagement de celui qui la reçoit». Moi qui croyait bêtement qu'une voltereta résultait surtout d'une connerie. Il faudra expliquer la «valeur ajoutée» à Julio Robles, Nimeño ou récemment Jose Tomas, je ne doute qu'ils aient perçu toute la succulence de la chose.

jeudi 29 juillet 2010

L'ORDRE CULTUREL DOIT REGNER A BARCELONE: vers un référendum pour l'interdiction de la paella valencienne et du gazpacho andalou


La perle noire et baroque de l'aficion inspirée, notre cher Ludo, nous transmettait dans des commentaires, le lien vers un article du 29/07/2010 de l'ABC.
http://www.abc.es/20100729/espana/ahora-caza-munecas-flamencas-20100729.html
Pour ceux qui ne comprennent pas l'espagnol, il s'agît de relater les efforts de l'actuelle municipalité pour guerroyer contre les boutiques de souvenirs à connotation espagnole (danseuses flamencas, toros en plastiques, etc.) pour les remplacer au pis par un «artesanía propia catalana» (un artisanat proprement catalan).
Ce n'est pas que je sois un fanatique du colifichet mais quand même! Ou vont se nicher les agents actifs de la perversion morale du fier peuple catalan!
Après l'épuration ethnique inventée par les oustachis croates fascistes en 1941, voilà l'épuration culturelle.
Doit-on s'attendre sous la pression de leurs alliés bestialistes à une épuration gastronomique (suppression de tous produits d'origine animale + gastronomie espagnole), voire textile (ni laine, ni cuir, ni soie).
On ne sait, la connerie humaine étant sans limite...
Chacun jugera!

Xavier KLEIN

CATALOGNE, l'inceste culturel


Toutes les sociétés vivent comme tous les êtres humains en naviguant sans cesse entre deux pôles:
MOI / L'AUTRE
INDIVIDU / COLLECTIF
REPLI SUR SOI / OUVERTURE SUR L'AUTRE
IMMOBILITE / MOUVEMENT
INTERIEUR / EXTERIEUR
CONSERVATISME / PROGRESSISME
IDENTITE / UNIVERSALISME
REGION / NATION
FEODALITE / IDEE IMPERIALE
Chacun, par son histoire, par son vécu, par sa culture, par ses choix conscients, se situe plutôt vers l'un ou l'autre de ces pôles.
Il n'y a pas de bon choix, il n'y a pas de mauvais choix, il y a un équilibre à trouver entre les deux.

On ne peut rester tourné vers soi, comme on ne peut vivre totalement tourné vers les autres.
On ne peut sans arrêt progresser, sans prendre le temps des pauses, de la réflexion et de la méditation.
On ne peut non plus demeurer à se regarder le nombril sans jamais se soucier du reste de l'humanité.

Par contre, l'idéal philosophique et politique me semble parfaitement résumé par le terme de FRATERNITE, tel qu'il fût récemment explicité par Régis Debray.
Le choix catalan me paraît détestable en ce qu'il n'est pas un choix positif, mais une entreprise REACTIONNAIRE stupide fondée sur de bas calculs politiciens à court terme.
Et les «zantis» ont tort de plastronner. La tauromachie fût là un prétexte démagogique, un symbole de l'hispanité qu'il convenait de sacrifier au veau d'or catalan, et non une adhésion à leurs thèses.
Le même réflexe de défense identitaire jouerait ailleurs -et notamment en France- en sens inverse.
L'idée de NATION s'est développée en France sur un fond philosophique UNIVERSALISTE et sur la trilogie positive LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, à laquelle je rajouterais HUMANITE.
Tel n'est pas le cas en Catalogne (mais aussi en Euskadi), où elle s'assoie sur le refus de "l'Autre espagnol".
Ce qui me soucie et me mobilise, n'est pas tant que la corrida ait été -théoriquement- bannie de Catalogne, c'est surtout le repli frileux, le refus de l'Autre, de ses valeurs, de son altérité que le vote porte en germe.
Il y a là une XENOPHOBIE, au sens littéral du terme qui ponctue monstrueusement un repli identitaire que je combats férocement dans notre pays.
Que les «zantis» ne se gargarisent pas d'un succès qui n'est que celui de l'intolérance et des calculs politiques sordides. Ils se sont associés à ce discours profondément malsain qui prône qu'on préfère sa soeur catalane à sa cousine andalouse, sa cousine andalouse à sa voisine portugaise, sa voisine portugaise à …. ainsi de suite. Rien d'étonnant à cela, on sait les affinités électives entre les deux courants.
J'aime les bals traditionnels avec Nadau, cela ne m'empêche nullement d'apprécier aussi le flamenco, la musique celtique ou le raï. Si les catalans ne s'en tiennent qu'à la sardane, c'est leur problème. Qu'on les laisse mariner entre eux dans leur bouillon de «déculture».
L'«inceste culturel» qu'ils viennent de commettre portera les mêmes fruits vénéneux que l'«inceste politique» des extrême-droites: dissensions, violence, radicalisation, intolérance.
Je n'ai plus envie d'aller à Barcelone, l'air y est devenu par trop vicié. Je ne serai sans doute pas le seul. Le problème est de savoir pour les catalans, si les crougnoles qui ont organisé quelques autobus pour aller y militer, compenseront les défections de ceux qui y allaient pour l'aimer.

Xavier KLEIN

mercredi 28 juillet 2010

LES CROUGNOLES


Je ne sais de quelle manière latine et scientifique se nomme la bestiole, mais c'est ainsi qu'un vieux métayer gascon de l'orée du Bois de Boulogne à Dax nommait un insecte minuscule qui non content de parasiter les chênes, avait l'art suprême de vous agacer les mollets par d'infimes et multiples piqures.
Et le vieux de rajouter malicieux: «- Mais tu sais petit (entendre peutittttt), les pires ce sont les crougnoles à deux pattes: tous les «minje merde» qui se satisfont d'empoisonner la vie de leur prochain.»
C'est un des glorieux héritages de notre passé rural. Le paysan français ne se réjouit pas tant de sa bonne récolte que de la mauvaise du voisin.
Le jour où l'on interdit de fumer dans les lieux publics on vit exulter les crougnoles. Ils jouissaient sévère les ratagas, de la frustation de leurs ennemis jurés. Et ce n'était pas tant de pouvoir respirer un air sain qui les dopait ainsi, que de voir la déconfiture des nicotineurs: vas y souffre! J'aime! Ne fume plus, c'est du belge!
En ce moment ils se remobilisent: on peut plus pétuner dans les bars, mais les gonzes vont se réfugier sur les trottoirs. Encore des combats à mener!!! On les aura!!!
Et quand on les a eu, THE BIG FOOT, le tout grand panard, l'éjaculation vinaigrière, le triomphe des crougnoles...
En ce moment l'espèce prolifère. Que voulez-vous, l'ambition ultime des nains est de pouvoir un jour supplanter les grands. Elle pullule sec en Catalogne, haut lieu branché de la crougnolerie.
Sanctuarisé le territoire, on y prépare les pèlerinages, on frappe les médailles, on fourbit les icônes: la Vierge noire de la Madrague, Saint Hély, Sainte Popolette du Boost.
Moi, personnellement je m'en bats l'oeil à m'en rendre borgne. On n'aura guère vu évoquer le binz dans la Brega. D'autres s'en occupent à Bayonne ou à Vieux Boucau, des spécialistes paraît-y !
C'est leur merdier aux cata-lands, vaut mieux pas s'occuper des affaires de famille, ni vouloir séparer des chiens qui se chicornent.
Et puis, aller ferrailler pour défendre les gros sous du mundillo, c'est comme aller en Irak pour défendre ceux des grands pétroliers US.
Faut laisser grenouiller les mercenaires, les experts en coups tordus, en listes fictives, les OSS 64, les barbouzes mundillesques, les Bob Denard au petit pied, qui se font coincer un jour par la patrouille, comme aux Comores.
Quant aux nuisibles qui mènent croisade, au crougnocosme, leurs épanchements programmés au grand soir abolitionniste s'apparenteront au fade plaisir solitaire des fanatiques frustrés, à la morne joie du père blanc qui fourgue des soutifs aux vahinés, à la triste allégresse du capucin qui a brulé son content d'idoles aztèques, ou du confesseur qu'a surpris et puni une branlette de séminariste.
Ainsi va le monde, il y a toujours une crougnole pour se réjouir d'avoir emmerdé son voisin. Chacun trouve son plaisir où il peut, et comme il peut...
Xavier KLEIN

mardi 27 juillet 2010

RETOUR SUR ORTHEZ 2010: 3

Les principales critiques que j'ai pu entendre (et solliciter) portaient sur 2 points:
1- Le choix de la cuadra de caballos
De même que nous avons voulu donner des opportunités à des toreros et à des ganaderos, nous ne pouvions ignorer la cuadra du Señor Pimpi et de son épouse Nathalie, cuadra qui je le rappelle est sise à Poyartin, soit ½ heure d'Orthez.
On nous bassine sans cesse sur le soutien indispensable à manifester aux toreros et novilleros français, notamment lorsqu'ils sont du cru, on est moins dissert sur une jeune entreprise locale.
Les critiques, très nombreuses, portent surtout sur la taille exagérée des montures. Il semble que s'installe une «norme» ou une jurisprudence Bonijol.
Quand on se penche sur la chose, il me semble qu'il y ait là, chez le public torista, comme une manière de revanche sur l'introduction du peto. La légèreté et la maniabilité incontestables de la cavalerie Bonijol, le spectacle produit à la pique font des émules, surtout quand il se traduit par de bons vieux batacazos bien spectaculaires.
Méfiant par rapport aux modes et aux brusques changements d'humeur, je ne me suis pas encore fait une philosophie définitive à ce sujet. Je ressens comme un malaise dont je ne parviens pas à trouver la source.
Il y a tout d'abord l'insistance voire le battage qu'entretiennent certains de nos grands penseurs-boxeurs à ce sujet.
Il y a aussi le fait que le cheval me semble devenir objet. Un batacazo n'est pas sans conséquences, ni pour la monture, ni pour le cavalier. Il tendent à se multiplier avec la cavalerie Bonijol. A cette aulne là, les piqueros ne tarderont à prendre la tête du classement des blessures graves. Certes, il n'y aura pas de sang, mais rouler sous un cheval de 500 kgs peut être infiniment plus destructeur qu'une cogida, et le piquero se voit sans recours et sans défense. Je ne viens aux arènes ni pour voir y casser des hommes, ni pour y voir casser des chevaux.
Il me semble, et je le dis tout de go, qu'on se dirige vers le même genre de supercherie que le débat, on l'espère enterré, sur la pique andalouse.
Il s'agit d'identifier l'origine du mal. Provient-il de «l'instrument» (l'animal), de son dressage ou du savoir faire ET DU DESIR de celui qui le monte?
La cavalerie Bonijol n'empêchera jamais les picadors du dimanche, ni même leur désir de saigner un toro et de saloper une pique, encore moins les cariocas, vrillages ou autres facéties.
Par expérience (quand d'autres boxaient, je cavalais), un selle français de 700 kgs peut se montrer excessivement mobile. J'en connais beaucoup (et je les ai expérimentés) qui concourent merveilleusement en dressage, plus en tout cas que d'arabes de 500 kgs au format bien plus réduit (tel Baloubet du Rouet, médaille d'or olympique en 2004, 1,70m au garrot).
Le problème vient donc à mon sens du dressage, du savoir faire et de l'intention du cavalier bien plus que des caractéristiques purement physiques de la bête. Pour illustrer la chose on pousse aisément sa voiture de 2 tonnes, on ne le peut plus avec le frein!
Il y aura donc lieu d'examiner posément la chose à tête reposée.
2- La réaction des présidences.
On s'offusque infiniment plus des quelques oreilles refusées que du monton d'appendices copieusement distribué. Et le débat se réduit à cela, alors qu'en l'occurrence le rôle d'une présidence est infiniment plus varié.
On comprendra que je ne puisse sans inélégance et déloyauté porter jugement (négatif ou positif) sur les décisions d'hommes que j'ai personnellement désignés. Ils avaient et conservent toute mon estime quant à leur probité et à leur compétence technique. En la matière tout est affaire de normes et de sensibilité. Ceux qui lisent ce blog connaissent ma philosophie, ayant souvent écrit à ce sujet (http://bregaorthez.blogspot.com/2010/05/quest-ce-que-le-bon-toreo-fin.html , http://bregaorthez.blogspot.com/search/label/HISTOIRES%20DE%20PALCOS
).
Je puis toutefois témoigner du sérieux tout à fait exceptionnel et minutieux qui a accompagné l'exercice: contrôle des règles sanitaires, des piques, rencontre du chef de musique, des toreros et cuadrillas, etc.
J'attends vos observations ou vos réactions: à vos claviers.
Xavier KLEIN

RETOUR SUR ORTHEZ 2010: 2- LA NOVILLADA

LA NOVILLADA
Notre objectif était de présenter une ganaderia originale, dans un encaste en «raréfaction».
Après un travail en commun avec les ganaderos, nous avons retenu un lot volontairement desigual, présentant les divers morphotypes de la maison. Nous avons aussi pris en compte les desideratas des éleveurs quant à éprouver «in vivo» la validité de certains de leurs choix, notamment de sementals.
C'était une novillada exigeante pour le public connaisseur que nous voulons rencontrer à Orthez. Nous n'avons d'ailleurs trompé personne dans notre communication à ce sujet.
C'est évidemment une option difficile, risquée, nullement démagogique et qui demandait à être expliquée par les commentateurs «officiels». Ce ne fût pas le cas, déplorons le, pour certains ténors, qui ont préféré, soit l'ironie et la critique facile (voire la putasserie de bas étage en exposant des galeries de photos de critiques rigolards ou des gros plans de cornes astillées alors qu'ils ne pouvaient ignorer l'intransigeance des éleveurs et de l'empresa sur la limpieza:
http://www.terrestaurines.com/galerie/#page=albums/photo=1989/album=84), soit le ressenti émotionnel primaire sans passer par la case "raison raisonnante", ce qui me paraîtrait, avant tout, relever de leur fonction.
Si l'an passé, les novillos n'ont pas répondus à nos attentes et nous ont déçu là où nous les attendions, c'est à dire la mobilité et l'émotion, il n'en fût pas de même cette année. On peut tout dire, sauf que ce fût ennuyeux.
Il me paraît toutefois clair que nous n'avons pas encore trouvé l'équilibre souhaitable. Pourquoi?
On pourrait résumer la problématique par la formulation de notre compañero Fix: l'expérimentation OUI, la recherche fondamentale NON. Et, pour l'heure, j'ai tendance à m'accorder à cette analyse.
Cette novillada a néanmoins le mérite de poser clairement un certain nombre de questions sur lesquelles on est légitimement en droit d'attendre des réponses:
* Peut-on logiquement (décemment presque) publier des opus sur papier glacé où l'on disserte à loisir sur un élevage et un encaste et se contenter par la suite de deux mots de présentation et de cinq lignes de compte-rendu sommaire et caricatural («hors type et de présentation démagogique»). Il faudra d'ailleurs qu'on nous explique ce qu'est une présentation «non démagogique» -sans doute gachos ou afeités jusqu'au oreilles-
* Peut-on se lamenter vertueusement sur la disparition de certains encastes, se mobiliser -verbalement il va de soi, c'est plus facile- sur le sort fait à Sanchez Fabres, et critiquer par la suite ceux qui se battent pour les faire vivre?
* Pourrait-on aussi m'enseigner comment des élevages peuvent se développer, progresser, évoluer, si on ne leur donne jamais l'opportunité, à un moment donné, de faire le point en présentant leurs produits?
Soutenir les éleveurs, c'est d'abord leur acheter les toros et les présenter. C'est leur acheter aux bons moments (cela tout le monde sait le faire), mais aussi quand ils connaissent des difficultés.
Comment ne pas poser LA vraie question, celle d'un système qui ne sait plus et surtout ne veut plus «produire» de lidiadores. Pire! qui organise et programme leur disparition. Le problème, c'est qu'on ne trouve plus de novilleros qui aient reçu la transmission du bagage technique propre à contenir, maîtriser, dominer ces toros. Et en cela le mundillo, et ses interprètes, portent une énorme responsabilité.
Quelle différence peut-il exister entre les propos de ce morpion de Paco CHAVES qui ont scandalisé l'aficion après la novillada de Moreno de Silva du printemps à Madrid et ceux de Vincent Bourg «Zocato» (
http://www.sudouest.fr/2010/07/26/la-peur-au-ventre-146934-727.php)? Allons Vincent, foin du sentimentalisme!
Le message me paraît être le même avec des mots différents: «De tels toros ne devraient pas exister.»
Que Vincent aime ou n'aime pas, c'est son affaire -et sa sensibilité est respectable-. Mais est-il là pour exprimer des opinions -parfaitement légitimes au demeurant- ou bien pour rendre compte des faits et leur donner un sens. Je ne sache pas que Sud-Ouest soit un journal d'opinion, comme l'Huma ou le Canard Enchaîné, ou bien cela se saurait. En outre, peut-être pourrait-il se dispenser d'allusions venimeuses et plus ou moins obscures sur les «choisisseurs». Monsieur Vincent, grand Nemrod devant l'éternel nous aurait-il défouraillé à l'aveugle, à la hanche, sur l'impulsion?
J'ai tendance à penser qu'effectivement, il nous faudra corriger le tir. Non par essence: la corrida c'est AUSSI l'émotion du danger, du risque, de la peur. Mais par principe de réalité: IL N'Y A PLUS DE NOVILLEROS CAPABLES DE GERER DE TELS NOVILLOS.
Dans ces conditions, allier la difficulté technique du bétail, insoluble par les novilleros actuels et une présentation, comment dit-on déjà … «démagogique», cumule un monton de problèmes qui deviennent insolubles.
La question se pose donc -et c'est la seule question qui vaille- de savoir si l'on doit se résoudre à capituler devant cette réalité, auquel cas une certaine tauromachie sera irrémédiablement condamnée, ou si l'on doit, envers et contre tout se battre contre vents et marée. Le débat reste ouvert.
Ce qui fait mal dans ces cas là, ce qui fait douter (mais le doute est salutaire aussi bien pour les choisisseurs que pour les journalistes), ce ne sont pas tant les critiques des malveillants (TT), ou celles d'autres sensibilités (Zocato), ce sont celles des «ceux» qui, partageant la même philosophie, jouent les fines bouches.
Foin de toute cette hypocrisie. Nous assumons, j'assume pleinement l'option retenue, c'est celle d'aficionados, pas celle d'épiciers, de banquiers ou d'assureurs (métiers parfaitement honorables par ailleurs) qui cherchent avant tout la sacré sainte (et hypothétique) garantie.
Il n'en demeure pas moins que j'entends les critiques et que je les intègre lorsqu'elles sont bienveillantes et argumentées.
Sans remise en question fondamentale, il nous faudra sans doute évoluer vers un peu moins d'aventure. Je l'ai souvent dit ici: une corrida ou une novillada, ce sont TROIS TERCIOS. Il me paraît aussi stupide de se priver du troisième que de sacrifier le premier.
Xavier KLEIN

RETOUR SUR ORTHEZ 2010: 1- LA CORRIDA

Comme l'an passé, je m'engagerai dans la périlleuse entreprise d'une évaluation PERSONNELLE (qui n'engage que moi), de la journée taurine d'Orthez, ainsi que des réactions qu'elle a pu susciter.
C'est vraiment un privilège que de travailler avec une équipe très plurielle dans ses goûts comme dans ses compétences, où l'on puisse aborder tranquillement tous les problèmes et les traiter avec sincérité et sans non-dits.
Ce l'est aussi que d'être entouré et soutenu par ses collègues élus.
Dés hier, la Commission s'est réunie pour un retour à chaud où nous avons considéré ce qui paraissait positif et ce qu'il convenait d'améliorer.
Je passerai ici tous les problèmes d'organisation pour centrer mon propos sur le fond proprement taurin et les enseignements que j'en retire pour ma part.
Il va de soi que je ne peux tout dire, question de loyauté à l'égard des partenaires tels que les toreros.
.
LA CORRIDA
D'un avis unanime, du moins pour ceux qui s'étaient donnés la peine d'être présents, et d'en rendre compte, le lot de Doña Dolores AGUIRRE a donné pleine satisfaction, voire au delà.
Il a plus que complètement répondu à nos attentes quant à ce que nous attendons des toros: piquant, caste, force (et originalité, dans la mesure où ils n'étaient pas présentés dans le sud-ouest depuis 8 ans).
Le mérite en revient surtout à cette élevage prestigieux. D'aucuns n'ont pas manqué de le souligner.
Encore fallait-il le programmer, ce qui était à la portée de toutes les empresas de France mais qui n'a été fait qu'à Orthez.
Encore fallait-il également choisir, dans cet élevage, le style.
Fernando Pizarro González, l'excellent mayoral de la maison a d'emblée posé la question: «¿Con trapio o con movilidad?». Nous avons choisi la mobilité... En trois visites, nous avons ensuite retenu parmi la douzaine d'exemplaires proposés, après de longues discussions, à l'écoute du mayoral et du veedor, les toros les plus conformes aux caractéristiques de notre plaza et de ce que nous voulions voir.
Encore fallait-il enfin tout mobiliser pour le mettre en valeur, et cela c'est le fruit du travail et des choix de la Commission.
En d'autres lieux, confronté à d'autres toreros plus... «installés», on n'eût peut-être pas connu la qualité du premier tercio.
Orthez n'a pas les moyens d'une politique des figuras. Elle n'en a pas non plus la volonté.
Etant donné l'évolution des moeurs et pratiques taurines, qu'est-ce qui pourrait pousser une figura à venir «se déboutonner» au Pesqué?
Nous choisissons donc les toreros en fonction de leurs propensions à la lidia, de leur motivations et surtout de leur adhésion au projet que nous voulons mener à bien: une lidia complète sur les trois tercios, et la mise en valeur des toros. Nous choisissons aussi des toreros qu'on ne voit pas, qu'on ne voit plus et qui mériteraient une opportunité.
Cette option nous permet de «peser» sur les toreros, ce qui serait inconcevable avec des figuras.
Vu sous cet angle, les 3 toreros retenus et leurs cuadrillas ont parfaitement rempli la mission qui leur était confiée, notamment en ce qui concerne le premier tercio (18 piques quasiment toutes honorablement effectuées), et nous leur en savons gré.
Par choix, par conviction, nous nous situons aux antipodes de ce que programme nombre de plazas, surtout les «plazas de feria»: un festejo sans concessions, qui veut réhabiliter une certaine éthique.
Il n'y a là ni compétition ni critique à l'endroit des autres plazas. Il y a là une proposition de diversité. Et c'est comme cela que doivent être compris et explicités nos choix.
Le bilan me paraît quand même positif, surtout pour qui ne sort qu'une corrida par an et ce depuis deux ans.
Pour autant, les dieux favorisant ceux qu'ils veulent perdre, goûtons sereinement à la coupe. Nous nous remettrons au travail dans un mois avec le réconfort d'une réussite, mais sans nulle griserie: le succès ou l'échec ne sont que les deux faces d'une même illusion.
Xavier KLEIN

dimanche 18 juillet 2010

ORTHEZ la plaza E.T.

Eric NORMAND, lecteur assidu de ces colonnes, est également l'honorable correspondant de Pyrénées Presse (la République, l'Eclair).
Il est par dessus tout mon ami, en dépit du fait qu'on me reproche régulièrement d'entretenir comme élu, des relations aussi … compromettantes avec la presse, ce dont je n'ai cure.
Il fait son boulot, je fais le mien, pour le reste, c'est notre problème si nous aimons à vider des copas ensemble.
Toujours à la pointe du progrès, et jamais à court de ressources, il lance un blog provisoire durant les fêtes d'Orthez:
http://fetesdorthez2010.blogs.larepubliquedespyrenees.fr/
Nul doute que vous pourrez y suivre, dés aujourd'hui, de nombreux petits à cotés de l'activité taurine et de la gésine de la journée taurine, avant la mise bas du 25 juillet.
*
Profitons de l'occasion pour préciser encore aux «ceusses» qui m'ont plusieurs fois interpellé par mail, que le présent blog procède d'une démarche individuelle où s'expriment des opinions ou impressions personnelles et n'est nullement un organe de presse.
Lorsqu'on me sollicite, j'y manifeste donc un soutien personnel (et gratuit...) aux idées et projets de gens ou d'organisations pour qui j'entretiens de l'amitié ou de la sympathie, ou bien, dont l'éthique, notamment taurine, me convient parfaitement (ce fut le cas pour Hagetmau).
Donc rien à voir avec les «organes» officiels ou commerciaux, dont on ne sait pas très bien ce qui motive et ce qui sous-tend la publicité qu'ils font (ou qu'ils ne font pas) de telle ou telle information.
Sur ce dernier sujet, il est fort intéressant, révélateur, voire amusant, de constater que certains sites taurins de grande audience, s'ils prétendent à l'omniscience taurine connaissent de graves lacunes du point de vue géographique.
Un problème d'atlas taché ou déchiré? De GPS déficient?
La destruction des archives lors de la dernière tempête sur la côte landaise peut-être?
Sans doute situé dans le repli élimé de la carte le bled, à moins qu'une tache inopportune...
Ou bien on aura frappé d'infamie, on aura jeté l'anathème, comme sur Sodome et Gomorrhe (et pas Sodorre et Gomonne...), on aura salé les terres comme Scipion à Carthage, on aura maudit jusqu'à la treizième génération: «Que ton nom ne sois plus!».
A moins qu'Orthez ne soit une plaza qui n'existe pas.
Une plaza de la troisième dimension en quelque sorte, et pourquoi pas une plaza extra-terrestre: «Pour lui, cela a commencé par une nuit sombre, le long d'une route de campagne, tandis qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva. Cela a commencé par une auberge abandonnée et par un homme que le manque de sommeil avait rendu trop las pour continuer sa route.»
*
Heureusement que certains silences crient plus fort que les vaines paroles ou les louanges de complaisance.
Ils font surtout sourire quant à la puérilité et au manque de professionnalisme et de distanciation de leurs auteurs.
Etre ignoré par la bêtise et la mesquinerie est un délice sans pareil pour qui sait l'apprécier.

Avec Eric NORMAND, rien à craindre de ce coté là: c'est un gastronome.
Xavier KLEIN

vendredi 9 juillet 2010

HAGETMAU 2010

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'affectionne particulièrement certaines plazas.
Cela tient à une ambiance, une esthétique, ou bien plus simplement aux souvenirs qu'on a pu y accumuler au fil des ans.
En dehors de Dax, l'arène qui a vu naitre et se développer mon aficion, la «plaza de mi tierra», ma sympathie va surtout aux petites plazas des Landes, plus qu'aux grandes, parce que la passion du toro s'y vit avec simplicité, sans fanfreluches.
Et surtout parce que les choses ne s'y organisent pas dans la facilité: elles doivent se battre contre vents et marées pour qu'y persiste le vieux rituel.
A HAGETMAU, de tous temps à jamais, on s'est acharné, avec aficion et buen gusto, à produire des novilladas de qualité avec des élevages de référence qu'on a toujours plaisir à voir ou à revoir.
Il serait interminable d'énumérer le gotha de l'élevage brave qui s'est égrené ici depuis des lustres, dans la capitale de la chaise (très meurtrie par la crise et les délocalisations spéculatives).
Une novillada de toros de respect, et une autre un peu plus «maniable», mais toujours avec ce souci de la caste et du combat qui seul peut susciter l'émotion.
L'an dernier, il y eût ce novillo de Partido de Resina, peut-être prémice d'un renouveau de la ganaderia.
Cette année, sont programmés des novillos «prestigieux»* de Fuente Ymbro et des «légendaires»* de Miura, dont on peut attendre, au vu de la régularité de leurs prestations, des après-midi intéressantes.
Je renouvellerai donc, en voisin, mon pèlerinage annuel à la cité chalossaise.
Peut-être nous y rencontrerons-nous?

Xavier KLEIN
*Désolé! Impossible de sortir l'affiche!!!
Rajout ultérieur: affiche trouvée sur le blog de la Commission, http://commissiontaurinehagetmau.blogspot.com/

mardi 6 juillet 2010

ORTHEZ 25 JUILLET


C'est parti!
Vous pouvez réserver vos places en ligne à l'adresse suivante ou bien sur place (05.59.69.95.17): http://resa.maplace.net/reservation.php?societe=Orthez%20feria&spectacle=&date=&userid=399118989
Pour le repas, nous ne sommes pas encore complètement au point, coté organisation (il faut réserver), mais ça viendra.
Le repas de l'aficion (21 euros sans le vin: chacun porte sa bouteille, mais nous avons également convié l'un des meilleurs producteurs de l'appelation Madiran, pour ceux qui veulent emporter quelques bouteilles au retour) où nous espérons vous rencontrer nombreux doit être IMPERATIVEMENT RESERVE auprès d'Agnès GARRIGUES (06.45.92.19.41 voir ci-dessus).

vendredi 2 juillet 2010

RIEUMGRAD: SOMMET DE l’Н.О.K.Б.(O.N.C.T.)

Le Kamarade Андрэи ВИАРД chaudement félicité par les membres du Politburo
Dimanche 27 juin se réunissait à Rieumgrad, d’abord le Politburo puis le Praesidium du Soviet Suprême de l’Н.О.K.Б. (Национальная Обсерватория культур быков: O.N.C.T.).

La cabine téléphonique de la place de l’Hôtel de Ville étant, malgré tout, trop exiguë, on se rabattit sur du conventionnel, la salle des Colibris Taquins.

On connaît l’investissement et le sens du sacrifice des kamarades du Politburo qui se dévouent inlassablement et bénévolement au service du Parti et de la Révolution.
On connaît le zèle, le désintéressement et l’ardeur révolutionnaire des kamarades O. Baratcharovitch (KGB), V. Bourgov «Zocatine» (chasses présidentielles et agitprop), G. Françovski (NKVD), M. Garzeleiev (Komissar au plan quinquennal), ou R. Merlinoff (Syndicats et travailleurs).
Sans compter les représentants de l’Union des écrivains et intellectuels révolutionnaires F. Wolffovitch et F. Zumbielski, et ceux de l'ensemble de la nomenklatura réunis pour la circonstance (que ces kamarades m'excusent de ne pas tous les citer d'autant plus que leur présence n'est nullement attestée).
Que du beau monde!
Un kommuniké a été aussitôt publié par Земли Быков (T.T.), organe officiel du Parti.
La déclaration solennelle du Secrétaire Général-président-konducator, le kamarade Андрэи ВИАРД (Andreï Viardev), réélu victorieusement avec 112% des voix, a été adoptée (à l’unanimité plus 10 voix) puis longuement applaudie par un plénum débordant d’enthousiasme (voir photo en exergue).
Le mot d’ordre demeure inchangé: «On prend les mêmes et on recommence».
La réunion s’est terminée en entonnant en cœur le «Se canto», suivi du «Coupo Santo», et de «Trois orfèvres à la Saint Eloi» (après les toasts). On ne sait pas si on a conclu par la danse des canards.
Le kamarade Андрэи ВИАРД a ensuite rejoint sa datcha de Vieux Boucau pour y jouir d'un repos bien mérité.
Les vipères lubriques et les infâmes valets du torisme international n’ont pas manqué de répandre leurs nauséabondes calomnies, en insinuant que de légers désaccords eussent pu exister, sur des détails secondaires.
En avant donc vers des aubes radieuses et des après-midi triomphales où les indultos et les déluges de trophées marqueront la victoire finale, définitive et irréversible du «toreo moderne»!
X. Kleinov

Articles des vipères lubriques:

jeudi 1 juillet 2010

MAINTENANT ON SAIT OU PASSENT EGALEMENT NOS IMPOTS

Il me semble avoir ouï causer pis que pendre dans les argumentaires «zantis», du «lobby taurin».
Un lobby qui existe certainement, à n’en pas douter. Faut assumer.

Ce qui me dérange passablement, ce sont ces explications simplistes du monde avec les gentils d’un côté et les méchants de l’autre. Les «purs» zantis et les «abominaffreux» taurins.
On s’aperçoit rapidement que le lobbyisme concerne tout le monde, de même que les subventionnements publics. Ce qui ne me choque nullement en soi.

Ce qui me hérisse, c’est le déni et pire l’hypocrisie.
Il est clair que la mouvance animaliste bénéficie AUSSI de l’argent du contribuable, ce qui n’a rien de scandaleux, tant qu’on ne s’en cache pas.
Des opérations de relations publiques sont organisées, tel ce buffet végétarien du mercredi 19 mai à l’Assemblée Nationale (
http://www.anticorrida.com/actualites/buffet-vegetarien-a-l-assemblee).

Dans les salons de l'Assemblée Nationale, Luce LAPIN, porte parole du CRAC avec André MERY, président de l’AVF, Association végétarienne française

Plus grave me semble cette imposture majeure qui consiste à avancer masqué, et à ne pas TOUT DIRE.
Ainsi, l’abolition de la corrida n’est que la première étape d’un projet bien plus vaste et non dit, qui s’en prend à toute instrumentalisation de l’animal.

Le CRAC, le CAC, le PETA et consorts ne s’attaquent pas seulement à la tauromachie, ils veulent l’abolition de l’élevage, de la chasse, de la pêche, voire qu’on n’utilise plus aucun produit d’origine animale (cuir, laine, soie, etc.).

à visiter ABSOLUMENT: http://abolir-la-viande.org/soutiens/

http://www.petafrance.com/

Avoir l’honnêteté d’assumer tout cela serait bien évidemment infiniment moins «porteur» et populaire, que de s’en prendre au symbole de la corrida. Ces braves animalistes se verraient alors en situation d’expliquer dans le Sud taurin, zone éminemment agricole, qu’il faut mettre un terme à la base même de l’économie locale.
Finis l’industrie du foie gras, la blonde d’Aquitaine, l’agneau de pré-salé, le poulet jaune, la laine des Pyrénées, le cuir de Mazamet, le duvet d’oie ou de canard, etc., etc.
Finis tous les produits dérivés, toutes les retombées économiques, en fait finies la culture et l’économie de toute une région.
Cela ILS NE LE DISENT PAS dans les happenings où l’on se vautre nu et ensanglanté devant les arènes et AVANCENT EN CATIMINI sans assumer la globalité de leur discours, de leur logique et de leurs objectifs.

La corrida est donc l’avant-poste avancé, la sentinelle qui protège et symbolise la ligne de front.
Et c’est cela qu’il convient d’expliquer aux gogos qui pourraient se voir séduits par des discours racoleurs, sans voir plus loin que la sensiblerie de Prisunic, l’émotion immédiate et bon marché, le sentimentalisme de bas étage.
Si la corrida venait à être abolie, on s’en prendrait derechef au gavage des canards, puis à l’élevage et ainsi de suite.
C’est à cela qu’il faut sensibiliser nos contemporains en leur montrant, preuve à l’appui, que la corrida n’est pour les «zantis» qu’un amuse-gueule avant le plat de résistance.
Dans ce sens, OUI, la corrida est bien le symbole de l’identité et de la culture d’une région.

Xavier KLEIN