Humeurs taurines et éclectiques

dimanche 13 novembre 2011

Onze onze deux-mille-onze (2)

La journée s'annonçait sous les meilleurs auspices. Température andalouse, ciel d'une limpidité saharienne, et mahomet de vieil or, éclairage façon toscane chez Botticelli.
Les tourelles des arènes Henri Capdeville se profilaient au bout du parking comme les minarets de la Mecque pour le hadji camelomobile, un comité d'accueil en livrée marine vous palpait l'anatomie des fois qu'un bougrain du bourg s'y dissimulât.
Sans parler des maîtres queux, les Brousse's brothers, qui avaient troqué la toque pour le bounet et dispensaient bonne et grasse ventrêche enjaunie d'oeufs de Chalosse. Seule mauvaise petite note, le café venait à manquer, heureusement remplacé par la cuisse rubiconde d'un rutilant et vigoureux vin d'Ibèrie.
Que tout cela était gascon!

Se pressaient sur les remparts, le ban et l'arrière ban de «l'afición de nouste». Celle de qualité qui vient pour voir et non pour être vue. Avec même un autobus de dacquois en folie...
Nuls «indignés» mais des grognards blanchis sous le harnais et des marie-louises qui connaissent et apprécient ce type de réjouissances où l'homme n'importe que lorsqu'il sert le toro.

Onze novembre 2011, onze novillos, onze encastes (dont aucun à la mode): fallait oser!
La «Jeune Afición» l'a fait, en avançant la jambe et, ma foi, le «résultat» fut des plus plaisants. D'ailleurs, à qui le «résultat» importait-il vraiment? «Résultat»: un mot d'économiste, pas d'aficionado!  Contrairement aux «spectateurs», les aficionados viennent à ces rencontres pour se retrouver, sans autre gratification attendue que de menus détails savoureux et le plaisir d'une différence qui devient un luxe, la vraie élégance taurine qu'il convient d'apprécier comme un vieil armagnac de bonne race.
Là est le vrai bon goût! Là est la quintessence! Là est la pure et indépassable volupté!
D'ailleurs nul cuistre, nulle vanité taurine ne venaient porter en ces lieux bénis, leur fausse note. On n'y pouvait rencontrer de ces snobs parisiens ou de ces observateurs mondains qui ne sauraient troquer le champagne des 3 étoiles contre le vino de la tierra, et les raffinements diététiques contre la glèbeuse poule au pot.
Et pourtant, toutes proportions gardées, il eut affluence pour un évènement de ce genre!!!

Je ne saurais -et ne voudrais- décrire l'exhaustivité de la journée.
Lecteur, tu n'avais qu'à y être!
Pourtant, sur les 11 sympathiques concurrents cornus, j'en relevais au moins 4 qui présentèrent fière figure.
3/11 ou 27,3%, comme l'on dit chez les économistes taurins, c'est largement supérieur aux résultats individuels ou cumulés des «grandes» ferias du sud-ouest. Excusez du peu!
Un Vega-Villar de Valrubio surprenant de noblesse, mais aussi de fadeur et de faiblesse.
Un Coquilla de Mariano Cifuentes malheureusement écorniflé.
Un Atanasio-La Corte de Malabat, remarquablement présenté, qui fut pour moi, par sa caste rugueuse, le toro le plus intéressant de la journée.
Un Arranz de Gustal de Campocerrado débordant de mala casta.
Et enfin pour clore, un Santa Coloma d'Andrés Celestino García, faiblissime et soso.
Nous eûmes grand plaisir à voir ou à revoir, nonobstant des prestations variables, des toreros aficionados comme Raul Velasco, très accrocheur et … accroché, et Fernando Cruz.

On nous annonça à l'entracte gastronomique, qu'une injustice avait été corrigée puisque le lot de Valdellan de Parentis en Mille Bornes (ils sont joueurs...) fut déclaré triomphateur des novilladas du Sud-Ouest par le conclave des Critiques Taurins. Puissent les indignés en tirer les conséquences et soutenir ces plazas qui brandissent fièrement et sans complexe le flambeau que d'autres sont indignes d'envisager...

En tarde, le Veragua de Pablo Mayoral montra des manières très civilisées en dépit, lui aussi, d'une faiblesse un tantinet décevante pour cet encaste et cette ganaderia. A revoir pourtant.
Le Murube de Castillejo de Huebra fut surprenant: un élevage à revoir également.
L'exemplaire de Cruz Madruga, son invalidité aidant, ne fit guère honneur à son propriétaire.
Le Urcola présenté par Victorino Martin Hijo pâtit d'une brega capotière excessive et désordonnée qui obéra des ardeurs initiales limitées.
Je ne me rappelle guère du représentant de l'Astarac (origine Pedrajas).
Il fallait terminer en beauté, ce fut le cas avec un ambassadeur lumineux et complet de la casa Baltazar Ibán qui démontra, comme ses congénères qui sortent régulièrement dans nos arènes, combien cette ganaderia est injustement et stupidement oubliée dans nos arènes Gseptièmes. Un eral remarquable de caste vibrante qui bouffa tout cru son novillero.

Des garçons, aucun ne me convainquit vraiment, certains en sachant trop dans l'art de toréer (ou plutôt de faire des passes), d'autres en sachant trop peu.

Bétail intéressant, avec des physiques et des comportements différents: que demander de plus?
Au final, une excellentissime journée, passée en merveilleuse compagnie dont il faut louer la Peña Jeune Afición pour son dévouement, son investissement, son travail considérable et son organisation sans faille (à part la poule au pot remplacée par du confit pour l'arrière garde apéritive, offense que je ne leur pardonnerai JAMAIS, sauf réparation sur le pré...).
Xavier KLEIN
***

Onze onze deux-mille-onze (1)

Deux évènements ce week-end dans les Landes.

Photo Sud-Ouest: Bougrain faraud devant les medias
Du premier disons quelques mots, car symptomatique, il illustre parfaitement la dégradation d'une situation qui risque rapidement de «tourner vinaigre».
Depuis des temps immémoriaux, l'automne est en Chalosse la saison de chasses traditionnelles aux petits oiseaux. Certes la chose n'est pas des plus officielles, ni des plus légales. Les lobbies bestialistes et les bureaucraties nationale et européenne se mêlent des coutumes locales pour s'adonner à leur passion effrénée pour l'interdiction sans nuances et sans discernement.
Résultat des courses: loin d'interdire la chose, on ne fait que vaguement la gêner tout en promouvant un circuit parallèle qui ne fait qu'alimenter des trafics juteux et génère donc une sur-chasse pour le coup préjudiciable.
Pour exemple, en octobre 2007, à Laglorieuse, la maréchaussée saisissait 119 ortolans, 980 pinsons, linottes et autres piafs qui représentaient une valeur d'environ 20.000 €. Le délit étant passible d'une amende maximale de 6 mois de geôle et de … 9000 € d'amende.

Cela n'empêche nullement les amateurs (et j'en connais qui sont préfets, juges ou recteurs d'académie) d'aller déguster leurs ortolans dans certaines backrooms de restaurants «spécialisés». Un ex-président de la République villégiaturant du «côté de la côte» avait en la matière ses petites habitudes, et il m'arriva de profiter de la chaise qu'il venait de quitter (et de réchauffer).
Hypocrisie quand tu nous tiens!

Convaincre et persuader, limiter et contingenter, comme c'est le cas pour nombre d'espèces, me semblent infiniment plus intelligent et productif que d'interdire, car alors ce sont les chasseurs eux-mêmes qui «font le ménage» et combattent le braconnage.
Allez expliquer cela à un rond de cuir national ou européen, et pire à un bestialiste borné (pléonasme!) dont c'est le fond de commerce!
Depuis les dragonades et le génocide vendéen, en France on aime bien diriger d'en haut et on a le goût des grands principes, même et surtout lorsqu'ils sont incompris, rejetés ou s'avèrent inapplicables à la base.
C'est sans doute le destin que l'on veut pour la tauromachie, qui contre vents et marées, contre édits royaux, bulles papales et directives républicaines a perduré invariablement.

Le 11/11/2011, ce grand couillon d'Alain BOUGRAIN-DUBOURG, (animateur avec Elisabeth de Fontenay de l'émission d'intoxication bestialiste «Vivre avec les bêtes» sur France Inter, radio du service public noyautée d'une main de fer par le responsable sarkozyste de la Propagandastaffel,  Philippe VAL) n'avait rien d'autre à foutre ce week-end que d'aller emmerder les péquenots chalossais.
Que voulez-vous, c'est ainsi dans les élites nobiliaires et policées de la capitale, on aime à se divertir en traquant hérésies et obscurantisme chez les peuplades arriérées de province, tout en leur apportant les lumières de la civilisation. Une vieille lubie depuis l'impérialisme mérovingien, carolingien et la croisade des chevaliers du Nord contre les Albigeois...


Ayant abondamment brassé l'air vivifiant de la campagne, razzié quelques matoles, détruit des corps du délit, déposé moult plaintes, abondamment travaillé son image de marque en jouant les victimes, le bon BOUGRAIN s'en retourna fort satisfait dans ses salons parisiens. Un vaillant le Bougrain, surtout avec une compagnie d'archers.

Jusqu'à quand devra t-on supporter ce genre d'avanies?
Et jusqu'à quand abusera t-on de la pondération gasconne? Car pour sûr, un jour l'affaire dégénèrera.
Je les trouve gentils et accommodants nos braves landais qui supportent qu'on vienne ainsi sur leurs terres (violation de propriété). Il y a peu, on nous prétendait vertueusement à propos de Rodilhan que «l'on ne peut et ne doit se faire justice soi-même.». Certes, mais alors, ce vertueux principe doit-il fonctionner à sens unique?
Ce qui me frappe surtout, c'est que la canaille animaliste s'enhardisse sans cesse de l'absence de réactions et de conséquences de leurs tribulations militantes.
Photo Sud-Ouest: Bougrain moins fier devant les chasseurs.
Quelques petites frictions sur le museau façon première ligne, un cartouchage d'arrière train au gros sel ou bien la promotion de la randonnée pédestre par dégonflage de pneumatiques serait certainement de nature à décourager les bonnes volontés. Le bestialiste aime bien la provocation quand il est assuré qu'elle ne lui coûtera rien. Cette engeance goûte infiniment moins le risque, c'est l'une des raisons de son aversion pour la corrida.

Évidemment, les têtes pensantes «zanties» apprécieraient de disposer d'un martyr à la cause, à condition bien sûr qu'il ne s'agisse pas de leurs petites personnes: les généraux contemporains sont rarement en première ligne quand cela chauffe. C'est pourquoi ils poussent la corde à se rompre, espérant qu'un de leurs bêlants benêts remplisse dignement cet office.

Ce n'est certes pas politiquement korrekt de le dire, mais ce serait politiquement efficace de le faire: c'est sur ce terrain des conséquences qu'il conviendrait de travailler pour mettre un terme aux incursions incessantes des trublions bestialistes.
Sans violences sur les personnes, mais avec humour et en usant de l'arme de la dérision et du ridicule, on obtiendrait des résultats insoupçonnés. Reste à trouver dans les caciques taurins des «humoristes», vaste programme! Pour le ridicule nous sommes amplement pourvus...
Xavier KLEIN

 http://www.sudouest.fr/2011/11/12/pinsons-pas-loin-d-une-bagarre-551299-3333.php

NOTA: une bouteille de Grand cru de la Coopérative de Bellocq pour qui trouve la contrepèterie que je subodore dans «Bougrain-Dubourg».
***

mardi 8 novembre 2011

Le retour de la mouche

Humeur express!
Reçu ce matin d'un pote iranien (peut-être un pot-au-feu vu Charlie Hebdo...):
ANAGRAMME DE PAPANDREOU = NAPPADEURO

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Application taurine:
ANAGRAMME DE ANDRE VIARD = VIANDARDER
ou
DARDER VAIN!
Il y a aussi AREN VIDARD
Le meilleur demeure RENARD AVID (oui mais alors renard argenté!)

Nota: Avec K vous pouvez toujours courir pour trouver mon (mes) anagramme(s)...

jeudi 3 novembre 2011

Spéléologie dans la blogotorosphère

Je ne peux jamais m’empêcher de penser qu’un excès de navigation «webique» relève avant tout de la compulsion. Une dérive qui me concerne, comme les copains, dont il convient toutefois de ne pas être dupe dans ses effets comme dans ses motivations.
Pourquoi passer autant de temps derrière un écran, dans une relation virtuelle, qui nous permet d’éviter soigneusement d’autres activités, ou d’autres formes de communications plus directes et, peut-être, plus dangereuses car exigeant une autre implication?
S’il fallait une preuve de cette forme de fuite devant diverses réalités, de cette manière de misanthropie «light» et déguisée, je ne retiendrais que l’usage quasiment généralisé des pseudonymes qui questionne en ce qu’il permet de tenir tous les discours sans jamais s’engager personnellement, et qu’il dévoile une difficulté à s’assumer dans son identité réelle.
Le masque du pseudo permet toutes les audaces, toutes les violences, tous les excès verbaux puisqu’on ne peut en identifier l’auteur.
Dans un tourbillon vénitien carnavalesque de loups et de travestissements, on se crée donc sa petite planète virtuelle où chacun, muni d’un statut et d’une «comedia» personnelle, devient enfin existant (latin existere: sortir de, se manifester, se montrer) dans un cercle restreint et rassurant d’initiés. Pour pouvoir exister, certains aiment ainsi à se grimer…

La tauromachie se prête par essence à ce jeu là, puisqu’elle procède, dans son essence même de l’«arte de burlar», l’art de tromper.
L’art de la tromperie, mais aussi celui de la moquerie, de la critique et de la séduction. Don Juan «El burlador de Sevilla» est à la fois trompeur et séducteur.
Sans doute certaines vérités jaillissent-elles sous et à la condition du masque, ce qui révèle une bien paradoxale réalité. Le mensonge et l’hypocrisie étant des vices individuels mais des vertus sociales, c’est par l’usage du masque et du déguisement que l’on parvient à l’expression de certaines exactitudes.
C’est convaincu de ces évidences là, qui procèdent de l’humain, de ses mystères et de son charme, que je m’enfonce régulièrement dans les entrelacs de la toile, vêtu de muraille, pour me glisser dans le monde souterrain et interlope des partouzes mentales. Un peu comme ces princes qui se vêtent en manants pour savoir ce que pense le peuple ou le Docteur William «Bill» Harford, dans «Eyes wide shut» («Les yeux grands fermés») de Stanley Kubrick.
Dans ces Cours des miracles virtuelles, même les plus estropiés, même les moins pourvus, même les plus insignifiants peuvent devenir «Archissupots», «Duc d’Argot», «Roi de Thunes» ou «Grand Coësre». Chacun peut à foison et sans retenue se livrer au péremptoire et, s’exemptant de tout principe de réalité, de toute contingence pratique, décerner bons ou mauvais points, prodiguer conseils avisés ou sentences définitives. La désinformation, la mauvaise foi ou le procès d’intention y côtoient les analyses lucides, la finesse de la culture, les avis éclairés et l’humour décapant.
Dubout, La Cour des Miracles
Pourtant ces virées dans l’underground taurin sont toujours des plus réjouissantes et instructives. Certes on en prend souvent plein la gueule, mais c’est revigorant et cela constitue l’antidote indispensable aux chevilles qui gonflent et à l’enflure du melon. A condition toutefois de trier, de faire la part de la malveillance, de l’ignorance et de l’incompatibilité d’humeur.

Ce qui me sidère et me fascine par dessus tout, c’est l’impossibilité pour certains de mesurer la distance entre l’idéal, le souhaitable et la triviale réalité.
Elle est tristement con et obstinée la réalité. Elle est comme l’impossibilité de remettre toute la terre dans le trou qu’on vient de creuser.
Elle est construite des compromis incessants et précaires que l’on concède en s’arc-boutant sur l’essentiel.
Elle est la contrariété du rêve et l’impossibilité nécessaire à la perpétuation du désir.
La réalité ne mérite qu’un grognement borborygmique de dépit, un réflexe d’agacement. Plus, serait trop, et surtout trop d’honneur !
Il faut l’accepter comme une maîtresse acariâtre à la fesse flasque et à la mamelle insipide qu’il faut bien supporter parce qu’elle est comme votre ombre, indissociable de votre destinée.

Forums? Le nom même ne serait-il pas une imposture?
Quoi de commun entre les alcôves intimistes de l’internet où l’on se complait dans la discussion anaérobie et les places publiques ensoleillées où la foule bigarrée se rencontre?
Ils ont pourtant l’attrait utérin des clubs anglais où l’on devise entre gens du même monde…
J’adore!
Xavier KLEIN




mercredi 2 novembre 2011

Histoire de G


Le jeune et talentueux Florent MOREAU nous gratifie d’une étude particulièrement tonique sur les dernières grandes manœuvres en cours.
Il y est évoqué le ballet et la confrontation des G autour d’une sombre histoire de pourcentages. Comme tout le monde le sait ou devrait le savoir, G est soit un facteur de mesure de l’intelligence, soit une zone érogène, soit la constante universelle de gravitation, toute références incompatibles avec les G en question qui ne procèdent ni de l'intelligence, ni de l'érotisme, et encore moins de l'attraction. Il existe aussi un g, unité d'accélération, mais on n'ose espérer que le G7 prenne 7 g, ce qui collerait les Gseptistes (à ne pas confondre avec les Cgétistes) à leurs fauteuils.

En dépit de sa perspicacité, Florent omet pourtant deux points de détails –comme dirait Jean-Marie de Sainte Gégène- qui paraissent pourtant fondamentaux.

En premier lieu -cela semble aller de soi mais sait-on jamais!- les mesures concernent-elles les dites arènes Gseptièmes ou bien, par un «estraño» de dernière minute, d’aucuns, dans le feu de l’action, envisageraient-ils de généraliser la panacée à l’ensemble des arènes de France? Auquel cas, ce serait la mise à mort des autres plazas. Les pratiques de l’U.VT.F., telles que j’ai pu les observer de l’intérieur depuis 3 ans s’apparentant plus à de l’eau de boudin qu’à celle, curative, de Vichy Célestin, on peut et l’on doit légitimement s’inquiéter.

En deuxième lieu, et la chose me semble fondamentale: où se situent les aficionados dans cette affaire? Il fut certes extrêmement habile de rompre par anticipation le front torero prévisible en liant la baisse des privilégiés par la hausse du prolétariat taurin. Habile et juteux! Mais à qui profite le dispositif?
ILLUSTRATION:
Soit le cartel 2011 de Bayonîmes ou de de Mont-de-Mardax, composé de El Augusti (130.000€), Enrique Pilato (110.000€), et Trufiño de Guadajara (convenio grupo B: 13.500€). Lot de toros de Victoriano del Cuvillo (80.000€). Coût du plateau: 335.500€...

Le même cartel dans l’avenir radieux de la temporada 2012, après application de l'oukaze n°2012-77777 du G7: El Augusti (104.000€), Enrique Pilato (88.000€), et Trufiño de Guadajara (convenio grupo B: 16.200€). Lot de toros de Victoriano del Cuvillo (64.000€). Coût du plateau: 272.200€.

Soit 63.300€ d’éconocroques.
Soit pour une plaza de 10.000 «clients» (au hasard Dax, qui «remplit»), 6,33€/place.
Soit le tendido O/S à 66€ au lieu de 73€ et le tendido sol supérieur 20€ au lieu de 26€.

Je sais! Je sais! Je suis mesquin et bassement matérialiste, mais soyons logique: si la mesure présente un intérêt, et surtout une justification, c’est bien pour compenser les effets de la crise, c'est du moins l'argument massue avancé.
En bonne logique économique, selon la vulgate libérale du credo des marchés si chère à Georges Walker Viard,  la baisse des prix à la production doivent être répercutée sur le consommateur. A défaut, le producteur et le consommateur tous deux lésés ne sauraient soutenir la mesure, puisque l’économie ainsi réalisée tomberait dans la bourse de l’intermédiaire, c’est à dire de l’organisateur. Car dans la jungle des déclarations et discours en tous genres, je n'en vois aucun où il serait question d'employer cette manne à d'autres fins qu'au bénéfice des empresas.
Il serait ainsi INDISPENSABLE que l’afición se mobilise pour exiger que son soutien –indispensable à la réussite de cette entreprise- suppose la répercussion quasiment intégrale de l’économie réalisée.

63.300 €/corrida c’est une somme! Si l’on considère les corridas données chaque année dans les plazas de 1ère, cela représente un trésor de guerre de … 2 à 3 millions d’euros (de 420.000 € pour Dax qui est une plaza déjà excédentaire).

Dans cette perspective, une autre option des plus intéressantes serait, avec une partie conséquente du pactole, d’alimenter un fond de promotion (campagnes de valorisation de l’image de la tauromachie, lobbying), de défense (procès systématiques) et de solidarité (soutien aux petites plazas déficitaires) qui ne sauraient que recueillir l’adhésion de l’ensemble de l’afición.
Quant à l’économie sur les prix des élevages, elle serait judicieusement employée à soutenir les encastes et élevages en difficulté ou en voie de raréfaction.
L’idée de mettre sur pied un conservatoire (conservatoire, et non observatoire !!!) de la diversité ganadera, sur le modèle de ce qui existe en France pour les espèces ou variétés (tant animales que végétales) en danger, tout cela en relation avec les éleveurs et leurs organisations serait des plus indispensables.

L'ami Chulo (parce qu’il est bienveillant) me taxera encore d’angélisme, les plus ouverts parleront de romantisme ou d’idéalisme et les nuisibles causeront délire, mais de telles propositions sont-elles tellement utopiques?
En tous cas, on sortirait de la simple logique de marché et des questions de gros sous qui préoccupent ceux qui les guignent et en vivent pour aller vers du concret et du positif. L’avantage décisif serait l'extrême difficulté pour le G10 d’aller à l’encontre d’un projet aussi évidemment constructif, utile et fédérateur.

Malheureusement, j’ai bien peur que nos élites (ou nos élytres: des ailes inutiles) taurines françaises n’aient ni l’imagination, ni le désir, ni l’ambition, ni les capacités de concevoir de telles perspectives. Demandez à un avocat montois de rêver!
L’afición les motive infiniment moins que leur porte-monnaie ou leurs petits intérêts à court terme.
Il reste néanmoins toujours utile de semer des idées, qu'au mieux d’autres reprendront à leur compte, mais qui au pis finiront bien par germer ou du moins par inspirer quelques avancées.

Pour autant, et il faut conclure par là, tout ce binz, demeure pour l’instant de l’ordre de la posture, du genre «Retenez moi où je fais un malheur!». Il y a loin de la coupe aux lèvres, et de l’intention à la réalisation. Surtout dans un mundillo où la parole est d’argent mais rarement d’honneur: les hyènes chassent en meute, mais se disputent et s’entretuent pour la consommation des proies.
Les plus grands ennemis du G7 ne sont pas les apoderados du G10, mais ses propres membres, aussi fiables en affaires que des négociants chinois sur internet.
On n'est jamais mieux trahi que par les siens (ou par les chiens comme on dit en Auvergne)...
Tout ça me rappelle le «syndrome de Ben-Hur Marcel»: tout le monde est d’accord pour gueuler, mais à la fin, il n’y a plus personne…
Jean Yanne, un génie méconnu!


Xavier KLEIN

Crepúsculo português

 Nuno Miguel Vicente CASQUINHA court vers ses 26 printemps.
Ses yeux rieurs reflètent les ondes océanes qui depuis Lisbonne où il naquit menèrent ses glorieux ancêtres à l'assaut des nouveaux mondes. Peut être l'héritage de ses aïeux celtes ou suèves qui peuplèrent la Lusitanie, après que les phéniciens s'y soient établis et qu'Ulysse paraît-il fondât Olissipo, le nom antique de l'antique capitale.

Photo de  P. Batalha et João Dinis
Nuno est charmant, ma femme et ma fille me l'assurent.
Il est aussi aimable, modeste et courtois.
Il est enfin et surtout torero.

Un drôle de boulot, torero, surtout lorsque l'on est torero portugais.
Bien sûr, il y a les grands anciens: Dos Santos, Falcon et plus récemment Mendes, le Victoooooor de ces dames. Certes il y a par ces lieux pléthore de bestioles à cornes, de celles qu'on ne peut ignorer lorsqu'on les croise, au détour du campo ou d'une arène.
Mais tout de même, pas commode d'être torero portugais dans un pays où l'on fréquente les touros soit à cheval, soit dans l'intimité corporelle des forcados à laquelle le plus vil andalou ne saurait consentir.
Pas commode non plus et terriblement frustrant, de ne pouvoir couronner une faena par l'estocade, interdite en 1928 par une loi de la junte militaire d'où devait émerger la dictature d'António de Oliveira Salazar.

Nuno court après ses 26 ans, Nuno court après ses rêves comme les chevaucheurs de tempêtes qui avaient noms Magellan ou Vasco de Gama, et Nuno court la campagne pour affronter les touros.
Ce jour de novembre où l'automne déployait ses fastes mordorés dans les ultimes caresses du thermomètre, Nuno nous avait convié à le voir toréer.
Après ¾ d'heure de pérégrination à travers le Ribatejo, nous parvînmes dans une placita de banlieue, sise à une belle finca XVIIIème où quelques passionnés et supporters s'étaient donnés rendez-vous.

Je le répète, un drôle de boulot torero, surtout quand à l'heure où la lumière s'emplit de poussière d'or et où d'aucuns s'attablent à l'apéro, on croise volontairement la course d'un monstre de 600 kgs.
Du Murube qu'ils disaient! Tu parles!
Plutôt de l'aurochs pur sucre avec tous les accessoires en option, hormis les cornes fraîchement épointées. Le monstre s'avérait bougon, d'humeur récalcitrante. Le mot caste n'était dans son cas qu'une vision de l'esprit parfaitement psychédélique.
Pourtant cette étrange fièvre chronique qu'on appelle afición, poussait un homme jeune, beau et joyeux, à risquer sa précieuse vie gracieusement et sans recours.
Ni puissante empresa, ni rat de callejon, ni journaliste influent, ni belle à séduire aux alentours, pas plus que de médecin ou d'ambulance en cas de mauvais sort, une éventualité statistiquement très probable étant donné l'engin à affronter...
Juste quelques copains et amis qui s'associent à sa chimère, qui marchent sur les pas éthérés de ses songes.

L'inquiétude me saisissait et me poussait à observer à la ronde si elle était quelque peu partagée.
Nullement!
Dans une ambiance bucolique, chacun vaquait, quand d'autres «vachaient».
Indifférent aux affres du ruedo, mon voisin, le tee-shirt ensanglanté et l'âme rigolarde s'employait à déguster les noix qu'un gamin perché dans l'arbre cueillait et envoyait à un troisième luron qui les brisait consciencieusement dans un vacarme lancinant qui rythmait les suertes.
Le fauve jaillit et prit les piques sans classe et sans entrain. Il en conçut sans doute quelque amertume puisqu'il ne s'intéressa qu'avec beaucoup de réserve à la suite de l'opération. Nuno s'évertua et s'échina à lui tirer les quelques passes poussives qu'il voulut bien consentir, comme par courtoisie.
A l'issue des débats, quand paré de sueur, de poussière et de sang, Nuno me parla de nouveau, il avait perdu de sa grâce enfantine. Ses traits s'étaient creusés et durcis; ils avaient hérité du leg de l'épreuve, comme ses hommes qui sous les balles, les obus ou les bombes vieillissent prématurément ou dont la chevelure blanchit en une nuit.
En retournant à Lisbonne, je songeais à l'injustice du monde, à l'afición de Nuno qui se jouait la vie pour des passes sans conséquences et sans issues.
Je souffrais son espérance et le refus d'abdiquer la part la plus glorieuse de l'Homme, l'essence de l'esprit de vie: le refus du renoncement et la rage de lutter et de se tenir debout.
Et puis, loin de tout cela, loin de cette passion et de ce pundonor si généreusement et gratuitement  prodigué, loin de l'oligarchie des confortables, des nantis du mundillo, des 
«ensystémisés», des timbales d'argent des tientas de luxe, des blousons dorés des ruedos. Ceux qui boudent et gâchent des novillos de loukoum ou des toros de luxe parce que tout leur est donné et que l'abondance rend gaspilleur.
Et puis, avec la nuit qui voilait l'horizon des toits de Lisbonne, me vint l'idée réconfortante que tant qu'il y aurait des Nunos, la corrida méritait de se perpétuer...
Xavier KLEIN


lundi 24 octobre 2011

Profession: matador de toros

On sait que le mot «croque-mort» provient de la coutume de cette honorable corporation de mordre les orteils des défunts pour vérifier qu’ils le fussent effectivement et définitivement, toute erreur pouvant s'avérer très désagréable pour l'intéressé (le défunt, pas le croque-mort!).

Un jour un maître croque-mort se dépêchait à son office, assisté de son apprenti fraîchement émoulu. Le disciple enthousiaste ne laissait de tanner son mentor pour, enfin, passer à la pratique et éprouver sa juvénile science.
Le maître consentit.
Introduit aux bons soins du défunt, l’apprenti s’en vint désemparé s’enquérir de son désarroi auprès du maître: l’homme était cul-de-jatte, comment faire?
Le vieux qui avait conservé l’âme joueuse et l’esprit carabin lui conseilla de procéder sur l’extrémité la plus inférieure du sujet.
C’est depuis ce jour là qu’on évoque les pompes funèbres…

Le verbe «pomper» porte de multiples sens dont la luxuriance autorise l’expression accomplie de ce que les étrangers appellent l’«esprit français», mais qu’amoureux de notre histoire  nous nommons gauloiserie, allez savoir pourquoi.
Dans la «belle langue» (j’entends l’argot) «pomper», entre autres significations, exprime l’idée de se gaver d’argent (pomper du pognon). Mais si on l’accole à d’autres sens plus grivois du mot, la manière de procéder serait plus … physique.

Ce sont ces considérations sémantiques et hautement philosophiques qui trottaient dans ma caboche lorsque je considérais perplexe les cartels de la «Feria de Quito Jesús del Gran Poder 2011».
Je n’ai jamais clairement perçu ce que Jésus venait faire dans l’histoire, surtout accolé à l’idée que l’agnus dei, parangon de l’humilité puisse, en quoi que ce soit, avoir à faire avec le Pouvoir, aussi grand fût-il.
Mais l’utilisation de l’appellation d'origine catholique contrôlée jointe au concept de foire (feria), le tout emballé avec des toros constitue en soi une contradiction majuscule.
Si le pauvre Jésus savait à quelles sauces on l’accommode, lui qui était si fier d’avoir bouté hors les marchands du temple!
Pour en revenir aux tauromaches quiténiens, ils ont semble t-il consenti à la suppression de la mise à mort dans leurs cirques, enceintes qui méritent désormais pleinement leur nom étant donné les mascarades qui s’y déroulent. Même le Klu Klux Klan y prête à rire après s'être converti à l'indigo.
Cela n’empêche nullement un certain nombre de morfals, appâtés par l’oseille andine de s’y être précipités, au mépris de cette valeur suprême de la toreria –du moins le prétend-on- le «pundonor».

Il vaut la peine de publier les noms de ceux qui ont préféré leur porte-monnaie à la voie de l'honneur: Enrique Ponce, Sebastián Castella, David Fandila "El Fandi", Alejandro Talavante, Miguel Abellán, Rafel Rubio Rafaelillo, David Mora, Iván Fandiño, Diego Silveti, Francisco Ruiz Miguel, Víctor Barrio, David Galván. On pouvait s'y attendre de certains, à d'autres on ne saurait le pardonner.

On notera que les toreros suivants ont refusé de jouer les pitres: Julián López "El Juli", Morante de la Puebla, José María Manzanares, Miguel Ángel Perera, César Jiménez, Cayetano

En règle générale, je suis opposé à l’idée même du boycott. Toutefois, il est indispensable de se résoudre à la simple évidence: ces gens là renoncent par leur acte à leur qualité de MATADORES DE TOROS.
Il est donc logique de s’abstenir de les voir dorénavant paraître dans une arène digne de ce nom.
Si les empresas renoncent à les engager et le public renonce à les voir, si les considérations pécuniaires ont prévalu pour convaincre ces toreros d’abdiquer leur dignité, nul doute que ces mêmes considérations pécuniaires pourraient les inciter à une vertu que leur conscience ne leur impose pas.

On ne peut qu'espèrer que par delà les blablas, les grandes déclarations, les G10 espagnols et les G7 français, les mesas et les observatoires pourront s'accorder sur cette mesure simple à mettre en oeuvre et totalement gratuite: ostraciser les fossoyeurs, enterrer les croque-morts, les pompes funèbres de la fiesta brava.
Nous dansons sur un volcan, Quito aussi.
Assez de mots, des actes! Tout le reste est littérature et billevesées...
Xavier KLEIN

vendredi 21 octobre 2011

SCOOPISSIME!

http://laterredabord.fr/?p=10830
Non! Contrairement aux allusions crapuleuses, ce n’étaient pas des aficionados indignés qui ont mis le feu chez André VIARD à Vieux Boucau.
On ne sait combien de pandores se sont impliqués dans l’enquête, mais les limiers devaient courir la bécasse plutôt que de vérifier les informations les plus élémentairement accessibles, en l’occurrence sur le net!
Intéressant le net, surtout lorsque l’on sait qu’il représente une majorité des sources d’informations de l’espionnage industriel. Les James Bond modernes travaillent désormais en robe de chambre et charentaises.
Ainsi peut-on apprendre en surfant que le barbecue-qui-a-mal-tourné de Boucau le Vieux est revendiqué par le mouvement éco-terroriste A.L.F. (Animal Liberation Front) qui a diligenté un kommando (sur le site de «Bite back» USA).
http://www.directaction.info/news_oct11_11.htm
Une information relayée par le site français de leurs «camarades français» de la Terre d’abord (écologie radicale et libération animale). Un site qui, en lien avec les éco-terroristes, fait ouvertement la promotion de ces derniers et de leur idéologie (http://laterredabord.fr/articles5/activisme.html) avec à la clef le manuel du parfait éco-terroriste.
Gentils les «zantis»?

Entre les provocations de Rodilhan, la profanation de la tombe de Julio Robles et les flammes de Vieux Boucau, nous avons l'éventail des stratégies anti-taurines en usage.
Que les «camarades français» ne nous bassinent donc plus avec les quelques rudesses dûes à l'exaspération à Rodilhan quand des actes prémédités de cette gravité sont commis par les «camarades US».

En ce qui me concerne, ayant maintenant la preuve de l'implication des mouvements terroristes bestialistes, je puis légitimement manifester ma sympathie et ma solidarité à André Viard quant à cet ignoble attentat qui le vise, non pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il représente.

On ne peut qu’espérer la gratitude et les remerciements que la victime ne manquera pas d’adresser à votre serviteur pour cette information capitale servie sur un plateau (La prime est à verser à l’ordre de la Mairie d’Orthez pour l’organisation de sa journée taurine!).

Faut vraiment tout faire dans ce boulot!!!!
Xavier KLEIN