Humeurs taurines et éclectiques

vendredi 18 décembre 2009

LA POLITIQUE DE L’AUTRUCHE?

«Dieu n'est-il pas un extrémiste?»
Martin Luther King «Discours»
Faut-il absolument se montrer excessif pour devenir crédible?
Le paradoxe absolu de notre panorama taurin, et de la radicalisation délibérée du débat par les «faucons», c’est que les avis les plus modérés passent à leurs yeux pour être les plus extrémistes.
Je ne suis ni torista, ni torerista, je dénie ces deux étiquettes qui veulent classer caricaturalement les gens dans des catégories. J’appelle tout au contraire à valoriser la diversité d’approches différentes, et je défends ardemment la pérennité de TOUTES les formes de tauromachies (la plus en péril étant néanmoins celle qui veut présenter des élevages ou des encastes en danger de disparition...). Mais je serais extrémiste.
Je dénonce l’excès et la dérive commerciale, sans pour autant nier la réalité de la chose économique. Mais je serais extrémiste.
Je désapprouve «l’expansionnisme taurin» et les velléités d’aller susciter des débats dont, à terme, nous ne sortirons pas grandis, parce que l’opinion publique française ne sera jamais sur la même longueur d’onde culturelle que dans nos terroirs du sud, et surtout parce que je respecte ceux qui n’approuvent pas la tauromachie. Mais je serais toujours extrémiste.

J'appelle les représentants de l'U.V.T.F. à la prudence quant aux "résolutions" qui peuvent susciter des conflits dans les équipes municipales, mais je reste inébranlablement extrémiste!
Qu'on m'explique alors quel est le langage de la modération.
En revanche, je pointe aussi avec lucidité et avec vigueur, tous les faux-semblants, tous les travers, toutes les contradictions, tous les vices d’un mundillo qui prétend nous défendre, nous représenter, mais veut en fait s’approprier ce qui appartient à la communauté des aficionados.
Et c’est ce que l’on ne me pardonne pas. C’est ce qu’on ne nous pardonne pas.
De cet extrémisme là on ne veut pas: "Cachez ce sein..."
Refuser de donner dans le manichéisme, les bons (ou supposés tels) d’un coté, les méchants (ou supposés tels) de l’autre, constitue pour les esprits étriqués une faute impardonnable, pire que d’être de leurs adversaires. Ils ne pardonneront jamais qu’on dénonce leur délire et leur furie. On devient le renégat, le traitre.
Qui n’est pas avec eux est contre eux, et ils emploient alors à votre égard les mêmes manœuvres dilatoires dont ils n’hésitent pas à user avec leurs ennemis «officiels».
Pour autant, le fait de DIRE LES CHOSES n'implique pas une condamnation de l’Autre, mais plus simplement un constat.
Cela fait belle lurette que j’ai compris que la vie et les êtres (y compris moi-même) ne devaient pas se décliner en noir ou blanc, mais en nuances de gris, et que l’important était de n'être dupe ni de soi, ni des autres. A cela, clef du chemin de la sagesse, on donnait un nom: le DISCERNEMENT.
J’ai souvent souligné ici que le débat entre taurins et anti-taurins était, en fin d’analyse, voué à la stérilité dans la mesure où, fondamentalement, il ne reposait pas sur des faits mais sur des convictions, c’est à dire une logique de l’ordre de la foi.
Et je voudrais reprendre cette idée pour expliciter par une comparaison, la position qui est la mienne, et qui me semble t-il, n’a rien à voir avec la politique de l’autruche dont on se plait à m’affubler.
Je suis catholique et en tant que tel me rend à l’office dominical.
Pour autant, je respecte, je discute, je vis, j’entretiens des amitiés avec des multitudes de gens qui sont, protestants, juifs, musulmans, bouddhistes, et même athées. Il ne me viendrait nullement à l’idée d’aller les provoquer, les insulter, les convertir, au motif qu’ils ne partagent pas des idées dont je suis personnellement convaincu. Tout au contraire ils sont respectables et «aimables» dans leur différence et leur altérité.
Je crois qu’on appelle «cela» de la «tolérance», et il semble me souvenir vaguement que «cela» est garanti par une valeur qu’on appelle «laïcité
De même que certains veulent affirmer leur identité en allant rechercher une reconnaissance à l’U.N.E.S.CO., il m’a paru saugrenu et déplacé, de vouloir imposer dans la défunte constitution européenne une mention aux racines chrétiennes de l’Europe. Tout simplement parce que ce n’était pas opportun, et que la chose me paraissait tellement évidente qu’elle en était superfétatoire. Cela marchera peut-être, mais au bout du compte, cela sera ravageur, et les dommages collatéraux irrémédiables.
Assumer sereinement ce que l’on est ne suppose pas de l’imposer. On peut se proposer, on n'a pas à s'imposer.
Ce que je ne trouverai pas normal, ce serait que des militants de la «Libre Pensée», ou l’«Union Athéiste» viennent manifester dénudés, à la sortie de la messe, mènent des campagnes de presse, refusent l’entrée de mes enfants dans l’église, ou leur catéchisation, au prétexte que ma croyance leur déplait et qu’ils sont convaincus que la religion leur transmettrait des valeurs néfastes.
Le fait religieux, comme le fait taurin procèdent d’une logique culturelle. Il n’est pas anormal que sur la multitude d’émissions de la profusion de chaînes, une ou deux émissions leur soit affectée, comme «Trente millions d’amis», et bien d’autres, le sont aux adorateurs des animaux. Comme il n’est pas anormal qu’il existe des arènes, des temples, des mosquées, des synagogues et … des refuges de la S.P.A. C’est là aussi acte de tolérance.
Si l’on prétendait m’empêcher de pratiquer ma religion, comme d’aller aux arènes, cela romprait de facto le «contrat social» et républicain qui lie les citoyens entre eux et leur permet de vivre ensemble dans la paix. Cela me mettrait aussi très en colère, et capable d'une violence légitime pour défendre une liberté fondamentale. La résistance à l'oppression est garantie par la Constitution.
Je ne suis pas du tout persuadé que derrière la reconnaissance de la tauromachie comme Patrimoine Immatériel de l’Humanité, fausse bonne idée, ne se cache pas une volonté du «complexe taurino-industriel» pour légitimer une expansion de son activité, et une base pour s’étendre, ce que je désapprouve fondamentalement.
La corrida doit demeurer dans l’aire historique et culturelle, où elle prend un sens, et ne pas viser à en sortir.
De même, elle devrait conserver des pratiques artisanales et non dériver vers l’industrialisation et la concentration monopolistique qui sont actuellement à l’œuvre et qui la dénaturent.
Oui à l’autruche libre dans les savanes africaines,
Non à son introduction en Sibérie ou à son élevage dans le Périgord.
Refuser de même d’être agressé et d’agresser, c’est simple non, Monsieur COLEMONT?
Xavier KLEIN

37 commentaires:

el chulo a dit…

ami xavier,

quel formidable article, et, de plus, cette appréciation vient d'un athée façon marmande qui me pardonnera de le citer ou de le pasticher, "athée comme un pot de yaourt".

donc, nulle chance que nous nous trouvions à l'office.

ceci dit, j'ai le plus grand respect pour les gens tels que toi qui "pratiquent" et peut être trouvent là une raison "d'espérer".

pour le reste, je pense que notre civilisation "judeo chrétienne" est fondamentalement contre la notion de "plaisir" au moins si on est incapable de "l'expliquer" ou de "l'expier", c'est à dire qu'il y aurait des plaisirs "licites" et somme toute "organisés" au bénéfice des puissants ou présumés ou autoprésumés tels et des plaisirs "suprêmes" réservés aux initiés.

autrement dit, "faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais".

vouloir donner une légitimité unescoienne, qui en a fait bien d'autres, à la corrida, va en tous cas dans le sens de la banalisation fricassière, et démontre que ce que nous "supposions" est "réalité" et empliera les arênes de chinois, de nippons de britishs et de quelques inuites fortunés.

cqfd nous aurons atteint l'"universalité", me cago en dios!

j'ai honte!

Anonyme a dit…

Muy bien !
Cette Reflexion peut devenir notre tasse d'athée !
ernestolematin

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « Le paradoxe absolu de notre panorama taurin, et de la radicalisation délibérée du débat par les "faucons", c’est que les avis les plus modérés passent à leurs yeux pour être les plus extrémistes. »

Monsieur Colmont, la voix de son maître, vous répond « Ce que nous n'approuvons pas c'est la critique négative de la démarche pour obtenir une reconnaissance auprès de l'UNESCO, en ce moment l'Arabie Saoudite entreprend la même démarche pour faire reconnaître la fauconnerie comme tradition spécifique. ». Il reprend mot pour mot ce que le caudillo de l'OCT martelait le 16 décembre dernier sur RMC chez Bourdin. Passons sur le fait que ce n'est pas l'Arabie Saoudite qui a introduit cette démarche, mais les E.A.U., pour la simple raison que les fauconniers ont profité du fait que la 4ème session du Comité intergouvernemental pour le PCI se tenait fin septembre 2009 à Abu Dhabi. Contentons-nous de signaler que cette proposition (pourtant soutenue par une douzaine de pays, dont l'Arabie et dont la France) n'a pas été retenue par le Comité Intergouvernemental.

Enfin bon, les noms d'oiseaux n'ont pas fini de voler, puisque le faucon de Vieux-Boucau, décidément ébouriffé, ne peut pas s'empêcher encore dans son édito de ce jour de donner un coup de bec contre les irresponsables qui « préfèrent piailler ridiculement ».
Le ridicule, lui, il ne connaît pas, en bon personnage « politique », puisqu'il n'hésite pas à présenter le vote du Parlement catalan ce 18 décembre comme une victoire. Faut oser...

XK : « Ce que je ne trouverai pas normal, ce serait que des militants de la "Libre Pensée", ou l’"Union Athéiste" viennent manifester dénudés, à la sortie de la messe,[...] »

Aha ? Vous leur concocteriez quelque châtiment comme ceux du chevalier de La Barre et du sieur d’Étallonde ? C'était le bon temps, pas vrai ? Vous affichez à l'égard des adeptes d'autres croyances et des païens une posture de bienveillance qui est certainement sincère et réfléchie, mais assez convenue de nos jours, et dont on eût surtout aimé que les catholiques la pratiquassent lorsqu'ils étaient jadis en position de force.

XK : « [...] mènent des campagnes de presse, refusent l’entrée de mes enfants dans l’église, ou leur catéchisation, au prétexte que ma croyance leur déplait et qu’ils sont convaincus que la religion leur transmettrait des valeurs néfastes. »

Il se pourrait bien que les religions, celles du Livre en particulier, transmettent des valeurs néfastes (nous n'avons décidément pas les mêmes valeurs). Richard Dawkins , Christopher Hitchens, ou Michel Onfray l'ont argumenté de façon plutôt convaincante. Mais l'histoire montrant qu'un des meilleurs moyens de donner vigueur à une religion, c'est de s'y opposer autoritairement, vous n'avez rien à craindre de ma part de ce côté.

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « Si l’on prétendait m’empêcher de pratiquer ma religion, comme d’aller aux arènes, cela romprait de facto le "contrat social" et républicain qui lie les citoyens entre eux et leur permet de vivre ensemble dans la paix. Cela me mettrait aussi très en colère, et capable d'une violence légitime pour défendre une liberté fondamentale. »

Il y a une cohérence certaine à être chrétien et à approuver la corrida, puisque les taureaux n'ont pas d'âme. La petite culture tauromachique est d'ailleurs fort intriquée avec la vaste culture catholique. Ce qui est d'un autre côté vaguement incohérent de la part de celle-ci (mais bon, au milieu de tant d'incohérences...), puisqu'elle se réclame d'une mythologie se distinguant radicalement des mythologies précédentes par l'inversion de la position sacrificielle (j'en profite à cet égard pour signaler à el chulo que l'expression « judéo-chrétienne », pour être fort répandue, n'en est pas moins un sacré oxymore).

Ceci étant, je vous rappelle en passant que la définition de la démocratie, c'est (en principe) la majorité qui impose ses décisions à la minorité. Quand on fait partie de la minorité, on trouve la démocratie très conne et très chiante et on a envie de prendre le maquis, ne vous en faites pas, ça fait ça à tout le monde.

A propos de « droits » et de « liberté » Je vous conseille la lecture du communiqué de la Cour Européenne des Droits de l'Homme en date du 5 décembre, sur sa décision concernant les requêtes formulées par des partisans de la chasse à courre, à l'encontre du Royaume-Uni qui avait promulgué en 2004 une loi l'interdisant. Ces requêtes ont été déclarées irrecevables à l’unanimité.
Extraits du communiqué :
« La chasse, par sa nature même, est une activité essentiellement publique et rien dans la jurisprudence de la Cour n’indique que le droit à la vie privée s’étend aux activités publiques. En outre, les chasseurs ne sauraient passer pour une minorité nationale ou ethnique et ne représentent pas un mode de vie particulier faisant partie intégrante de l’identité d’une personne. »
Ou :
« Les interdictions visent à éliminer, dans le cadre de la pratique d’un sport, la chasse et la mise à mort d’animaux d’une manière causant des souffrances et moralement condamnable. Elles ont été introduites après d’amples discussions par les représentants de l’Etat démocratiquement élus sur les questions sociales et éthiques que soulève ce mode de chasse. »

Vous trouvez que tout ça peut s'appliquer à la corrida ? Vous avez raison.
Grâce à l'action en justice de la Countryside Alliance et des autres requérants, les défenseurs des animaux disposent à présent d'une jurisprudence de l'organe de justice du Conseil de l'Europe approuvant l'interdiction de la chasse à courre... et plus si affinités.
Vous êtes sage, Monsieur Klein, de prôner la discrétion. Heureusement qu'il n'y a pas beaucoup de personnes comme vous dans votre camp.

XK : « La résistance à l'oppression est garantie par la Constitution. »

Voulez-vous nous préciser dans quel article ?
A propos de Constitution, vous connaissez l'article premier : « La France est une République indivisible [...]. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens etc ». Or, il existe pourtant un certain alinéa d'un certain article du Code pénal qui prévoit une immunité légale pour les auteurs d'un certain type de délit si celui-ci a lieu dans certaines zones du sud de la France.
Que pensez-vous de cette dérogation unique en son genre ?...

Xavier KLEIN a dit…

Cher Jean Paul,
Parfois vous faites la bête!
Comme si vous ignoriez que la démocratie est le régime de la majorité, certes, mais tempérée par le droit.
Et qui plus est que le droit est essentiellement pragmatique, et vise avant tout à préserver la paix civile.
En ce qui concerne le jugement de la Cour Européenne, il me semble que vos citations ressortent d'un jugement sur la forme plus que sur le fond. Les représentants démocratiquement élus ayant tranché en la matière (ce qui n'est pas encore le cas en France), la Cour logiquement entérine leur décision.
Toutefois, je désaprouve personnellement qu'un juge polonais ou danois ait à trancher un problème qui ne le concerne nullement.
Il ne vous aura pas échappé non plus que j'ai écrit "Ce que je ne trouverai pas normal...".
Vous êtes décidément un drôle "d'oiseau" sympathique mais d'une mauvaise foi confondante.
Je voudrais bien que vous me citiez une seule institution humaine, surtout qui aurait vécu une histoire de 2000 ans, qui échappe à toute critique ou à toute dérive. En tout cas, je vous prie de ne point m'asséner les poncifs qui des croisades à l'Inquisition, forment le corpus réducteur et stérile d'un antithéisme de bazar.
Remettez dans le contexte SVP!
Convaincu que la perfection n'est pas de ce monde, pas plus que la cohérence, ni même que le bonheur ou toutes ces fadaises.
Convaincu que notre destin est essentiellement tragique et que nous avons à sans arrêt à nous accomoder de nos pulsions sadiques, masochistes, destructrices, autodestructrices, mais aussi de quelques menus aspects plus positifs dont l'essentiel nous provient d'un héritage chrétien que tout le monde veut maintenant méconnaitre mais qui n'en demeure pas moins bien réel, je ne saurais bien évidemment adhérer aux thèses des philosophaillons très "chébrans" et dans le goût du temps que vous évoquez.
Je suis opposé à presque toutes les formes de censure (hormis pour l'injure), ce qui n'est nullement votre cas puisqu'il vous conviendrait passablement de censurer la peratique taurine.

Xavier KLEIN a dit…

La résistance à l'oppression est selon la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, un droit naturel, inaliénable et sacré de l'homme.

La Constitution française intègre la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen par le biais de son préambule. Ses dispositions sont donc de droit positif et, se plaçant au sommet de la hiérarchie des normes, vont irriguer l'ensemble du droit français. Elle fait partie et domine le bloc de constitutionnalité

«Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.»

article 2 de la Déclaration de 1789

«Dans tout gouvernement libre, les hommes doivent avoir un moyen légal de résister à l'oppression; et lorsque ce moyen est impuissant, l'insurrection est le plus saint des devoirs»

article 29 de la la Déclaration du 29 mai 1793

«Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.»

article 35 de la Déclaration du 24 juin 1795

Xavier KLEIN a dit…

Il y a foule de dérogations à la loi, nourries de ce pragmatisme législatif qui évite les conflits.
Pour n'en citer qu'une, c'est le régime des départements concordataires qui dérogent à la laïcité.
Mais consultez un légiste et il pourrait en remplir des tomes.
Encore un produit de votre imaginaire perfectionniste...
Et oui, le monde n'est pas si simple que cela!!!

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « Comme si vous ignoriez que la démocratie est le régime de la majorité, certes, mais tempérée par le droit.
Et qui plus est que le droit est essentiellement pragmatique, et vise avant tout à préserver la paix civile.


Ce n'est pas faux. Merci de reconnaître que le droit doit s'adapter aux évolutions de la société et des mentalités.

XK : « En ce qui concerne le jugement de la Cour Européenne, il me semble que vos citations ressortent d'un jugement sur la forme plus que sur le fond.

Pas du tout, la décision déclare irrecevables les requêtes des chasseurs qui prétendaient s'appuyer sur la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales, plus précisément l'article 8 (Droit au respect de la vie privée et familiale), l'article 9 (Liberté de pensée, de conscience et de religion), l'article 10 (Liberté d’expression), l'article 11 (Liberté de réunion et d’association), l'article 14 (Interdiction de discrimination) et l'article 17 (Interdiction de l’abus de droit), soit tous les moulins que font tourner les taurins.
Vos devriez pouvoir la consulter dans le texte ici.

XK : « Toutefois, je désaprouve personnellement qu'un juge polonais ou danois ait à trancher un problème qui ne le concerne nullement.

Ce sont les chasseurs qui les ont sollicités, ils leur reconnaissaient donc une légitimité.

XK : « Je voudrais bien que vous me citiez une seule institution humaine, surtout qui aurait vécu une histoire de 2000 ans, qui échappe à toute critique ou à toute dérive.

Donc les clercs et les croyants agissent guidés par Monsieur Dieu, d'où ils tirent leur légitimité, mais quand ils se plantent ou qu'ils dérapent, c'est parce que ce ne sont que de simples hommes ? Pas à dire, c'est pratique, la religion. Face, je gagne, pile, tu perds...
Quoi qu'il en soit, je prends acte de votre aveu selon lequel la religion romaine n'est qu'une simple institution humaine comme les autres.

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « En tout cas, je vous prie de ne point m'asséner les poncifs qui des croisades à l'Inquisition, forment le corpus réducteur et stérile d'un antithéisme de bazar. »

Vous avez raison, ce sont des... points de détail.

Mais j'ai d'autres rayons à mon antithéisme de bazar.

Par exemple les multiples lettres encycliques émises au cours du XIXe siècle et jusqu'au XXe siècle, par Pie VII, Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, Pie X, pour condamner le modernisme, le socialisme, le libéralisme, le naturalisme ou le rationalisme, pour s'élever en termes très précis contre la tolérance et la liberté, contre le raison et le progrès, contre la démocratie et la laïcité.
Si vous voulez simplement mettre en ligne quelques perles de Pie IX, voici l'encyclique Quanta Cura et le Syllabus (1864)
Vous pouvez aussi mettre en ligne l'encyclique Vehementer Nos de Pie X (1906), appelant à se rebeller contre la loi française de séparation des Églises et de l'État.

Du plus récent ? Les emmitrés ibériques appelant en 2007 à la rebellion contre la loi de réforme scolaire du gouvernement socialiste de Zapatero.

Et je vous épargne les élucubrations de 2003 du Cardinal Alfonso López Trujillo, alors Président du Conseil Pontifical pour la Famille, qui assénait, avec le même aplomb qu'avait eu l'Église pour condamner Galilée ou Darwin, que le virus du SIDA peut passer par les mailles des préservatifs.

XK : « Convaincu que la perfection n'est pas de ce monde, pas plus que la cohérence, ni même que le bonheur ou toutes ces fadaises.
Convaincu que notre destin est essentiellement tragique et que nous avons à sans arrêt à nous accomoder de nos pulsions sadiques, masochistes, destructrices, autodestructrices,
»

Nous partageons au moins ce point de vue.

XK : « mais aussi de quelques menus aspects plus positifs dont l'essentiel nousprovient d'un héritage chrétien que tout le monde veut maintenant méconnaitre mais qui n'en demeure pas moins bien réel, »

J'ai reconnu, dans un de mes commentaires sur Lévi-Strauss, que l'une des constructions anthropologiques les plus remarquablement ingénieuses pour tenter de circonscrire la violence humaine a été la mythologie chrétienne.
La crucifixion, clé de voute de cette construction mythologique, consiste en le renversement de la position sacrificielle (c'est un dieu qui se sacrifie pour les hommes), avec la croix comme opérateur convertissant la haine en amour et la vengeance en pardon, afin de résoudre le problème fondamental de l'humanité, à savoir l'agressivité destructrice. Cet objectif a bien entendu radicalement échoué. Vous qui vous piquez de prendre du recul vis à vis de l'histoire des hommes, vous conviendrez que ce n'est pas un hasard, si le génocide le plus intensif de la civilisation chrétienne a porté au siècle dernier sur ceux-là mêmes qui étaient censés avoir liquidé le Dieu porteur de pardon.

XK : « je ne saurais bien évidemment adhérer aux thèses des philosophaillons très "chébrans" et dans le goût du temps que vous évoquez. »

Richard Dawkins, un "philosophaillon chébran" ?
Il faut sortir un peu, Monsieur Klein.

k a dit…

XK : « Je suis opposé à presque toutes les formes de censure (hormis pour l'injure), ce qui n'est nullement votre cas puisqu'il vous conviendrait passablement de censurer la pratique taurine.

Etes-vous opposé à la censure visant à mettre les enfants à l'abri des messages dits pornographiques ? (si des parents d'élèves de Reine Sancie lisent votre blog, votre réponse les intéressera sûrement).

Et, outre les messages pornographiques, que pensez-vous du fait que les mineurs sont protégés en France, par les mêmes textes, des messages violents diffusés par divers médias : art 227-24 C Pénal, applicable notamment à internet (18 ans), loi du 16 07 49 sur les publications destinées à la jeunesse (18 ans), loi du 30 09 86 qui a donné lieu à la signalétique TV du CSA (10, 12, 14 ou 18 ans), ou décrets (fév 90 et mai 92) instituant les classifications cinématographiques (12, 16 ou 18 ans) ?
Trouvez-vous normal que, dans les zones où les organisateurs et les acteurs de corrida bénéficient d'une immunité légale, des enfants puissent assister (voire participer) à des spectacles (qui plus est ni virtuels, ni diffusés, mais « live ») que le Code pénal et la jurisprudence qualifient de « sévices graves et actes de cruauté sur animal domestique » ?

Pour ce qui est de l'interdiction de la corrida elle-même, je m'en suis expliqué dans le fil sur Lévi-Strauss.
Je vous y ai d'ailleurs posé quelques questions auxquelles, si vous avez eu l'honnêteté de les mettre en ligne, vous n'avez pas répondu, par exemple :
« Est-ce qu'en définitive, vous intervenez ou pas, si vous voyez une femme ou un enfant se faire rouer de coups par un ou plusieurs gaillards ?
Est-ce qu'en définitive, vous trouvez normal ou anormal que la loi française interdise l'excision sur son territoire à ceux dont c'est la culture ?
»

Et, pour prévenir votre réponse attendue « Houla, attention, c'est des Homo sapiens®, c'est pas rien que des bêtes ! », et pour vous évitez d'argumenter que Monsieur Dieu a solennellement pourvu l'Homo sapiens® d'une âme et lui a confié la Nature en mains propres, je vous avais posé aussi une autre question :
« Depuis le milieu du XIXe siècle, certains droits ont été accordés aux animaux domestiques. Pour quel motif rationnel l'homme, producteur de droit et capable d'altruisme non génétiquement programmé, ne pourrait-il étendre ces droits et le champ des animaux qui en bénéficient ? »

Mais pour ce qui est de la censure, vous me faites du Luc 6:41, vous qui écrivez sans sourciller : « Monsieur le Maire d'Orthez, sur mes recommandations, a été l'un des seuls de France à prendre en 2009, arrêté d'interdiction de toute manifestation à proximité des arènes (et ce affiché sur les portes de la plaza). »
La censure est un procédé qu'on retrouve avec une curieuse fréquence, en matière taurine. Je l'avais noté en
2007, en 2008, ou en 2009.

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « Je suis opposé à presque toutes les formes de censure (hormis pour l'injure), ce qui n'est nullement votre cas puisqu'il vous conviendrait passablement de censurer la pratique taurine.

Etes-vous opposé à la censure visant à mettre les enfants à l'abri des messages dits pornographiques ? (si des parents d'élèves de Reine Sancie lisent votre blog, votre réponse les intéressera sûrement).

Et, outre les messages pornographiques, que pensez-vous du fait que les mineurs sont protégés en France, par les mêmes textes, des messages violents diffusés par divers médias : art 227-24 C Pénal, applicable notamment à internet (18 ans), loi du 16 07 49 sur les publications destinées à la jeunesse (18 ans), loi du 30 09 86 qui a donné lieu à la signalétique TV du CSA (10, 12, 14 ou 18 ans), ou décrets (fév 90 et mai 92) instituant les classifications cinématographiques (12, 16 ou 18 ans) ?

Trouvez-vous normal que, dans les zones où les organisateurs et les acteurs de corrida bénéficient d'une immunité légale, des enfants puissent assister (voire participer) à des spectacles (qui plus est ni virtuels, ni diffusés, mais « live ») que le Code pénal et la jurisprudence qualifient de « sévices graves et actes de cruauté sur animal domestique » ?

Pour ce qui est de l'interdiction de la corrida elle-même, je m'en suis expliqué dans le fil sur Lévi-Strauss.
Je vous y ai d'ailleurs posé quelques questions auxquelles, si vous avez eu l'honnêteté de les mettre en ligne, vous n'avez pas répondu, par exemple :
« Est-ce qu'en définitive, vous intervenez ou pas, si vous voyez une femme ou un enfant se faire rouer de coups par un ou plusieurs gaillards ?
Est-ce qu'en définitive, vous trouvez normal ou anormal que la loi française interdise l'excision sur son territoire à ceux dont c'est la culture ?
»

Et, pour prévenir votre réponse attendue « Houla, attention, c'est des Homo sapiens®, c'est pas rien que des bêtes ! », et pour vous évitez d'argumenter que Monsieur Dieu a solennellement pourvu l'Homo sapiens® d'une âme et lui a confié la Nature en mains propres, je vous avais posé aussi une autre question :
« Depuis le milieu du XIXe siècle, certains droits ont été accordés aux animaux domestiques. Pour quel motif rationnel l'homme, producteur de droit et capable d'altruisme non génétiquement programmé, ne pourrait-il étendre ces droits et le champ des animaux qui en bénéficient ? »

Mais pour ce qui est de la censure, vous me faites du Luc 6:41, vous qui écrivez sans sourciller : « Monsieur le Maire d'Orthez, sur mes recommandations, a été l'un des seuls de France à prendre en 2009, arrêté d'interdiction de toute manifestation à proximité des arènes (et ce affiché sur les portes de la plaza). »
La censure est un procédé qu'on retrouve avec une curieuse fréquence, en matière taurine. Je l'avais noté en
2007, en 2008, ou en 2009.

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour
le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le
plus indispensable des devoirs."
article 35 de la Déclaration du 24 juin 1795
»

Vous vous emmêlez un peu les pinceaux dans les dates, mais peu importe.

Ôtez-moi d'un doute, vous étiez sérieux lorsque vous écriviez : « Si l’on prétendait m’empêcher de pratiquer ma religion, comme d’aller aux arènes, cela romprait de facto le "contrat social" et républicain qui lie les citoyens entre eux et leur permet de vivre ensemble dans la paix. Cela me mettrait aussi très en colère, et capable d'une violence légitime pour défendre une liberté fondamentale » ?

Pensez-vous que les chasseurs britanniques devraient prendre les armes contre le Hunting Act 2004 ??
Pensez-vous que les amateurs de corrida de la Catalogne espagnole devront prendre les armes si la corrida y est interdite en 2010 ?
Que feriez-vous personnellement si les mineurs de 16 ans n'avaient plus accès aux arènes en France ?
Et si les corridas finissaient par être sanctionnées par le Code pénal sur l'ensemble du territoire français ?
Je souhaite vous comprendre.

XK : « Il y a foule de dérogations à la loi, nourries de ce pragmatisme législatif qui évite les conflits.
Pour n'en citer qu'une, c'est le régime des départements concordataires qui dérogent à la laïcité.
Mais consultez un légiste et il pourrait en remplir des tomes.
»

Allons, ni le régime concordataire, ni aucune des autres dispositions du droit local alsacien-mosellan, s'ils constituent un autre exemple d'exception territoriale en métropole, ne ressortissent au Code pénal.
Je vous parle très précisément du Code pénal, cette partie codifiée du droit positif par lequel l'Etat impose sa violence légitime, pas du droit des cultes, du droit des associations ou du droit de la sécurité sociale.

Xavier KLEIN a dit…

JPR: Ce n'est pas faux. Merci de reconnaître que le droit doit s'adapter aux évolutions de la société et des mentalités.

Sauf que toutes les évolutions ne me paraissent pas positives, et qu'on a le droit de les désapprouver et de s'y opposer.

JPR: Pas du tout, la décision déclare irrecevables les requêtes des chasseurs qui prétendaient s'appuyer sur la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales, plus précisément l'article 8 (Droit au respect de la vie privée et familiale), l'article 9 (Liberté de pensée, de conscience et de religion), l'article 10 (Liberté d’expression), l'article 11 (Liberté de réunion et d’association), l'article 14 (Interdiction de discrimination) et l'article 17 (Interdiction de l’abus de droit), soit tous les moulins que font tourner les taurins.
Vos devriez pouvoir la consulter dans le texte ici.

A partir de votre citation, j'ai écrit «il me semble», n'étant pas juriste et ne connaissant pas ce dossier.

JPR: Ce sont les chasseurs qui les ont sollicités, ils leur reconnaissaient donc une légitimité.

Je suis bien d'accord avec vous, et c'est pour cela que je trouve stupide que Viard et l'ONCT aille chercher dans des instances qui ne leur seront sûrement pas favorables (UNESCO) des ennuis prévisibles. Quand on demande son avis à quelqu'un il ne faut pas se scandaliser qu'il le donne.

JPR: Donc les clercs et les croyants agissent guidés par Monsieur Dieu, d'où ils tirent leur légitimité, mais quand ils se plantent ou qu'ils dérapent, c'est parce que ce ne sont que de simples hommes? Pas à dire, c'est pratique, la religion. Face, je gagne, pile, tu perds...
Quoi qu'il en soit, je prends acte de votre aveu selon lequel la religion romaine n'est qu'une simple institution humaine comme les autres.

Je porte le même regard critique sur la religion, l'Eglise et le catholicisme, que sur la tauromachie, la démocratie, mon papa ou, Dieu sais-je quoi encore.
On peut être français et républicain et condamner les dérives de la démocratie ou de son président.
S'il faut parler de l'Eglise nous en avons pour des lustres, et ce n'est pas notre sujet de débat.
Je remarque toutefois, qu'en débateur habile, vous maîtrisez l'art du raccourci et du syllogisme.
Cela me rappelle ceux de Le Pen (aucun rapport avec vous sur le fond) quand il dit: «3 millions de chômeurs, 3 millions d'arabes, enlevez les arabes et il n'y aura plus de chômeurs. Une raisonnement de quelques mots, d'aspect logique, qu'il faut deux pages pour démonter.»
Mais je vous rassure, la RELIGION catholique 1°) EST UNE INSTITUTION HUMAINE, 2°) N'est pas exempte, comme telle, de critiques. 3°) Toutefois ces critiques doivent, pour être recevables, A- être replacées dans des contexte historique. B- laisser aussi la place aux aspects positifs pour être crédibles.
Il me semble que des gens comme Régis DEBRAY commencent à le comprendre et à s'émanciper de 2 siècles de propagande anti-cléricale et anti-religieuse sommaire. Il faut savoir se déprendre de ses influences et de son éducation, cher JPR!!!

NOTA: Pourriez vous à l'avenir numéroter ou indexer vos remarques pour mieux s'y retrouver.

Xavier KLEIN a dit…

JPR: Vous avez raison, [...] que le virus du SIDA peut passer par les mailles des préservatifs.

Je vous répète encore, ce que j'ai dit: on peut être français et républicain et désapprouver la Terreur révolutionnaire, les génocides de Vendée, le colonialisme, la répression des grèves par Clemenceau, les pleins pouvoirs à Pétain, la guerre d'Algérie, le sarkozysme, etc.
L'Eglise n'est nullement monolithique. Il y a toujours eu, là comme ailleurs, des gens admirables: St Vincent de Paul ou St François d'Assise (qui doit vous plaire) qui coexistaient avec des prélats corrompus ou vermoulus. Exactement comme la république qui a porté des Mauras, des Daudet, des Laval ou des Le Pen. Je suis, entre autres, un adversaire acharné de l'Opus Dei, et de tout le courant traditionaliste qui pullule sous le pontificat du cher Benoît, que je ne tiens pas particulièrement en sympathie.
Sortez un peu cher JPR et lisez par exemple la revue GOLIAS, à laquelle je suis abonné, cela vous évitera de débiter des lieux communs et de prendre la mesure de la réalité de l'Eglise d'aujourd'hui, avec ses travers, ses débats et ses conflits internes.

JPR: J'ai reconnu, [...] la mythologie chrétienne.

Oui, c'est le point de vue de Lévi-Strauss et le vôtre. Ce n'est pas le mien, même si cette thèse, dans le droit fil de «l'invention de Dieu» par les philosophes du doute est intellectuellement séduisante. LS, comme pour l'Eglise m'interesse et me plait mais je ne me sens nullement obligé d'adhérer à tout.

Vous savez, il existe des gens qui doutent, et conservent une attitude critique envers toute proposition. C'est mon cas. Est-ce le vôtre? Pour autant, il faut faire des choix, étant entendu qu'un choix est nécessairement imparfait, porteur de deuil et d'incomplétude.

JPR: La crucifixion, clé de voute de cette construction [...] censés avoir liquidé le Dieu porteur de pardon.

De qui parlez-vous? Si c'est des juifs, je vous ferai remarquer que ce n'est pas un génocide chrétien. Peut-être faites vous allusion aux persécutions menées contre les chrétiens, mais aussi les juifs (par Staline, lire Vassili Grossman), dans les pays communistes?

JPR: Richard Dawkins, un "philosophaillon chébran" ?

Ouais!!! Très mode tout cela. (http://www.youtube.com/watch?v=DxD-HPMpTto) J'ai bien aimé le «We could make a respectable and reasonable case for the Deist God, not a case that I would accept but I think it is a serious discussion that we could have...» de votre champion. Le cher Friedrich ou Sigmund me semblent plus convaincants sur le thème.

SVP Pourrions-nous nous recentrer sur la question d'origine. Le débat, bien que passionnant, me paraît par trop diverger.

Xavier KLEIN a dit…

JPR: Etes-vous opposé [...] les intéressera sûrement).

Certes non, et pour les mêmes raisons que vous certainement.
Ceci dit, je suis opposé à la censure EN MATIERE D'IDEES ET D'OPINIONS, échangées entre adultes, sur la place publique. Je n'approuve pas les caricatures de Mahomet, car je ne vois pas la nécessité d'aller scandaliser des gens dans leurs convictions. Pour autant, j'ai signé des pétitions pour soutenir le droit inaliénable de leurs auteurs à les publier.

JPR: Et, outre les messages pornographiques, [...] animal domestique»?

Je n'ai vu nulle part (mais je ne suis pas juriste), que la corrida relève de cette qualification, puisqu'elle en est exclue et demeure légale.
Ceci dit, ce n'est sans doute pas un hasard, ce que vous vous refusez à admettre. On se trouve là dans une posture culturelle et un autre regard, et sur le rapport au monde et à l'animal, et sur le rapport à la souffrance et à la mort. Vous faites un aveu désarmant en prenant comme exemple la pornographie. Or la souffrance et la mort NE SONT PAS PORNOGRAPHIQUES. Scandaleux, certes (on parle dans le christianisme de "scandale de la croix"), mais nullement pornographique. La pornographie est le dévoilement de ce qui doit rester du domaine de l'intime. La souffrance et la mort sont du domaine public, relèvent de l'expérience et de la condition humaine de manière incontournable, en nous concernant tous, puisque nous y sommes tous confrontés.
Que des parents, dans le fil de la transmission de leurs valeurs, trouvent opportun d'y confronter leurs enfants par le biais de la corrida, c'est leur problème, et leur liberté inaliénable. Seriez-vous de ces gens qui veulent, à toute force, régenter la vie, les pensées et les valeurs de tout un chacun?
Cela s'est fait, et cela portait un nom: le TOTALITARISME.
Cela m'étonne aussi chez un psychiatre.
Je n'attends pas de mon psychanalyste qu'il me dicte ce que je dois penser, le "bien penser". Et je ne l'admettrais pas. Pour effectuer le «travail», je dois conserver une entière liberté de penser, de juger, de m'exprimer, sans honte, pudeur ou peur, ce que pourrait inhiber le jugement de l'écoutant.

JPR: Pour ce qui est de l'interdiction [...] à ceux dont c'est la culture»

Figurez-vous que je me suis trouvé confronté pratiquement à la question, il y a 10 jours, pendant une permanence d'élu. Une dame, couverte d'hématomes s'est présentée avec ses deux enfants. J'ai juste eu le temps de la réconforter, et de lui indiquer les recours (plainte, foyer d'accueil) avant que ne fasse irruption le conjoint, saoul comme un polonais (et violent comme si on lui avait chipé sa bouteille) qui voulait continuer la séance d'horions et l'a abreuvée d'injures. J'ai dû m'entremettre pour que la dame puisse prendre le large. Cela a nécessité le recours à la force (une taloche, un kokyu nage, une immobilisation nikkio) pour contenir le fauve. Il s'est bassement vengé en me crevant un pneu en s'enfuyant.
Cela vous suffit-il?
Vous connaissez le vieil adage «A Rome, on fait comme les Romains». Il est normal que les étrangers soient soumis à la loi française. S'ils n'en sont pas satisfaits, ils restent chez eux. L'excision n'étant nullement une pratique culturelle autochtone, c'est une mutilation d'un être humain qui s'oppose à l'éthique de notre civilisation. Ce n'est pas le cas de la castration du bétail qui ne pose aucun problème, puisque même pratiquée et approuvée sur les ânes par certaines de vos hégéries par ailleurs très progressistes (le mariage de la carpe raciste et lepéniste avec le lapin humaniste que vous êtes!). Mais cette ignominie ne sera sûrement pas réglée dans les pays d'origine par la contrainte ou l'humiliation, ou même par l'invasion comme en Afghanistan, mais par le dialogue, la pédagogie, et la progressive prise de conscience des population concernées.

Xavier KLEIN a dit…

JPR: Et, pour prévenir votre réponse attendue « Houla, attention, c'est des Homo sapiens®, c'est pas rien que des bêtes! », et pour vous évitez d'argumenter que Monsieur Dieu a solennellement pourvu l'Homo sapiens® d'une âme et lui a confié la Nature en mains propres, je vous avais posé aussi une autre question :
«Depuis le milieu du XIXe siècle, certains droits ont été accordés aux animaux domestiques. Pour quel motif rationnel l'homme, producteur de droit et capable d'altruisme non génétiquement programmé, ne pourrait-il étendre ces droits et le champ des animaux qui en bénéficient?»
Mais pour ce qui est de la censure, vous me faites du Luc 6:41, vous qui écrivez sans sourciller : «Monsieur le Maire d'Orthez, sur mes recommandations, a été l'un des seuls de France à prendre en 2009, arrêté d'interdiction de toute manifestation à proximité des arènes (et ce affiché sur les portes de la plaza.»
La censure est un procédé qu'on retrouve avec une curieuse fréquence, en matière taurine. Je l'avais noté en 2007, en 2008, ou en 2009.

Vous avez bien anticipé la réponse. Si la différence entre les deux ne vous apparaît pas, j'en suis désolé. Si la nuance négligeable entre être carnivore et cannibale ne vous apparaît pas non plus, j'en suis effrayé!
S'agit-il de droits «accordés aux animaux domestiques»?
De quel droit dispose un malheureux toutou, confiné par sa maîtresse dans un appartement parisien, parfumé, vêtu, alimenté, suivi par un psychiatre animal, soigné de son obésité par un véto, châtré pour l'empêcher de se masturber sur les pompes de Mme Glandu, enterré mieux qu'on ne le ferait pour ces salauds d'humains qui roupillent par -10 au coin de la rue?
Tabasser un cheval de trait, ou son chien, n'a aucun sens, la corrida en a un, ne serait-ce que par la nature du partenaire central, le toro, qui n'existerait plus sans cela.
Il y a quelques mois passait un reportage sur ces gens qui manifestaient parce qu'on voulait «euthanasier» (quel monstrueux mot) leurs pitbulls parce qu'ils avaient agressé des enfants (dont une fillette défigurée). Les expressions entendues («On veut tuer mon enfant») en dit long sur le degré de dénaturation auquel nous sommes parvenus. Mais si le psychiatre n'a rien à y redire! Et si le citoyen ne trouve pas d'autres priorités plus urgentes!
Enfin quand même, il faudra bien que vous vous décidiez à répondre aussi à mes questions, et à un peu vous exprimer sur ce symptôme zoophile qui vous agît à ce point. Quel est votre «Silence des agneaux» à vous? Qu'est qui a ainsi traumatisé le petit Jean Paul dans sa petite enfance, qu'il ait ainsi ressenti le besoin de se faire psychiatre pour «réparer» les bourreaux d'animaux?
Quel est ce symptôme qui l'empêche de lire «à proximité des arènes» dans ma formulation, ce qui exprime une limitation et non une interdiction?

Xavier KLEIN a dit…

JPR: Vous vous emmêlez un peu les pinceaux dans les dates, mais peu importe.

Que nenni! Constatez: http://www.aidh.org/Biblio/Text_fondat/FR_04.htm

JPR: Ôtez-moi d'un doute,[...] sur l'ensemble du territoire français ?
Je souhaite vous comprendre.

Je ne suis on ne peu plus sérieux, ce qui vous donne à considérer l'importance que la chose a pour moi (et beaucoup d'autres), et le risque que vos amis prenez.
Car plus que le simple problème de la tauromachie, ce serait une atteinte, une ingérence et une intrusion inacceptables de l'Etat dans un domaine qui ne le concerne pas et qui relève de la conscience et du jugement individuel. Ou plus précisément de la liberté de mettre en pratique des valeurs à condition qu'elles n'atteignent pas autrui (et un animal n'est pas autrui).
Je refuserai d'appliquer une loi injuste et je la transgresserai. C'est d'ailleurs ce qu'ont fait les élus locaux au début du XXème siècle face à la loi Grammont, et l'état ridiculisé a été forcé de reculer. Des Conseils Municipaux entiers ont démissionnés, et personne ne s'est présenté.
Les «aficionados», dans leur immense majorité sont des gens paisibles et de bons citoyens, il ne faudrait pas les pousser à bout.
Comment ferez-vous pour filtrer (ou plutôt fliquer, mais c'est très à la mode) les entrées dans les arènes? Connaissez-vous un gendarme qui prendrait le risque de l'émeute pour aller extraire un gamin dans une arène?
La résistance, vous connaissez?
D'autant que les gens se battront alors positivement pour DEFENDRE ce qu'ils ont, et non pour imposer ce qu'ils pensent.
Ne vous inquiétez pas. La corrida périclitera et mourra en son temps, parce qu'elle sera trop en décalage par rapport à un monde qui s'universalise, et une culture du sud qui se meurt tuée par la mondialisation. Ou bien, plus sûrement, vidée de sons sens de l'intérieur, par les actions de notre ami commun de Vieux Boucau. Soyez patient!

XK : « Il y a foule de dérogations à la loi, [...] ou du droit de la sécurité sociale.
Oui. Article 521-1. N'étant pas juriste, je ne puis rien vous répondre sur ce point. Tout ce que je puis en juger procède de l'excellent ouvrage de Dimitri MIEUSSENS «L'exception corrida, de l'importance majeure d'une entorse mineure» dont je vous invite à lire et méditer la très lucide conclusion.

ludo a dit…

dear papa d'jean-pôl,
pourriez-vous m'indiquer , pour mon noël à moi, un site animalo-écologisto bien zanti comme tout où je pourrais m'exprimer comme vous le faites ici depuis maintenant lurette sans me faire insulter dès la majuscule que j'apposerai au début de mon message ? merci, estimado papa juan pablo.

ps : ne me citez pas ceux des nôtres où vous tentâtes et vous fûtes reçus avec tombeaux de mots gras. le site de xavier n'est le seul où on reçoit gentiment et intelligemment les autres.et n'esquivez pas en prétextant que le dueño du blog doit certainement censurer ses ouailles, vous savez que ce n'est pas vrai.
tiens un exemple : cet été en remontant du plumaçon, une pancarte et son bonhomme. s'agitent , très près de mon tarin, ceci :"si tous les toreros sont des artistes alors tous les nazis sont des picasso". moi , gentiment: " ne vous fatiguez pas, vous savez bien que nous ne savons pas lire ". lui : " ça ne m'étonerait pas , c..., inculte, c... (bis machin placent ). moi : " mais pourquoi vous en prenez - vous aux voitures ? ". silence interloqué. regard sur sa pancarte. éclair. " c..., dégage, c'est inadmissible..." je suis parti avant la fin de la bordée.

ludo

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « NOTA: Pourriez vous à l'avenir numéroter ou indexer vos remarques pour mieux s'y retrouver. »

JP 2212:1
Vos désirs sont des ordres. Souffrez donc, pour ne pas vous dépayser, que je numérote mes interventions comme les Saintes Écritures.

XK : « Sortez un peu cher JPR et lisez par exemple la revue GOLIAS, à laquelle je suis abonné, cela vous évitera de débiter des lieux communs et de prendre la mesure de la réalité de l'Eglise d'aujourd'hui, avec ses travers, ses débats et ses conflits internes. »

JP 2212:2
Ses débats et ses conflits internes ?
Mais mon cher Monsieur, je vous renvoie à la déclaration de l'abbé Gayraud, porte-voix du Saint-Siège, sur les bancs de l'Assemblée Nationale le 15 juin 1905, au bout de 3 mois de débats sur la séparation des Églises et de l'État : « La constitution de l'Église est une constitution monarchique. Il s'ensuit que vous ne pouvez pas introduire, à son insu, dans son organisation, un principe démocratique ».
Ce n'est pas à la base de dire à la hiérarchie catholique romaine ce qu'il faut penser, c'est à celle-ci d'instruire ses fidèles.
Pourquoi ne pas demander à élire les Évêques, les Cardinaux et le Pape, pendant que vous y êtes ?
L'Église romaine n'est ni une auberge espagnole où chacun amène ce qui lui plaît, ni un supermarché où chacun choisit en rayon ce dont il a envie. Lorsqu'on est un catholique romain digne de ce nom, on ferme sa gueule ou on démissionne.
Rien ne vous empêche, si vous détenez personnellement la Vérité révélée, de faire comme Ron Hubbard ou comme Claude Vorilhon.

XK : « De qui parlez-vous? Si c'est des juifs, je vous ferai remarquer que ce n'est pas un génocide chrétien. »

JP 2212:3
Quand je parle du « génocide le plus intensif de la civilisation chrétienne », la préposition « de » se rapporte à la civilisation chrétienne (à laquelle appartient vous en conviendrez l'Europe occidentale et centrale des années 1940) en tant que au sujet, pas en tant qu'objet.

XK : « SVP Pourrions-nous nous recentrer sur la question d'origine. Le débat, bien que passionnant, me paraît par trop diverger. »

JP 2212:4
C'est pas moi qui ai tenu à mettre la foi religieuse et la passion tauromachique en parallèle...

Avant de fermer cette parenthèse de métacommunication, juste une remarque : un de mes commentaires apparaît dans ce fil en doublon (21 décembre, 2009 16:08)

XK : « Je n'ai vu nulle part (mais je ne suis pas juriste), que la corrida relève de cette qualification, puisqu'elle en est exclue et demeure légale. »

JP 2212:5
Vous n'avez vu nulle part que la corrida relève de la qualification pénale « sévices graves et actes de cruauté sur animal domestique ou tenu en captivité » ??
Si vous n'avez jamais entendu parler de l'article 521-1, je ne peux pas grand chose pour vous...
Car si son septième alinéa déclare les sanctions prévues non applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée, c'est précisément parce que celles-ci (dans leur version ibérique) relèvent de cette qualification.

Lorsque de meûchants animalistes intentent des actions en justice contre des pôvres organisateurs de corrida, au motif d'actes de cruauté envers animaux domestiques ou tenus en captivité, *jamais* cette qualification n'est réfutée par les juridictions, qu'elles soient de premier degré, de second degré ou de cassation. Lorsque celles-ci donnent gain de cause aux organisateurs de corrida, c'est toujours au titre de l'immunité légale (expression régulièrement employée dans les arrêts de Cour de cassation) conférée par une « tradition locale ininterrompue ».

Vous n'êtes pas juriste (ça se voit), mais renseignez-vous un peu autour de vous.
En tout cas, je note que vous emmenez des enfants à des spectacles dont vous ignorez que le Code pénal les qualifie d'actes de cruauté.

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « Vous faites un aveu désarmant en prenant comme exemple la pornographie. »

JP 2212:6
Mais, cher Monsieur Klein, ce sont les textes visant à la protection de l'enfance qui font référence en leur sein à la fois à la pornographie et à la violence. L'article 227-24 C Pénal fait par exemple référence à un « message à caractère violent ou pornographique ».

XK : « La souffrance et la mort sont du domaine public, relèvent de l'expérience et de la condition humaine de manière incontournable, en nous concernant tous, puisque nous y sommes tous confrontés.
Que des parents, dans le fil de la transmission de leurs valeurs, trouvent opportun d'y confronter leurs enfants par le biais de la corrida, c'est leur problème, et leur liberté inaliénable.
 »

JP 2212:7
Donc, si je suis bien votre raisonnement, Monsieur le proviseur du collège de Reine Sancie, rien ne s'oppose à ce que des parents trouvent opportuns de confronter leurs enfants à souffrance et à la mort en leur faisant visionner des scènes de violence sur internet ?

XK : « Seriez-vous de ces gens qui veulent, à toute force, régenter la vie, les pensées et les valeurs de tout un chacun?
Cela s'est fait, et cela portait un nom: le TOTALITARISME.
»

JP 2212:8
Raté. Cela portait effectivement un nom : vous venez de donner une exacte définition de la religion, qu'il s'agisse du christianisme ou des autres, lorsqu'elle est en position de pouvoir.

Maintenant, si vouloir étendre la portée du Code pénal à l'ensemble du territoire de la République, c'est pour vous du totalitarisme, chacun pourra mesurer le sens que vous donnez aux mots.

XK : « Cela m'étonne aussi chez un psychiatre.
Je n'attends pas de mon psychanalyste qu'il me dicte ce que je dois penser, le "bien penser". Et je ne l'admettrais pas. Pour effectuer le «travail», je dois conserver une entière liberté de penser, de juger, de m'exprimer, sans honte, pudeur ou peur, ce que pourrait inhiber le jugement de l'écoutant.
»

JP 2212:9
Ne faites pas le ballot, nous ne sommes pas en situation d'analyse, nous sommes en situation d'échange public.

XK :
« JPR: Et, pour prévenir votre réponse attendue "Houla, attention, c'est des Homo sapiens®, c'est pas rien que des bêtes!"

Vous avez bien anticipé la réponse. Si la différence entre les deux ne vous apparaît pas, j'en suis désolé. Si la nuance négligeable entre être carnivore et cannibale ne vous apparaît pas non plus, j'en suis effrayé!
»

JP 2212:10
Vous êtes une merveilleuse illustration de la pensée binaire : soit on n'accorde aucun droit à aucun animal, soit on considère les animaux comme semblables en tous points à l'homme.
Je vous prie de m'excuser d'avoir tenté d'introduire des réflexions plus nuancées.

JP 2212:11
Et si vous pensez, en mettant en perspective carnivorisme et cannibalisme, vous réfugier derrière le burladero d'un tabou inviolable, vous avez perdu une occasion de vous instruire lorsque vous avez eu la chance de rencontrer Lévi-Strauss .

XK : « S'agit-il de droits «accordés aux animaux domestiques»?
De quel droit dispose un malheureux toutou, confiné par sa maîtresse dans un appartement parisien, parfumé, vêtu, alimenté, suivi par un psychiatre animal, soigné de son obésité par un véto, châtré pour l'empêcher de se masturber sur les pompes de Mme Glandu,
»

JP 2212:12
Pourquoi bottez-vous toujours en touche ? Qu'est ce qui vous fait peur, et même apparemment qui vous épouvante, dans le fait de reconnaître une continuité entre les hommes et les autres animaux ? Vous si prompt à vouloir réduire les arguments du contradicteur à des « symptômes », êtes-vous sûr d'avoir fait le tour de la question en ce qui vous concerne ?

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « Tabasser un cheval de trait, ou son chien, n'a aucun sens, la corrida en a un »

JP 2212:13
Donc des hommes peuvent traiter n'importe quel animal de n'importe quelle façon dès lors qu'ils y mettent un « sens » ? J'ai bon ?

XK :
« JPR: Vous vous emmêlez un peu les pinceaux dans les dates, mais peu importe.

Que nenni! Constatez: http://www.aidh.org/Biblio/Text_fondat/FR_04.htm
 »

JP 2212:14
Eh oui : il s'agit de juin 1793, et non 1795. Souffririez-vous en plus d'une dyslexie du chiffre ?

XK :
« Je ne suis on ne peu plus sérieux, ce qui vous donne à considérer l'importance que la chose a pour moi (et beaucoup d'autres), et le risque que vos amis prenez.
Car plus que le simple problème de la tauromachie, ce serait une atteinte, une ingérence et une intrusion inacceptables de l'Etat dans un domaine qui ne le concerne pas et qui relève de la conscience et du jugement individuel. Ou plus précisément de la liberté de mettre en pratique des valeurs à condition qu'elles n'atteignent pas autrui (et un animal n'est pas autrui).
»

JP 2212:15
Il ne vous appartient pas, cher Monsieur, de décider si un animal est autrui ou non. Si une majorité de citoyens décident qu'un animal est sujet de droit, ou si vous vous préférez que nous avons un minimum de devoirs envers lui, rien ne vous autorise à ne pas en tenir compte.

XK : « Je refuserai d'appliquer une loi injuste et je la transgresserai. »

JP 2212:16
Ça a le mérite d'être clair. J'en prends note.
Appellerez-vous aussi les autres à la transgresser, comme ont parfois pu le faire les chasseurs français ?
Et vous opposerez-vous par la violence, comme ont parfois pu le faire les chasseurs français, aux représentants de la force publique ?

JP 2212:17
Je note par ailleurs que l'emploi du futur en place du conditionnel ne peut être considéré comme une simple erreur de la part d'un homme de votre culture : c'est un lapsus qui en dit long sur votre conscience de l'avenir de la corrida.

XK : « C'est d'ailleurs ce qu'ont fait les élus locaux au début du XXème siècle face à la loi Grammont, et l'état ridiculisé a été forcé de reculer. Des Conseils Municipaux entiers ont démissionnés, et personne ne s'est présenté. »

JP 2212:18
On peut considérer que si la corrida a pu réellement s'implanter en France vers la fin du XIXème siècle, c'est grâce à la loi du 5 avril 1884 qui a affirmé le principe de l'élection des maires par le conseil municipal et a reconnu l'autonomie communale. La porte était ouverte à l'opposition des maires aux préfets, émanations du pouvoir central, comme un moyen d'affirmer l'identité locale. Et y allait s'ajouter une fronde des juridictions locales envers la Cour de Cassation. Il faut dire qu'à l'époque, comme vous le soulignez à juste titre ailleurs, les identités locales étaient nettement plus marquées que de nos jours.

Je suis assez amusé de lire le mundillo hexagonal s'offusquer de ce que l'opposition à la corrida en Catalogne espagnole s'inscrive dans l'affirmation d'une identité régionale, puisqu'en France c'est la même logique, en miroir, qui a permis l'implantation de la corrida dans le sud.

XK : « Les «aficionados», dans leur immense majorité sont des gens paisibles et de bons citoyens, il ne faudrait pas les pousser à bout. »

JP 2212:19
Bonté divine, voilà M'sieur Klein qui nous fait « J'vais lui montrer qui c'est Raoult ! ».

XK : « Comment ferez-vous pour filtrer (ou plutôt fliquer, mais c'est très à la mode) les entrées dans les arènes? Connaissez-vous un gendarme qui prendrait le risque de l'émeute pour aller extraire un gamin dans une arène? »

JP 2212:20
Mais ça se fait en Catalogne pour "fliquer" les gamins de moins de 14 ans, il faut sortir un peu.

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « La résistance, vous connaissez? »

JP 2212:21
Ami, entends-tu le vol noir des zantis sur l'arène ?
Ami, entends-tu les cris sourds des taurins qu'on enchaîne?
Ohé! Mundillo et aficionados, c'est l'alarme.
Ce soir, l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.


Au moins, vous me faites rire. Si vous n'existiez pas, faudrait vous inventer !

XK : « Oui. Article 521-1. N'étant pas juriste, je ne puis rien vous répondre sur ce point. Tout ce que je puis en juger procède de l'excellent ouvrage de Dimitri MIEUSSENS «L'exception corrida, de l'importance majeure d'une entorse mineure» dont je vous invite à lire et méditer la très lucide conclusion. »

JP 2212:22
Vous qualifiez avec raison l'ouvrage de Dimitri Mieussens d'excellent, mais je ne suis pas certain que vous l'ayez bien lu. Laissez-moi juste citer un extrait de cette conclusion :
« Parce que l'espèce humaine s'impose dans le monde et que son emprise embrasse la totalité des êtres et des choses, la position dominante qu'il s'est octroyée lui accorde des "droits", ceux du plus fort... Autrement dit, un pouvoir sur les plus faibles. Seulement, l'homme, en sa qualité d'être moral, est investi de responsabilités. Il s'agit donc pour lui d'imposer des limites à sa domination du monde ; celles-ci se traduisant par des obligations et des devoirs. »

Ainsi que le dernier paragraphe de cette conclusion :
« Reste enfin à rendre effectif ce que notre responsabilité exige face à la triste condition animale : un peu de justice pour les animaux. Or, il n'y a pas de justice sans loi, comme il n'y a pas de justice sans une éducation de la compassion. La condition animale pâtit de l'absence d'un statut juridique et philosophique cohérent. L'article 521-1 du Code pénal en est la preuve écrite : une protection partielle assortie d'une exception partiale. »

Jean-Paul Richier a dit…

ludo : « pourriez-vous m'indiquer , pour mon noël à moi, un site animalo-écologisto bien zanti comme tout où je pourrais m'exprimer comme vous le faites ici depuis maintenant lurette sans me faire insulter dès la majuscule que j'apposerai au début de mon message ?
[...]
" c..., dégage, c'est inadmissible..." je suis parti avant la fin de la bordée.
».

Les attaques verbales, fussent-elles virulentes, de la part des opposants à la corrida, vous font-elles souffrir ?

Cessez donc de jouer les rosières. On récolte ce que l'on sème, et ce que vous semez n'est guère reluisant, pour qui est réfractaire au duende de vos saigneurs en bas roses.

Quant à la capacité de Monsieur Klein à publier la critique, j'en conviens, elle sort de l'ordinaire. A fortiori de la part de quelqu'un qui fait interdire les manifestations à proximité des arènes, et qui refuse d'entrée de jeu toute contrainte légale allant à l'encontre de son bon vouloir.

Bien sûr, il sait que ces échanges restent confidentiels, car si son blog a des lecteurs dans le mundillo, ceux-ci vont rarement jusqu'à lire les commentaires. Mais ils sont accessibles.

Bien sûr, on peut l'interpréter comme une démonstration d'assurance particulièrement rusée, genre « il est tellement évident que je suis dans mon bon droit que je ne cours aucun risque à laisser mes contradicteurs s'exprimer à l'envi ». Mais, serait-ce le cas, encore faut-il avoir le sang-froid d'assumer cette ruse.
Dont acte.

Xavier KLEIN a dit…

Les attaques et la virulence verbales ne trahissent que la violence et la colère. Cette violence même que vous condamnez par ailleurs et qui nait du sentiment de l'impuissance. Ce que je comprends.
Il y a pas mal de choses qui me mettent en colère aussi, dont une, l'intolérance, une critique que j'ai souvent formulée à votre endroit.
Pour autant, je ne me sens pas obligé de lui laisser libre-court.

Si l'on devait se montrer agressif avec tout ce qui nous révolte ou nous déplait, et tout un chacun allait harceler l'objet ou le sujet de son courroux, ce pays deviendrait vite invivable. Mais visiblement il y a là une exception. D'évidence, vous cherchez l'affrontement ou le conflit.
Si vous ne voyez pas la différence entre refuser qu'on vous emmerde, ce qui est mon cas, et aller emmerder les autres devant les arènes, ce qui est le vôtre, cela pose problème.
Mais c'est le lot du fanatisme, de tous temps à jamais.

Le doute, et le respect de l'autre vous sont tellement étranger que vous voyez la ruse, là où il n'y a qu'un désir, et dans mon cas un devoir d'échange courtois, sincère et sans censure.
Vous dénaturez mes propos ce qui me déçoit, et assénez sans nuance.
Empêcher une manifestation à l'entrée des arènes, c'est à dire l'inutile provocation des porteurs de haine, et je tiens à votre disposition des films enregistrés lors de ces petites sauteries où vous constaterez la violence des injures, me paraît complètement justifié. Ce qui n'empêche pas de l'autoriser ailleurs.

En outre, amalgamez, comme vous le faites, en prétendant que «que je refuse d'entrée de jeu toute contrainte légale allant à l'encontre de mon bon vouloir.» est malhonnête. Je refuse celle là.
J'en refuse d'autres, il est vrai, entre autres, de communiquer le nom des élèves étrangers à la préfecture. Et je l'assume.

Tout cela n'est nullement affaire de bon droit. C'est affaire de ne pas vouloir qu'on vous impose des valeurs, et une culpabilité qui ne sont les vôtres. Cela fait trente ans que je me questionne sur le sujet, et sur bien d'autres encore. Cela fait aussi trente ans que j'accepte de discuter avec des tas de gens qui n'ont pas les mêmes idées, et d'examiner objectivement la validité de leurs arguments, parce que tout simplement je considère que je ne détiens, ni la vérité, ni la science infuse.

D'évidence, vous la détenez, et la certitude est votre lot. Tant mieux pour vous. Mais supposer de la ruse de ma part, m'offense et me blesse. Si vous avez ce genre d'arrière-pensées, il vaut mieux couper court.

Ne retournez pas les choses à votre convenance, ces artifices ne trompent que vous.
En ce qui me concerne, à aucun moment, je n'ai porté de jugements dépréciatoires sur votre attitude et vos opinions, même si je ne les partage en rien. Pour moi aussi «ce que vous semez n'est guère reluisant», mais jusqu'à présent je ne vous l'ai jamais dit...
Comment peut-on discuter avec tant de mépris pour l'autre?

ludo a dit…

en fait, jotapé errequéerre, je vais à la corrida le dimanche pour ne pas avoir à souffrir des symptômes de la DTLM.ça m'émoustille jusqu'au lundi soir et comme ça, hop, je suis rendu à mardi comme qui rigole.tu devrais m'embaucher, joyeux drille !

ludo

ps : pourquoi cette obsession de la pornographie chez toi et chez fabre aussi( pas très cool d'ailleurs d'insister sur ce mot en parlant du lycée où professe xavier -en donnant son nom d'ailleurs, biiiienn pour le respect des persones, biieeen maestro - et en appuyant dans ce passage sur les parents d'élèves ) ? chez d'autres c'est la comparaison avec la shoah ( j'ai rectifié il y a longtemps un post d'un type copain de zara whites et zanti tout plein qui racontait qu'on pouvait tout à fait comparer l'utilisation de la viande animale par les nazis notamment parce qu'ils auraient élaboré du savon à base de graisse humaine, ce qui est totalement faux et qui sert d'argument aux négationnistes en disant : on vous ment sur le savon ,on vous ment sur l'holocauste, pas très brilant mais ça marche, la preuve ).
bref, los toros est l'abomination des abominations et on voit où vous la placez.j'ai toujours remarqué que les psychiatres avaient besoin d'un contre-point fort tel celui-ci.si cela vous permet d'évoluer dans votre pratique, alors, pourquoi pas . je crois, contrairement à vous qui nous méprisez, que ces réflexions m'amènent à penser que vous devez être un très bon, voire même excellent praticien. on se grandit en luttant contre. como un torero, jotapé, como un torero.
allez, salut maint'nant.

ludo

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « Les attaques et la virulence verbales ne trahissent que la violence et la colère. »

JP 2512:1
Bof, je n'ai fait qu'énoncer « ce que vous semez n'est guère reluisant, pour qui est réfractaire au duende de vos saigneurs en bas roses. ». C'est une simple constatation de l'évidence, c'est ce qui ressort de la plupart des conversations dans la vie réelle. Soit les interlocuteurs disent ne pas connaître assez, soit ils mettent l'accent sur la dimension esthétique, soit leurs commentaires vont de « c'est quand même plutôt sordide » à « c'est carrément une boucherie » en passant par « je trouve ça assez dégueulasse ».

XK : « Cette violence même que vous condamnez par ailleurs »

JP 2512:2
Si vous mettez mon énoncé au même niveau que la perforation codifiée de la chair d'un mammifère, l'un de nous a un léger problème dans son rapport à la violence.

XK : « Il y a pas mal de choses qui me mettent en colère aussi, dont une, l'intolérance, une critique que j'ai souvent formulée à votre endroit. »

JP 2512:3
J'ai bien compris que pour vous, c'était se montrer intolérant que de vouloir supprimer l'immunité légale permettant d'organiser, sur un dixième du territoire français, des spectacles qualifiés par le Code pénal de sévices graves et actes de cruauté sur animal domestique.
Savez-vous que vous vivez dans un pays gangréné par l'intolérance, puisque la moitié des Français veulent interdire la corrida ? Curieusement, pas un ne veut interdire la philatélie ou le tennis, allez comprendre pourquoi...

Vous devriez utiliser l'arsenal lexical avec mesure, Monsieur Klein, faute de quoi vous risquez de vous trouver à court de ressources.

XK : « Mais c'est le lot du fanatisme, de tous temps à jamais. »

JP 2512:4
Au risque de me répéter, vous devriez utiliser l'arsenal lexical avec mesure, faute de quoi vous risquez de vous trouver à court de ressources.

XK : « Le doute, et le respect de l'autre vous sont tellement étranger que vous voyez la ruse, là où il n'y a qu'un désir, et dans mon cas un devoir d'échange courtois, sincère et sans censure. »

JP 2512:5
Cher Monsieur Klein, à chaque coin de ligne vous m'assénez que l'être humain est obscur, que la vie est tourmentée, et que le monde est complexe. Fort de vos leçons (et, très accessoirement, de ma pratique professionnelle), en réponse à une invite à commenter nos échanges, j'émets courtoisement l'hypothèse d'une multifactorialité de vos motivations à ne pas me censurer.
Et voilà que vous vous drapez dans votre dignité, brandissant l'image d'un homme parfaitement pur, complètement transparent, pour tout dire unidimensionnel en la circonstance.
Moi je veux bien. No problemo. Si vous le dites.

S'il ne vous faut que des compliments, j'ai convenu que votre capacité à publier la critique sort de l'ordinaire.
Et j'ai pointé votre sang-froid. Est-il cependant utile de souligner que la dose de sang-froid qui m'est nécessaire est infinie ? Même s'il vous en faut encore plus que moi, j'en conviens de façon toute cantorienne, puisque vous êtes dans votre querencia.

XK : « Empêcher une manifestation à l'entrée des arènes, c'est à dire l'inutile provocation des porteurs de haine, et je tiens à votre disposition des films enregistrés lors de ces petites sauteries où vous constaterez la violence des injures, me paraît complètement justifié. »

JP 2512:6
Et comment puis-je visionner ces films que vous tenez à ma disposition ?

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « En outre, amalgamez, comme vous le faites, en prétendant que «que je refuse d'entrée de jeu toute contrainte légale allant à l'encontre de mon bon vouloir.» est malhonnête. Je refuse celle là. »

JP 2512:7
Je sous-entendais en matière taurine, bien évidemment, et sans doute en matière animale tout court ?... Nul doute que vous auriez fulminé en 1928, avec Hemigway et Picasso, avec Leal et Bergamin, contre l'obligation du caparaçon. Vous auriez appelé à résister contre la dictature de la sensiblerie, vous auriez appelé à défendre l'aficion de verdad, vous auriez démontré que, sans chevaux étripaillés, on privait le premier tercio d'une dimension pathétique qui lui donnait du sens.
Pour les questions non animales, je ne me permettrais pas d'affirmer cela sans vous connaître.

XK : « J'en refuse d'autres, il est vrai, entre autres, de communiquer le nom des élèves étrangers à la préfecture. Et je l'assume. »

JP 2512:8
A quelle occasion devez-vous le faire ? Pour organiser les voyages en terre ibérique ?

XK : « je considère que je ne détiens, ni la vérité, ni la science infuse.
D'évidence, vous la détenez, et la certitude est votre lot.
»

JP 2512:9
Oh, vous savez, je ne fais que tenir pour très probablement exacte l'hypothèse selon laquelle des mammifères dans la chair desquels on plante des piques, des banderilles, des épées, des verduguillos et des puntillas éprouvent ce qu'il est convenu d'appeler de la douleur avant de mourir. Et je ne fais qu'estimer que faire un spectacle de ces opérations sanglantes symbolise une relation de l'homme envers les animaux qui entretient bien d'autres types de souffrances évitables.

En revanche, vous détenez la certitude que les souffrances qu'on fait subir à des animaux, même sans raison évidente, ne sont « pas graves », et que nous autres Homo sapiens® « nous le valons bien », dès lors que nous y trouvons un plaisir et/ou que nous y mettons un « sens » quelconque.
Vous détenez la certitude que l'Homo sapiens® est radicalement, ontologiquement, définitivement, métaphysiquement, et en ce qui vous concerne théologiquement, différent des autres animaux. Il apparaît que c'est là votre point aveugle, la problématique que vous ne pouvez pas penser, la donnée sur laquelle bute à répétition votre argumentation.

Quant à moi je fais tout bêtement partie de ceux qui pense que l'homme se situe à la fois dans un rapport de continuité et de discontinuité avec les autres animaux. J'attribue tout bêtement plus de valeurs aux connaissances qu'aux croyances. Et j'en fais modestement découler ma morale.

XK : « Comment peut-on discuter avec tant de mépris pour l'autre? »

JP 2512:10
Je n'ai pas de mépris pour vous, j'ai du mépris pour ce que vous faites, pour ce que vous aimez. Je peux me contraindre à avoir du respect pour vous en tant que personne, préalable nécessaire à la vie en société, mais ne me demandez pas l'impossible, Monsieur Klein, je ne peux pas respecter des actes aux antipodes de mes principes moraux élémentaires.

Jean-Paul Richier a dit…

ludo : : « pourquoi cette obsession de la pornographie chez toi et chez fabre aussi »

Les textes, mon bon ludo, les textes juridiques, cf JP 2212:6.

Quant à Marc Fabre, il ne fait que citer les bons auteurs, à commencer par Leiris et Bataille, qu'est ce qui vous gêne ?

A propos de pornographie, à la question : « les taurins aiment-ils les taureaux ? » certains ont pu répondre : « oui, comme les pédophiles aiment les enfants. » Bien entendu, je ne reprendrai pas ici à mon compte un parallèle aussi provoquant.

Un autre parallèle scandaliserait moins, c'est celui entre les aficionados (« De la pulsion sadique !? Où ça ?! ») et les nudistes, pardon, les naturistes (« De la pulsion scopique !? Où ça ?! »), mais, outre que je n'ai rien contre ces braves nudistes, qui eux ne font pas couler de sang, sur ce blog, au moins, le parallèle n'a pas sa raison d'être.

Je me contenterai donc pour vous faire plaisir de citer un court extrait de Marc Fabre :
« On ne peut résister à chercher les analogies entre une corrida et un film pour adultes, sortes de visites guidées et payantes au coeur de la chair. Côté acteurs : tercios répétitifs et mécaniques, langage onomatopéique, exhibition de passes répertoriées, progression paroxystique et épanchements. Côté public : voyeurisme et illusion. Porno et corrida s'adressent directement aux pulsions sans passer par la case raison. [...]. Le film pornographique s'en tire avec six petites morts et pas plus de prétention que celui d'avoir fait passer un moment. Le spectacle tauromachique s'achève, lui, avec six vrais gros morts et la fatuité d'incarner une vision du monde. »

Joyeux Noël

PS : sauriez-vous comment je pourrais faire transférer Susanna Maiolo dans mon service, je lui offre une chambre seule avec petit déjeuner au lit, c'est pas à chaque Noël que je manque de m'étouffer de rire ?

el chulo a dit…

je maintiens donc, "habile" et "à bile".

Ali Lodelpiton a dit…

Mr Richier donne des leçons d'histoire :
"Nul doute que vous auriez fulminé en 1928, avec Hemigway et Picasso, avec Leal et Bergamin, contre l'obligation du caparaçon."

en 1928, voulez-vous dire 10 ans avant que vos pairs n'inventent les électrochocs , si bénéfiques à mon cher Antonin ?

Il suffit.

La décontextualisation histérico-historique, l'usage permanent d'un surligneur gras pour amalgamer ce qui ne doit pas l'être, le recours à des phrases visant à réduire, minimiser ou mépriser les positions adverses,l'utilisation systématique de la question rhétorique pour répondre à une première question, qui entraînent l’assentiment obligatoire de l’interlocuteur, surtout lorsque ces questions sont posées après une mise en contexte émotionnelle et dramatique...
Cela ne vous rappelle personne ?
Mias si voyons,il porte des talonettes et il s'adresse à la france en l'appelant "mâm'chabot".
Je ne crois , je ne sais pas si M.Richier est sarkozyste, je m'en fous, mais ce qui est sûr c'est qu'il a parfaitement intégré la nov-langue des pseudos-vainqueurs.

Sinon comment expliquer la "saillie" quant au voyage en ibérie pour les enfants de sans-papiers, c'est ...comment dire...douteux ?
Il nous affuble des masques les plus abjects et il soutend que nous sommes incapables et surtout il nous dénie ( ou il tourne cette capacité, cette citoyenneté en somme, en dérision ) la possibilité d'avoir , de posséder un sens civique, moral, républicain, responsable...sous son aspect ludion du landerneau des antis-corridas il est en fait le plus haineux de tous.

A moi : où sont les témoignages du fameux groupe de personnes qui vous auraient consultés car leurs traumatismes viendraient de la vision de leur part d'une corrida de taureaux au cours de leur enfance ? Sont-ils vraiment en suivi pour cela et uniquement cela ?
Où mettez-vous vos collègues qui ne participent pas à vos hurlements déguisés en chatoiements à notre encontre ? Demandez-vous à ce qu'ils soient radiés , exclus, interdits de pratiques comme viennent de le faire les vétérinaires espagnols à propos de leurs collègues qui travaillent avec le monde taurin ?
Que dites-vous du témoignage, par contre, de M. Dutroux citoyen belge, ayant déclaré à son procés avoir été dans une arène et en être sorti extrèmement choqué, lui cet homme si attentioné ? et celui des personnes ayant vu M. Himmler sortir des arènes de bayonne dès le début du spectacle car ce qu'il y voyait l'incommodait, lui cet être si sensible ? qui devez-vous soigner : moi ou M. Laborde qui a écrit noir sur blanc que l'usage de la kalach était parfait pour éradiquer notre sous-race ?

Bref, je trouve xavier et ludo bien patients avec vous.
Quant à moi , je vous cambronne.

Ali Lodelpiton.

Jean-Paul Richier a dit…

el chulo : « "habile" et "à bile". »

N'oubliez pas "à bill", rapport aux PPL n°191 et n°228.

Jean-Paul Richier a dit…

Lodelpiton : « comment expliquer la "saillie" quant au voyage en ibérie pour les enfants de sans-papiers »

M Klein a fait référence aux « élèves étrangers », pas aux « enfants de sans-papiers ».
A ma connaissance, un chef d'établissement n'a pas à communiquer le nom des élèves étrangers à la Préfecture, sauf circonstances très particulières comme un voyage périscolaire à l'étranger. Le collège où exerce M Klein organisant des voyages en Espagne pour des élèves, je lui demandais tout naturellement si c'était à cette occasion.
Si vous y voyez malice, c'est votre problème.
Dans le contexte politico-administratif actuel, c'est tout à l'honneur de Monsieur Klein de s'abstenir des déclarations à la Préfecture en vue d'éviter, à des parents dont les titres de séjour ne serait pas en règle, des déboires analogues à ceux évoqués dans le film homonyme de Joseph Losey.
J'en profite cependant pour souligner que la désobéissance civile à titre altruiste n'a rien à voir de près ou de loin avec la transgression des lois à titre égoïste.

Pour ce qui est du reste de votre intervention, vaillant anonyme, je vous laisse patauger dans vos cambronnades et autres projections (dans tous les sens du terme).

Xavier KLEIN a dit…

Non Monsieur RICHIER, je répète bien les enfants étrangers, étant donné que nous ne sommes nullement en situation (et en désir) de savoir quels sont ceux qui sont sans papiers ou avec.
Vous êtes mal informé. On nous demande régulièrement (trimestriellement) un état des élèves étrangers, aux motifs de détecter les éventuelles difficultés linguistiques.
Sauf que les premiers formulaires qui nous parviennent depuis une dizaine d'années étaient communiqués à la préfecture, mention qui a disparue depuis.
Comme cette information ne donnait lieu à aucune réaction des autorités (attribution de moyens supplémentaires pour la prise en compte de leurs difficultés), certains esprits malintentionnés (comme moi) se sont questionnés sur l'utilité réelle de l'opération)
Sauf aussi, qu'on s'est aperçu qu'ils étaient utilisés pour repérer les familles de sans papiers (4 cas dans les PA).
Etant donné que l'assistance apportée aux sans papiers est devenue un délit, libre à vous de dénoncer cette infraction grave de ma part aux lois et règlement de la République.
Vous pourrez aussi rajouter que j'ai hébergé un jeune kurde pendant un mois, et un couple d'ouzbeks durant dix jours, actes répréhensibles et passibles des tribunaux.
C'est une tradition familiale, on aidait déjà les juifs il y a 70 ans. Une pratique familiale de la transgression qui doit vous paraître insupportable.
Que voulez-vous on est mauvais français ou on ne l'est pas!

Jean-Paul Richier a dit…

XK : « Non Monsieur RICHIER, je répète bien les enfants étrangers, étant donné que nous ne sommes nullement en situation (et en désir) de savoir quels sont ceux qui sont sans papiers ou avec. »

Je me cite : « M Klein a fait référence aux "élèves étrangers", pas aux "enfants de sans-papiers" »

XK : « Vous êtes mal informé. On nous demande régulièrement (trimestriellement) un état des élèves étrangers, aux motifs de détecter les éventuelles difficultés linguistiques. »

Eh bien vous auriez eu l'occasion de me répondre dès JP 2512:8, puisque c'est ce que je vous demandais.

XK : « C'est une tradition familiale, on aidait déjà les juifs il y a 70 ans. Une pratique familiale de la transgression qui doit vous paraître insupportable. »

JP 3012:1
Je vous demande de bien vouloir retirer cette phrase. Vous vous égarez.
JP 3012:2
Pour finir vous m'obligez à me citer à nouveau : « J'en profite cependant pour souligner que la désobéissance civile à titre altruiste n'a rien à voir de près ou de loin avec la transgression des lois à titre égoïste. »

Bien à vous. Je m'absente quelques jours.

ludo a dit…

allons, allons , my old john paul.
l'humour potache vous sied bien mieux que cette raoulterie bon marché à propos des ibères promenades de don xavier et ses élèves.
quant à l'ali il sonne juste parfois mais vous faites comme si rien n'avait soufflé à vos oreilles.il faut dire que votre liste de pornographes qui auraient ( vos sources ? )dégoisé le caparaçon,est assez replète (mis à part leal, juan i presume , cad jean cistac, esbaudi de se retrouver en si beau piédestal).
il y a quelques temps encore, peu reculés, vos zamis ,méconnaisseurs en toutes choses concernant justement la complexe ibérité, s'engouffait dans la muleta du fascisme dès qu'on agitait les 6 lettres 6 du mot sacrilège que je ne nommerai point mais qui commence par c. battus en brèche à toutes les reprises, vous tentez maintenant la pose des banderilles mentales. seraient ainsi malades les aficionados. d'ailleurs dans le fabre on nous voit apparaître ainsi : désaxés. mais , quand même, ce sont des vrais êtres derrière et le marco ne se cache pas d'être nîmois donc il avoue - c'est à son honneur- côtoyer et même avoir noué quelques liens avec certains de ces êtres pervers et néanmoins polymorphes. on les imagine, à le lire, rasant les murs, veules , fâlots et imbibés de leur passion comme un alcoolique se débattant avec sa maladie. il est là pour les plaindre. ils sont encore englués dans leurs souillures mais semblent débousssolés, sans arguments autres qu'arguties, mal à l'aise, benêts. bref, des cas parfaits d'inadaptés ( je ne parle pas et lui non plus des hordes de "gobétuts" qui débarquent en feria, ceux-là sont des proies trop faciles pour vous, vous les aurez retournés en moins de deux quant vous aurez les cartes , les bonnes, celles du pouvoir et de la com', celes de la pensée binaire et bling-bling ).
je n'en appellerais pas ici aux mannes du créateur de cette oeuvre pornocrate, machiste et totalitaire qu'est guernika ni à celles de celui qui sauva des bombes nationalistes les oeuvres du prado - vivement d'ailleurs que vienne le temps des lacérages activistes des oeuvres taurines de goya ou de bacon, de dali ou de barcelo.
non je voudrais citer d'abord tous les anonymes d'un peuple fort et éduqué, le nôtre ( los toros son del pueblo )et aussi des contemporains, bien vivants -bien que proches de l'amibe en ce qui concerne leur qualités humaines cela va sans dire - aussi mentalement dérangés et cachant leurs bouffées de délires sadiques en bafouillant dès qu'on les presse de questions pertinentes ( et tellement proches du bon sens, je laisse le lacanien cogiter là - dessus )telles que les vôtres :
enrique vila-matas, pere gimferrer, arturo perez-reverte, fernando savater, sanchez ferlosio, gomez pin, , felix de azua, miquel barcelo, vargas llosa , eduardo mendoza, albert boadella, agustin diaz yanes, ...
c'est peu et contre l'air du temps ?
je laisse la parole à don juan ramon :
" a la minoria siempre".

bonne année estimado JP.

ludo

ps ; c'est la dernière fois que j'interviens ici , en 2010 je fais comme mon cricri béarnais préféré : je tire dans le tas,non mais ! y a pas que vous qui avez le droit de mitrailler comme des salauds sans sommation )

ludo a dit…

rectif :
mânes et pas mannes.

ludo

el chulo a dit…

si je peux me permettre, le juan leal, grand aficionado et amateur du célèbre algabeno, torero fasciste et ami intime de queipo de llano et qui mourut assez tot, du cote de seville au coté des insurgés qui devinrent les franquistes fut
en conflit ouvert avec don severo qui, lui, avait du talent et pas les mêmes valeurs chevaleresques, si j'ose dire.
je citerai cette phrase celebre sur dominguin un jour de bronca: " le public le traita de rempailleur de chaises, sans se douter du tort qu'il faisait à cette honorable corporation", qui faisait marrer mon père et mon oncle fernand.
une illustration assez marrante avec le recul d'un conflit droite gauche, si on peut dire.
pour le reste, j'ai assez de problèmes avec les mots bien utilisés pour me laiser embarquer dans un délire neo ou pseudo lacanien.
le trop étant l'ennemi du bien.
ou tout ce qui brille n'est pas d'or.
merci en tous cas ludo pour ton impatience, elle me rappelle qu'il faut savoir dire merde.