Humeurs taurines et éclectiques

dimanche 9 janvier 2011

Tauromachie et fascisme?

"Le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est obliger à dire" 
Roland BARTHES



J’ai reçu, début janvier, ce courriel (email en bon français) de Monsieur Marc FABRE.
Marc FABRE, éminent débateur anti-corrida, a publié en 2009, un ouvrage que j’ai trouvé pour ma part éminemment  intéressant quant à son approche, intitulé : «Les Mythes tauromachiques» (Nouvelles Presses du Languedoc).
Il me semble tout aussi intéressant, même si cela fait rouscailler certains lecteurs qui trouveront vain de débattre ainsi avec les «zantis», de vous communiquer ce courrier, ainsi que les réflexions qu’il m’inspire.
Je tiens à saluer la courtoisie de Monsieur FABRE, qui se distingue de nombre d’opposants en évitant l’injure ou l’anathème gratuit. Pour autant, je me questionne quant à la parenté de ces thèses avec un tract dont j’avais déjà eu l’occasion de dénoncer l’inanité.
***
Monsieur Xavier Klein
C’est avec curiosité que je découvre aujourd’hui votre blog sur la corrida. Pour m’être penché assez longtemps sur ce sujet en tant qu’observateur critique, je remarque avec intérêt la passion, la tension voire les hostilités que cette pratique suscite en vous.
Vous me paraissez lucide et même intéressant sur bon nombre de choses.
Homme de gauche, vous devriez cependant savoir que les systèmes de domination sont des édifices précaires, sans cesse minés par des failles souterraines. Il y a dans la tauromachie un versant névrotique, destructeur et autodestructeur que je crois percevoir chez beaucoup d'aficionados (j'habite Nîmes) et aussi dans vos propos. (Je reconnais que l'exercice du blog est une courageuse, risquée et édifiante mise à nu)
Vous voudriez situer la corrida dans un sanctuaire apolitique alors que la corrida contient toute la politique. Et je souhaite vous dire pourquoi.

Voici ci-dessous ma réponse à F. Marmande qui faisait une énième apologie de la corrida et que «Le Monde magazine» a bien voulu publier à la fin octobre:
«Pour habiter une région de corridas et pour avoir observé en détail l’univers mental et la pratique taurine pendant plusieurs années, j’affirme que la tauromachie est un condensé des mécanismes et des mythes fascistes. A savoir le culte de l’héroïsme et du dépassement de soi, l’éthique de la domination, la morale de la force, le modèle (réduit) de la guerre et de la victoire, la purification par le sang, l’esthétique de la mort et du sacrifice, la glorification des martyrs, la nécessité du parcours initiatique, le détournement du sens commun des mots (respect, amour, loyauté), le bric-à-brac métaphysique de l’inexplicable, l’exaltation de l’Antiquité et de la tradition, la vénération de la hiérarchie, la mise en scène de l’émotion de masse, la magnificence du rituel et du décorum, le phallocentrisme et le retour du refoulé homosexuel, le recours aux sentiments identitaires.»
Si vous voulez en savoir plus sur cette réflexion je vous invite à lire mon livre «Les Mythes tauromachiques» paru aux Nouvelles Presses du Languedoc.
Salutations.
Marc Fabre
***
Il me paraît, dans ce texte comme dans son ouvrage, que Monsieur FABRE donne dans le travers très commun de confondre opinion et réalité. Mieux, il peut «affirmer».
Quel heureux homme de SAVOIR ainsi!
Il n’aura pas échappé au lecteur attentif de ce blog, combien, mis à part les articles résolument polémiques (pour le plaisir), j’use et abuse de manière tout à fait délibérée, des termes «me sembler», «me paraître».
Je pourrais presque en garnir toutes les phrases. Derrière ces précautions se niche le doute, et surtout le désir de ne pas confondre une idée, une conviction, une OPINION parfaitement personnelles et subjectives, avec une REALITE objective.
Nos approches sont donc diamétralement opposées puisque M. FABRE s’intéresse à la réponse alors que je me place plutôt du côté de la question.
Selon la tradition rabbinique, c’est précisément les définitions du croyant, celui qui a la foi, et de l’incroyant ou de l’agnostique. Ce qui me donne toujours à penser que les fanatiques de l'animalisme ET de la tauromachie se situent dans le répertoire de la croyance, et non dans celui de la raison.
Je pourrais souscrire à la globalité de son courrier, hormis sa réponse à M. MARMANDE, nous le verrons.
OUI, Monsieur FABRE, «Il y a dans la tauromachie un versant névrotique, destructeur et autodestructeur».
On pourrait se contenter de répondre laconiquement: «Et alors?»
Pour être toutefois plus explicite, étant donné que nous n’avons généralement le choix qu’entre la névrose et la perversion, il est plutôt heureux que vous nous ayez catégorisé dans ce pôle là. Néanmoins, je vous trouve très optimiste car je ne jurerai pas que quelques pervers ne viennent se fourvoyer a los toros.
Par contre, si l’on devait se passer de tout ce qui se révèle «névrotique, destructeur et autodestructeur», les activités humaines se réduiraient considérablement à un «meilleur des mondes» d’EloïsLa Machine à explorer le temps» d’Herbert George Wells).
A tout le mieux verrait-on la disparition de la plupart des expressions littéraires, artistiques et sportives.
Quoi de plus conforme à votre description que la pratique de la boxe, du rugby ou du … marathon, les opéras de Puchini, les tableaux de Goya ou de Dali, les films de Pasolini, de Nagisa Oshima ou de Woody Allen?
OUI, Monsieur FABRE, je veux «situer la corrida dans un sanctuaire apolitique alors que la corrida contient toute la politique.». Vous le dites fort bien: «je veux» (désir) et non «elle est» (réalité). Vous et moi savons que peu d'activités échappent au champ du politique. L'usage du bilboquet ou de la quenouille, peut-être?
***
En ce qui concerne votre réponse à Monsieur MARMANDE, je dois me reconnaître perplexe.
D’une part, parce que votre énumération procède de l’amalgame grossier, qui tutoie la reductio ad hitlerum.
D’autre part parce qu’un phénomène humain est nécessairement variable, voire évolutif dans son contenu comme dans son signifiant selon le temps et le lieu (surtout pour la corrida dont l’histoire se déroule dans plusieurs cultures et continents depuis 3 siècles). De quelle corrida parlez-vous? De celle de Mazzantini, de celle de Belmonte ou de celle d'El Juli? De celle de l'Amérique du Sud, de l'Andalousie ou de Vic-Fezensac?
Enfin parce que là aussi, votre définition répondrait à de nombreuses activités humaines, à commencer par la religion, version Eglise Catholique. L'Eglise Catholique est ou a été beaucoup de choses, mais sûrement pas fasciste.

Donnez-vous la peine de consulter la biographie et les écrits de Pierre de Coubertin et vous constaterez que vous vouez aux gémonies dans votre épître, l’esprit olympique moderne, qui n’a rien de «gentillet». Comment le grand homme résumait-il la chose déjà? «Citius, Altius, Fortius». Et ce n’est pas un fait du hasard si tous les totalitarismes, bruns comme rouges, ont beaucoup apprécié et exploité ces activités là.
Peut-on sérieusement généraliser un tel inventaire? Vous vous dîtes fin observateur et connaisseur de la chose taurine et vous semblez ignorer l’abîme et les fossés qui séparent les diverses perceptions de la tauromachie?
Vous plaisantez, j’espère?
Il ne vous aura pas échappé que les conceptions de Monsieur Simon CASAS, diffèrent de celles d'André VIARD, et que je ne suis nullement en accord avec les deux. Le monde taurin n'est nullement monolithique.
***
Vous me reconnaissez le mérite de la lucidité.
Je vous en remercie et je puis vous assurer en retour que si chaque aficionado peut trouver dans votre liste des éléments qui le concernent, il en laissera tout autant.
Culte de l’héroïsme et du dépassement de soi: Oui, et alors? C'est ce que l'on célèbre devant tous les monuments aux morts de France, mais aussi dans nombre d'oeuvres, de "l'Odyssée" d'Homère aux "Seigneur des anneaux", en passant par les romans épiques médiévaux. Le style épique fasciste?
Ethique de la domination: Non, mais dévoilement de cette pulsion, hypocritement cachée dans la société moderne. Encore ne s'agit-il que de la domination de l'Homme sur l'Animal, c'est à dire de quelqu'un sur ... quelque chose.
Morale de la force: Sûrement pas, puisque la force, c'est l'animal, et que l'homme se situe quant à lui dans le répertoire de la ruse et de l'intelligence dans le combat.
Modèle (réduit) de la guerre et de la victoire: Là, je ne vois vraiment pas... Je vous renvoie toutefois aux travaux de Jean-Marie BROHM, sociologue du sport.
Purification par le sang: Attention! Vous confondez avec les tauroboles du mithraïsme.
Esthétique de la mort et du sacrifice: Ritualisation d'un sacrifice certes. De la mort? Il me paraît que la corrida célèbre et surtout commémore le triomphe de la vie, la victoire de l'Homme chasseur. Mais sans doute cette idée relève t-elle du "bric-à-brac métaphysique"!
Glorification des martyrs: ??? Se souvenir et honorer les morts est-il désormais une tare dans votre société post-moderne?
Nécessité du parcours initiatique: Malheureusement non. Je crois que le malheureux Hermann HESSE, apologue de l'initiation et féroce antinazi aurait apprécié.
Détournement du sens commun des mots (respect, amour, loyauté): C'est votre opinion. Il ne me semble pas qu'ils soient détournés. A noter que la perception de ces valeurs et sentiments est aussi complètement subjective que possible. Ces trois mots n'ont pas le même sens pour vous, pour moi, pour un samouraï ou un chevalier médiéval (qui ont initiés le fascisme sans doute...).
Bric-à-brac métaphysique de l’inexplicable: Certains s'y livrent effectivement. C'était également le cas des fascistes Saint Augustin ou Saint Jean Chysostome. On a également formulé cette critique à la franc-maçonnerie, à la psychanalyse, et en règle générale à la philosophie.
Exaltation de l’Antiquité et de la tradition: Tradition? Je veux bien. Encore que fascisme et nazisme se voulaient "du passé faire table rase" et créer "l'Homme nouveau". Mais si vous voulez que l'attachement aux traditions soit absolument un symptôme de fascisme...
Antiquité? Mettez-vous au goût du jour! Cela fait plus de quarante ans que ce genre d'argument est dépassé, du moins pour les "tauromachologues" sérieux.
Vénération de la hiérarchie: Laquelle? Le torero à pied est l'émanation de la plèbe triomphante qui vient bouleverser l'ordre seigneurial des nobles-cavaliers.
Mise en scène de l’émotion de masse: Non, pas de masse. Justement, la corrida est une activité populaire, pas de masse. Mais bon, si vous voulez que l'ensemble des concerts pop, des manifestations sportives soit fasciste également.
Magnificence du rituel et du décorum: Oui! Oui! Oui! Comme la messe de Noël, l'ouverture des Jeux Olympiques, l'opéra, le concours de l'Eurovision, la séance d'ouverture de l'Assemblée Nationale, le défilé du 14 juillet 1989 de Jean Paul Goude, etc... Très fasciste tout cela!
Phallocentrisme et le retour du refoulé homosexuel: Vous avez vu un torero de près? Sûrement pas taillé comme un culturiste, un rugbyman, ou le cher Arnold S (on laisse ces goûts là à Thierry HELY)!
Qui vous parle du "refoulé" homosexuel? Comme dans tous les milieux, il y a de l'homosexualité, à mon sens plutôt plus qu'ailleurs (comme dans les sports collectifs, la légion, les camionneurs, la danse, les antiquaires, les coiffeurs, les..., les...). L'homosexualité vous pose problème? A moi, non.
Recours aux sentiments identitaires: Très à la mode non? Sarkozy, fasciste?
***
Vous m'excuserez d'être lapidaire, mais ces quelques réponses nécessairement sommaires et fragmentaires vous donneront une petite idée de l'inanité de votre thèse et de la facilité à l'infirmer.
Comparaison n'est pas raison. Prendre ses désirs -en l'occurence celui de diaboliser la tauromachie à tout prix- pour des réalités, me semble incompatible avec le souci de démarche rigoureuse que vous affichez.
On a mis le fascisme à toutes les sauces, ce qui est une manière de le banaliser et de le dédramatiser.
Excusez l'historien que je n'ai jamais cessé d'être, de le conserver dans sa véritable acception historique.
Le sport, la religion, l'idée de nation, la tradition ont été instrumentalisés par le franquisme, QUI N'EST PAS UN FASCISME à proprement parler. Pour autant, il est navrant de constater que de grands esprits pratiquent de telles funestes confusions.
Dommage!
Xavier KLEIN

Addendum ultérieur: A tout seigneur tout honneur l'article rétrospectif et génial de Maître Ludo: http://leciegonaimepaslesgens.blogspot.com/2009/11/on-feut-nous-paffer-au-fil-du-fabre.html 

16 commentaires:

Maja Lola a dit…

Merci pour ce texte si intéressant qui démontre que l'on peut débattre avec mesure, respect, clarté et intelligence.

el chulo a dit…

Je rejoins Maja Lola dans son éloge.

Fatigué aussi de voir le "fascisme" cuisiné à toutes les sauces, mais c'est bien une habitude: les staliniens n'accusaient t'ils pas les trotzkistes de "fascisme"?

De quel fascisme parle t'on: italien? allemand? portugais? roumain? autrichien? hongrois? français? etc, on pourrait allonger la liste.

Il est certain que Franco a flirté avec l'Axe, tant qu'il pensait en tirer avantage, et qu'une partie des phalangistes étaient, (las camisas viejas) d'authentiques fascistes.

Mais il a aussi su fédérer autour de son nom des catholiques intégristes ou non, des monarchistes, éternellement en attente de "restauration" mais surtout, exempt de toute véritable idéologie, si on excepte sa propre survie, alors qu'il était dépendant de divers courants antagonistes, il a su les rendre dépendants de lui en distribuant charges privilèges et gratifications diverses.C'est ce qui explique sa longévité à l'intérieur, sachant que de plus, il a parfaitement su vendre aux américains son "anticommunisme" au moment de la guerre froide.

Alors fasciste ou pas? quelle importance et qui est vraiment capable de définir Le fascisme. On s'accorde à dire que le régime de Franco fut un "national catholicisme" au moins jusqu'à Vatican II, cette dimension agaçait d'ailleurs suprêmement Hitler.

On entend aussi dire par les zantis que Franco était aficionado, or ce fait n'est soutenu par aucun biographe: Franco a assisté par obligation à quelques corridas, mais il préférait largement la chasse, la pêche au gros, la télé et les films à l'eau de rose et surtout le football.

Le caractère "apolitique" de la corrida me semble ne faire aucun doute, même si, évidemment les éleveurs étaient franquistes, par contre peu de matadors se sont engagés, laissant il est vrai les "subalternes" être représentés dans une milice républicaine. Au contraire, la plaza de toros retait un endroit populaire où pouvaient se cotoyer franquistes et surtout les autres.

Je comprends fort bien qu'on puisse ne pas aimer la corrida et l'admets parfaitement, mais comme tu le dis très bien, elle est multiforme, et reste une manière "d'auberge espagnole". Ce que j'admets moins, est que sous couvert d'érudition, on manie es arguments historiquement faux et très facilement contestables.

Excuse moi d'avoir été un peu long, Xavier.

sol y moscas a dit…

Interesantísimo escrito sr Klein... a pesar de mis limitaciones con el francés.

Un saludo

ludo a dit…

quelle manie de toujours vouloir nous coincer sur ce thème. c'est épuisant, irritant, désopilant et franchement ridicule.on dirait une dissert'de seconde. attttteeennntion ! je vais vous prouver par a + b que la corrida est par essence fasciste. et pan, toujours les mêmes topiques poussièreux. récemment Antonio Muñoz Molina remettait ce même couvert dans el pais ( section Babelia ).il retourne jusqu'à l'obscurantisme de Fernando VII pour déployer sa "thèse". c'est marrant ces écrivains qui veulent aussi nous faire croire qu'ils sont historiens.bon ,allez, c'est quand même ça de pris : ça avive notre mémoire, ça nous galvanise le retour sur soi, son histoire, son hispanophilie.
ce Fabre est un bretteur certainement aiguisé mais pas plus original que les autres.
j'avais "chroniqué" son ouvrage ici :
http://leciegonaimepaslesgens.blogspot.com/2009/11/on-feut-nous-paffer-au-fil-du-fabre.html
remettant à plus tard un balayage plus approfondi.par le biais de cette lettre et de ta réponse , Xavier, tu enfonces le clou.
chapeau.

abrazo.

ludo

josette benchetrit a dit…

Mais vous oubliez encore une fois les animaux!
le fascisme c'est envers eux qu'il s'exerce, sous forme d'abus de pouvoir, d'une attitude hautaine et nombriliste, et, justement dans l' oubli de la subjectivité bafouée des victimes que l'on se fait pour son petit plaisir.
Le fascisme commence avec l'entrée en scène d'un singe mal foutu homo auto-décreté...lool...sapiens qui,d'être plus puissant sur certains points que les autres, attrape la grosse tête et en devient l'Ubu roi de la Nature. Nature dénaturée peu à peu par ce tyran qui ne voit pas plus loin que e bout de sa queue. Oui, phallocentrisme de la corrida qui , évidemment, a son phallus : le torero.
Mais aurez vous les couilles de mettre une contradiction à votre discours ficelé comme le roti d'un animal torturé que vous avalez sans scrupule? je crois que vous supprimez de plus en plus tout débatteur, ne gardant que les fans.
Évidemment, Narcisse a ses petits plaisirs dont il a du mal à se passer.
Clap clap clap.! ha! quel doux bruit!

el chulo a dit…

j'avais en effet lu ta chronique "agacée" my dear ludo.

mais tu sais, on ne refera pas le xavier, il faut qu'il croise le fer qu'il a hardi, le bougre, qu'il explique toujours avec une exquise patience.

je pense l'avoir agacé, le javier, en effet au détour d'un café en lui sussurant que celà ne valait pas la peine de "s'escagasser" avec ces pseudo philosophes, pseudo historiens, qui ont simplement trouvé une fenêtre de "marketing". grand bien "bling bling" leur fasse.

pour le reste je dois avouer que le résultat est plutôt convaincant, encore une fois "enhorabuena".

Xavier KLEIN a dit…

Chère Jo,
1°) Quand on est «zanti», on ne dit pas animots mais «zani-maux», surtout que «zani» est le mot italien pour phallus: tout le monde sait qu'entre les pates pend zani!
2°) Je ne suis pas convaincu d'être un singe mal foutu, n'ayant encore jamais été sodomisé. Peut-être que la guenon que vous revendiquez d'être a t-elle plus d'expérience en la matière.
3°) Il me paraît difficile pour des raisons de souplesse d'échine d'être à la fois hautain et nombriliste. Avec un peu de yoga peut-être...
4°) Après tout, vous avez peut être raison sur le «mal foutu»: avoir la grosse tête et ne pas voir plus loin que le bout de sa queue suppose au choix ou concomitamment:
a- une malformation pénienne
b- une myopie prononcée
c- un abdomen très proéminent
d- une trétraplégie incurable
4°) Les problèmes de couilles vous travaillent plus que moi. Si j'étais femme, me causeriez-vous au vert?
5°) Je ne supprime nullement les débatteurs, je muselle les cons.
6°) Pour faire Echo, Narcisse a ses petits plaisirs, mais Goldmund?
7°) Vous détraquez combien de patients par an avec votre psychanalyse de supermarché?
8°) La grossièreté de ma réponse s'accorde t-elle bien à la vulgarité de votre commentaire?
CONCLUSION: Vous êtes un bon petit soldat à voler chaque fois au secours de vos congénères en danger. Mais il est des secours dont on se passerait volontiers: les pompiers pyromanes, ou les maîtres nageurs qui vous enfoncent la tête sous l'eau!!!

el chulo a dit…

putain, c'est quoi ce charabia informe qu'elle nous sert la jo?
elle décompense? elle a pété un cable?
en tous cas, voici une nouvelle version du fascisme qui vaut son pesant de cachuétes.
il faut absolument qu'elle arrête l'herbe qui fait rire, ou la bouteille de wisky dans le tiroir, ou peut être le gros rouge en fait!
en plus elle n'est pas gaie!
allez jo, une petite tisane et dodo!
qu'est ce que je te disais mon javierin, ces gens ne sont vraiment pas sérieux!

jo benchetrit a dit…

Tiens, Xavier, vous avez laissé mon comm. C'est tout à votre (enfin, à propos d'un aficionado, j'ai du mal à l'écrire car vous n'en voulez pas)..."honneur".
Après tout, si préférez vos contorsions pour ridiculiser mon propos, je vous propose en effet de considérer que qq. qui a un trop gros ventre ne voit pas ses pieds, surtout s'il ne regarde pas vers le bas où il met tout ce qui n'est pas lui.
En d'autre termes, à force de chercher le réel avec un bandeau sur les yeux, vous ne risquez que de voir les étoiles provoquées par un serrage trop fort. Là où vous distinguez de la lumière est l'obscurité de votre jouissance malsaine prélevée sur le dos des innocents que vous faites trucider à petit feu pour votre plaisir. C'est ça le réel, dsl. dsl pour vous, mais avant tout pour les martyrs offerts par une société stupide à de gens sans scrupules qui placent leur plaisir avant la chose la plus importante au monde.
Si" la plus belle chose au monde c'est L'amououour"...La plus importante c'est évidemment la MORALE.
Vous n'êtes pas d'accord?
Si c'est le cas, vous avez raison de continuer. Rassurez vous, vous ne serez pas seul. Car ceux qui soutiennent ça(enfin qui le soutiennent en actes et pas seulement en belles paroles), hé ben, ils sont très peu.
Sinon, dites moi si le nazisme , ça aurait pu marcher.

jo benchetrit a dit…

De plus, il est intéressant de savoir que le thème du livre de Hesse (Narcisse et Goldmund) auquel vous faites allusion est justement celui du choix entre, non l'animalité comme on dit bêtement, car ce n'est pas vrai, l'animal n'est pas dans la perversion, mais bestialité qui est propre à l' homme et spiritualité. Entre donc le bien et le mal.
La spiritualité au sens de choix de la morale.
Ce choix est decrit ici entre le sexe au sens propre et l'art qui sublime les pulsions. C'est en ce sens que l'art sort l'homme de sa barbarie en lui permettant de jouir sans nuire. Jouir en nuisant est le désir d'origine.
Castoriadis: "le desir humain est monstrueux".
Il s'agit bien entendu en général du desir inconscient. Pas du désir charnel vu comme Hesse le fait, celui de s'envoyer en l'air, qui est, ma foi, le mieux que l'on puisse faire pour son plaisir sans nuire, si tout le monde est d'accord, of course.
Le rabbin de France 2, l'autre dimanche, avait dit que le spirituel, c'est la morale. Dans le Talmud, il y aurait ceci: "le spirituel, c'est donner à celui qui en a besoin, offrir son aide. PLUS que de prier."

Venant d'un rabbin, il y a de quoi être admiratif.
J'ajoute ceci:
Choisir la morale contre le plaisir de nuire ou contre le plaisir qui provoque sansquon le veuille particulierement un mal chez l'autre, est source d'un plaisir encore plus grand.
Il ya un plaisir de la morale. on n'en parle pas. On dit toujours que la morale est une privation. C'est aussi une grande jouissance que d'être en accord avec son surmoi.

Sinon, pour le reste de votre comm, vous avez cherché à être ... spirituel, bravo.
Mais le rire,que j'apprécie d'ailleurs, même à mes dépens, s'il n'est pas facho (cad sil ne rit pas de la victime), est ce mécanisme de défense qui permet de fuir le réel. Exercice que vous semblez maîtriser quasi-parfaitement. C'est en cela que la corrida est incompatible avec l'analyse et que les analystes qui peuvent voir ça...et paient pour ça de surcroît, ne le sont pas, analystes.

jo benchetrit a dit…

suite:

Jusque là, mon cher, je vous l'assure en toute quiétude, et si mes patients un jour lisent ces mots, ils ne pourront pas dire le contraire, je n'ai qu'à me réjouir des effets de mes cures ( pour le moment surtout pour les enfants...mais les parents aussi vont en général mieux). je ne dis pas non plus que cela ne stagne jamais. Je ne suis pas toute-puissante.
C'est un très beau metier que le mien. Et les enfants vont très vite beaucoup mieux en grande majorité. Quel bonheur, n'est-ce pas? non seulement de ne pas nuire, mais de surcroît d 'être utile.
"Rendre à la terre ce qu'elle nous donne est le devoir de chaque homme"Einstein.
il aurait pu rajouter: le devoir et le bonheur.

J'aide aussi les chats de mon quartier en les nourrissant. Aider est une attitude normale, je trouve. Je m'étonne juste qu'il y ait si peu de gens à le faire.

Quant à celui qui fait torturer pour son plaisir, comment pourrais-je un jour le comprendre?

L.L. a dit…

Madame josette,
Nous mangeons les animaux, qu'ils soient à plumes à écailles...même à poils....
Nous mangeons les plantes...
Nous mangeons les gasteropodes, les batraciens...voire même les coquillages.

Nous sommes cruels...

En même temps ils s'en fichent... ils sont fait pour ça !!!

el chulo a dit…

putain, xavier, "entre les pates pend zani" c'est du Lacan!

josette benchetrit a dit…

LL, on peut aussi ne pas manger d'êtres sensibles, donc que des végétaux.c'est mon cas. excellent pour le gout, on se regale, et en ^rime, c'est bon pour le moral(et pour la morale)
vous dites ceci:
"Nous sommes cruels...

En même temps ils s'en fichent... ils sont fait pour ça !!!"
Comme c'est étrange de penser ça.
si votre mère vous avez fait pour être coupé en morceau, à la maniere de certains personnages de Sade, cela vous aurez moins fait souffrir d'être torturés?
Il y a la destination que nous avons en tête ET, d'autre part, loin de votre desir, loin de cette toute puissance absurde et ubuesque, le vécu des êtres créés.
El chilo, en effet, "entre les pates pend zani" , c'est très bien.
Mais peut etre nous montrez-vous ici que ça pend un peu trop et que du coup, vous vous sentez autorisé à faire souffrir pour que ça ne pende plus?
Tjrs aussi preoccupé de ce truc qui fait votre virilité?
Plus que par les égards dûs aux autres?

josette benchetrit a dit…

Ce qui est remarquable dans ce qu'a dit ce rabbin c'est que l'aide dont il a parlé pour illustrer son propos, c'etait l'aide donnée à un animal, son chien ou son âne, je ne sais plus.

el chulo a dit…

el chulo pas el chilo jo.

soyez assurée de plus, que je vous trouve parfaitement ridicule et risible.

pour le reste les vraies victimes du fascisme ou du nazisme dans sa déclinaison allemande apprécieront sûrement vos analogies. et moi avec!

comme je suis poli je ne vous salue pas et ne vous dis pas que je vous emmerde.