Humeurs taurines et éclectiques

mardi 29 novembre 2011

L’émoi sans air

 L'émoi sans air, c'est l'émoi d'hiver, l'émoi des huitres, pas l'émoi des moules. Et nous prendre pour des moules, certains savent faire.

«700 millions de pesetas
L’émoi, l’émoi, l’émoi
Avec ma vie, mon petit chez moi
Mon mal de tête, mon psi
J'y pense et puis j'oublie
C'est la vie, c'est la vie»

Avis de grand frais sur Las Ventas qu’il faudrait rebaptiser d’urgence Los Vientos, quoique «venta» signifiant à la fois «vente» et «auberge» (espagnole bien sûr!), toutes les conjectures sont permises.
Pour les non-hispanistes et les «estrangers», les «ventas» sont ces boutiques (qui jouent aussi le rôle d’auberge) sises à la frontière, côté méridional, dans lesquelles on traite une foultitude d’affaires et de trafics (forte concentration de «maltouziers» par le passé!).
Du chorizo au ouisqui de bas étage vendu en cubitainer en passant par les clopes, voire le chocolat vendu au détail (si vous voyez ce que je veux dire…), les ventas sont vouées à l’épicerie touristique de masse et aux trafics frontaliers. On y trouve de tout, du colifichet made in Kazakhstan à la baignoire serbo-croate émaillée vintage 1908.
Il y a quelques plombes, avant l’édification de l’autoroute, j’ai connu des tenanciers qui vous fourguaient leur camelote (5 ou 6 cartouches, plus 10 quilles d’octanisé) puis téléphonaient aux gabelous français pour qu’ils vous serrent sur la N10, à l’époque encadrée de bucoliques platanes derrière lesquels se planquaient les pandores à passementerie rouge.

En sus –c’est le cas de l’écrire- des traficotages précités, on y trouve quelques bobinards où le routier en transit, le touriste belge en mâle d’émotion coquine et les disgraciés du département vont se faire éponger le trop plein d’humeurs corporelles.
Tout ça me rappelle une petite tôle de Biên Hoa pas très loin de Saigon ... les volets rouges ... et la taulière, une blonde commac...comment qu'elle s'appelait déjà?

Pour en revenir à la marmite madrilène, même si le drapeau noir n’y flotte pas encore, l’ébullition soulève le couvercle.
Very étonnant le typhon-fon-fon dans le crachat!
Messieurs les hommes se séminarisent pour causer entre darons au Velington, un nid à punaises 5 carats et on en fait tout un fromton.
Pt’êt que c’est l’éventualité que la Kika à Simon fasse le service façon D.S.K. qui vous émoustille, bande de père verts!

Mais foutredieu, QU’EST-CE QUE VOUS EN AVEZ A CIRER?

Troquer un mafieux contre un camoriste, c’est comme échanger une chaude-pisse contre une blennorragie: le nom change mais le fond demeure identique. La première fait plus chic dans les souvenirs d’anciens combattants de la bisouquette et la deuxième dans les partouzes de notables de province.
La gestion des dernières années aurait été flamboyante et les problèmes inexistants, on peut comprendre, mais franchement un maquignon reste un maquignon, qu’il s’appelle Capdeboscq ou Victoriano del Rio. De même qu'un épicier en gros demeure un épicier en gros, qu’il s’appelle Chopera ou Casas…
Vous me direz qu’il y a aussi Fauchon, mais serait-ce bien raisonnable quand la plèbe s’indigne?

Perso, j’ai jamais trop apprécié les films de truands, sauf quand Michel AUDIARD ou Albert SIMONIN étaient aux manettes … question de style!
Mais faut reconnaître que le genre a toujours passionné le péquin et notamment les bourges en mal d’exotisme. L’affaire Las Ventas, c’est le sujet du roman de gare à la mode, mâtiné de Paul-Loup SULITZER. C’est le marronnier de l’«Ici Paris» du mundillo: on se polarise sur le croustillant ce qui permet d’éviter d’entrer dans le vif du morcif d’un système plus vérolé qu’un curé breton. Un système mafieux qui organise la spéculation taurine et se préoccupe plus des pépettes que des Pepete.

C’est un peu comme la guerre d’Espagne: le sort des républicains ne s’est pas joué dans la bataille de Madrid mais sur le front de l’Ebre…
Il ne faudrait pas que l’arbre cache Marie Laforêt, que Simon Ca$a$ dissimule Bernard Domb, nique (ta mère) Docteur Jekyll masque Mister Hyde.
Salut les blaireaux!
Xavier KLEIN
repompé


samedi 26 novembre 2011

Terrorisme intellectuel: les outils de la propagande (partie 3)


Transfert: cette technique sert à projeter les qualités positives ou négatives d'une personne, d'une entité, d'un objet ou d'une valeur (un individu, un groupe, une organisation, une nation, un patriotisme, etc.) sur un tiers, afin de rendre cette seconde entité plus (ou moins) acceptable.
Cette technique est utilisée, par exemple, pour transférer le blâme d'un camp à l'autre, lors d'un conflit. Elle évoque une réponse émotive qui stimule la cible pour qu'elle s'identifie avec l'autorité reconnue.
Le mécanisme de transfert représente le Graal «zanti». Il est d’ailleurs aussi et surtout leur symptôme, puisqu’il repose sur le réflexe d’identification tellement caractéristique de l’espèce.
Un mécanisme mis en œuvre de manière généralisée sur toutes les campagnes bestialistes qui s’avère bien souvent contre-productif tellement il est caricatural et susceptible de provoquer des retours de bâtons. Ce fut le cas par exemple de ces affiches qui comparaient le sort des poulets élevés en batterie avec celui des déportés dans les camps de la mort. C’est le cas des scènes dénudées et sanguinolentes qui provoquent, par leur outrance, le sourire et décrédibilisent les auteurs. L'excès tue le message.
C'est d'ailleurs assez marrant: en bon fanatique, le «zanti» lambda vit dans l'imaginaire que ses représentations sont partagées, ou qu'il peut parvenir à les faire partager, ce qui n'est que rarement le cas.
Lors d’une de ces attractions, je me suis amusé à questionner les passants: 70% d’opinions qui pourraient se résumer à «ridicule». Par contre, beaucoup d’émoi chez les boutonneux et les vieux dégueulasses qui ont pu se rincer la pupille et procéder à des études mamellaires comparatives en vue de l’élection de Miss «zanti»… Une idée à creuser!!!

Simplification exagérée: ce sont des généralités employées pour fournir des réponses simples à des problèmes sociaux, politiques, économiques, ou militaires complexes.
En cette matière également, la propagande «zantie» fait merveille. On atteint même des sommets (ou des abysses pour ceux qui ont le vertige) dans la dialectique primaire, simpliste et réductrice, quand elle n’est pas purement et simplement mensongère. Il est vrai que le but est de susciter une EMOTION (y compris malsaine) et non une REFLEXION.


Stéréotyper ou étiqueter: cette technique utilise les préjugés et les stéréotypes de l'auditoire pour le pousser à rejeter l'objet de la campagne de propagande.
Espagne, franquisme, militarisme, passéisme.
Pêle-mêle évocateur. Afinités électives? Troublant, non?
Affiche de la Fondation Brigitte Bardot

Bouc émissaire: en jetant l'anathème sur un individu ou un groupe d'individus, accusés à tort d'être responsables d'un problème réel (ou supposé), le propagandiste peut éviter de parler des vrais responsables, et n'a pas à approfondir le problème lui-même.
On pourrait rajouter «éviter de parler de vrais problèmes».
Les «zantis» aiment tout particulièrement avoir leurs têtes de turcs, leurs boucs émissaires ou pour employer une expression plus délicate de Christian LABORDE (non, pas l'ex-président de la Commission Taurine de Dax!), la «racaille confessée».
De même toujours les mêmes similitudes avec les  «signaux» que l'on retrouve systématiquement chez le Front National: emplois répétés des couleurs nationales, des jeux de mots, notamment sur les noms propres («Mimisang»), du thème de la honte nationale, etc.
On constate bizarrement que les éléments sémantiques invoqués (voir ci-dessous) dans leur discours habituel -des mots tels que COMPASSION- disparaissent totalement lorsqu'il s'agît des aficionados pour laisser place à une violence verbale absolument ahurissante.
Pourtant les aficionados sont des animaux comme les autres!
Sans évidemment évoquer un attrait pronocé pour la stratégie du pilori: courageusement entouré de partisans bêlants, copieusement mégaphonisé, on n'hésite jamais à dénoncer et à livrer un bouc émissaire à la vindicte publique. Ce qui constitue un moindre mal...
On aime aussi à manier le boycott de commerçants ou de territoires, voire l'allumette, la lettre piégée:

Un petit air de zone libre et de zone occupée, non?

http://www.droitsdesanimaux.net/actualites.php
 

Glissement sémantique: technique consistant à remplacer une expression par une autre afin de la décharger de tout contenu émotionnel et de la vider de son sens (euphémisme). Le glissement sémantique peut à l'inverse renforcer la force expressive pour mieux émouvoir l'auditoire.
L'usage répétitif et lancinant de termes puissamment évocateur, à forte consonance, dénaturés par glissement sémantique du champ de l'humain à celui de l'animal est  systématisé à l'ensemble du discours, constituant une véritable terminologie, un jargon «zanti» qui fleure bon son totalitarisme. Des mots soigneusement choisis, destinés à humilier, à blesser, autant qu'à diaboliser.
Ainsi pour exemple:
TORTURE: souffrance odieuse que l'on fait subir à quelqu'un (physique ou morale), supplice que l'on fait subir à un accusé, à un opposant politique pendant son interrogatoire. Un terme utilisé pour l'humain, mais transposé à l'animal.
ASSASSIN: personne commettant un meurtre prémédité (le mot meurtre étant en français réservé à l'humain).
COMPLICE: participant à un crime ou délit commis par une autre ou d'autres personne(s), sous entendu, les aficionados sont des criminels ou des délinquants.
AIDEZ-NOUS: sous entendu, nous sommes en danger (associé avec TORTURE).
BARBARIE: fait d'être barbare, manque de civilisation, cruauté, inhumanité, tyrannie. Mot très connoté: la barbarie nazie. Et opposé à l'innocence supposée de l'animal (comme s'il pouvait être également coupable!).
CORRIDASSASSINE: toujours les «jeux de mots» à la Le Pen (une spécialité de Jo Benchetrit, comme son récent «dégradin»).

On pourrait continuer longtemps et ainsi décortiquer les ressorts d'un langage qui, comme tous les langages, parle surtout de celui ou de ceux qui l'emploient, de leurs structures mentales, de leurs angoisses, de leurs représentations du monde qui les environnent, de leur IMAGINAIRE.


 


Le site unanimus: un modèle du genre

lundi 21 novembre 2011

Terrorisme intellectuel: les outils de la propagande (partie 2)

Deuxième chapitre de notre petit exercice de style.

Obtenir la désapprobation: cette technique consiste à suggérer qu'une idée ou une action est adoptée par un groupe adverse, pour que l'auditoire désapprouve cette idée ou cette action sans vraiment l'étudier. Ainsi, si un groupe qui soutient une politique est mené à croire que les personnes indésirables, subversives, ou méprisables la soutiennent également, les membres du groupe sont plus enclins à changer d'avis.

Nous touchons là au cœur de la stratégie propagandiste des «zantis»
La caricature de la tauromachie qu’ils exposent repose sur leur interprétation sincère et fantasmée ou bien sur un discours délibéré en ce qui concerne les motivations supposées des aficionados. Indifférents à la compréhension ou à l’explication voire à la simple observation, sourds au ressenti réel, ils préfèrent juger en projetant leurs propres fantasmes. Ainsi, l’aficionado est décrit comme un sadique et un tortionnaire seulement préoccupé d’assouvir sa jouissance perverse.
Ils s’évertuent à faire partager au plus grand nombre, par des AFFIRMATIONS PEREMPTOIRESLa corrida n’est pas une culture, c’est une torture») cette projection sur l’autre si caractéristique et si commune au genre humain.
Une tentative par bonheur peu productive, tant le trait est outrancier. D’autant que les aficionados ne vivent pas dans un monde clôt, et que le français moyen, non branché sur la tauromachie connaît peu ou prou des relations, parents ou amis aficionados dont le portrait ne colle nullement avec les outrances des «zantis».
Plus nocive et carrément malveillante est la technique d’«infâmisation» que nous avons déjà invoquée, et qui constitue l’un des ressorts de toute réthorique.
Nous l’avons démontrée à l’endroit de Marcel RUFO, un homme qu’il faut absolument salir et discréditer pour que puisse s’imposer la «thèse de la déviance taurine». Cela va parfois bien plus loin, ainsi dans ce mail reçu aujourd’hui du même Arnaud Gavard évoqué dans http://bregaorthez.blogspot.com/2011/11/terrorisme-intellectuel-et-harcelement.html, dont les sous-entendus nauséabonds n’échapperont à personne:
Je me suis préoccupé d'aller consulter (http://youtu.be/iGJhaq_H7NM) la dite adresse. La manoeuvre est limpide et dégueulasse, le raccourci évident: tauromachie-pédophilie, même combat... Edifiant!

Généralités éblouissantes et mots vertueux: les généralités peuvent provoquer une émotion intense dans l'auditoire. Par exemple, faire appel à l'amour de la patrie, au désir de paix, à la liberté, à la gloire, à la justice, à l'honneur, à la pureté, etc., permet de tuer l'esprit critique de l'auditoire. Même si ces mots et ces expressions sont des concepts dont les définitions varient selon les individus, leur connotation est toujours favorable. De sorte que, par association, les concepts et les programmes du propagandiste seront perçus comme tout aussi grandioses, bons, souhaitables et vertueux.
Encore une spécialité «zanti», dont le discours angélique de généreux zoophiles (pour la philanthropie, c’est ailleurs!) finit toujours par conclure sur l’arme absolue, l’alpha et l’omega de notre époque formidable: la COM-PAS-SION. Qu’est-ce qu’on peut être compassionnels de nos jours!

Tout de même, certains finissent par se rendre compte de l'ineptie et de la réalité latente des gesticulations «zanties». Un bon point pour le sympathique concurrent:


Imprécision intentionnelle: il s'agit de rapporter des faits en les déformant ou de citer des statistiques sans en indiquer les sources. L'intention est de donner au discours un contenu d'apparence scientifique, sans permettre d'analyser sa validité ou son applicabilité. Ces imprécisions peuvent se glisser dans le système juridique, sous forme d'un droit mou, poussant à la communication en vue d'obtenir des informations, tout en influençant l’opinion publique.
Un exemple parfaitement limpide: la reprise d'une interview de Pierre GIACOMETTI, ex-directeur de l'institut I.P.S.O.S.
L'article est argumenté par des chiffres et un graphique des plus fantaisistes, sans citation explicite de la source, sans références au public consulté, à sa composition, aux questions  posées, etc.
Tiré d'un article à lire attentivement: http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2011/10/14/pouvoir-et-corridas-honte-et-mensonges.html

Il est évident -tout sondeur le sait parfaitement- que la question: «Etes-vous pour ou contre la corrida?» n'aura pas du tout les mêmes réponses que: «Etes-vous favorable ou défavorable à l'interdiction de la corrida?».
En outre, l'émission «L'arène de France» diffusée le 25 avril 2007 sur France 2 avait clairement mis en relief chez un public à priori défavorable, une très nette évolution de la perception sur la durée de l'émission. Allez, pour le plaisir, on s'la montre!!!
 SUITE à VENIR

Terrorisme intellectuel: les outils de la propagande (partie 1)

A la demande de certains d’entre vous, je développerai ci-dessous l'article précédent.
Il convient de sortir de la passivité et du fatalisme dans lesquelles nous entretiennent nos fades élites taurines et de forger les armes de la contre-offensive.
Une contre-offensive fondée sur le combat des idées et la dénonciations des impostures, au premier rang desquelles l'utilisation systématique et coordonnée de moyens propagandistes qu'il convient de mettre en relief pour montrer à nos contemporains la MANIPULATION en cours. 

Pour ce faire, j’utiliserai le canevas simplifié fourni par Wikipedia dans son article sur la PROPAGANDE en l’illustrant de manière explicite et documentée de quelques exemples tirés de publications anti-taurines, accessibles à tous, pour que tous puissent juger sur pièces. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Propagande#Propagande_et_d.C3.A9mocratie).
L’utilisation –contestable- de Wikipedia vise à fournir une base accessible et vulgarisatrice d’informations. Toutefois, on se réfèrera avec profit aux ouvrages de Jacques ELLUL, ou plus récemment à Etienne AUGE, «Petit traité de propagande à l'attention de ceux qui la subissent», Ed. De Boeck Université, 2007.

Il ne s'agît pas ici d'un réquisitoire, mais de simples constatations vérifiables (les liens ou les références sont toujours précisés).
Par delà le simple fait taurin, chacun fera son miel des techniques utilisées au quotidien dans le monde politique et économique. L’histoire récente de la seconde guerre d’Irak passée à ce crible est particulièrement édifiante. Malheureusement, les exemples foisonnent.

La fabrication de faux documents: retouche photo tendancieuse, montage cinématographique tendancieux, etc.
Les exemples foisonnent. Deux parmi des dizaines:

ou

La peur: un public qui a peur est en situation de réceptivité passive, et admet plus facilement l'idée qu'on veut lui inculquer.
Toute le discours «zanti» tourne autour de la peur: les pervers et les tortionnaires sont parmi vous, les enfants qui vont aux arènes sont des tueurs en puissance (sans compter les jeunes toreros), un public aviné et barbare capable de toutes les dérives, etc.

Appel à l'autorité: l’appel à l’autorité consiste à citer des personnages importants pour soutenir une idée, un argument, ou une ligne de conduite.
Là aussi, les exemples foisonnent. Il n’est que de considérer les comités de parrainage des associations «zantis», le recours systématique à la notoriété d’untel, de Simone VEIL à Jacques MONOD en passant par Victor HUGO. L'exercice est toutefois périlleux quand il s'agît de camoufler les positions politiques nauséabondes d'une Brigitte BARDOT ou plus récemment les incitations au dopage de Yannick NOAH. Quant aux autres! Geneviève de FONTENAY ou Corinne TOUZET sont des autorités morales et intellectuelles reconnues ... chez les concierges parisiennes et les «mémères à leur chien-chien»...


Témoignage: les témoignages sont des mentions, dans ou hors du contexte, particulièrement cités pour soutenir ou rejeter une politique, une action, un programme, ou une personnalité donnée. La réputation (ou le rôle: expert, figure publique respectée, etc.) de l'individu est aussi exploitée. Les témoignages marquent du sceau de la respectabilité le message de propagande.
Comme dans le procédé précédent dont il est l’une des conséquences, on aime beaucoup le témoignage chez les «zantis». En tête du hit-parade, le repenti, une denrée rarissime et très recherchée. Le hic, c’est que les dits repentis sont très souvent inconnus au bataillon. C’est par exemple le cas de Jorge ROSS, ex-torero colombien paraît-il. Un témoignage doublé d'une imposture puisque notre bon Jorge se définit comme aficionado et non comme torero, ce qui démontre à la fois la méconnaissance et la malhonnêteté, sans compter que le témoignage d'un citoyen colombien n'est guère vérifiable:

 

Effet moutonnier: cet appel tente de persuader l'auditoire d'adopter une idée en insinuant qu'un mouvement de masse irrésistible est déjà engagé ailleurs pour cette idée. Comme tout le monde préfère être dans le camp des vainqueurs que dans la minorité qui sera écrasée, cette technique permet de préparer l'auditoire à suivre le propagandiste.
Sans doute l’outil de propagande le plus exploité par les «zantis» qui nous bassinent inlassablement avec des prétendus sondages et la conviction sans cesse réaffirmée que la corrida est une survivance barbare à la dernière extrémité, dont la fin est programmée. Un peu comme dans d'autres sectes millénaristes, la fin du monde régulièrement programmée et toujours différée sans que cela ne pose de problèmes aux adeptes. Le hic, là aussi, c’est que ce discours existait déjà à la fin du XIXème siècle et que la tauromachie est toujours là!
Ceci dit si certains préfèrent se comporter en moutons…


Redéfinition, révisionnisme: consiste à redéfinir des mots ou à falsifier l'histoire de façon partisane.
Très en vogue là aussi. On a pu le constater avec l’affaire catalane, dont le fond est surtout politique, mais qui a été transformée en grande victoire animaliste, sauf bien sûr à ignorer d’autres pratiques apparentées (correbous), mais celles-là estampillées 100% catalanes.
Sans compter les multiples réécritures de l'histoire. Réécritures sélectives d'ailleurs puisqu'elles ignorent délibérément aussi bien les anti-fascistes et antifranquistes aficionados parmi lesquels des mazettes telles que Federico GARCIA LORCA ou Pablo PICASSO, que l'appétence marquée du nazisme pour la cause animale.

SUITE à VENIR

Terrorisme intellectuel et harcèlement moral (et vice-versa)

Il est tout à fait clair pour moi, que la plus grande part des problèmes que connait la tauromachie actuelle provient de causes internes, abondamment exposées et analysées dans la Brega.
Pour autant, sans être obnubilé par nos «zamis-zantis», il est évident que leurs actions deviennent un paramètre qu'on ne peut plus sérieusement ignorer.
Les prédateurs s'attaquent aux animaux très vieux, très jeunes, faibles ou malades, comme microbes, virus ou bactéries affectent avec succès les organismes altérés ou fatigués.
C'est très exactement ce qui est à l'oeuvre actuellement contre une tauromachie malade, sur fond de mondialisation d'une pensée unique politiquement correcte et surtout de crise économique gravissime.
Ignorer les «zantis» devient à mon avis un acte suicidaire à terme. Ne serait-ce que parce que c'est ignorer la pression inacceptable qu'ils font porter sur les décideurs politiques.
***
Nos «zamis-zantis» (j'emploie l'expression à dessein, parce qu'ils nous veulent du bien, ou plutôt décident pour nous ce qu'est le bien...) sont tout sauf stupides.
Ils emploient des techniques de communication et de propagande modernes et parfaitement identifiées dont de nombreux outils sont parfaitement rodés depuis le génial innovateur en la matière que fut le Herr Doktor Joseph Goebbels, dont les méthodes ont été reprises, exploitées et perfectionnées par les publicitaires et les politiques d'Outre-Atlantique après la guerre.
«Les principaux aspects de la propagande dans une démocratie sont d'après leur recensement les suivants:
* influence médiatique: radio, télévision, presse, publicité, internet.
* confusion volontaire: justification de la vente d'un produit par des principes éthiques, ou inversement, promotion d'une opération humanitaire en usant des techniques de communication des entreprises privées.
* valorisation sémantique: «solidarité» par exemple.
* manipulation de l'opinion publique à l'aide de statistiques ou de sondages biaisés.
* falsification de l'image: retouches vidéo, fausses images.
* auto-censure des rédactions.
* informations partiales.
* campagnes de diabolisations.»
On lira avec profit l'ensemble de l'article «Propagande» de wikipedia, notamment le paragraphe dédié aux «Techniques de propagande»
http://fr.wikipedia.org/wiki/Propagande#Propagande_et_d.C3.A9mocratie

On lira également l'article «Communication».
«En réalité, sur le fond, la communication cherche bien à répondre à l'un des objectifs suivants:
* faire passer une information, une connaissance, ou une émotion;
* créer une norme commune pour se comprendre;
* créer une relation pour dialoguer fréquemment, ou relancer le dialogue;
* obtenir une influence pour inciter l'autre à agir selon sa volonté;
* donner son identité, sa personnalité au tiers, pour être connu.»
http://fr.wikipedia.org/wiki/Communication

A la lumière de ces informations tout devient d'une limpidité et d'une simplicité bibliques. Et l'on peut décrypter à loisir les grandes lignes et les détails des diverses actions de ces derniers temps.
Le problème, c'est que notre démocratie «à la française», dans sa tradition culturelle propre ne possède vraiment ni les recours, ni les antidotes, ni la législation pour s'opposer à ces techniques d'origine anglo-saxonne. Aux U.S.A. par exemple, le lobbying est admis, encouragé et … réglementé. Ce qui n'est pas le cas en France et ce qui dessert l'exercice de la démocratie.
***
Je voudrais illustrer mon propos en montrant, comment ces procédés agissent et à quoi ils aboutissent.

1°) Le mot d'ordre est lancé par un acteur qui profite d'un media à large diffusion. En l'occurrence, Thierry Hely, réfugié sur le site «porteur» de B.B. (après avoir pérégriné sur d'autres canaux dont il a finalement été viré). La technique employée est celle du pilori, de la diabolisation et de l'intimidation:


2°) La «claque» se mobilise. On remarquera au passage que l'usage des pseudos autorise non seulement un «engagement» sans risque et sans conséquences, mais en plus la possibilité pour un seul auteur, d'intervenir à plusieurs reprises avec des pseudos différents. Evidemment la «cible» est traînée dans la boue, ridiculisée, «infâmisée», sans qu'elle puisse disposer d'un véritable recours.


3°) La pression sur les politiques procède des mêmes ressorts, comme le  démontre parfaitement notre ami Charles (http://vingt-passes-pas-plus.over-blog.org/article-le-syndrome-de-vergeze-89080137.html). En l'occurrence, sa décision lui est dictée par la peur des conséquences, des embarras, et non celle de l'évaluation objective du problème, le premier rôle d'un Maire étant d'assurer l'ordre, la sûreté et la tranquillité publiques.

4°) Pour ce faire, des campagnes d'intervention et d'intimidation sont orchestrées, avec envois par mailing. Dans la plupart des mairies, cela n'occasionne qu'un bourrage très peu écologique des poubelles. Le procédé prête surtout à sourire et plaisanteries sur les cons qui ont du temps à perdre. A Orthez, où les «injonctions» ou les insultes aboutissent dans mon casier, le classement est rapide et vertical.
5°) Mais parfois, de plus en plus souvent, ce sont d'autres missives qui sont expédiées. Comme celle qui suit, que j'ai reçue, il y a peu à mon domicile.
En général, je prends la chose avec humour en me disant que décidément les choses changent peu dans ce pays, depuis le bon temps du «Corbeau» de Clouzot, un film tourné dans des temps où cette littérature affluait dans les Kommandanturs, signée de «bons français». Je précise, en général, car quand la bienveillante missive tombe dans les mains de ma famille, j'apprécie bien moins.
C'est sans doute l'effet recherché, on appelle ça de la perversité je crois, il faudrait demander à J.P. qui est l'origine de la chaîne qui conduit à ça.

 On voit ainsi se succéder les séquences et émerger la logique qui mène d'un discours haineux et dépréciatif, de l'utilisation sans vergogne et sans état d'âme de techniques de communication propagandistes, à la mise en actes par les militants animalistes ainsi chauffés à blanc.
Ces processus illustrent parfaitement le harcèlement moral (je ne vois pas trop comment qualifier autrement la chose) exercé par le lobby bestialiste, comme les pressions exercées sur les aficionados «éminents» comme le Docteur RUFO illustrent le terrorisme intellectuel que j'évoque en exergue.

Marcel RUFO représente une autorité très médiatisée en matière de psychologie infantile.
En toute liberté, il s'est positionné dans le débat sur l'accès des mineurs aux arènes.
Le positionnement d'une telle icône médiatique s'avère évidemment extrêmement gênant pour la coterie des quelques «psys» (ou prétendus telles si l'on en juge d'après certaines vociférations hystériques) qui se sont prononcés contre l'entrée des mineurs dans les arènes en particulier et pour la diabolisation psychiatrique des aficionados, décrits comme pervers, en général.
On déchaîne donc les nervis, on lâche les roquets, on libère la meute pour réduire l'importun au silence. Et cela, ce même mouvement qui sur d'autres terrains prétend à censurer les journaux, les pièces de théâtre ou les films, par l'intimidation ou par des manifestations spectaculaires, cela porte un nom: le TERRORISME INTELLECTUEL.
Mais à cela, avec la bonne conscience des inquisiteurs qui sauvent les âmes en torturant les corps, «on» trouvera toujours des excuses et des justifications.
Pour ma part, je n'en trouverai jamais aux intellectuels dévoyés, même et surtout lorsqu'ils ont du talent...
Xavier KLEIN


dimanche 13 novembre 2011

Onze onze deux-mille-onze (2)

La journée s'annonçait sous les meilleurs auspices. Température andalouse, ciel d'une limpidité saharienne, et mahomet de vieil or, éclairage façon toscane chez Botticelli.
Les tourelles des arènes Henri Capdeville se profilaient au bout du parking comme les minarets de la Mecque pour le hadji camelomobile, un comité d'accueil en livrée marine vous palpait l'anatomie des fois qu'un bougrain du bourg s'y dissimulât.
Sans parler des maîtres queux, les Brousse's brothers, qui avaient troqué la toque pour le bounet et dispensaient bonne et grasse ventrêche enjaunie d'oeufs de Chalosse. Seule mauvaise petite note, le café venait à manquer, heureusement remplacé par la cuisse rubiconde d'un rutilant et vigoureux vin d'Ibèrie.
Que tout cela était gascon!

Se pressaient sur les remparts, le ban et l'arrière ban de «l'afición de nouste». Celle de qualité qui vient pour voir et non pour être vue. Avec même un autobus de dacquois en folie...
Nuls «indignés» mais des grognards blanchis sous le harnais et des marie-louises qui connaissent et apprécient ce type de réjouissances où l'homme n'importe que lorsqu'il sert le toro.

Onze novembre 2011, onze novillos, onze encastes (dont aucun à la mode): fallait oser!
La «Jeune Afición» l'a fait, en avançant la jambe et, ma foi, le «résultat» fut des plus plaisants. D'ailleurs, à qui le «résultat» importait-il vraiment? «Résultat»: un mot d'économiste, pas d'aficionado!  Contrairement aux «spectateurs», les aficionados viennent à ces rencontres pour se retrouver, sans autre gratification attendue que de menus détails savoureux et le plaisir d'une différence qui devient un luxe, la vraie élégance taurine qu'il convient d'apprécier comme un vieil armagnac de bonne race.
Là est le vrai bon goût! Là est la quintessence! Là est la pure et indépassable volupté!
D'ailleurs nul cuistre, nulle vanité taurine ne venaient porter en ces lieux bénis, leur fausse note. On n'y pouvait rencontrer de ces snobs parisiens ou de ces observateurs mondains qui ne sauraient troquer le champagne des 3 étoiles contre le vino de la tierra, et les raffinements diététiques contre la glèbeuse poule au pot.
Et pourtant, toutes proportions gardées, il eut affluence pour un évènement de ce genre!!!

Je ne saurais -et ne voudrais- décrire l'exhaustivité de la journée.
Lecteur, tu n'avais qu'à y être!
Pourtant, sur les 11 sympathiques concurrents cornus, j'en relevais au moins 4 qui présentèrent fière figure.
3/11 ou 27,3%, comme l'on dit chez les économistes taurins, c'est largement supérieur aux résultats individuels ou cumulés des «grandes» ferias du sud-ouest. Excusez du peu!
Un Vega-Villar de Valrubio surprenant de noblesse, mais aussi de fadeur et de faiblesse.
Un Coquilla de Mariano Cifuentes malheureusement écorniflé.
Un Atanasio-La Corte de Malabat, remarquablement présenté, qui fut pour moi, par sa caste rugueuse, le toro le plus intéressant de la journée.
Un Arranz de Gustal de Campocerrado débordant de mala casta.
Et enfin pour clore, un Santa Coloma d'Andrés Celestino García, faiblissime et soso.
Nous eûmes grand plaisir à voir ou à revoir, nonobstant des prestations variables, des toreros aficionados comme Raul Velasco, très accrocheur et … accroché, et Fernando Cruz.

On nous annonça à l'entracte gastronomique, qu'une injustice avait été corrigée puisque le lot de Valdellan de Parentis en Mille Bornes (ils sont joueurs...) fut déclaré triomphateur des novilladas du Sud-Ouest par le conclave des Critiques Taurins. Puissent les indignés en tirer les conséquences et soutenir ces plazas qui brandissent fièrement et sans complexe le flambeau que d'autres sont indignes d'envisager...

En tarde, le Veragua de Pablo Mayoral montra des manières très civilisées en dépit, lui aussi, d'une faiblesse un tantinet décevante pour cet encaste et cette ganaderia. A revoir pourtant.
Le Murube de Castillejo de Huebra fut surprenant: un élevage à revoir également.
L'exemplaire de Cruz Madruga, son invalidité aidant, ne fit guère honneur à son propriétaire.
Le Urcola présenté par Victorino Martin Hijo pâtit d'une brega capotière excessive et désordonnée qui obéra des ardeurs initiales limitées.
Je ne me rappelle guère du représentant de l'Astarac (origine Pedrajas).
Il fallait terminer en beauté, ce fut le cas avec un ambassadeur lumineux et complet de la casa Baltazar Ibán qui démontra, comme ses congénères qui sortent régulièrement dans nos arènes, combien cette ganaderia est injustement et stupidement oubliée dans nos arènes Gseptièmes. Un eral remarquable de caste vibrante qui bouffa tout cru son novillero.

Des garçons, aucun ne me convainquit vraiment, certains en sachant trop dans l'art de toréer (ou plutôt de faire des passes), d'autres en sachant trop peu.

Bétail intéressant, avec des physiques et des comportements différents: que demander de plus?
Au final, une excellentissime journée, passée en merveilleuse compagnie dont il faut louer la Peña Jeune Afición pour son dévouement, son investissement, son travail considérable et son organisation sans faille (à part la poule au pot remplacée par du confit pour l'arrière garde apéritive, offense que je ne leur pardonnerai JAMAIS, sauf réparation sur le pré...).
Xavier KLEIN
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